Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Fevrier 2019
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

Condoléances.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2019


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Mes chers collègues, je vais vous proposer de rester debout, vous le savez, nous avons appris, avec beaucoup de tristesse, la disparition de Georges Sarre, jeudi dernier. Je veux saluer ici son épouse, Jacqueline, ses enfants, je veux bien sûr saluer M. le Ministre Jean-Pierre CHEVÈNEMENT, dont il fut un grand compagnon de route, je veux saluer bien sûr les élus mais aussi les anciens élus présents, nombreux en tribune ce matin.

Georges Sarre nous a quittés, c'est un amoureux de Paris qui s'en va.

Nous sommes nombreux ici à l'avoir bien connu tant il a marqué des générations de femmes et d'hommes politiques parisiens et ce, au-delà des frontières partisanes.

Mais si la vie de Georges Sarre est profondément liée à la Capitale, il y a eu un avant Paris, dans sa région natale de la Creuse. Chez la famille SARRE, le goût de la chose publique est dans les gènes.

Son père, Alcide Sarre, fut maire de Chénérailles, puis conseiller général de la Creuse, ce département qui a donné quelques figures de la gauche laïque ouvrière et progressiste, comme Martin Nadaud, figure emblématique du département, député auquel la famille SARRE aimait se référer.

Puis ce fut Paris.

Inspecteur central des P.T.T., Georges Sarre a commencé sa carrière au centre de tri postal Paris-Brune, dans le 14e arrondissement. Il a rapidement adhéré à Force Ouvrière, puis à la S.F.I.O. en 1964, il y créa l'Association des postiers socialistes.

En mai 1968, Georges Sarre et son association participent au comité de grève de Paris-Brune.

Ce parcours de militant syndical lui a permis de forger des idées de progrès qui firent de lui un homme de gauche et un républicain exigeant, un homme de projet qui n'oubliait pas le terrain, un homme de conviction, viscéralement attaché à la justice sociale et qui avait fait de la politique une passion.

On ne peut évoquer Georges Sarre sans parler de vous, Monsieur le Ministre Jean-Pierre CHEVÈNEMENT, tant l'amitié qui réunissait les deux hommes était forte, et leur destin lié. Ensemble, ils ont fondé le Mouvement des citoyens en 1993.

Au Parlement comme au Conseil de Paris, Georges Sarre défendait une certaine idée de la République. Cet engagement, il l'avait mis au service de la gauche en créant avec ses amis Jean-Pierre CHEVÈNEMENT, Didier Motchane et Pierre Guidoni, le Centre d'études, de recherches et d'éducation socialiste (le C.E.R.E.S.), un laboratoire d'idées qui contribua grandement à faire naître le Parti Socialiste lors du congrès d'Epinay de 1971.

Au Conseil de Paris, où il fut élu la même année, il a contribué à faire émerger une nouvelle génération de jeunes élus socialistes lors des élections municipales de 1977. A 3.000 voix près, sa liste d'union de la gauche aurait pu emporter Paris, c'est une autre histoire qui se serait sans doute écrite.

Siégeant au Parlement européen de 1979 à 1981, puis à l'Assemblée nationale de 1981 à 2002, il fut le seul député de gauche à être réélu à Paris en 1993.

Sa permanence parlementaire a longtemps pris place rue Jule-Verne dans le bas Belleville, dans ce Paris populaire qu'il affectionnait tant.

Nous avons aussi connu Georges Sarre Ministre sous le deuxième septennat de François Mitterrand, de 1988 à 1993, au Secrétariat d'Etat aux transports routiers et fluviaux, dans les gouvernements de Michel Rocard puis d'Edith CRESSON et de Pierre Bérégovoy. Il a défendu avec force, courage et conviction les premières mesures qui permirent d'ailleurs de faire baisser durablement le nombre de tués sur les routes. Je pense au contrôle technique et au permis à points.

Mais, c'est à Paris que Georges Sarre était sans doute le plus dans son élément. Sa vie est d'ailleurs intimement liée à l'histoire de Paris, à l'histoire de la gauche parisienne et du parti socialiste parisien.

De 1969 à 1971, Georges Sarre est premier secrétaire de la Fédération du parti socialiste de Paris. Il a contribué à donner à Paris son statut actuel, né de la loi P.M.L., et porté au Conseil de Paris les combats de la gauche socialiste, dont il a présidé le groupe de 1977 à 1993.

