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Fevrier 2019
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2019 DEVE 12 - Dénomination "allée Arié et Gabriel Sandler" et "allée Myriam Monsonégo" attribuée à deux allées du square Sainte-Odile (17e).

Débat/ Conseil municipal/ Février 2019


 

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Nous examinons le projet de délibération DEVE 12 relatif à la dénomination "allée Arié et Gabriel Sandler" et "allée Myriam Monsonégo" attribuée à deux allées du square Sainte-Odile, dans le 17e arrondissement. La parole est à Mme Raphaëlle PRIMET.

Mme Raphaëlle PRIMET. - Madame la Maire, mes chers collègues, ils s'appelaient Arié, Gabriel et Myriam, ils avaient 3, 6 et 8 ans, ils allaient à l'école comme tous les matins. Ils étaient heureux et pensaient certainement retrouver leurs copains et copines. Ils avaient l'insouciance de leur âge. Pourtant, le 19 mars 2012, la mort est venue et elle avait son visage. Le visage d'un homme transfiguré par la haine de l'autre. Ce n'était pas un attentat à l'aveugle, il a ciblé ses victimes parce que juives, comme il avait auparavant tué de jeunes soldats parce que soldats. Nous le savons, ces crimes nous ébranlent parce que ce sont des enfants, et que la motivation est l'antisémitisme.

"Je veux que l'Internationale gronde lorsqu'on aura enfin porté en terre le dernier antisémite du monde !", ainsi s'exprime le grand poète russe Evtouchenko en évoquant le massacre des Juifs de Kiev à Babi Yar en Ukraine en 1941.

Bien sûr, il y a sous notre ciel ou sous d'autres cieux, d'autres boucs émissaires. Je ne peux ni ne veux hiérarchiser ma peine, mais je suis heureuse que Catherine VIEU-CHARIER et Pénélope KOMITÈS aient trouvé un lieu, un parc en l'occurrence, où les allées porteront le nom de ces victimes de la haine. Quel autre lieu qu'un square pouvait réunir les enfants victimes et celles et ceux qui jouent aujourd'hui. Parce que Arié, Gabriel et Myriam étaient des enfants.

Je vous remercie.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Je vous remercie.

Je donne la parole à Mme Valérie NAHMIAS.

Mme Valérie NAHMIAS. - C'est un contexte dramatiquement particulier, l'attentat contre l'école Ozar Hatorah de Toulouse, rebaptisée à la suite de ce terrible événement Ohr Torah, signifiant en hébreu trésor devenu lumière.

En effet, particulier car c'est la seule attaque terroriste ou non perpétrée contre une école qui a fait des victimes en France depuis les 50 dernières années. Autant dire depuis la dernière guerre.

Une autre tentative d'attentat a été commise contre une école juive en 1995 avec fort heureusement aucune victime et trois prises d'otages ayant fait des blessés et des héros dans des écoles.

Dramatiquement particulier, car un terroriste, sans âme ni sens de rien, que je ne nommerai pas volontairement, rentre dans une école, tue à bout portant des enfants, Arié, Gabriel et Myriam, je rajouterai l'euphémisme innocents. Simplement présents dans leur école juive, simplement étant de confession juive.

L'hommage qui leur est rendu est un minimum que nous puissions faire pour partager un peu de la douleur des familles, mais surtout ne jamais les oublier. "Le bourreau tue toujours deux fois, la seconde fois par l'oubli" disait Elie Wiesel. Que ce soit dans le 17e arrondissement, dans un square que nous connaissons bien pour y avoir fait jouer nos enfants dès leur plus tendre enfance, et nous l'espérons dans d'autres futurs squares, avec Geoffroy BOULARD maire du 17e et l'ensemble des élus du 17e arrondissement, et je pense comme tous les Français, nous n'oublierons jamais ces jeunes enfants tués dans leur école, Arié, Gabriel et Myriam.

Merci pour cette dénomination.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Je donne la parole à Mme VIEU-CHARIER.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Je voudrais vous remercier, Mesdames les conseillères, de vous être inscrites sur ce projet de délibération.

Arié et Gabriel Sandler, ainsi que Myriam Monsonégo, sont 3 enfants victimes de l'attaque terroriste islamiste à l'encontre de l'école Ozar Hatorah de Toulouse, le 19 mars 2012. Ils avaient 3, 6 et 8 ans, et ce sont les 3 premiers enfants victimes d'antisémitisme en France depuis la Seconde Guerre mondiale, victimes mortes, c'est-à-dire assassinées pour antisémitisme. Jamais il n'y avait eu ce genre d'événement depuis les rafles de l'occupant nazi et du Gouvernement de Vichy.

Mme la Maire de Paris s'est rendue, avec Patrick KLUGMAN, notre collègue qui est l'avocat de la famille Sandler, en Israël lors du dernier voyage de la Maire de Paris sur la tombe d'Arié et Gabriel Sandler, et Myriam Monsonégo. Paris n'oublie pas non plus trois autres victimes : Imad Ibn Ziaten, Mohamed Legouad et Abel Chennouf, parachutistes qui avaient été assassinés la veille.

Vous le savez, nous sommes fortement engagés dans la lutte contre l'antisémitisme et contre le négationniste qui passe par un nécessaire travail de mémoire et de souvenir. Je voudrais vous dire que, chaque année, nous commémorons la Libération des camps à l'Hôtel de Ville. Cette année encore, il y a eu, à l'Hôtel de Ville de Paris, dans les salons, une manifestation pour commémorer le Convoi 77.

Il y a eu de nombreux projets pédagogiques et associatifs, notamment en 2015, la création d'une mallette pédagogique sur la mémoire des trois génocides du XXe siècle, le génocide arménien, la Shoah et le génocide Tutsi.

De 2015 à 2018, nous avons apporté un soutien financier au projet de restitution de biographies de déportés par des scolaires. Enfin, inlassablement et depuis 1996, nous avons des poses de plaques en mémoire des enfants juifs déportés. A ce jour, plus de 400 plaques ont été posées dans les écoles parisiennes depuis 1997. Cette nouvelle dénomination est donc tout un symbole tant pour la Ville de Paris que pour la capitale de la France qu'elle est, et vraiment elle s'honore de donner les noms de ces petits enfants, Arié et Gabriel Sandler, et Myriam Monsonégo à des allées d'un très joli jardin du 17e arrondissement. Ils seront parmi nous, pour toujours, nous ne les oublierons pas.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Merci beaucoup, pour ces interventions.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DEVE 12.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l'unanimité. (2019, DEVE 12).