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Fevrier 2019
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Présentation des propositions du Conseil des générations futures relatives à la jeunesse.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2019


 

M. Paul SIMONDON, adjoint, président. - Avant de reprendre notre séance à 10 heures, nous avons ce matin la présentation des propositions du Conseil des générations futures relatives à la jeunesse et nous accueillons Mmes Béatrice JACOBS, Christine NEDELEC et Anne RATAJCZAK.

Je vous donne la parole.

Mme Béatrice JACOBS. - Bonjour, Béatrice JACOBS, merci de nous accueillir. Nous représentons le Conseil des générations futures. Je suis coprésidente du collège des associations ; évidemment, je fais partie de la commission jeunesse. On va vous faire des propositions de la part de la commission jeunesse et je commence par l'introduction.

La commission jeunesse a réfléchi sur deux catégories de jeunes aux problématiques différentes : d'une part, les adolescents de 10 à 18 ans et d'autre part les jeunes adultes de 18 à 30 ans. Ils représentent une population de 635.000 jeunes, soit 29 % de la population parisienne. 512.000 jeunes collégiens et lycéens ou étudiants sont scolarisés à Paris et 16.100 jeunes par an quittent le système scolaire sans qualification avec seulement le brevet des collèges.

Nous pensons donc que Paris se doit de devenir une ville solidaire et dynamique pour les générations futures. Paris doit construire une nouvelle logique d?accompagnement des nouvelles générations pour leur autonomie et leur épanouissement.

Dans notre commission, nous avons réfléchi sur les lieux dédiés pour les jeunes, leur formation et insertion professionnelle puis sur le logement et leur santé. Nous faisons aujourd?hui au Conseil de Paris des propositions sur les deux premiers sujets.

(Mme Olivia POLSKI, adjointe, remplace M. Paul SIMONDON au fauteuil de la présidence).

Je laisse la parole à Christine pour vous parler des lieux.

Mme Christine NEDELEC. - Bonjour, je suis Christine NEDELEC, je suis membre du Conseil des générations futures au titre de la commission jeunesse et je suis membre du collège des associations pour représenter l'association "France Nature Environnement" de Paris.

Au sujet des lieux, les lieux dont nous parlons doivent être des espaces de rassemblement, de partage, d'apprentissage, d'intégration et qui permettent aux jeunes la découverte de l'autre, l'ouverture et l'aventure. Trop de jeunes de tous âges et de toutes conditions ne savent pas où se retrouver dans leur quartier et où se divertir à moindres frais dans un contexte parisien particulier, une ville très dense et chère. Autrement dit, Paris manque de lieux où de visibilité des lieux et équipements de proximité qui soient accessibles aux jeunes.

Nous avons fait des propositions et notre première proposition est d'optimiser ce qui existe déjà en élargissant l'amplitude horaire, celle des lieux culturels, à savoir les bibliothèques et les musées, l'amplitude horaire des équipements sportifs, des jardins publics, des lieux d'information et du planning familial pour les jeunes, avec une vigilance accrue pour garantir l'accès aux jeunes filles.

Notre deuxième proposition est d'ouvrir les collèges, dont les locaux appartiennent à la Ville, ouvrir ces collèges en fin de journée et les week-ends ou pendant les vacances, pour trois types d'activité : le travail personnel au calme, le travail de groupe en réunion et les activités proposées par des associations, comme des ateliers culturels, des formations au numérique, etc. La Ville de Paris s'engagerait à accompagner cette offre périscolaire avec un encadrement par des associations pour l'aide aux devoirs, l'initiation aux arts et aux sports.

Notre troisième proposition consiste à créer de nouveaux lieux non marchands dans l'espace public parisien, de deux types. Il pourrait s?agir d?espaces éphémères sous la forme d'aménagements légers pour une durée donnée, dans un espace déterminé et en concertation avec le Conseil de quartier. Ces espaces pourraient répondre à des besoins structurants pour les jeunes du quartier, comme un atelier de découverte des métiers, un tournoi sportif, un jardin partagé.

Ce pourrait être un village ambulant, inspiré du château ambulant du cinéaste MIYAZAKI, sous la forme d'une structure itinérante offrant aux jeunes des informations sur les services qui leur sont dédiés, ainsi que des initiations dans les domaines artistique, culturel et sportif.

Pour compléter cette problématique des lieux, nous pensons que la Ville de Paris peut inciter les bailleurs sociaux, et peut-être les promoteurs privés, à prévoir dans leur future résidence des lieux de convivialité accessibles également aux jeunes, comme le fait parfois Paris Habitat.

Je vais laisser la parole à Anne pour la suite.

Mme Anne RATAJCZAK. - Bonjour, Anne RATAJCZAK, présidente du collège des salariés.

En ce qui concerne la formation et l'insertion professionnelle des jeunes, nous avons constaté que 69 % des jeunes de 16 à 25 ans sont scolarisés contre 56 % au niveau national, et 40 % ont un diplôme supérieur à bac +2. Pourtant, 9 % des 15-29 ans ne sont ni en éducation ni en formation, ni en emploi, d'après les sources du recensement et de l'APUR.

Aussi, notre quatrième proposition veut accompagner la réussite éducative de tous en se fixant un objectif "Paris territoire zéro décrocheur". Pour cela, il faut agir davantage sur la prévention du décrochage scolaire dès le collège, en expérimentant une Maison des collégiens, en dehors du collège, mal perçu par les élèves en difficulté. Dans cette maison, plus conviviale que le collège et la rue, une association pourrait proposer aux collégiens du soutien scolaire, de l'aide à l'orientation et à la découverte des métiers, de l'écoute psychologique, un espace jeux, etc. Il y a toutes sortes de choses à faire avec les jeunes.

Notre cinquième proposition concerne l'incitation de la Ville à la création d'emplois par les jeunes et pour les jeunes, en développant des modes coopératifs de petites entreprises, comme le supermarché coopératif "La Louve". Il est nécessaire aussi d'encourager et de faciliter les espaces de "coworking" et les "Fab Lab", structures plus abordables financièrement pour lancer son projet.

Notre sixième proposition est transversale, avec la création d'un portail unique pour les jeunes. Cette plateforme numérique d'un accès très simple et ergonomique informerait sur tous les dispositifs d'accès aux droits en matière de logement, santé, études et emplois, avec la possibilité de renvoi sur des liens plus précis, et sur tous les espaces dédiés dans chaque arrondissement de Paris. Ce portail "jeunes" pourrait faire l'objet d'un appel à projets de la Ville de Paris.

Je voulais également remercier, au nom de notre commission jeunesse, Mme Roberte AMIEL, notre secrétaire générale, pour son dévouement, son accompagnement. Elle nous a aidés à naviguer dans ce monde qu?est la Mairie de Paris, et, croyez-moi, ce n'est pas évident en tant que simple citoyen.

Merci beaucoup, Madame AMIEL, et merci pour votre attention.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Merci beaucoup, effectivement, pour le travail qui a été accompli, et je vais donc maintenant donner la parole à Mme Gypsie BLOCH pour le groupe LRI, pour 5 minutes maximum, s'il vous plaît.

Mme Gypsie BLOCH. - Merci, Madame la Maire, mes chers collègues, je voudrais d'abord remercier tous les membres du Conseil des générations futures qui s'engagent au service de Paris et de sa jeunesse, et plus particulièrement nos trois oratrices et nos trois invités ce matin qui ont travaillé sur ce sujet vraiment très important de la jeunesse, et cette thématique qui bien sûr nous tient à c?ur.

