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Juin 2008
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2008, Voeu déposé par le groupe UMPPA relatif à la sécurité dans le 19e arrondissement.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2008


 

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Je vous propose d?examiner le v?u référencé n° 64 dans le fascicule, relatif à la sécurité dans le 19e arrondissement, qui a été déposé par le groupe U.M.P.P.A.

Je donne la parole à M. GIANNESINI.

M. Jean-Jacques GIANNESINI. - Régulièrement, lors de mes visites dans les quartiers, les habitants m?interpellent sur la question de l?insécurité ressentie au quotidien. Cette gangrène touche tous les habitants de l?arrondissement qui font état d?actes de violence, de délinquance, de trafic et de présence de bandes qui mettent les quartiers dans la terreur.

Malheureusement, je dois le regretter, le sénateur-maire du 19e arrondissement, fidèle à son discours, continue de nier cette réalité en disant que cela donne une mauvaise image de l?arrondissement.

Pourtant, la situation empire et ce n?est plus tolérable pour les habitants qui vivent aujourd?hui dans la peur. Une femme a été tuée à coups de couteau au-dessus des Buttes-Chaumont car elle refusait de laisser son sac. Une bande de jeunes délinquants menacent et agressent régulièrement les commerçants de la place des Fêtes. J?en ai été témoin samedi après-midi. Les trafiquants de drogue font régner la terreur aux Orgues de Flandres. Les halls de la cité des Chauffourniers sont squattés par les dealers. Ils font leur commerce en terrorisant les femmes, les enfants et les personnes âgées qui osent à peine regagner leur logement dès la nuit tombée.

La cité Edmond Michelet - j?ai reçu encore une délégation la semaine dernière - est une zone de non-droit, qui n?est plus accessible ni à la police ni aux services municipaux, notamment le G.P.I.S.

Les habitants se sentent complètement abandonnés.

Aujourd?hui, il ne s?agit pas de jeunes qui arrivent d?autres arrondissements ou de banlieue, les jeunes qui font régner la terreur ? je les appellerais plutôt des voyous puisqu?il ne faut pas confondre les jeunes et les voyous - habitent sur place, organisent leur trafic en toute tranquillité et entraînent les plus jeunes dans leurs actes de délinquance.

Aujourd?hui, c?est tout l?arrondissement qui est concerné : la rue Gaston Pinot, la rue de la Solidarité, le 50 boulevard de la Villette, la place des Fêtes, les rues Rébeval et Rampal, la Porte Brunet, le secteur de la rue de Toulouse-rue de Corrèze, le secteur Maroc-Tanger-Riquet, la rue d?Aubervilliers, la rue Alphonse Karr, l?avenue de Flandre, la cité Ourcq-Léon Giraud, le 51 rue de l?Ourcq - une erreur s?est glissée, ce n?est pas le 55 mais le 51 rue de l?Ourcq - et enfin que dire du ?Marché aux Voleurs? boulevard de la Villette !

Pas un secteur de l?arrondissement n?est épargné par le trafic de drogue, la violence verbale, physique et les intimidations.

Les policiers eux-mêmes, avec qui je discute régulièrement, se sentent impuissants, peu nombreux et, avec des moyens limités, face à cette montée importante de la violence et de l?insécurité. Et ce, malgré leur volonté d?agir et leur détermination pour faire face aux nombreuses difficultés qu?ils rencontrent.

Je voudrais leur rendre hommages aujourd?hui.

Car ne l?oublions pas, les victimes sont avant tout des femmes, des hommes, des enfants pris en otage par ces voyous qui les terrorisent et les privent d?une liberté fondamentale : celle d?aller et venir en toute sécurité. Ces victimes, ne l?oublions pas, ne sont jamais les plus favorisées, leurs revenus sont modestes, leur conditions de vie difficiles. Il s?agit de la majorité silencieuse qui n?a pas le choix et qui subit. Tout ceci a été dénoncé avec force par le président de la République juste avant son élection et, en ma qualité d?élu,?

Mme Liliane CAPELLE, adjointe. - Qu?est-ce qu?il a fait ?

M. Jean-Jacques GIANNESINI. - ? en ma qualité d?élu, je prends la parole pour ces victimes et revendique pour eux des conditions de vie meilleures.

(Mouvements de protestation sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Mouvement Républicain et Citoyen, Communiste et ?Les Verts?).

La situation aujourd?hui est à ce point grave, Monsieur le Préfet, que nous sommes, à mon sens, si rien n?est fait, dans un cas de non-assistance à personne en danger.

C?est pourquoi Anne-Constance ONGHENA et moi-même déposons et émettons le v?u :

- que les policiers soient en nombre suffisant pour agir au c?ur des quartiers et ramener l?ordre républicain ;

- que le Groupement d?Intervention Régional, le GIR, de Paris soit mobilisé afin de lutter contre les trafics de drogue et démanteler ces réseaux qui font régner la terreur ;

- que la vidéoprotection soit développée pour protéger les victimes et dissuader les passages à l?acte.

(Mouvements de protestation sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Mouvement Républicain et Citoyen, Communiste et ?Les Verts?).

Je remarque que les élus de la majorité acceptent volontiers la démocratie.

Merci, Monsieur le Maire.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci, Monsieur GIANNESINI.

En tant qu?élu du 18e arrondissement, je ne voudrais pas défendre M. le président de la République, il me semble que vous en rajoutez un tout petit peu.

Monsieur Georges SARRE.

M. Georges SARRE, adjoint. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, Monsieur GIANNESINI, comme j?ai déjà eu l?occasion de vous le dire en 5e Commission, votre v?u, ou plus exactement ses considérants ne sont pas acceptables. Votre v?u, je le dis comme je le pense, est contraire à l?esprit républicain.