Nombreuses et pertinentes, ses interventions ont enrichi les débats du Conseil sur des sujets qui sont toujours d'actualité : le logement, la sécurité, les transports, le cadre de vie des Parisiens. Lorsqu'il quitte la présidence du groupe socialiste en 1993, c'est Bertrand DELANOË qui lui succède et préparera la victoire de la gauche à Paris, sur les bases du travail accompli notamment par ses prédécesseurs et Georges Sarre.

Je veux ici saluer et rappeler ces grandes figures qui nous ont quittés et étaient aussi dans cette aventure de la préparation de cette victoire de 2001. Je veux rappeler ici, bien sûr, Claude Estier, Martine Durlach, ou encore Henri Malberg.

De tous les mandats brigués durant sa carrière, Georges Sarre a un jour avoué que c'est celui de maire du 11e arrondissement dont il avait été le plus fier. Il en fut d'ailleurs le premier maire de gauche de 1995 à 2008.

Du 11e arrondissement, il connaissait chaque rue, chaque immeuble, chaque recoin, défendant inlassablement à l'Hôtel de Ville la sauvegarde du commerce de proximité, l'aménagement équilibré de son arrondissement, dont on sait que c'est l?un des plus denses de Paris, et bataillant toujours pour obtenir plus de moyens d'agir. Il mettait un point d'honneur à assurer lui-même chaque vendredi matin une permanence ouverte à ses administrés, sans rendez-vous. Avec la disparition de Georges Sarre, c'est une certaine manière de faire de la politique qui, peut-être, s'en va. La demande de proximité et d'authenticité n'a jamais été aussi forte. Cette exigence, toute sa vie, Georges Sarre l?a portée. Nous en sommes les héritiers et plus particulièrement dans le 11e arrondissement. Cher Patrick BLOCHE, cher François VAUGLIN, je sais que vous en mesurez chaque jour l'exigence. Une grande figure de la gauche, un grand élu de la République, un Parisien exemplaire, nous garderons présente sa mémoire. Plus personnellement, je garderai de lui le souvenir d'un homme attentif, généreux, drôle. Il m'a accueillie avec gentillesse. Toujours disponible, il était solide et présent dans toutes les épreuves, et nous en avons traversé. Il parlait à juste raison de la fierté de ses origines et de ses convictions, qu'il portait comme un grand républicain. Sa mémoire restera présente parmi nous. Je veux dire ici à sa famille et à ses amis qu'au-delà de cet hommage, au-delà de l'hommage qui lui sera rendu demain en mairie du 11e arrondissement, je souhaite que nous puissions donner le nom de Georges Sarre à un lieu du 11e arrondissement. Je vous remercie et je vous propose une minute de silence en son honneur.

(L'Assemblée, debout, observe une minute de silence).

Je vais donner la parole à M. François VAUGLIN, puis Patrick BLOCHE, puis Mme BERTHOUT et Mme MOREL au nom des différents groupes de notre Assemblée.

Mais, tout d'abord, Monsieur le Maire du 11e arrondissement, Monsieur VAUGLIN.

M. François VAUGLIN, maire du 11e arrondissement. - Madame la Maire, mes chers collègues, je voudrais aussi m'adresser, bien sûr, à sa femme Jacqueline, à ses fils, à sa famille ainsi qu?à ses proches, dont nombre d'élus et d'anciens collaborateurs sont présents parmi nous ce matin. Georges Sarre était une grande figure de la gauche de notre pays.

Vous avez rappelé, Madame la Maire, son parcours et ses réalisations les plus emblématiques. Il chérissait cette République et l'on peut même dire que c'était un enfant de la République au sens figuré, mais aussi au sens propre, puisque, vous l'avez rappelé, son père fut conseiller général et maire de Chénérailles, dans cette Creuse natale qu'il a toujours gardée dans son c?ur. C'était un ardent militant de la laïcité et un farouche défenseur de la souveraineté du peuple. Georges Sarre était un grand républicain.

Il a consacré sa vie entière au service de l'intérêt général. Il le fera de bien des manières : d'abord comme fonctionnaire et militant, puis en tant que conseiller de Paris. Il le fut durant 43 ans. Nous gardons en mémoire son verbe toujours clair et précis, avec une pointe d'humour qui n'était jamais loin, comme député européen, comme député et secrétaire d'Etat, et, bien sûr, en devenant maire du 11e arrondissement, puis adjoint au Maire de Paris.

