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Fevrier 2019
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relatif à l'immeuble de bureaux 122-126, rue du Château-des-Rentiers (13e). Vœu déposé par le groupe Ecologiste de Paris relatif à l'immeuble de bureaux 122-126, rue du Château-des-Rentiers (13e). Vœu déposé par le groupe Communiste - Front de Gauche relatif à l'immeuble de bureaux 122-126, rue du Château-des-Rentiers (13e). Vœu déposé par l'Exécutif.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2019


 

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Nous en arrivons aux v?ux référencés n° 165, n° 166, n° 167 et n° 167 bis relatifs au même immeuble de la rue du Château-des-Rentiers, dans le 13e arrondissement.

Je donne la parole à Jérôme COUMET, pour présenter le v?u n° 165. C'est à vous, Monsieur le Maire.

M. Jérôme COUMET, maire du 13e arrondissement. - Très rapidement. Il s?agit de l?immeuble que d?aucuns connaissent parce qu?il a hébergé notamment la Brigade financière et différents services liés à la police. Aujourd'hui, il est vide d'utilisation. D'ailleurs, il y a eu une action lancée par le D.A.L. pour attirer l'attention sur cet immeuble qui était disponible.

Nous avons voté un v?u en Conseil d'arrondissement demandant à regarder les possibilités d'utilisation provisoire pour héberger des sans domiciles ou des familles sans abris, et pour réfléchir à son utilisation ultérieure.

Depuis le vote de ce v?u, je me suis rapproché des différents propriétaires. Il se trouve que cet immeuble est très amianté, qu'il fait l'objet d'une opération de désamiantage qui vient de débuter, que le Samu social, me dit-on - je ne suis pas allé vérifier auprès de lui - avait regardé la possibilité d'utiliser cet immeuble, mais comme il était impossible de lancer des travaux d?aménagement même légers, puisque même les cloisons intérieures étaient amiantées, il n?a pas pu être utilisé de manière provisoire. Je le note. C?est dommage, mais cela me semble impossible.

Concernant les utilisations futures, le nouveau propriétaire envisage d'en faire une résidence service senior, ce qui, au moins, aurait le mérite d'avoir une forme d'utilité collective.

Je devais ces informations à notre Assemblée. Je ne sais pas si les v?ux tombent en fonction de ce que je viens d'indiquer. En tout cas, cela me semble difficile d'envisager, vu les éléments qui m'ont été donnés, une utilisation provisoire pour de l'hébergement. A réexaminer peut-être.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Maire.

Je donne la parole à Marie ATALLAH, pour présenter le v?u n° 166.

Mme Marie ATALLAH. - Merci, Monsieur le Maire.

Je ne vais pas répéter ce que Jérôme COUMET, M. le Maire du 13e vient d'évoquer concernant le constat de cet immeuble vacant depuis 2017 et qui appartient à un établissement financier. Il fait plus de 10.000 mètres carrés et est vacant. Nous, les élus écologistes du 13e, avons déposé un v?u dans le 13e arrondissement pour demander exactement la même chose, c'est-à-dire que cet immeuble soit réquisitionné le plus rapidement possible pour mettre à l'abri des sans domiciles fixes ou des mal-logés, et aussi de demander à l'Etat d'examiner la transformation de cet immeuble vacant en logements.

Prioritairement, ici, au Conseil de Paris, nous demandons que ce bâtiment soit au service de l'intérêt public pour les Parisiens. Surtout, cet immeuble peut servir selon le secteur qui, je l'avoue, est saturé en logements sociaux ; nous pouvons imaginer un programme de logements pour personnes âgées à vocation intergénérationnelle. Car, pour nous, écologistes, nous pouvons innover dans la création de maisons de retraite, que ce ne soit pas sur le modèle forcément classique d?une maison de retraite, mais introduire une dimension intergénérationnelle.

Voilà pourquoi nous présentons ce v?u.

Au regard des éléments que je viens d'entendre de la bouche de M. le Maire du 13e, selon lesquels il y a de l'amiante dans cet immeuble, ce qui fait barrage à la réquisition pour la mise à l'abri de S.D.F., peut-être que le premier alinéa tombe pour accueillir des sans domiciles fixes. Je souhaite que l'étude soit approfondie, parce que c?est vrai qu?il y a une urgence. Si c'est possible, faisons-le, si ce n'est pas possible, nous restons sur notre demande pour envisager un projet de transformation en logements. Merci.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Finalement, vous aviez des choses à dire.

Je dis cela, parce que vous aviez commencé votre intervention en disant "je n'ai rien à redire à", et puis finalement?

Je donne la parole à Jean-Noël AQUA, qui va nous présenter le v?u n° 167.

M. Jean-Noël AQUA. - Un v?u qui était à l'origine du v?u qui est remonté. Comme par hasard, c'est un peu curieux, dans les v?ux qui remontent du 13e arrondissement, les gens qui déposent initialement ne sont plus du tout cités à la fin. Comme ce n'est pas la première fois, on s'est permis de redéposer? Un peu de courtoisie ne gêne en rien la bonne exécution de la politique.

En plus, sur ce v?u, nous demandions à ce que, sur cet immeuble, qui était occupé par la Brigade financière, cela fait plus de deux ans qu'il n'a pas été utilisé. C'est le groupe "Amundi" avec le Crédit Agricole qui aujourd'hui le gère. Le D.A.L. a occupé le lieu, cela a été dit par Jérôme qui a pu constater aussi que les militants du D.A.L. ont été chassés manu militari sans ménagement, ce qui là aussi a pu laisser beaucoup d'amertume. Mais c'est un autre problème.