Merci pour ce constat, constat lucide que nous partageons et qui montre bien l'ampleur de la tâche à accomplir pour accompagner cette jeunesse à Paris.

Paris, ville riche de sa diversité, doit aussi capitaliser sur son attractivité et sur son dynamisme naturel, permettre aux jeunes générations de bien vivre, de grandir, d'être autonomes et de s'épanouir dans cette ville-monde bien sûr, mais également attirer la jeunesse qui vient d'ailleurs, de France ou de l'étranger pour y étudier, pour s'y installer en cherchant parfois une nouvelle forme de liberté, car Paris est aussi la ville de la tolérance.

Nous avons une responsabilité collective, une responsabilité d'accompagner le changement et de choyer cette jeunesse qui est notre avenir.

Les propositions qui ont été formulées ce matin sont issues d'une réflexion globale sur tous les enjeux auxquels Paris est confrontée : l'accès au logement bien sûr, l'insertion professionnelle, l'accès aux infrastructures sportives et culturelles, les déplacements, la vie nocturne, et bien sûr nous souscrivons aux propositions qui ont été formulées. Je retiens particulièrement cette idée de maison des collégiens, puisque la lutte contre le décrochage scolaire est effectivement une énorme priorité.

Je souhaite toutefois rappeler quelques réalités et quelques points de vigilance.

Paris perd chaque année près de 12.000 habitants quand la plupart des autres grandes métropoles françaises en gagnent. Au deuxième enfant, de nombreuses familles font le choix de partir, et aujourd'hui des classes et des écoles ferment.

Cette situation doit nous amener à porter une vision nouvelle de la ville, adaptée aux évolutions et aux attentes des Parisiens, aux attentes des familles et bien sûr aux attentes de notre jeunesse, qui doit elle aussi s'inscrire dans la vie parisienne.

Cette vision, nous devons la porter d'abord sur le logement, en apportant et en adoptant enfin une vision métropolitaine de la politique de logement. On ne résoudra pas la crise du logement à la seule échelle parisienne. Malgré votre politique du chiffre, Madame la Maire, qui coûte excessivement cher au contribuable, la situation parisienne ne s'est pas améliorée depuis 2014. Est-il plus facile de se loger à Paris en 2016 qu'en 2014, et a fortiori pour les jeunes ? La réponse est non.

Sur l'accès aux infrastructures sportives et culturelles, comme cela est très justement évoqué dans les propositions du Conseil des générations futures, puisque cela doit être un lieu de rassemblement pour ces jeunes, la Maire de Paris nous a présenté hier ses objectifs en matière de politique sportive, nous les partageons, mais comment favoriser l'accès libre au sport lorsque cette politique consiste à détruire des terrains d'éducation physique ? Je pense notamment à Ménilmontant, qui est un espace dédié aux jeunes et aussi aux moins jeunes d'ailleurs, dans lequel ils peuvent se retrouver pour se détendre ou pratiquer des activités sportives. N'y voyez-vous pas là une contradiction ?

Je pense aussi aux bibliothèques dont les horaires ne correspondent pas aux habitudes et attentes des Parisiennes et des Parisiens, et les étudiants nous le disent.

Je reprendrai les termes de la tribune de mes collègues Pierre-Yves BOURNAZEL et Anne-Christine LANG, l'amplitude horaire des ouvertures des bibliothèques est d'une durée moyenne de 88 heures à New York, 78 heures à Londres, 84 heures à Amsterdam, 98 heures à Copenhague, contre seulement 38 heures hebdomadaires à Paris.

Nous avons là un formidable levier à activer.

Répondre aux attentes de la jeunesse, c'est aussi savoir écouter ses besoins en termes de mobilité.

Vous aviez annoncé en 2014, Madame la Maire, vouloir expérimenter le métro la nuit et le week-end, le succès du "night tube" à Londres aurait dû vous inspirer. Alors, où en est-on ? Avez-vous suffisamment travaillé avec vos partenaires pour construire ce projet ?

Enfin, Madame la Maire, comment Paris, capitale ville-monde, peut-elle encore tergiverser sur l'ouverture dominicale des commerces ? Nous formulons le v?u que Paris devienne une zone touristique unique, cela rétablirait l'égalité entre tous les commerces, mais c'est aussi une mesure qui représente un vivier d'emplois, notamment pour les étudiants, inexploité aujourd'hui. Sur l'emploi, nous pouvons aussi signaler les opérations développées par les missions locales, qui développent des opérations de parrainage avec des chefs d'entreprises pour accompagner des jeunes travailleurs. Toutes ces opérations pour accompagner l'emploi sont peu coûteuses et sont basées sur une volonté politique, sur l'appel à volontaires et peuvent être développées dans les mairies. Ces mairies qui peuvent devenir des lieux innovants pour la rencontre des jeunes. Madame la Maire, vous le constatez, la jeunesse attend des réponses à ses légitimes préoccupations, et je suis heureuse que le Conseil des générations futures mette en exergue des axes d'amélioration. Ils ne doivent pas rester de vains mots, aujourd'hui nous construisons leur avenir, soyons à la hauteur de l'enjeu. Je vous remercie.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Je vous remercie.

La parole est à Rémi FÉRAUD, pour le groupe SOCA, pour 5 minutes.

M. Rémi FÉRAUD. - Merci, Madame la Maire, chers collègues, Mesdames-Messieurs les membres du Conseil des générations futures. Je veux vous remercier, au nom du groupe Socialiste et Apparentés, pour votre présentation, vos propositions et le travail important fourni que vous avez consacré à la question de la jeunesse.

Vos travaux sont importants pour orienter notre action, je constate d'ailleurs que beaucoup des pistes que vous explorez sont celles de notre politique, mais nous pouvons toujours aller plus loin ou nous améliorer, ou en explorer d'autres.

Le domaine de la jeunesse, évidemment, est très important dans une ville attractive comme Paris, extrêmement vivante, et Paris sans sa jeunesse ne serait évidemment pas tout à fait Paris.

Avant de revenir un instant sur vos conclusions, j'aimerais aussi parler du choix qui a été fait par notre ville de se doter d'une instance indépendante, représentant la société civile parisienne, pour éclairer les élus sur des thèmes forts qui concernent Paris et les habitants de notre ville. Je pense aussi à tous ceux qui se sont mobilisés pour que le Conseil des générations futures que vous formez voie le jour et puisse, comme ce matin, participer à nos travaux. Je tiens à remercier Didier LE RESTE qui a été le premier à en proposer la mise en place au début de ce mandat.

Car écouter, consulter, concerter, c'est aussi l'une des façons que nous avons et que nous voulons de faire de la politique à l'image du budget participatif, chère Pauline VÉRON, ou des débats qui ont eu lieu dans ce même hémicycle la semaine dernière dans le cadre du grand débat national, afin que les citoyens ne soient pas exclus des débats qui les concernent au premier chef.

La question de la jeunesse que vous avez décidé de travailler, c'est un des axes aussi de notre action municipale, pour laquelle notre mobilisation est forte. L'accompagnement et la promotion de la mixité, de l'engagement, le renforcement des compétences et de l'égalité des chances sont des objectifs que nous partageons, et cela passe, vous avez raison, par une meilleure information de ces publics.

