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Juin 2008
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2008, Voeu déposé par le groupe U.M.P.P.A. relatif à l’opération d’aménagement Batignolles-Clichy-Cardinet.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2008


 

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Nous passons à l?examen du v?u référencé n° 3 dans le fascicule, relatif à l?opération d?aménagement Batignolles-Clichy-Cardinet.

Ce voeu a été déposé par le groupe UMPPA, et sera présenté par Mme Brigitte KUSTER.

Mme Brigitte KUSTER, maire du 17e arrondissement. C?est un v?u qui va dans le prolongement de la discussion, puisqu?il est à nouveau question d?aménagement et d?immeubles de grande hauteur.

Je voudrais faire un point préalable sur l?aménagement des terrains Cardinet, puisque ce v?u vise à faire le point par rapport à différentes déclarations que j?ai pu lire dans la presse. Je le présente au nom des élus du 17e arrondissement. En effet, le site actuel Batignolles-Cardinet a fait l?objet d?une zone d?aménagement sans précédent et nous avons acté 200.000 mètres carrés de logements, 120.000 mètres carrés de bureaux et 25.000 mètres carrés pour l?implantation d?équipements publics.

La Mairie du 17e arrondissement avait déjà été amenée, sous la précédente mandature, avec Françoise de PANAFIEU, à émettre des réserves sur la zone nord en matière d?aménagement de logements sociaux, puisque des logements sont prévus entre le périphérique et les maréchaux. Ces réserves avaient également été émises sur l?emplacement du lycée Honoré de Balzac ou des immeubles de logements sociaux devaient être réalisés sur l?emprise du lycée international.

Lors de mon entretien avec M. le Maire de Paris, je lui ai fait part de nos inquiétudes. Il m?a rassuré sur une partie de l?aménagement concernant l?emprise prévue sur les terrains Honoré de Balzac et je lui ai fait part de l?intérêt de revoir la zone nord de l?aménagement des terrains Cardinet avec éventuellement la possibilité de remettre à plat la discussion telle qu?entamée jusqu?à présent et telles que les choses avaient été actées. Il s?agit de la possibilité d?un geste architectural fort dans cette partie qui serait consacrée principalement aux activités économiques.

Or, nous avons relevé dans la presse que des immeubles de 50 mètres à vocation de logements sociaux étaient prévus ou en tout cas envisagés par la Municipalité actuelle. Ce n?est donc absolument pas l?objet de la discussion que nous avions commencée à avoir avec le Maire de Paris et je m?inquiète, au moment où l?on parle de dialogue et de concertation, que des propos soient déjà émis dans la presse sans que la concertation avec les élus, et encore moins avec la population du 17e arrondissement ait eu lieu.

C?est donc l?objet de ce v?u : nous souhaitons que soit exclue l?hypothèse d?implanter sur la ZAC une tour de logements sociaux de 50 mètres de hauteur, que l?emplacement visé fasse en revanche l?objet d?un concours d?architectes aboutissant à la création d?un véritable geste architectural, modèle de développement durable et à vocation économique, que le Maire de Paris s?engage à associer la population dans cette réflexion, et qu?il respecte en tout état de cause les engagements de l?Etat et de la Ville de Paris relatifs à la mixité de la ZAC, à savoir 50 % de logements sociaux et 50 % de logements privés, parce que les logements sociaux prévus initialement entre la zone périphérique-Maréchaux, nous proposons qu?ils soient répartis autrement sur les terrains Cardinet.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Nouveau Centre et Indépendants).

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - La parole est à Mme HIDALGO pour vous répondre.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe. - Tout d?abord, je voudrais dire à Mme Mme KUSTER que ce v?u est un peu surprenant, parce que j?avais cru comprendre, et je ne suis pas la seule, que la question des hauteurs, et notamment la possibilité d?aller à 50 mètres, c?est-à-dire 15 étages, pour des immeubles de logements - pourquoi dîtes-vous ?logements sociaux? car il y aura peut-être des logements sociaux, il y aura sûrement des logements en accession à la propriété, il y aura peut-être des immeubles mixtes - j?avais donc cru comprendre que c?était un point sur lequel vous n?étiez pas tout à fait hostile, dont acte, vous vous reprenez, et vous expliquez qu?il y a des conditions.