Le Groupe envisage d'en faire une maison de retraite. Le dossier n'est toujours pas monté. Cela fait deux ans que l'immeuble est inoccupé, et visiblement, cela risque de durer longtemps encore puisqu'on n'en est même pas au permis de construire. Après, pour les travaux, on verra.

Visiblement, on n'a pas tous les mêmes problèmes en matière de logement. Déjà, on peut se permettre de laisser 10.000 mètres carrés de bureaux vides sans souci, à l'heure où l'on sait toute la crise du logement en France, en particulier sur Paris. On ne peut que constater que c'est encore une fois un énième exemple de ce qui est insupportable.

Concernant l'amiante, nous avions rencontré le gérant qui nous l'avait souligné. Il a constaté que l'amiante n'a absolument pas gêné le fait que la Brigade financière ait pu y travailler pendant plus de dix ans. Ce n'était pas un problème. Visiblement, il y a une utilisation de l'amiante à géométrie variable.

Nous continuons à être un peu plus précis puisque, comme visiblement, on peut se lâcher sur les v?ux, à redemander la formulation initiale, à savoir à ce que la Ville demande au groupe "Amundi" qu'au plus vite, il puisse cesser de laisser ces bureaux inoccupés, et qu'à titre intercalaire, soient proposés des hébergements avec accompagnement social, en lien avec les services de l'État, comme nous savons si bien le faire.

Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Jean-Noël AQUA.

Pour répondre à l'oratrice et aux orateurs, la parole est à Ian BROSSAT.

M. Ian BROSSAT, adjoint. - Ces trois v?ux portent sur une même adresse, avec une problématique que nous connaissons bien, la problématique de ces immeubles de bureaux vides. Le 126, rue du Château-des-Rentiers dans le 13e arrondissement, est un immeuble de bureaux vides, un immeuble très grand puisqu'il fait plus de 10.000 mètres carrés.

Personne ne peut accepter que nous ayons autant de mètres carrés disponibles inutilisés, alors même que nous avons, chaque nuit, 3.000 personnes qui dorment dehors, faute de solutions d'hébergement. C'est le sens des différents v?ux qui ont été déposés et qui font suite à une occupation par l'association "Droit au Logement" de ce même lieu, occupation qui a duré à peine une journée, puisque ceux qui l'occupaient en ont été chassés par l'intervention des forces de police.

C'est un immeuble aujourd'hui privé, dont le propriétaire est privé. Par conséquent, la question qui est posée par ces v?ux, c'est la question de la réquisition. D'abord, le Conseil de Paris, en tout cas la majorité de ce Conseil de Paris, s'est toujours prononcée pour la réquisition des immeubles de bureaux vides. Nous avons très régulièrement interpellés l'État sur ces immeubles laissés vacants depuis parfois des années. Je vous propose, par ce v?u de l'Exécutif, que nous puissions le faire une fois de plus, notamment pour cette adresse. Après, il faut évidemment examiner de manière précise l'état de l'immeuble. Il ne s'agit pas de dire par ces v?ux que nous allons réquisitionner du jour au lendemain. Il s'agit de vérifier si c'est possible. Si c'est possible, il faut le faire. C'est le sens de ce v?u que je vous invite à voter.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Ian BROSSAT.

J'interroge Jérôme COUMET. Le v?u n° 165 est-il maintenu ?

Il est retiré au bénéfice du v?u n° 167 bis, merci.

Marie ATALLAH ?

Mme Marie ATALLAH. - Je le retire puisque c'est repris.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Tout cela paraît assez logique, retiré puisque demande reprise. Jean-Noël AQUA ?

J'ai noté, j'essaye simplement de savoir où nous en sommes, et pour savoir, cher Yves CONTASSOT, sur quoi vous allez faire votre explication de vote. En l'occurrence, il ne vous reste plus à vous mettre sous la dent, si j'ose dire, que le v?u n° 167 bis de l'Exécutif.

Je vous donne la parole.

M. Yves CONTASSOT. - Cela ne me surprend pas, je l'avais bien anticipé. Merci, Monsieur le Maire.

Nous allons voter ce v?u. En même temps, j'ai un peu un regret. Le projet, c'est de faire une résidence pour personnes âgées. Or on voit fleurir de plus en plus de résidences pour personnes âgées privées, à des prix prohibitifs, prohibitifs. Il va falloir que l'on se pose la question, parce que dans le 13e, ce n'est pas la première, loin de là : va-t-on pouvoir continuer à avoir une politique importante et dynamique pour nos seniors et, en même temps, voir le privé faire des opérations de spéculation immobilière comme cela, en continuant à acheter des immeubles et puis à générer beaucoup, beaucoup d'argent, et on le sait bien, sur la situation des personnes âgées qui sont de plus en plus nombreuses. Je souhaite, qu'y compris dans le cadre de la politique de préemption, cette question soit prise en compte. Cela ne concerne pas qu'Ian, cela concerne plusieurs adjoints. Mais je crois que cette question est essentielle pour l'avenir. Nous allons voter évidemment le v?u de l'Exécutif.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Vous allez voter le v?u n° 167 bis. Pour que notre Assemblée soit totalement éclairée, Ian BROSSAT voulait dire un mot et calmer d'éventuelles inquiétudes.

M. Ian BROSSAT, adjoint. - Dans le droit fil de ce que vient de dire Yves CONTASSOT, le v?u de l'Exécutif reprend précisément cette demande d'appropriation publique. Je crois que nous sommes d'accord.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Parfait.

Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de v?u déposé par l'Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

Le projet de v?u est adopté. (2019, V. 78).