Après son entrée aux P.T.T. et ses premières armes militantes à Force Ouvrière, il adhère à la S.F.I.O. en 1964, où il rencontrera Jean-Pierre CHEVÈNEMENT. Cette rencontre décisive conduisit, avec quelques camarades, à la fondation du C.E.R.E.S. Georges Sarre était celui qui fera adopter son logo par le Parti Socialiste, ce point serré sur une rose épanouie.

Les réformes qu'il conduisit comme secrétaire d'Etat aux Transports pendant ces cinq années, conduisirent à mettre en ?uvre des réformes qui sont souvent difficiles pour la sécurité routière, mais qui, effectivement, ont sauvé tant de vies. Permis à points, limitation de la vitesse en ville à 50 km/h, port de la ceinture de sécurité à l'arrière, contrôle technique, ne sont que quelques-uns des exemples que nous lui devons.

Mais c'est surtout dans cette Capitale que Georges Sarre mena l'essentiel de son engagement. Conseiller de Paris sur ces bancs de 1971 à 2014, ce Parisien qui a autant adopté Paris que les Parisiens, et particulièrement ceux du 11e qui l?ont adopté, était apprécié de tous. Son bonheur à sillonner notre arrondissement et ses moindres recoins, qu?il connaissait comme sa poche, n?avait d?égal que sa curiosité naturelle pour les habitants. Il était toujours à leur écoute. Il était toujours en train de sillonner les rues du 11e ou en train de recevoir ses habitants.

Comme maire du 11e, il a engagé nos quartiers sur la mutation que Paris connaît depuis maintenant plus de 20 ans. Elu alors que les voitures étaient reines dans la ville, il a posé les premiers jalons d?une reconquête au profit des piétons et des vélos, avec la première piste cyclable boulevard Richard-Lenoir, avec la rénovation de la place Léon-Blum, avec la création du square Jules-Verne. Il s'est battu pour une meilleure qualité des logements et pour renforcer l'attrait de nos quartiers. Il lança ainsi les premiers assauts contre la mono-activité textile dans le quartier Sedaine-Popincourt, avec notamment la SEMAEST. Il lutta contre les marchands de sommeil dans les hôtels meublés et les logements insalubres. Il lança des équipements structurants pour notre arrondissement en sauvant la Maison des métallos et la cour de l'Industrie de la spéculation immobilière. Il fit du T.E.P. Berlemont un gymnase.

C'est aussi à lui que nous devons un soutien décisif, dès sa création, à de nombreuses associations. Je pense au festival "Onze bouge", ou encore à l'"Association pour la mémoire des enfants juifs déportés du 11e arrondissement".

Georges Sarre était un amoureux de Paris. Oui, alors qu?il vient à peine de nous quitter, nous mesurons déjà tout ce que nous lui devons. Notre tristesse est grande, mais nous ne l'oublierons pas. Je souhaitais qu'un endroit à Paris porte un jour son nom.

Je vous remercie, Madame la Maire, d'avoir fait cette proposition. Je voudrais convier celles et ceux qui souhaitent lui rendre un dernier hommage, demain, à 10 heures 30, en mairie du 11e arrondissement.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur le Maire.

Je donne la parole à Patrick BLOCHE, au nom du groupe Socialiste et Apparentés.

M. Patrick BLOCHE, adjoint. - Madame la Maire, mes chers collègues, chère Jacqueline, cher Philippe, cher Claude, cher Jean-Pierre.

C?est avec beaucoup d?émotion que je m?inscris dans cet hommage à Georges Sarre, dont j?ai fait la connaissance avant d?atteindre ma majorité. Mon père en politique m?a tellement transmis, et d?abord cette passion du terrain qui ne résume pas une élection au seul jour du scrutin. J?ai encore en souvenir cette remontée de la rue Oberkampf, commerce après commerce, devenue au fil du temps un véritable pèlerinage. Pèlerinage inévitablement républicain pour le fervent laïc qu?il était.