Les conditions que vous fixez ne sont pas acceptables, Madame KUSTER, parce que vous dîtes que sur la Z.A.C. Cardinet, il faudrait qu?il y ait essentiellement bâtiments dédiés aux activités, et vous voulez revenir à un urbanisme qui a prouvé combien il était destructeur ; vous voulez refaire des quartiers zonés : le quartier d?activités d?un côté, le quartier des logements sociaux de l?autre, le quartier des logements en accession à la propriété de l?autre?

Ce n?est pas du tout de cette façon que nous souhaitons travailler. Comme je l?ai dit tout à l?heure, nous souhaitons faire émerger des quartiers mixtes dans leurs fonctions, c?està-dire que l?on y trouve des locaux d?activité, des équipements publics, du logement social et du logement en accession, des espaces verts, des quartiers qui garantissent au mieux la qualité de vie pour les habitants. Nous ne pouvons donc accéder à votre v?u qui vient, finalement d?une façon très protectionniste, faire marche arrière par rapport à ce que vous aviez indiqué préalablement.

Deuxièmement, vous dîtes qu?il n?y a pas aujourd?hui d?emplacement précis. Justement, nous voulons justement travailler sur l?urbanisation de l?ensemble de ce secteur, mettre en place une concertation. J?ai souhaité que soit mis en place un comité permanent de concertation sur la Z.A.C. Clichy-Batignolles pour que nous puissions travailler et discuter avec l?ensemble de la population et les élus pour avoir vraiment un programme pour ce quartier qui sera un quartier tout à fait emblématique de Paris, un quartier nouveau qui va voir le jour à proximité de quartiers qui eux, étaient quand même plutôt en souffrance et enclavés.

Nous ne pouvons donc accéder à ce v?u non plus pour ces raisons.

Je voudrais ajouter un point : vous dites qu?il faudrait respecter la programmation de logements et vous dites 50 % de logements sociaux et 50 % de logements privés.

D?abord, M. Jean-Pierre CAFFET était là, M. le Maire de Paris aussi, ce dossier, qui a été négocié à l?époque de Paris 2012, avait amené M. le Maire de Paris à obtenir un arbitrage du Premier Ministre de l?époque, M. de VILLEPIN, pour qu?il y ait bien du logement social à l?arrivée. L?engagement qui a été pris, c?est au moins 50 % de logement social. Nous nous réservons donc aussi la possibilité d?aller au-delà de ces 50 %. C?est l?engagement pris par le Premier ministre de l?époque.

Et pourquoi cet engagement a-t-il été arraché ? Parce qu?à l?époque, l?ancienne Maire du 17e arrondissement, Mme de PANAFIEU, avait vraiment essayé d?obtenir que surtout, surtout, il n?y ait pas de logement social ! Vous vous rendez compte le drame ! Du logement qui permette aux habitants de notre ville de trouver à se loger à des tarifs abordables, ...

(Vives protestations sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - S?il vous plaît, Messieurs, calmez-vous !

Mme Anne HIDALGO, première adjointe. - Ce n?était franchement pas quelque chose que vous souhaitiez. Eh bien, nous l?avions inscrit.

(Protestations sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centres et Indépendants).

Cela vous fait hurler et c?est pourtant la vérité ! C?est comme cela que cela s?est passé.

C?est exactement comme cela que cela s?est passé !

Donc, Madame KUSTER, je termine. N?y aurait-il pas une petite tentation sectaire lorsque, d?un côté, vous applaudissez lorsque le Président de la République lance un concours international, en confondant un petit peu au passage l?urbanisme et l?architecture, et lorsque vous dénoncez, notamment par la voix de votre Président de groupe, une opération de communication - je vous cite - ?lorsque nous, nous voulons poser des actes ambitieux pour améliorer le quotidien des Parisiens? ?

Vraiment, laissez tomber cette tentation sectaire.

(Protestations sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants.)

L?enjeu est trop important pour que vous y cédiez.

Je rejette, bien sûr, ce v?u de l?U.M.P.

Merci.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

Madame KUSTER, le règlement ne prévoit pas une nouvelle prise de parole. Néanmoins, je ne peux pas refuser la parole au maire du 17e arrondissement. Je vous la donne, en vous remerciant d?en faire un usage limité dans le temps.

Madame KUSTER ?

Mme Brigitte KUSTER, maire du 17e arrondissement. - Oui, Monsieur le Président, c?est en effet en tant que maire d?arrondissement que j?interviens, et même si je n?avais pas défendu le v?u, je vous aurais demandé la parole, parce que la manière dont Mme HIDALGO vient d?engager le débat de juillet prochain démarre sur les plus mauvais augures !

