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VII - Question d'actualité posée par le groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants à Mme la Maire de Paris relative à l'ouverture du métro la nuit à Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2019


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Et nous passons à la question suivante.

Mme Laurence GOLDGRAB, présidente du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants.

Mme Laurence GOLDGRAB. - Merci, Madame la Maire.

Monsieur le Préfet, mes chers collègues, à l'occasion de vos v?ux pour 2019, Madame la Maire, vous avez annoncé votre projet de gratuité du "pass" Navigo pour les enfants de 4 à 11 ans et le remboursement des "pass" Imagine'R des collégiens et lycéens, soit une économie de 175 euros par enfant pour les familles dès la rentrée de septembre. De bonnes nouvelles pour les familles parisiennes alors que nous n'avons jamais autant parlé des difficultés de pouvoir d'achat des Français.

Pour beaucoup, la gratuité des transports rime avec changement des usages et donc amélioration de la qualité de l?air, mais des études démontrent que ce n'est pas la gratuité seule des transports en commun qui peut convaincre les automobilistes à abandonner leur voiture au profit du métro. C'est davantage la qualité des transports et leur fiabilité qui a un impact sur ce changement d'habitude. Or, à Paris, ville mondiale, ville touristique, ville capitale, en semaine après minuit, le rideau tombe, et le week-end, il faut avoir l??il sur sa montre et son application R.A.T.P. pour s'assurer de ne pas louper le dernier métro avant deux heures du matin.

Ce n'est pas la première fois que nous évoquons l'ouverture du métro la nuit. Mais ne dit-on pas que la pédagogie est l'art de la répétition ? Certes, nous avons déjà entendu vos réponses, mais cela reste pour nous tous une priorité. Faut-il rappeler que c'était un engagement de programme, que vous retrouverez à la page 63 de "Paris qui ose", alors que la gratuité, elle, n'y était pas. Nous savons que la compétence transport relève de la Présidente de la Région et d'"Ile-de-France Mobilités", où mon groupe n'a pas la chance de siéger. Comme nous l'avons souvent regretté, les représentants de la majorité à "Ile-de-France Mobilités" ne font que peu de retours sur les positions qu'ils y défendent, sauf à l'instant, à propos de la Z.A.C. "Bercy-Charenton", où notre collègue Jean-Louis MISSIKA a évoqué les difficultés de gouvernance au sein d'"Ile-de-France Mobilités".

Mais n'est-ce pas une priorité pour nos représentants dans cette instance de défendre le métro la nuit ? C'est une mesure qui aurait un impact positif sur la vie nocturne, et donc, économique de notre ville. Ce sera une avancée majeure dans la qualité de service que nous proposons aux usagers des transports en commun, qui pourrait contribuer à un changement d'habitudes.

Par conséquent, ma question est simple, Monsieur l'adjoint, si nous pouvons trouver les ressources pour financer la très bonne mesure sociale de gratuité pour les enfants et le remboursement du "pass" Imagine'R, peut-on espérer que Paris trouve également les fonds et les arguments nécessaires pour convaincre du bien-fondé du financement du métro la nuit auprès d?"Ile-de-France Mobilités", le week-end et les veilles de jours fériés, a minima sur les lignes automatiques 1 et 14 ?

Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Madame GOLDGRAB.

Je donne la parole à Frédéric HOCQUARD, très actif sur ce sujet.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint. - Merci, Madame la Maire. Merci, Madame la Présidente.

600.000, c?est le nombre de personnes qui travaillent entre 22 heures et 5 heures du matin dans cette ville. 200.000, c?est le nombre de personnes qui travaillent entre minuit et 5 heures du matin. 600 établissements de nuit, c?est le nombre d'établissements ouverts après 2 heures du matin dans cette ville. Je ne parle pas des salariés de cette Ville qui, par exemple, embauchant à 5 heures du matin, notamment les salariés qui travaillent dans le domaine du nettoyage, doivent souvent partir tôt de chez eux pour pouvoir embaucher à 5 heures. Il y a donc effectivement de forts besoins concernant les transports publics la nuit.

Vous l'avez rappelé, il y a aujourd'hui peu ou pas, en tout cas pas suffisamment de transports publics la nuit. La dernière fois que nous avons eu un progrès sur cette question, c'était en 2005, lorsque nous avons mis en place le Noctambus, et en 2008, quand nous avons gagné une heure sur le métro le week-end. Or, depuis, les avancées sont bloquées. Il y a un débat technique. J'y reviendrai sur les questions du métro, mais d'autres solutions peuvent être trouvées. Effectivement, le Noctilien, le tramway qui s'est développé depuis 2005 de manière assez forte et sur lequel il y a un certain nombre de considérants techniques.