Il prenait ainsi le pouls de son 11e, et avec d?autant plus de plaisir à échanger avec ses administrés qu?il aimait sincèrement les gens. Son bilan de maire du 11e est à cet égard remarquable. Il est régulièrement évoqué aujourd?hui, tant son action a marqué durablement son territoire de l?Est parisien, dont il a su avec beaucoup d?intuition accompagner les mutations, de la protection de l?artisanat avec la rénovation de la Cour de l?industrie à la lutte contre la mono-activité textile dans le quartier Sedaine-Popincourt, du lancement de l?opération d?aménagements Bréguet à la renaissance culturelle de la Maison des métallos.

Mais pour pouvoir agir avec autant de volonté et de détermination, il fallait d?abord conquérir et ce ne fut pas chose aisée. Avant cette soirée de vraie liesse populaire en mairie du 11e, le 18 juin 1995, il y eut deux campagnes électorales aussi acharnées que décevantes, où l?endurance de Georges n?était altérée que par les températures hivernales qu?il détestait tant.

Autant de moments forts d?opposition sans faille et de patiente construction qui pouvaient faire d?une simple assemblée générale de la caisse des écoles un enjeu éminemment stratégique.

Parlementaire particulièrement actif, Ministre si courageux avec le permis à points et ce, avant même d?être maire, il avait réussi l?exploit - vous l?avez rappelé, Madame la Maire - d?être le seul député de gauche réélu à Paris lors des législatives de 1993, avec un slogan aussi simple que finalement convaincant : vous avez un bon député, gardez-le.

Sa passion du 11e valait celle qu?il nourrissait pour Paris, tout en illustrant la célèbre formule de Victor Hugo par sa profonde fidélité à ses origines creusoises. Lorsqu?en 1977, la Capitale put enfin élire son maire, Georges Sarre, qui avait été avec Jean-Pierre CHEVÈNEMENT l?un des artisans du programme commun du Gouvernement quelques années auparavant, su rassembler les forces de la gauche pour mener campagne et même frôler la victoire.

Dans cet hémicycle qu?il a fréquenté si assidûment, tout particulièrement comme président du groupe Socialiste durant de longues années, il fut un opposant aussi loyal qu?opiniâtre à la politique municipale conduite par Jacques CHIRAC et mise en ?uvre dans le 11e par Alain Devaquet. En cela, il a contribué activement à l?élection de Bertrand DELANOË comme maire de Paris en 2001. Georges Sarre était un homme respectueux des autres dans son expression comme dans son attitude, exigeant certes mais d?abord avec lui-même, rigoureux dans le travail mais doué d?un humour communicatif dans la détente, d?une fidélité à toute épreuve et d?abord à ses idées. Aussi pudique qu?attentionné, il préférait que l?on parle de ce qu?il faisait plutôt que de qui il était. Cette bienveillance était réelle et nous sommes nombreux à pouvoir en témoigner. Je me souviens ainsi de ce jour de mars 2008, où il m?a reçu dans son bureau de maire du 11e. Retrouvant face à lui le jeune militant du C.E.R.E.S. qu?il avait connu, il avait tenu à me dire combien il vivait ce passage de témoin non comme une fin mais comme un prolongement. Depuis la Révolution française, dont le récit le passionnait tellement, on dit des personnages illustres qu?ils ont bien mérité de la patrie. Que nous puissions collectivement considérer que Georges Sarre a bien mérité de Paris.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, cher Patrick BLOCHE.

Je donne la parole à Mme BERTHOUT, pour le groupe les Républicains.

Madame la Présidente, vous avez la parole.

Mme Florence BERTHOUT, maire du 5e arrondissement. - Madame la Maire, mes chers collègues, à l?annonce du décès de Georges Sarre, le 31 janvier dernier, nous avons immédiatement tenu, avec les élus du groupe LR et Indépendants, à nous associer à la peine des Parisiens, à celle de sa famille, à celle de ses proches, et je n?oublie pas d?y associer les maires qui lui ont succédé : Patrick BLOCHE et François VAUGLIN.

Si l?élue d?opposition que je suis rend hommage ce matin à la grande figure de la gauche parisienne que fut Georges Sarre, c?est qu?il portait haut le combat des idées. Car au-delà de nos familles politiques respectives et de nos différences, ce qui nous réunit, c?est bien l?idée que le "bon combat est celui qui est engagé au nom de nos rêves", pour reprendre la belle formule de Paulo COELHO.

