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Juin 2008
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2008, I - Question d’actualité posée par le groupe communiste à M. le Maire de Paris, relative à la situation des écoles parisiennes.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2008


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous commençons par la question d?actualité du groupe communiste.

La parole est à Mme Emmanuelle BECKER.

Mme Emmanuelle BECKER. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, depuis l?arrivée de M. DARCOS au Ministère de l?Education nationale, l?école est en butte à une attaque sans précédent sous forme d?une multitude de mesures qui constituent de fait une réforme qui ne donne pas son nom, une casse généralisée du service public de l?éducation qui va à l?encontre de la réussite des élèves.

A de nombreux titres les collectivités sont une nouvelle fois directement concernées par le désengagement de l?Etat et la légèreté voire l?irresponsabilité des dirigeants qui agissent à coups de communication et d?effets d?annonce plutôt que dans le sens d?une réflexion réelle sur un système éducatif juste.

Pour ce qui concerne Paris, deux problèmes sont à souligner : les modifications portées à la carte scolaire d?une part et d?autre part l?organisation du soutien scolaire et de l?accompagnement éducatif.

Sur ces questions, parents d?élèves et enseignants se montrent solidaires. Ils se sont mobilisés ensemble lors de la nuit des écoles vendredi dernier ou lors d?autres manifestations ces dernières semaines.

Nous nous associons d?ailleurs à leur inquiétude.

D?une part sur la carte scolaire : des fermetures de classe (en particulier dans l?Est parisien) et des suppressions de postes (dont cinq postes de soutien à la lecture dans des établissements classés Z.E.P.) ont été annoncés en début de mois.

Ces modifications ont été discutées lors du C.D.E.N. la semaine dernière et nous souhaitons connaître les modifications de carte scolaire à ce jour retenues pour la rentrée prochaine.

D?autre part, nous souhaitons connaître la position que prendra la Municipalité face à l?inorganisation de la rentrée prochaine, en particulier la suppression des cours du samedi matin risque de donner lieu à des heures de soutien pour certains élèves sur le temps périscolaire de la pause méridienne. Qu?en est-il ?

Allons-nous également encore nous associer à l?organisation de stages quasi improvisés durant les vacances scolaires alors que ces stages n?ont pas fait la preuve de leur efficacité ?

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

Je donne la parole à M. CHERKI.

M. Pascal CHERKI, adjoint. - En effet, comme le disait Mme BECKER dans sa question, nous ne sommes pas totalement satisfaits concernant la carte scolaire, c?est le moins qu?on puisse dire bien qu?entre la carte scolaire proposée avant le Conseil départemental de l?Education nationale et celle d?aujourd?hui, des avancées substantielles aient été faites.

J?ai eu l?occasion de dire à l?inspecteur d?Académie que la carte scolaire était une provocation puisqu?elle comportait 34 fermetures de classe contre 16 ouvertures alors qu?il y a une stabilité globale des effectifs à Paris.

Grâce à la mobilisation des enseignants, des parents d?élèves et de la Municipalité, nous avons pu faire substantiellement évoluer cette carte scolaire puisque aujourd?hui nous sommes dans un solde net d?ouverture de cinq classes, à savoir 29 ouvertures et 24 fermetures.

Il reste cependant quatre problèmes : le premier d?entre eux, vous l?avez évoqué pour l?Est de Paris est que les fermetures de classe sont beaucoup trop nombreuses. Nous risquons d?assister à une remontée du nombre d?élèves par classe dans les écoles, pas toutes classées en Z.E.P. Chacun sait que ce classement en Z.E.P. est un classement trop restreint.

Le deuxième élément est la suppression des cinq postes de soutien à la lecture, cette disposition n?est pas comprise par la communauté pédagogique des écoles à juste titre, ainsi que la fermeture de quatre classes de soutien pour l?alphabétisation des enfants d?origine étrangère.

Enfin, il faut être vigilant car 23 classes sont susceptibles de fermer à la rentrée puisqu?elles font l?objet de mesures de blocage. Nous appelons les parents d?élèves et les enseignants à rester mobilisés. Il ne faudrait pas que d?une main l?Académie reprenne ce qu?elle a été obligée de concéder de l?autre.

Concernant les deux autres points que vous avez abordés, quant à la question de l?organisation de la rentrée, nous partageons votre inquiétude, Mme BECKER. Nous avons demandé à l?Académie qu?elle convoque un C.D.E.N. puisque c?est de sa compétence de manière à ce que nous puissions discuter de l?organisation de la rentrée scolaire.

Nous ne savons même pas quel jour elle aura lieu, ni ce qui va advenir, si oui ou non le samedi matin sera supprimé. Cela pose un problème : on nous parle beaucoup de l?accueil des élèves les jours de grève, pour six jours par an, et en parallèle le Gouvernement est en train d?organiser la grève ministérielle du personnel enseignant le samedi.

Dans de nombreuses écoles, les enfants verront leurs cours du samedi matin supprimés au nom de la réforme des programmes DARCOS sans bien évidemment que le Gouvernement se préoccupe des conditions d?accueil de ces enfants le samedi matin. Cela ne lui pose pas de problème.

Nous ne savons pas, si la réforme DARCOS est mise en application, ce que deviendront les deux heures de temps de service soustraites aux enseignants de leur temps devant élèves pour être rebasculées sur les temps de service.

Nous ne savons pas si ce sera le mercredi matin, le mercredi après-midi, le soir ou le samedi matin. A moins de deux mois de la rentrée c?est le flou le plus total. Les parents, les enseignants et nous-mêmes sommes dans l?expectative voire plus.

Le dernier élément concerne les stages, la question est différente. Nous l?avons dit, nous ne sommes pas opposés au principe de stage de soutien durant les vacances. C?est la raison pour laquelle nous n?y étions pas opposés considérant en effet que cela peut être quelque chose d?utile.

Il y a cependant deux conditions : la première est que ce soit un plus, c?est-à-dire que ces stages ne doivent pas être le prétexte de diminuer les moyens affectés à la lutte contre l?échec scolaire pendant le temps scolaire. Il ne s?agit pas de déshabiller Paul pour habiller Jacques.

La deuxième condition est qu?il ne s?agit pas de concevoir l?éducation comme un marché où nous mettrions d?un côté des enseignants et de l?autre des élèves. Nous souhaitons qu?il y ait un contenu pédagogique.

C?est pourquoi nous avons demandé à l?Académie de réunir un C.D.E.N. afin qu?elle discute après cette période expérimentale. Si des propositions pédagogiques sont faites après discussion avec la Communauté scolaire, la Ville de Paris renouvellera la convention passée avec l?Académie pour permettre l?organisation de ces stages.

S?il n?y a pas de contenu pédagogique, il n?y aura pas de raison que nous nous prêtions à ce qui ne serait plus une opération à caractère pédagogique mais une manoeuvre de propagande gouvernementale.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je vous remercie.