Plusieurs de vos recommandations correspondent à des projets de la municipalité, mais certaines vont plus loin, et je pense que nous pourrons nous en inspirer dans les mois qui viennent.

Je pense, par exemple, à l'allongement des horaires d'utilisation des équipements, culturels, pédagogiques, sportifs, nous travaillons en ce sens dans les bibliothèques, dans les équipements sportifs, nous en avons d'ailleurs discuté avant-hier, mais nous devons encore progresser dans cette voie.

Les enjeux comme la prévention du décrochage scolaire ou l'insertion des jeunes en difficulté, vous en avez parlé tout à l'heure ; la réappropriation et le meilleur partage de l'espace public ; la création de davantage de lieux de convivialité et de sociabilité, voilà des propositions avec lesquelles notre groupe est évidemment tout à fait d'accord, sur lesquelles nous convergeons dans les objectifs.

Il est important que la puissance publique intervienne pour que chacune, chacun puisse profiter pleinement de sa jeunesse à Paris, dans les meilleures conditions et être en capacité de réussir, quel que soit le milieu social dont il est originaire, c'est pour nous une dimension politique absolument essentielle.

Aussi, nous vous remercions de votre présentation ce matin. J'espère que nous pourrons nous en inspirer dans la mise en ?uvre de notre action municipale et je remercie le Conseil des générations futures de son travail.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Je vous remercie pour votre concision.

La parole est à Mme Léa FILOCHE, pour le groupe EGCP, pour cinq minutes.

Mme Léa FILOCHE. - Merci beaucoup.

Bonjour à toutes et à tous.

Madame la Maire, mes chers collègues, chers membres du Conseil des générations futures, j'ai le plaisir de coprésider un groupe qui s'appelle "Génération.s". Forcément, vos travaux ont des convergences avec le cadre dans lequel nous souhaitons, nous aussi, nous positionner.

Par ailleurs - vous ne devez pas le savoir, chers membres du Conseil des générations futures, mais ici, un certain nombre d?élus doivent le savoir - je suis une infatigable militante de l'autonomie de la jeunesse depuis de nombreuses années. Ce n'est d'ailleurs peut-être pas anodin que je copréside aujourd'hui le groupe Génération.s dans ce Conseil.

Votre rapport, chères conseillères, est riche d'enseignements, comme à chaque fois depuis 2016. Cela fait plusieurs années que nous ressentons l'envie et le besoin que chaque citoyen et chaque citoyenne puisse s'investir dans la vie de la cité, participer à la prise de décision, mieux comprendre ce qui organise la vie de la cité, afin de pouvoir proposer des solutions - cela vient d'être dit - différentes, nouvelles ou complémentaires.

Nous nous félicitons que la Ville de Paris s'investisse sans avoir attendu le grand débat national, notamment dans la consultation des jeunes qui représentent, je le rappelle, un peu plus de 25 % de la population parisienne. Nous pouvons être fiers que notre Ville soit à l'écoute et mette en ?uvre des propositions qui ressortent du cadre de discussions telles que celles que vous animez.

Le deuxième élément de satisfaction personnelle et collective est le fait que vous ayez considéré que l'âge de la jeunesse va jusqu'à 30 ans, non pas par convenance personnelle - j'ai largement dépassé cet âge - mais parce que, de fait, cela inclut des jeunes travailleurs et des jeunes travailleuses qui sont souvent les oubliés des politiques publiques. D'ailleurs, c'était l?une de nos propositions dans le cadre de nos travaux sur la gratuité des transports, de permettre de prendre en compte les temps d'insertion qui s'allongent dans la vie active. Nous avions proposé de pouvoir imaginer prendre en charge une partie des transports pour les jeunes jusqu'à 30 ans.

Je ne peux que partager votre postulat de départ : la jeunesse a besoin de plus de justice sociale et de plus d'égalité. Vie chère, logement, alimentation, dépenses de la vie quotidienne, loisirs, partage de l'espace public : vous exprimez de très nombreuses inquiétudes face aux difficultés sociales rencontrées pour rentrer dans la vie, qu?elles soient étudiantes ou professionnelles. Ces inquiétudes ne sont pas sans rappeler l'actualité. Les échanges que nous avons pu avoir ces derniers jours sur la question de la sécurité, des frais d'inscription des étudiants étrangers, de la réquisition de logements vacants ou ce qui nous attend aujourd'hui encore sur la question d'EuropaCity, par exemple, nous le rappellent.

Vos propositions nous permettent de nous réinventer, de nous construire ensemble. Vos propositions sont précises et concrètes, et nous aident à aller plus loin et plus vite dans la mise en ?uvre de nos politiques publiques, dans le développement de nos services publics. En cela, je fais référence notamment à votre proposition autour des objectifs de zéro décrochage qui ne sont pas tombés dans l'oreille d'une sourde, mais aussi de vos propositions autour de la création de maisons de collégiens, où, là encore, la Ville a commencé à travailler à des sujets comme celui-ci, mais il faut clairement aller plus loin. En tant qu?administratrice de l'Ecole de la deuxième chance, je ne vous cache pas qu'il y a beaucoup à faire sur la question des décrocheurs. Parmi vos neuf propositions, je retiendrai plus particulièrement celles qui sont en lien avec l'espace public. Je ne sais pas si vous avez pu suivre les deux derniers jours de nos travaux ici, en Conseil de Paris, mais nous en avons très largement parlé. Aujourd'hui, on sent bien que c?est au c?ur de nos débats. Je note que vous relayez le besoin de vous approprier vos lieux en dehors des horaires classiques. Evidemment, c'est un sujet qui traverse notre mandat. Que ce soit dans les collèges, dans les bibliothèques, dans les stades, dans les gymnases ou même dans les musées, les temps de la vie ne sont plus les mêmes et il est temps pour la Ville de le prendre en main. La proposition qui concerne les bailleurs sociaux est très pertinente, aussi bien pour les jeunes que pour les moins jeunes. Enfin, vos propositions d'utilisation alternative de l'espace public devraient nous inspirer, si nous essayons de soutenir la création d?espaces alternatifs dès que nous le pouvons. Nous avons bien conscience que ce n'est pas suffisant. C'est d'ailleurs l'objectif d'un v?u que nous avions déposé lors du dernier Conseil de Paris, qui demandait que la Ville reloge des collectifs d?artistes qui sont dans des cadres intermédiaires, et qui, lorsque les travaux doivent commencer, se retrouvent souvent le bec dans l'eau. Vous nous donnez une boussole. Nous tenterons d'en être à la hauteur et de répondre concrètement à vos propositions. N'hésitez pas à nous solliciter encore et encore si vous considérez que nous ne suivons pas vos préconisations. Merci pour votre travail et bravo pour vos propositions.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - La parole est à Mme Leïla DIRI, pour le groupe UDI-MODEM, pour cinq minutes.

Mme Leïla DIRI. - Madame la Maire, chers collègues, chères Mesdames membres du Conseil des générations futures, le C.G.F. a été créé pour représenter la société civile parisienne et réfléchir de manière prospective sur des thèmes qui concernent Paris et la vie des Parisiens. Je voudrais d'abord saluer les différents collèges du C.G.F. qui ont fait le choix de s?investir pour notre Ville, de consacrer du temps et de l'énergie pour travailler des sujets importants.

Vous avez fait le choix de retenir trois grands axes de travail pertinents : l'économie du partage, la jeunesse et le vivre ensemble.