La vie de Georges Sarre fut une vie d?engagement, vous l?avez rappelé : le combat syndical avec l?aventure au tri postal Paris Brune qu?il citait volontiers, l?adhésion à la S.F.I.O. dans les années 1960, celle au Parti socialiste, et surtout son indéfectible compagnonnage avec Jean-Pierre CHEVÈNEMENT, avec qui il fonda le C.E.R.E.S., puis des années après le Mouvement des citoyens.

Avec vous, cher Jean-Pierre CHEVÈNEMENT, il partage une réelle indépendance d?esprit et la conviction que la conduite du pays doit être assurée par ses élus et non, je le cite, par "une technostructure européenne et nationale qui échappe à tout contrôle démocratique".

Georges Sarre exerça plusieurs mandats nationaux, vous l?avez rappelé : député, parlementaire européen et portefeuilles ministériels dans les gouvernements de Michel Rocard, d?Édith CRESSON et de Pierre Bérégovoy. Mais il fut avant tout un passionné de Paris, un passionné de Paris connaissant parfaitement ses rouages institutionnels. On se souvient du président de groupe d?opposition à Jacques CHIRAC, alors Maire de Paris, un président combatif et toujours très respectueux. On se souvient de l?adjoint à la sécurité et à la prévention de Bertrand DELANOË maîtrisant parfaitement ses dossiers.

Et puis c?était un passionné de Paris épousant la vie et l?histoire de ses quartiers, et en particulier du 11e arrondissement où il succèdera à Alain Devaquet qui nous a quittés, il y a un an, et pour qui j?ai une pensée amicale.

L?esprit frondeur qu?ils ont toujours incarné dans l?histoire, la Nation et la République, à la lisière du 11e, allait bien à cet homme de terrain qui n?avait pas oublié ses racines limousines, région qui m?est chère.

Georges Sarre nous laisse le souvenir d?un homme courtois, un homme ouvert aux autres, un homme ouvert aux débats et prodiguant des conseils avisés aux plus jeunes - c?est aussi et surtout cela la transmission en politique -, fidèle jusqu?au bout à ses convictions.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame la Présidente.

Je donne la parole à Joëlle MOREL, pour le groupe Ecologiste de Paris.

Mme Joëlle MOREL. - Merci, Madame la Maire.

Au nom du groupe Europe-Écologie, j?ai souhaité rendre hommage au grand Parisien que fut Georges Sarre.

D?abord, quelques mots sur son engagement national. Je ne peux pas taire son engagement auprès de Jean-Pierre CHEVÈNEMENT, dont le Mouvement des citoyens qui devient le M.R.C. Le Mouvement des citoyens fut créé notamment en opposition au choix d?engager la guerre contre l?Irak en 1991. Les Verts étaient aussi opposés à cette guerre.

Mais surtout, pour moi élue du 11e, Georges Sarre, c?est le maire du 11e. Georges Sarre, c?est le maire qui aime le 11e arrondissement, qui en arpente les rues, qui en connaît les coins et les recoins, qui prend le temps d?écouter, qui va à la rencontre des habitants et des habitantes.

Georges Sarre, c?est le combat que nous avons mené côte à côte pour sauver la Maison des métallos de la destruction. Georges Sarre, c?est l?action contre la mono-activité des grossistes textiles dans le quartier Sedaine-Popincourt, c?est la volonté de ne pas laisser le marché décider seul. C?est la réorientation de la SEMAEST vers le soutien au commerce indépendant et à la valorisation des artisans.

Aujourd?hui, la SEMAEST est plébiscitée et nous nous réjouissons toutes et tous de ces actions de revitalisation commerciale et artisanale des quartiers. Aujourd?hui, nous savons ce que Paris doit à Georges Sarre. Merci, Georges Sarre, pour ce que vous nous avez appris. Pour ma part, je sais ce que je vous dois.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Madame MOREL.

Mes chers collègues, je vous remercie pour ces hommages et, sur l'invitation du maire du 11e arrondissement, nous pourrons nous retrouver dans le 11e, ce 11e arrondissement tant aimé par Georges Sarre pour poursuivre et échanger sur ce qu'il nous a apporté. Je le redis, nous sommes nombreux ici à nous sentir orphelins aujourd'hui et à nous sentir surtout ses héritiers.

Merci infiniment, merci, Madame, merci, Monsieur le Ministre, merci d'avoir participé à cet hommage.

Je vous propose une minute de suspension.