Cela a été répété tout à l'heure par mon collègue Jean-Louis MISSIKA. Pour ce qui concerne les déplacements en Ile-de-France, la Présidente d'"Ile-de-France Mobilités" est la Présidente de la Région, qui déclarait en octobre 2015 - je cite : "Si prendre les transports en commun en Ile-de-France est une vraie galère pour des milliers de Franciliens, la situation est bien pire la nuit". Elle ajoutait même : "A Paris, l'automatisation des lignes 1 et 14 permet d'ores et déjà leur exploitation nocturne, et je souhaite qu'il en soit de même pour les lignes 13, 14 et 11". C'était donc en octobre 2015, pendant la campagne électorale, puisqu'en 2016, elle déclarait que la priorité était la sécurité dans les trains des R.E.R. et pas l'extension du transport en commun la nuit.

Depuis, nous sommes dans un blocage avec la Région Ile-de-France et avec sa présidente qui refuse obstinément d'avancer sur cette question, en tout cas pour ce qui concerne ce que l'on appelle les "transports lourds", en l'occurrence le métro et le tram.

En novembre dernier, si vous vous rappelez, la Présidente de la Région Ile-de-France a souhaité faire une sorte de conférence de presse sur les questions de priorité de transport au niveau parisien, peut-être pour nous donner des leçons sur ce que l'on devrait faire au niveau de Paris. Il y a eu deux heures et demie de conférence de presse, et pas un mot, ni une ligne, ni une phrase, même sur le sujet des transports nocturnes et des problématiques posées là-dessus.

Pourtant, dans les études d'"Ile-de-France Mobilités" elles-mêmes, on voit que, depuis 2015, l'augmentation de la fréquentation du Noctilien est de 21 % en ce qui concerne la S.N.C.F. La S.N.C.F., ce sont les Noctiliens qui doublent les lignes de R.E.R. En ce qui concerne la R.A.T.P., pour le métro après deux heures du matin, nous avons une augmentation de 2,4 % alors que, dans le même temps, nous avons un léger recul des déplacements en métro de 0,1 %. Bref, tout cela pour dire que, contrairement à ce qui a été dit par une étude d'"Ile-de-France Mobilités" publiée en 2016 à notre demande, dans laquelle on nous expliquait qu'il n'y avait pas de besoin à cet endroit, il y a effectivement des besoins extrêmement forts là-dessus.

Nous ne sommes pas restés en reste, comme vous le dites. Nos représentants au S.T.I.F. : je parle sous leur houlette, Christophe NAJDOVSKI étant là et Jacques BAUDRIER n?étant pas là, je suis sûr qu'il compléterait cela. Nous avons demandé et obtenu, sur la question des bus et des Noctiliens, qu?un certain nombre de lignes supplémentaires soient mises en place, mais ce n'est pas suffisant. La deuxième chose : nous avons obtenu aussi que nous puissions avoir l'organisation prochaine d'un atelier relatif à la mobilité en Ile-de-France, de permettre de poser avec l'ensemble des acteurs - syndicats, organisations professionnelles - sur la mobilité, sur la question du transport nocturne. Bien évidemment, nous avons demandé un certain nombre de choses qui sont l'extension d'une heure le week-end et d'une demi-heure en semaine dans le métro, ce qui est tout à fait possible de ce point de vue.

Je vais conclure dans mes cinq minutes.

La multiplication des nuits longues : elles ne sont pas assez nombreuses aujourd'hui. Sur la question des tramways, que nous puissions avoir des horaires élargis. La R.A.T.P. y est d'ailleurs favorable. Aujourd'hui, il n'y a aucune raison technique qui s'oppose sur le métro pour que nous puissions élargir les horaires du transport au niveau de la R.A.T.P.

Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous.

Madame GOLDGRAB, souhaitez-vous reprendre la parole ?

Nous allons porter ensemble cette volonté d'une avancée majeure qui, notamment sur le tramway, ne voit aucune opposition ni de la R.A.T.P. - j'ai eu l'occasion d'en parler souvent avec la Présidente de la R.A.T.P. - ni de dimensions techniques. Je pense donc que pour les Parisiens, les Parisiennes et ceux qui viennent à Paris dans ces horaires décalés, ce sera une avancée majeure. J'espère que nous nous retrouverons sur tous les bancs de cette Assemblée pour porter cette idée et ce besoin.

Je vous remercie.