Vous êtes dans la caricature pure, Madame HIDALGO, et vous allez donc prendre une lourde responsabilité parce qu?en caricaturant les propos des uns et des autres, vous engagez très mal un débat qui mérite justement le ton le plus posé qui soit et surtout pas de formuler les propos que les précédents orateurs ont formulés et surtout qui n?étaient pas du tout ce que vous avez dit !

Vous n?étiez pas présente lors de l?entretien que j?ai eu avec le Maire de Paris, vous n?étiez pas au courant de la proposition lorsqu?il l?a évoquée devant la presse, cela vous ennuie peut-être mais, en effet, j?ai proposé que le site des Batignolles fasse l?objet d?un concours d?architectes pour que, justement, dans cette partie située entre périphérique et Maréchaux, qui est dans ce programme pour l?instant, où nous avons une centrale à béton, un centre de tri, une zone de fret et des logements sociaux,? oui, Madame HIDALGO, nous maintenons que c?est une aberration de prévoir des logements sociaux à cet endroit. Nous pensons que la vocation économique conviendrait mieux et c?est pour cela que nous proposons que les logements prévus là soient répartis autrement dans la Z.A.C. Cardinet.

Alors, n?essayez pas de dire que nous sommes contre le logement social, vous ne nous enfermerez pas dans ce débat. Les engagements de l?Etat, ce n?était pas au mieux ou au plus ou au moins 50 %, c?était 50 %. Et, de toute façon, ne déviez pas le débat sur la partie du logement social. Nous sommes pour que Paris ait des lieux d?implantation, avec des immeubles, même de très grande hauteur. Car, lorsque vous voulez faire du logement à 50 mètres, c?est exactement ce que, Porte Pouchet, nous allons détruire à la cité de Bois-Le Prêtre, des logements sociaux de 50 mètres.

A 800 mètres de là, dans le cadre du G.P.R.U. de la Porte Pouchet, nous allons abattre l?immeuble de Bois-Le Prêtre. Et aujourd?hui, vous voudriez recommencer la même erreur? mais la même erreur !... entre périphérique et Maréchaux pour faire un ghetto !

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Nouveau Centre et Indépendants).

Je conclus en espérant que Mme HIDALGO aura à c?ur, lors du débat de juillet prochain, non seulement de nous écouter, de ne pas être, comme je viens de le dire, dans la caricature. Surtout, j?ai appris quelque chose que je viens d?entendre : vous avez parlé d?un comité de concertation. Je suis heureuse, en tant que maire, d?apprendre que vous avez lancé un comité de concertation sur ce projet.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Nouveau Centre et Indépendants).

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci, Madame.

Madame Anne HIDALGO, vous avez la parole.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe. - Mme KUSTER a évoqué notamment la démolition de la tour Borel, c?est d?ailleurs dans son v?u, Porte Pouchet, qui est prévue dans le cadre du G.P.R.U. C?est un immeuble de 50 mètres de haut mais qui est à peine à 15 mètres du boulevard périphérique.

Cela correspond justement à ce que nous ne voulons pas faire. Lorsque nous voulons construire du logement, ce n?est sans doute pas en bordure du périphérique et ceci justifie pleinement sa démolition.

A l?inverse, vous auriez pu le citer, il y a une tour similaire, plus éloignée du périphérique, qui fait l?objet d?un projet très ambitieux et exemplaire de rénovation et de réhabilitation, qui est mené par l?O.P.A.C. ; il s?agit de la tour Bois-Le Prêtre.

Vous le voyez, il y a des immeubles qui peuvent être retravaillés parce qu?ils sont dans des sites où la vie peut être rendue plus agréable, et notamment lorsqu?ils ne sont pas en bordure du périphérique, et d?autres que nous prenons la décision de détruire, lorsqu?ils sont vraiment invivables pour leurs habitants. Bien évidemment, ce que nous voulons faire, c?est du durable, c?est-à-dire des immeubles qui, dans 20 ans, seront toujours agréables à vivre pour leurs habitants, qu?ils soient en logement social ou en privatif, et donc ni au bord du périphérique ni au bord des réseaux qui sont des gênes pour les habitants de ces immeubles.

Je vous remercie.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Nous passons maintenant au vote de ce v?u.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe U.M.P.P.A., avec un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le groupe ?Les Verts? s?abstient.

La proposition de voeu est rejetée.

Je vous remercie.