Concernant la jeunesse, vous faites un certain nombre de propositions, dont certaines font écho à des réflexions et propositions de groupe politique. Je regrette néanmoins le peu d'éléments qui nous ont été transmis et dans des délais très courts pour préparer cette discussion. Vos propositions vont dans le sens de l'accompagnement des jeunes dans leur autonomie et leur épanouissement autour de deux thèmes prioritaires : les lieux et la vie de quartier, la formation et l'insertion professionnelle.

Concernant les lieux et la vie de quartier, vous souhaitez notamment élargir l?amplitude horaire d?ouverture de lieux publics et équipements dédiés, ouvrir les collèges le soir et les week-ends aux associations, amener les bailleurs sociaux à prévoir des lieux de convivialité et proposer des utilisations alternatives de l'espace public.

Sur le sujet de l'amplitude horaire de lieux publics, notre groupe UDI-MODEM a toujours été pour ces élargissements. Nous avons demandé l'amplification du travail sur l'ouverture des bibliothèques le dimanche, afin de parvenir à un minimum d?une bibliothèque ouverte le dimanche par arrondissement ; demandé qu'une bibliothèque disposant d'un espace de travail puisse rester ouverte le soir dans tous les arrondissements ne disposant pas de bibliothèque universitaire ouverte le soir, en ayant recours à des étudiants ou à des jeunes en service civique, par exemple ; sollicité le concours financier de l'Etat.

Certains points ont avancé, notamment la création de huit postes supplémentaires sur le budget 2019 pour l?ouverture dominicale des bibliothèques, et nous nous en félicitons. Mais nous devons aller beaucoup plus loin. Paris doit vivre en même temps que ses Parisiens. Les équipements sportifs et les transports sont tout aussi concernés. Je souscris complètement aux propos de Gypsie BLOCH à l'instant. Sur le sujet des structures itinérantes, nous soutenons cette idée dans le cadre de la stratégie parisienne pour l'enfance et les familles, avec le principe des ludothèques mobiles. Nous souhaitons que ce dispositif perdure et soit élargi. Concernant la formation et l'insertion professionnelle, vous évoquez à juste titre le fait que les jeunes Parisiens soient plus diplômés qu'ailleurs, mais souffrent également de difficultés sociales importantes. Vos propositions sur le décrochage scolaire, sur la remobilisation, sur l'entreprenariat et les métiers, sont très pertinentes. Effectivement, la question des savoir-faire en entreprise, sur laquelle vous insistez, est tout aussi primordiale que celle des savoir-faire. Sur le sujet de la formation, il faut, à notre sens, remettre au c?ur de la réflexion la question essentielle de l'acquisition des fondamentaux dès le primaire, de l'orientation et de sa qualité dès le collège, de la valorisation des filières professionnelles en redonnant ses lettres de noblesse à l'apprentissage. Cela exige une meilleure lisibilité des nombreux acteurs de la formation, de l'insertion, qui font souvent un très grand travail individuellement, mais peinent parfois à ?uvrer collectivement au détriment du Parisien qui s'y perd très vite, faute de parcours lisible et d'accompagnement. Ce constat dépasse évidemment les frontières de Paris. Aussi, lever les freins périphériques en termes de mobilité, d'accès au numérique, de santé, d'articulation de la vie privée et de la vie professionnelle, de logement, de lutte contre l'isolement familial, sont autant de sujets majeurs que Paris doit relever et de sujets sur lesquels notre groupe politique fait des propositions constructives depuis de nombreuses années. Je vous encourage donc à élargir vos réflexions à l'échelle métropolitaine du Grand Paris, à penser Paris comme une grande capitale européenne qui doit sans cesse répondre aux nouveaux besoins de ses habitants, de ses entreprises, de tous ceux qui font et partagent Paris. Elargir vos réflexions, mais aussi vous autoriser à dépasser ou aller plus loin que les réflexions habituelles. Oser penser différemment des élus que nous sommes. Oser imaginer le futur encore mieux que nous. C'est le Paris de demain que vous devez penser et dessiner. C'est le Paris de demain que nous devons préparer avec vous. Je vous remercie.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Je vous remercie.

La parole est à Marie ATALLAH, pour le groupe Ecologiste de Paris, pour cinq minutes maximum.

Mme Marie ATALLAH. - Merci, Madame la Maire.

Mesdames les représentantes du Conseil des générations futures, chers collègues, il y a tout juste un an, au Conseil de Paris de février 2018, M. Patrick DOUTRELIGNE, coprésident du Conseil des générations futures, avait dit en cet hémicycle : "La démocratie élective telle que nous la connaissons n?est plus suffisante aujourd?hui".

Un an après, dans le contexte national que l?on connaît, ces mots sonnent encore plus justes qu?au moment où ils ont été prononcés. C?est la raison pour laquelle nous sommes très heureux aujourd?hui de votre présence parmi nous et du travail que vous menez pour contribuer à l?enrichissement de nos débats publics sur les questions importantes pour les Parisiennes et les Parisiens.

Avant de commencer ou de commenter votre communication, nous souhaitons rappeler votre rapport de l?année dernière qui a porté sur un état des lieux et des propositions très intéressantes visant à améliorer notre politique en matière d?économie partagée et son lien avec la problématique de la fracture numérique.

Il y avait été conseillé de mieux agir en faveur de certaines populations éloignées du numérique, via des actions de médiation, afin de mieux garantir une politique inclusive et solidaire. Nous avons le plaisir de vous informer aujourd?hui de nos avancées dans ce domaine, en citant l?exemple du projet "Paris en compagnie".

Porté par Galla BRIDIER, adjointe en charge des seniors, ce projet a été créé en partenariat avec "Lulu dans ma rue" et "Les Petits Frères des Pauvres" pour favoriser l?accès à la ville des seniors les plus isolés et parfois les plus éloignés du numérique. Cet exemple est bien la preuve que les idées et les contributions du Conseil des générations futures sont non seulement appréciées par les élus, mais elles sont bien appliquées dans nos politiques publiques.

Aujourd?hui, vous nous apprenez que le Conseil des générations futures a choisi de mener une réflexion sur la question de la jeunesse à Paris et vous avez formulé des préconisations afin de mieux accompagner les jeunes dans leur autonomie et leur épanouissement dans notre ville.

Comme vous le savez, ce sujet est au c?ur de l?action de notre majorité municipale. De nombreux dispositifs et projets sont créés en direction des jeunes Parisiens, en prenant en compte la diversité de leurs profils et de leurs besoins dans notre ville.

Cela dit, les écologistes partagent les points essentiels de votre constat et découvrent avec joie qu?une bonne partie de vos propositions s?inscrivent dans notre vision écologique que nous voulons pour Paris. Nous voulons, en effet, faire de Paris une ville moins chère et plus accessible à tous.

Vous pointez dans votre rapport le prix trop élevé des loyers pour les jeunes. En tant qu?élus écologistes, nous ne cessons de proposer des mesures pour combattre la spéculation immobilière et les loyers chers à Paris. Parmi nos propositions, la création d?un O.F.S., la réquisition des logements vacants ou encore l?encadrement des loyers.

Vous préconisez de lutter contre les lobbys et la publicité dans la ville car elle peut altérer le sens critique des jeunes et leur capacité d?autonomie. Là aussi, les propositions des écologistes agissent avec ténacité pour réduire au maximum la publicité dans la ville.

