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Juin 2008
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Conseil Municipal
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2008, Voeu déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés proposant d’honorer la mémoire d’Hélène Berr en donnant son nom à une bibliothèque ou un conservatoire du réseau parisien.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2008


 

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Nous examinons le v?u déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, qui propose d?honorer la mémoire d?Hélène Berr, en donnant son nom à une bibliothèque ou à un conservatoire du réseau parisien. C?est M. GIRARD qui va le présenter.

M. Christophe GIRARD, adjoint. - Le 3 janvier dernier, paraissait le journal inédit d?Hélène Berr, jeune parisienne juive morte à Bergen-Belsen. Née en 1921 à Paris dans une famille de vieille souche française, comme elle le disait, Hélène Berr débute son journal le 7 avril 1942. Elle y parle de sa vie normale de jeune fille, de ses amis étudiants, de son violon, cet instrument qu?elle pratique avec passion et talent. Dans le Paris occupé, elle s?accroche aux après-midi ensoleillées, aux journées passées dans les bibliothèques, consacrées à la musique.

En juin 1942, son insouciance est rattrapée par l?absurdité, l?ignoble et l?horreur de l?histoire, lorsqu?elle est obligée de porter l?insigne, comme elle dit, l?étoile jaune. A la fois témoin de gestes de solidarité des Parisiens comme du zèle de certains fonctionnaires, Hélène Berr note tout.

Etudiante en anglais à la Sorbonne, les lois raciales de Vichy l?interdisent d?agrégation, ce qui ne l?empêche pas de se consacrer pleinement à sa passion pour cette langue, en préparant une thèse sur John Keats.

Hélène Berr s?engage en tant qu?assistante sociale bénévole à l?Union Générale des Israélites de France (l?Ugif), se dévouant pour essayer de venir en aide aux enfants de parents disparus, internés des camps de Drancy et de Beaune-la-Rolande.

A partir de 1941, elle devient secrétaire de l?Entraide temporaire, une organisation clandestine où travaillent juifs et protestants, et qui réussira à sauver près de 500 enfants juifs pendant la guerre. Arrêtée avec son père et sa mère le 8 mars 1944, déportée le jour de ses 29 ans à Auschwitz, puis à Bergen-Belsen, Hélène Berr y est morte en avril 1945.

Les derniers mots qu?elle écrit dans son journal sont empruntés à Kurtz, le héros de au coeur des ténèbres, de Joseph Conrad : "Horror ! Horror ! Horror !".

En raison de l?attachement de Hélène Berr aux valeurs de dignité humaine et de liberté, de son combat intellectuel pour la mémoire, de la qualité littéraire et de la clairvoyance de son ?uvre, mais aussi de sa passion pour la littérature et la musique, sur proposition de l?Exécutif, avec Anne HIDALGO et Fatima LALEM, le voeu tend à ce que la mémoire de Hélène Berr soit honorée en donnant son lieu à une bibliothèque ou à un conservatoire du réseau municipal.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de v?u déposé par l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Le projet de voeu est adopté. (2008, V. 53).