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Juin 2008
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2008, III - Question d’actualité posée par le groupe M.R.C. à M. le Maire de Paris, relative au développement des centres de dépistage du Sida.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2008


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à Mme Marinette BACHE pour la question du groupe M.R.C.

Mme Marinette BACHE. - Merci, Monsieur le Maire.

Il y a 25 ans, des chercheurs de l?équipe du professeur Luc MONTAGNIER décrivaient un nouveau virus responsable du syndrome d?immunodéficience acquis, c?était la découverte du sida. 25 ans, 25 millions de morts. Aujourd?hui, il semblerait, selon l?O.M.S., que le pourcentage de personnes vivant avec le virus soit stabilisé et que le nombre des nouvelles infections chute.

Cependant, ils sont plus de 33 millions avec le VIH. Le nombre de femmes infectées a depuis l?an 2000 dépassé celui des hommes. L?Afrique est devenue le continent où l?épidémie progresse à grand pas et les traitements antiviraux efficaces ne sont pas à sa portée financière.

En France, la plupart des malades ont accès à ces traitements. Il n?empêche que la prévention reste le meilleur moyen de lutter contre la maladie. A Paris, existent des centres de dépistage. A ma connaissance, six dépendent de l?A.P.-H.P., deux sont gérés par des associations, trois sont municipaux.

Tous les arrondissements ne sont pas couverts et de gros arrondissements populaires, dans lesquels vivent des populations mal suivies médicalement, le sont fort peu. De plus, les centres existants ont des horaires d?ouverture restreints. Certains sont même fermés le dimanche et quelquefois même le week-end entier.

Ne serait-il pas possible, Monsieur le Maire, Monsieur l?adjoint chargé de la Santé, d?étudier la possibilité de plus grandes plages d?ouverture, d?abord pour les centres municipaux puis en lien avec nos partenaires associatifs et de l?A.P.-H.P., et d?agir également pour qu?une information plus accessible soit faite sur l?existence de ces centres, d?agir enfin pour qu?une certaine coordination existe entre eux afin que si l?un est fermé, il soit immédiatement possible de savoir quel est le plus proche centre ouvert ?

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

Monsieur LE GUEN, vous avez la parole.

M. Jean-Marie LE GUEN, adjoint. - Tout d?abord, je tiens à vous remercier de votre question parfaitement légitime, parce que l?on a un peu trop tendance à parler de l?épidémie du sida en se disant que l?on a fait finalement des progrès considérables, qu?il existe un certain nombre de traitements. Néanmoins, on oublie que cette maladie, même si l?incidence au plan mondial pourrait semblait stabilisée, encore qu?il faudrait regarder les chiffres selon les continents, demeure évidemment une menace très grave et très lourde sur la santé publique et nous ne devons en aucune façon relâcher notre effort.

Toute la base de la lutte contre cette maladie réside dans la prévention, la plus efficace possible, et de ce point de vue nous allons bientôt lancer une nouvelle campagne de prévention, en essayant d?avoir une réflexion peut-être plus ciblée, plus territorialisée en fonction des populations qui sont le plus à risque. Nous allons donc développer en direction de ces populations une action plus résolue, plus ferme, plus directe, parce qu?elle est nécessaire quand on sait qu?une certaine ambiance de démobilisation autour du sida est cause d?inquiétudes pour tous ceux qui ont en charge les questions de santé publique.

L?autre aspect qui nous concerne également très directement, vous l?avez signalé, est celui du dépistage. Nous savons combien le dépistage est un élément majeur pour la maîtrise de l?épidémie. On doit pouvoir accéder à un dépistage anonyme et gratuit, ce qui le facilite et le rend en quelque sorte naturel. Lorsque l?on s?est mis dans une situation à risque, c?est une dimension tout à fait essentielle pour maîtriser l?épidémie.

Vous avez rappelé qu?à Paris nous avons onze centres, 6 hospitaliers, 2 associatifs, 3 municipaux. En tout état de cause, il s?agit d?une politique qui est de la responsabilité de l?Etat, que nous conduisons, que nous amplifions et que nous avons l?intention de continuer à amplifier. Je veux également signaler que les centres qui sont ouverts à des horaires un peu plus décalés et donc plus conformes à la disponibilité des personnes sont des centres municipaux, ouverts notamment le samedi. Sans doute, faut-il réfléchir à une meilleure information sur les heures d?ouverture et sur la disponibilité de ces centres.

Je tiens aussi à vous dire que nous allons mener à l?intérieur de ces centres un certain nombre d?études de recherche clinique qui font que nous allons essayer de tester, comme c?est le cas d?ailleurs au plan national, des tests qui soient plus rapides et qui allègent en quelque sorte l?ensemble du travail de suivi des personnes.

Nous allons donc faire en sorte que nous puissions avoir accès à ces centres avec des éléments d?innovation. Le dernier point sur lequel je voulais attirer l?attention de tous nos collègues y compris vous-même, Monsieur POZZO-DI-BORGO, puisque vous êtes responsable de cette majorité, est que les problèmes de démographie médicale sont tels que nous aurons, y compris à Paris, des problèmes extrêmement sévères et sérieux de démographie médicale dans tous les domaines de la médecine sociale dans les mois et les années qui viennent.

C?est pour vous dire que l?inaction malheureusement trop fréquente fait que nous nous trouverons devant des situations extrêmement difficiles dans les mois et les années qui viennent, faute de médecins susceptibles de s?investir dans les différents centres de médecine sociale, sans parler d?autres spécialités médicales.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

Je rappelle donc avec un peu d?insistance à tout le monde, y compris aux adjoints qui répondront tout à l?heure, que vous disposez de 2 minutes 30.