Nous partageons également l?enjeu que vous relevez de promouvoir la mixité dans les quartiers et les échanges non marchands. Pour cela, vous préconisez des solutions typiquement écologiques comme la création d?espaces alternatifs comme les jardins partagés, l?ouverture de lieux de proximité pour des activités culturelles et de loisirs dans les quartiers. Ces propositions nous rappellent un de nos combats actuels : celui de la préservation du T.E.P. de Ménilmontant.

En ce qui concerne la formation et l?insertion professionnelle, vous préconisez d?encourager la mobilité des jeunes par l?accès aux transports en commun. Les écologistes défendent la gratuité des transports à Paris. La politique de notre majorité a beaucoup avancé dans ce domaine ; et saluons ici les dernières mesures prises, cette année, par la Maire, en direction des enfants et des jeunes porteurs d?un handicap et des collégiens et lycéens à Paris.

Nous rappelons également l?action menée par notre adjointe Antoinette GUHL, en charge de l?économie sociale et solidaire, une action très favorable au développement de l?insertion dans les quartiers par les métiers de l?économie circulaire.

Avant de conclure, nous souhaitons soutenir, tout particulièrement, la mise en place de votre préconisation en faveur d?une plateforme numérique pour informer les jeunes de toutes les offres de services et d?activités liées à leur autonomie et à leur épanouissement dans la ville.

Le groupe Ecologiste vous remercie donc de la qualité et de la vision que vous défendez. Vos idées sont très utiles pour notre combat et notre action collective au service des jeunes et des Parisiennes et des Parisiens.

Je vous remercie.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Je vous remercie.

La parole est à Mme Danièle PREMEL, pour le groupe Communiste - Front de Gauche, pour cinq minutes, s?il vous plaît.

Mme Danièle PREMEL. - Merci, Madame la Maire. Chers collègues.

Nous tenons à vous saluer, vous les actrices et tous les acteurs du Conseil des générations futures que notre groupe Communiste a proposé.

Vous réalisez un travail précieux qui se traduit par des propositions concrètes et réalisables. Cela fait vivre une réflexion : la démocratie participative dans notre ville.

Les actions à mener sont nombreuses pour que chacun se sente comme un individu à part entière dans cette ville, particulièrement la jeunesse parisienne. La Ville de Paris doit agir dans une logique d?accompagnement afin de favoriser l?autonomie et l?épanouissement des jeunes.

Le Conseil des générations futures nous rappelle que la jeunesse parisienne nécessite une attention particulière de notre part. Nous devons être à l?écoute des besoins des jeunes, prendre en compte leurs différences, les intégrer au mieux afin qu?ils se sentent chez eux à Paris. C?est important qu?ils s?approprient, dès aujourd?hui, la vie, la ville qu?ils construisent pour demain. C?est d?ailleurs ce que nous a rappelé aussi, il y a peu de temps, le Conseil parisien de la Jeunesse.

Vous notez le fait important qu?environ 500.000 jeunes sont en formation à Paris, mais qu?un tiers des jeunes diplômés se retrouvent encore sans emploi au bout d?un an. Les difficultés liées à la recherche d?emploi sont nombreuses et cela, quel que soit le métier ou la qualification.

Le territoire parisien concentre une grande densité d?acteurs mobilisés et engagés en faveur de l?inclusion sociale et professionnelle des jeunes. Toutefois, cela souligne la complexité de la problématique qui croise le logement, la santé, l?emploi. Cela nous oblige à renforcer plus la complémentarité et la synergie entre les différents acteurs que de multiplier les opérateurs.

Permettez-moi de saluer, à ce titre, votre proposition de créer pour Paris une bourse d?emplois liée à d?autres capitales.

Vous constatez également que trop de jeunes ne savent pas où se rencontrer, où se divertir à moindres frais à Paris. Nous soutenons votre proposition qui vise à prévoir des lieux de convivialité accessibles aux jeunes et pour lesquels les bailleurs sociaux, comme d?autres institutions ou structures, peuvent être mobilisés.

Il nous semble important de créer des sortes de tiers lieux afin qu?ils aient à disposition un espace entièrement dédié à la jeunesse, un endroit propice à l?organisation d?événements exceptionnels qui ne s?inscrivent pas forcément dans la durée, mais qui leur permettront de se rassembler et de vivre un moment de partage et de convivialité.

Il faut aussi ouvrir des espaces de création et d?expression et pas simplement de consommation. Les Maisons des pratiques amateurs qui ont prouvé leur intérêt sont à multiplier, mais aussi des expériences comme les "micro-folies" qui permettent un accès à la culture, à la culture librement construite, pour tout âge et pour tous les jeunes.

Mon groupe reste persuadé de l?importance de conserver une logique intergénérationnelle afin de favoriser la création de lien social pour la co-construction de Paris et, bien au-delà, pour conforter la République et ses valeurs à un moment où elles sont fragilisées ou remises en cause.

Je reprendrai la phrase de Jaurès : "Oui, la République est un grand acte de confiance et un grand acte d?audace" ; et vous en êtes, aujourd?hui, les dignes représentants.

Je vous remercie.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Je vous remercie aussi pour votre concision.

La parole est à M. Alexandre VESPERINI pour le groupe PPCI, pour cinq minutes, s?il vous plaît.

M. Alexandre VESPERINI. - Merci, Madame la Maire.

Mon intervention ne sera pas du même acabit que les précédentes - en tout cas, pas la dernière.

Pour tout dire, je salue les trois représentants du Conseil des générations futures qui ont bien voulu nous présenter leurs travaux.

Je suis assez déçu - je vous le dis - parce que vous avez eu raison de vous fixer comme enjeu pour les thèmes de travail la jeunesse qui est probablement le premier enjeu en France, à Paris et dans les grandes métropoles, mais quand je vois le travail qui a été accompli, je reste vraiment sur ma faim.

D?abord quelques remarques de méthode. Je conteste, mais ce n?est pas la première fois que je le dis, cette façon de traiter les jeunes, cette façon extensive - vous le dites, vous assumez cette définition extensive de la jeunesse - de 10 à 30 ans.

A 12 ou 13 ans, au collège, ma priorité est de me trouver une amoureuse ou un amoureux. A 28 ans, ma priorité, quand on voit la galère, la précarité aujourd?hui des jeunes, notamment dans les grandes villes, c?est d?avoir un "job" stable, de pouvoir payer mon loyer et de rester à Paris. Ce ne sont pas tout à fait les mêmes priorités quand on voit l?urgence sociale que vive une grande partie des jeunes.

Je suis désolé mais je suis le benjamin de cette Assemblée et, ayant l?âge de mes artères, j?ai un peu plus de légitimité que d?autres pour en parler. Donc, cette priorité devrait, à mon avis, être beaucoup plus traitée que les priorités qui relèvent du collège. C?est une première remarque de méthode.

En deuxième remarque de méthode, ce document - visiblement vous avez l?air d?être attachés à ce travail -, je le trouve lacunaire, sommaire. Il y a même des fautes d?orthographe, mes chers collègues. Quand je lis : "De part la redistribution des richesses" écrit avec ?t?, pardon mais nous sommes la Ville de Paris ! C?est un document administratif.

Ce Conseil des générations futures, je l?ai voté sans réserve. J?y suis attaché et je souhaite que les documents qui émanent de cette instance soient mieux travaillés. Franchement ! Il y a des phrases que je ne comprends pas également. Je lis : "Faire l?intergénérationnel au c?ur", sans mots ni verbe derrière. Pardon, mais pas besoin pour le coup d?être jeune pour avoir une difficulté à lire ce texte.

Maintenant sur le fond, vous avez raison de vous emparer de ce sujet. Le Conseil de la Jeunesse a fait de très bons travaux et a très bien commencé à travailler sur ce sujet. J?ai eu l?occasion de le dire à Pauline VÉRON, il y a quelques mois ou quelques semaines, mais là, les propositions me déçoivent.

D?abord et encore une fois, on a tendance toujours à enfermer les jeunes. Vous voulez créer, je cite : "Des jardins partagés réservés aux jeunes". Bientôt on aura le parc zoologique pour les jeunes !

On a l?impression que les jeunes sont des ovnis, des gens qu?il faut mettre quelque part parce qu?ils sont effrayants. Parce qu?ils ont des problèmes d?autonomie, il faut les mettre à part. Pas du tout, vous vous trompez ! Les jeunes n?attendent qu?une seule chose, c?est d?être traités en adultes.

D?ailleurs, d?une certaine manière et c?est inquiétant, de l?autre côté de la classe d?âge, pour les seniors, c?est la même chose : ils n?ont pas envie d?être traités en seniors. On va faire pour les seniors la Maison des aidants, etc. C?est très bien tout cela mais quand va-t-on créer des passerelles générationnelles ? Je ne retrouve pas cette notion dans votre rapport et je trouve que c?est un oubli coupable. Je le dis.

Ensuite, il y a d?autres propositions. Vous voulez même créer, je cite, "des rituels pour aider les jeunes à se repérer". Qu?est-ce que c?est que ce vocabulaire religieux ? Je cite, c?est écrit dans votre "powerpoint". Je l?ai même relu ce matin car je me disais que ce n?était pas possible, qu?ils ne disaient tout de même pas "des rituels"?

Ecoutez, j?ai le texte que l?on m?a distribué à l?O.D.S. et c?est celui que j?ai lu, mais on peut poursuivre le débat. Au moins que le débat s?instaure dans ces cas-là.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Excusez-moi mais c?est encore moi la présidente de séance et il n?y a pas de débat. Pauline VÉRON répondra après, mais il n?y a pas de débat qui s?instaure comme cela.

M. Alexandre VESPERINI. - Très bien. J?ai lu ce texte. Je l?ai lu attentivement et j?ai vu le mot "rituels".

Maintenant, je vais terminer mon intervention avec une autre proposition qui a été évoquée : la Maison des collégiens. C?est exactement la même chose. Vous voulez lutter contre l?échec scolaire, vous avez bien raison mais le lieu de la lutte contre l?échec scolaire et pour l?excellence scolaire, c?est précisément le collège.

Pour les collégiens, qui justement aspirent à des espaces de liberté, vous voulez recréer en plus, à côté du collège, d?autres maisons où vous allez encore plus les enfermer pour qu?ils continuent d?étudier et d?avoir finalement un soutien scolaire. Mais non, encore une fois, pour le coup, de 10 à 30 ans, les jeunes ont besoin de liberté et de responsabilités. Je ne retrouve pas ces notions dans vos propositions.

Enfin, je terminerai par une note positive. J?ai remarqué une proposition intéressante dans votre texte : vous voulez mettre en lien les jeunes avec les commerçants et des entrepreneurs, notamment pour améliorer la vitalité commerciale et économique d?un certain nombre de quartiers. C?est une très bonne proposition, mais je regrette à ce niveau-là qu?il n?y ait pas plus de détails et que vous n?ayez pas forcément été un peu plus loin.

Maintenant, j?en termine sur ce point, je pense que si le Conseil des générations futures veut vraiment nous apporter des choses, en tant qu?élu, je lui conseille de travailler sur des propositions beaucoup plus concrètes et je lui conseille de travailler davantage avec le Conseil de la jeunesse qui avait vraiment des propositions intéressantes à faire, notamment sur la jeunesse.

Voilà ce que je voulais dire. Merci.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Je vous remercie.

Pour vous répondre, je donne la parole à Mme Pauline VÉRON, puis à Mme Afaf GABELOTAUD et à M. Patrick BLOCHE. Madame Pauline VÉRON, s?il vous plaît.

Mme Pauline VÉRON, adjointe. - Madame la Maire, mes chers collègues, chers membres du Conseil des générations futures, je voudrais tout d?abord très sincèrement remercier le Conseil des générations futures?

Excusez-moi mais je vous ai écouté, quand vous êtes intervenu, donc je vous remercie d?éviter de crier pendant que j?interviens. Merci.

Je voudrais donc très sincèrement remercier les membres du Conseil des générations futures, et plus particulièrement Béatrice JACOBS, Christine NEDELEC et Anne RATAJCZAK qui sont présentes aujourd?hui. C?est l?aboutissement d?un travail de plusieurs mois et ce n?est pas toujours facile de prendre la parole dans une instance comme le Conseil de Paris. Merci pour votre travail, pour votre investissement et pour votre présence ce matin.

Je voudrais aussi remercier les deux coprésidents : Cynthia FLEURY et Patrick DOUTRELIGNE, qui sont présents ce matin, qui cordonnent tout le travail des 162 membres du Conseil des générations futures.

Nous inventons ensemble une nouvelle façon de faire de la démocratie participative avec ce Conseil des générations futures, qui est une instance à laquelle Didier LE RESTE a beaucoup participé aussi. Nous l?avons créée de toutes pièces en essayant de trouver un cadre, et en même temps une souplesse permettant à de nombreux Parisiens de participer et de faire des propositions pour le futur concernant notre ville et les Parisiens.

Je vais donc répondre sur un certain nombre de points et Patrick BLOCHE et Afaf GABELOTAUD complèteront.

La Maire de Paris vous avait saisis de cette question : "Comment faire de Paris une ville inclusive, bienveillante et porteuse d?opportunités pour sa jeunesse ?"

Vous soulignez très justement dans vos propositions le besoin de lieux à disposition des jeunes pour se réunir, se divertir et se cultiver. Vous confirmez ainsi notre constat qui nous a conduits d?ores et déjà à faire un certain nombre de choses depuis le début de la mandature et qui vont dans ce sens, comme élargir les horaires d?ouverture des bibliothèques et les ouvrir le dimanche. Nous arriverons d?ici 2020 à faire en sorte que dix bibliothèques soient ouvertes le dimanche à Paris, ce qui sera un grand pas franchi dans ce domaine.

Nous ouvrons aussi les musées de la Ville de Paris de plus en plus pour des nocturnes avec des tarifs pour les jeunes, ce qui leur permet d?y aller le soir ; c?est aussi pour les adultes mais ce sont peut-être des horaires qui conviennent mieux aux jeunes en ouvrant les musées de la Ville le soir.

Nous avons aussi étendu les horaires d?ouverture des espaces verts. Aujourd?hui 137 sur les 500 espaces verts que compte notre ville ouvrent jour et nuit, toute l?année, et d?autres ouvrent l?été toute la nuit. Chaque année, nous progressons dans l?ouverture des parcs la nuit, notamment l?été.

Je voudrais aussi revenir, parce que vous en avez beaucoup parlé, à la question de l?accès aux sports. Mon collègue Jean-François MARTINS a présenté, justement lundi dernier, un grand plan dans le domaine du sport. Il a rappelé notre objectif d?ouvrir de plus en plus les équipements sportifs le soir jusqu?à 22 heures 30 et après 18 heures le dimanche, en les confiant à des associations qui gèrent en tant que clubs nos équipements pour les rendre accessibles.

La Ville loue aussi des créneaux dans les équipements sportifs des établissements scolaires pour un usage associatif en dehors des heures de classe, permettant d?ouvrir et peut-être d?aller encore plus loin en ouvrant les écoles et les collèges en dehors des heures de cours pour d?autres activités, et permettre ainsi aux jeunes de profiter des espaces qui existent notamment dans les collèges et les écoles.

Nous avons engagé une réflexion et un travail pour essayer d?ouvrir aussi les collèges le samedi aux jeunes pour qu?ils puissent éventuellement avoir accès à des salles de travail. Comme on en avait déjà parlé, cela soulève des questions juridiques compliquées, mais nous avons bien l?intention d?avancer sur cette question.

Je voulais aussi rappeler que la Ville investit 380 millions d?euros en six ans pour créer et rénover les équipements sportifs, et permettre ainsi, contrairement à ce qu?a dit ma collègue Gypsie BLOCH, de créer 15 nouveaux équipements sportifs, notamment 15 gymnases sur la mandature, 3 nouvelles piscines et 12 nouvelles salles sportives. Je crois que nous avons un programme assez ambitieux dans ce domaine.

Je voulais aussi rappeler que nous avons créé douze nouveaux espaces "Paris Jeunes", dans les quartiers populaires de Paris, et que de nombreux espaces ouvrent le soir pour la tranche d'âge la plus âgée, parfois en nocturne le vendredi, ainsi que certains centres "Paris Anim'" qui ouvrent jusqu'à 23 heures le vendredi et le samedi pour accueillir des jeunes majeurs.

Mais je suis d'accord avec vous, ces lieux pourraient être plus connus des jeunes. Je vous propose, suite à votre présentation et à vos propositions, de travailler ensemble et avec le Conseil parisien de la jeunesse, à comment améliorer la communication en direction des jeunes de tous ces dispositifs et de tous ces équipements qui sont ouverts pour eux, notamment le soir.

Vous proposez également la création d'espaces éphémères pour les jeunes. Je voulais évoquer la piste des kiosques citoyens que nous mettons en place à Paris. Il y en a un qui fonctionne très bien dans le 12e. Nous allons en ouvrir un dans le 11e, un autre dans le 18e, et un autre dans le 19e. Ce sont des kiosques qui vont être gérés par des associations et les habitants du quartier, et ce pourrait être des lieux dans lesquels nous pourrions réfléchir un peu plus à la place des jeunes et à l'information en direction des jeunes, puisque ce sont des kiosques qui sont dans l'espace public.

Je voudrais aussi répondre sur la création du portail numérique unique.

Il existe, sur notre site Internet paris.fr, un espace dédié pour les jeunes avec toutes les informations en direction des jeunes, mais il n'est pas forcément très ergonomique. Peut-être faut-il améliorer l'accès à ce site aux jeunes Parisiens.

En conclusion, je voudrais vous remercier encore et vous dire que vous n'êtes pas les seuls à participer à la dynamique de co-construction de la ville que nous mettons en place avec la Maire de Paris, puisque chaque année, près de 170.000 personnes participent à la fabrique de notre ville en donnant leur avis, pendant le budget participatif, pendant les conférences citoyennes ou en donnant leur avis sur le site Internet "Idee.paris" et, là, jusqu'au 15 mars, en participant à la Conférence de consensus dans le cadre du grand débat national. Merci encore pour votre participation. Je reviendrai vers vous aussi en tant qu?élue chargée de la jeunesse et de la participation citoyenne sur les propositions concrètes que vous avez faites. Merci.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Je donne la parole à Mme Afaf GABELOTAUD.

Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, en introduction, je tiens à saluer chaleureusement les membres du Conseil des générations futures, ses représentantes aujourd'hui, ses deux co-présidents, Patrick DOUTRELIGNE et Cynthia FLEURY, et plus particulièrement tous les membres de la Commission Jeunesse qui ont consacré du temps et de l'énergie pour parvenir à ces propositions. Merci pour vos travaux qui invitent notre Assemblée à des réflexions prospectives et viennent nourrir notre action collective au service des Parisiens et des Parisiennes.

Vous rappelez à juste titre la problématique du décrochage scolaire et de l'insertion professionnelle qui touche de plus en plus de jeunes, comme les 45 ans et plus sur Paris, qui sont davantage exposés aux risques du chômage. Sur l'ensemble des 15-29 ans, 10 % d'entre eux seraient sans emploi.

Afin de réfléchir à cette problématique, j'ai réuni, le 13 juin dernier, l'ensemble de nos partenaires associatifs, opérateurs de l'emploi, Pôle Emploi, Missions locales, Ecoles de la deuxième chance, entreprises, fédérations professionnelles mais également le Rectorat, la Chambre de commerce et d'industrie, France Stratégie et Hadrien CLOUET, sociologue du Centre de sociologie des organisations. Comme vous, les acteurs présents nous ont rappelé la nécessité de renforcer nos offres d'accompagnement envers les jeunes.

C'est pourquoi, malgré le désengagement de l'Etat, nous poursuivons notre fort soutien à la Mission locale, service public de proximité dédié à l'insertion professionnelle et sociale des jeunes. J'ai eu l'occasion de le rappeler hier, avec ses 8 sites d'accueil, la Mission locale de Paris a pu ainsi accueillir près de 9.000 nouveaux jeunes et en accompagner plus de 19.000 tout au long de l'année 2018.

De nombreux dispositifs spécifiques sont déployés, comme la Garantie jeunes, l'accompagnement des jeunes sous main de justice, la plateforme dynamique "Insertion professionnelle pour les jeunes de l'Aide sociale à l'enfance et de la prévention spécialisée". Nous soutenons également l'Ecole de la 2e Chance, qui suit chaque année 430 jeunes dans un parcours de réinsertion scolaire citoyen et professionnel.

Vous proposez la création d'un sas ou du moins des espaces sas qui puissent exister à côté de cette offre, afin de répondre à la demande d'immédiateté du jeune dans sa prise en charge. C?est pourquoi nous finançons également un certain nombre d'associations, notamment présentes en quartiers "politique de la ville", afin d'assurer un fin maillage territorial au plus près des jeunes. Souvent, ces associations permettent ce sas qui peut revêtir plusieurs formes, en fonction du besoin du jeune à un moment de sa vie.

En parallèle, afin de faciliter la rencontre entre les recruteurs et les jeunes en recherche d'emploi, le forum "Paris pour l'emploi des jeunes" se tient chaque année grâce au soutien de la Mairie de Paris. 13.000 visiteurs ont pu ainsi l?an passé échanger avec 290 structures qui proposaient près de 1.800 offres d'emploi. En amont, nos structures partenaires préparent ces jeunes pour arriver prêts à ces échanges.

Pour donner aux jeunes toutes leurs chances sur le marché du travail, il faut que l'éducation et la formation intègrent des approches innovantes, de l'acquisition des compétences. C'est pourquoi, dans le cadre de notre programme de formation au numérique, "ParisCode", nous mêlons enseignement présentiel et à distance, ce qui nous permet de toucher des décrocheurs scolaires. Pour exemple, un apprenant sur 4 de la session 2017 "ParisCode" était ainsi auparavant en situation de décrochage scolaire.

Au-delà, vous nous invitez également à développer les savoir-être des jeunes ; je souscris pleinement à cette proposition. Il faut développer encore et encore de nouvelles solutions. En effet, depuis plusieurs années maintenant, les recruteurs accordent une importance accrue aux compétences comportementales : on attend dorénavant des salariés des capacités d'adaptabilité, d'initiative, de présentation, de responsabilité, d'innovation, de travail en équipe ou encore d'organisation, compétences que l'on n'apprend pas forcément à l'école. Consciente de l'importance de cet enjeu de "soft skills", comme on l'appelle dans le jargon des ressources humaines, je veille à ce que les opérateurs de l?emploi intègrent ces nouveaux paramètres au c?ur de leur offre d?accompagnement. Il me semble également nécessaire d'avoir un dialogue ouvert et régulier avec les recruteurs afin de connaître finement leurs attentes et leurs besoins. C?est le sens des pactes pour l?emploi et les entreprises que nous signons avec les entreprises et de mes échanges avec les fédérations professionnelles et l?Association nationale des directeurs des ressources humaines, l?A.N.D.R.H.

Vous pointez enfin la nécessité d'une meilleure information sur l'ensemble des dispositifs?

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Mes chers collègues, excusez-moi, il y a un brouhaha.

Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe. - Oui, c'est assez désagréable. L?emploi n?émeut personne, la formation professionnelle non plus.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - S'il vous plaît, si vous pouvez cesser les discussions dans les travées et sortir, on s'entendrait mieux. Merci.

Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe. - Je termine.

Enfin la nécessité d'une meilleure information sur l'ensemble des dispositifs à destination des jeunes. Je suis convaincue comme vous qu?il est important que tous les jeunes Parisiens puissent accéder à ces informations, que cette solution soit digitale ou physique.

Je prône personnellement le fait que, dans chaque arrondissement, on puisse accéder à une information exhaustive et de qualité sur les questions d?emploi, les lieux, les adresses, les parcours, les associations spécifiques, les possibilités et les opportunités. J'ai souhaité ainsi développer une expérimentation en lançant au sein de la mairie du 14e arrondissement, sans stigmatisation, dans la maison commune, un point Paris Emploi à destination de toutes et tous, jeunes et moins jeunes, qui complétera le réseau existant.

Nous travaillons en parallèle au développement d?une plateforme commune?

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Madame GABELOTAUD, s?il vous plaît, il faut finir.

Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe. - ? avec nos partenaires sur la question du parrainage dans l'entreprise afin de renforcer ce dispositif qui permet une meilleure insertion professionnelle.

Voici entre autres ce que nous pouvons impulser, et vos propositions nous encouragent à accentuer et à renforcer nos actions.

Merci.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Je vous remercie.

La parole est à M. Patrick BLOCHE, s?il vous plaît.

M. Patrick BLOCHE, adjoint. - Merci, Madame la Maire.

Merci à vous, Mesdames, chères amies, de ces propositions pour la jeunesse du Conseil des générations futures, dont j'ai pris connaissance évidemment avec une attention particulière compte tenu de la délégation dont j'ai la charge auprès de la Maire de Paris.

Je voudrais brièvement réagir à deux de vos propositions, la proposition 2 et la proposition 4. Vous pointez avec raison combien les établissements scolaires en France, et pas seulement à Paris, sont des bâtiments publics et paradoxalement des lieux très fermés. Un peu moins pour les écoles, car les écoles élémentaires ferment à 18 heures, les écoles maternelles à 18 heures 30, et le mercredi après-midi et durant les petites et grandes vacances, ces centres de loisirs, cela fait que l'école reste un lieu ouvert à d'autres activités hors temps scolaire.

Mais votre constat est particulièrement pertinent sur le collège. Effectivement, on ne va au collège, finalement, que pour apprendre. C'est déjà beaucoup, mais c'est vrai que le collège pourrait avoir une autre fonction en tant que telle, surtout compte tenu du maillage des établissements scolaires et notamment des collèges dans une ville comme Paris.

De ce fait, je ne peux que vous dire ma disponibilité, surtout que nous portons avec Bérénice DELPAL, la directrice des Affaires scolaire de la Ville, qui est forte de son expérience en Seine-Saint-Denis, a voulu que nous portions au nom de la Maire de Paris une ambition nouvelle pour les collèges ; raison de plus pour les ouvrir, à l'instar de beaucoup de pays semblables au nôtre et si proches. J'en parlais à l'instant avec Colombe BROSSEL qui me disait qu?en Espagne, à Barcelone où elle s'été rendue, les établissements scolaires étaient ouverts aux activités en général du quartier.

On a une bonne opportunité car on a un programme qui s'appelle Cours "Oasis" - j?associe Célia BLAUEL à mon propos - qui vise à profiter de la réfection de cours d'écoles et de collèges pour en faire des îlots de fraîcheur par rapport aux pics caniculaires. Le F.E.D.E.R., qui financera 10 cours de ce type, écoles et collèges, en 2020, a fixé comme condition, justement, que l'on ouvre ces cours pour que les habitants proches, les riverains puissent également en profiter. Je vais donc essayer avec Célia de profiter de cette opportunité.

Plus rapidement, votre seconde proposition sur le décrochage scolaire, c'est un sujet qui vous a passionné, c?est un sujet déterminant, un sujet essentiel qui est au c?ur évidemment des préoccupations que l'on a quand on porte des politiques publiques en matière d'éducation. C'est un sujet que je connais très bien, je l'ai beaucoup suivi quand je présidais la Commission des affaires culturelles et de l'éducation à l'Assemblée nationale, ou très concrètement sur le terrain, comme maire du 11e arrondissement.

A partir de là, il existe beaucoup de dispositifs que j'aurais mauvaise grâce à vous rappeler, car vous les connaissez aussi bien que moi, et très régulièrement, puisque nous travaillons sur ces sujets main dans la main avec l'Académie de Paris, nous avons ce qu?on appelle un G.I.P. "Réussite éducative" qui permet de faire le point sur un certain nombre de positifs, qui sont nombreux, d?ailleurs. Je les rappelle pour mémoire, groupe de prévention du décrochage scolaire, mission de lutte contre le décrochage scolaire, plateforme de suivi et d'appui aux décrocheurs, réseaux FOQUALE, structures de retour à l'école, Missions locales, et il y a des lieux qui existent déjà. Je pense au centre Pelleport dans le 19e arrondissement ou aux centres Patay et P.E.P. 75.

A partir de là, forts de ce qui existe déjà, avec cette ambition que vous portez, comme certains disent, de certains territoires qui doivent être "zéro chômeur", vous voulez que Paris soit un territoire "zéro décrocheur". Comment ne pas s'inscrire dans cette ambition que vous portez.

Je retiens votre idée de maison des collégiens, même si vous-mêmes dites que c'est sans doute une appellation à travailler. Je vous dis ma totale disponibilité dans les fonctions qui sont les miennes.

Merci.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Merci beaucoup pour ce débat très riche. Je veux remercier encore une fois, au nom des toutes et tous, et de la Maire de Paris, Mme Béatrice JACOBS, Mme Christine NEDELEC, Mme Anne RATAJCZAK, et M. Patrick DOUTRELIGNE. Merci pour le travail qui a été fait, et merci d'être venu le présenter aux élus que nous sommes.

J'espère vous revoir. Merci beaucoup.

Annexe n° 2 - Scrutin public concernant le voeu n° 119 bis déposé par l'Exécutif relatif à la liberté de manifester.