(Applaudissements sur les bancs des groupes Mouvement républicain et citoyen, socialiste, radical de gauche et apparentés, communiste, et ?Les Verts?).

Contraire à l?esprit républicain parce que vous prenez à partie le sénateur-maire du 19e arrondissement et cette attaque ad hominem est navrante.

Contraire à l?esprit républicain parce que vous employez des termes dont l?excès pourrait finir par desservir la cause de votre arrondissement. Vous parlez de terreur quatre fois en 15 lignes. Il faut, cher collègue, savoir raison garder. La gravité de certains faits est réelle, mais le rôle des élus n?est pas de jeter de l?huile sur le feu !

(Applaudissements sur les bancs des groupes Mouvement républicain et citoyen socialiste, radical de gauche et apparentés, communiste, et ?Les Verts?).

Oui, contraire à l?esprit républicain, surtout parce que vous faites une exploitation politicienne d?un problème réel, un problème suffisamment sérieux pour qu?on l?aborde autrement que par l?invective caricaturale.

Vous procédez, ou plus exactement vous utilisez la procédure d?un v?u en Conseil de Paris et - vous l?avez relu - en quels termes ! Alors que vous auriez pu avoir un contact direct avec le commissariat du 19e arrondissement et le cabinet du Préfet de police.

Si vous visiez l?efficacité et non la polémique, vous sauriez que nous travaillons précisément sur le 19e arrondissement, et notamment le quartier Curial-Cambrai. Vous sauriez que la Préfecture de police, le G.P.I.S., les bailleurs, la mairie du 19e, la DPP et mon cabinet oeuvrent de concert pour articuler et proportionner leurs réponses aux situations problématiques du quartier.

J?ai reçu M. Roger MADEC et M. PENINOU le jeudi 29 mai à 16 heures 30, en présence du directeur de la DPP. Et je vous le dis, ce n?était pas pour une partie de belote !

Les citoyens du 19e leur ont fait confiance et l?implication forte que j?ai pu constater de leur part dans les enjeux de sécurité de l?arrondissement me laisse penser que cette confiance est bien méritée.

Une réunion s?est tenue le 6 juin dernier à la mairie du 19e. Des décisions ont été prises mais ne comptez pas sur moi pour jouer aux effets d?annonce, vous dire ici ce que compte faire la Préfecture de police, le G.P.I.S. ou la D.P.P.

Vous savez très bien que pour être efficace contre l?insécurité, mieux vaut agir que parler, il faut savoir être discret.

Contrairement à ce que vous écrivez, les agents du G.P.I.S. et de la Police nationale travaillent d?ores et déjà. Le G.P.I.S. intervient tous les jours de la semaine dans le secteur. Sur les cinq derniers mois il a réalisé 235 rondes, procédé à 108 interventions et 379 évictions.

M. le Préfet de police pourra donner les statistiques de la Police nationale ; ainsi votre information sera-t-elle, je l?espère, complète.

Chers collègues, j?ai plusieurs fois donné des avis favorables à des voeux de l?U.M.P. dès lors qu?ils allaient dans le sens de l?intérêt général.

Chers collègues, je vous invite à rejeter catégoriquement le voeu de M. GIANNESINI. Je veux que tout le monde puisse distinguer au maximum la polémique politicienne de notre mission institutionnelle collective.

C?est cela, chers collègues, l?esprit républicain.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes Mouvement républicain et citoyen socialiste, radical de gauche et apparentés, communiste, et ?Les Verts?).

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Monsieur le Préfet, dans l?esprit républicain, vous avez la parole.

M. LE REPRESENTANT DU PREFET DE POLICE . - Le crime odieux commis le 22 avril l?a été pour un butin dérisoire et l?émotion ressentie dans le quartier est compréhensible.

Le meurtrier présumé a été interpellé rapidement par la brigade criminelle, avec l?apport décisif pour l?enquête d?une image de vidéo surveillance du bus emprunté par l?auteur.

Ce quartier est calme d?ordinaire, puisque cinq interventions de police et trois dépôts de plainte y ont été enregistrés ces six derniers mois. Les policiers arpentent sans relâche l?espace public de l?arrondissement. Ils ont donc une idée précise de l?évolution de la situation.

La Préfecture de police admet que beaucoup reste à faire, que la délinquance de l?arrondissement demeure forte, que des violences et agressions y sont commises.

A cet égard, Monsieur le Conseiller, le Préfet de police répondra point par point à votre courrier. M. le Préfet de police et la Préfecture veulent aussi rendre compte publiquement de leur action et indiquer qu?ils ne se retrouvent pas dans le caractère trop sombre du tableau qui vient d?être dépeint.

De 2001 à 2007, la délinquance générale a baissé de 15 % dans l?arrondissement, de 21.500 à 18.500 faits dans l?arrondissement.

La baisse atteint 42 % pour la délinquance de proximité et 25 % pour les violences contre les personnes. Sur les quatre premiers mois de cette année, un nouveau recul est constaté de 12 %.

Si la délinquance varie, il n?existe aucune zone de non droit où la police républicaine s?interdit d?aller. Elle patrouille et enquête partout, et joue de la complémentarité entre les unités de proximité, d?intervention et d?investigation.

S?agissant des moyens, ils sont satisfaisants dans l?arrondissement et pleinement mobilisés. En témoignent l?augmentation de 21 % des infractions révélées par l?action des services en 2007 et la hausse du taux d?élucidation de quatre points depuis le début de l?année.

Les services de police du 19e arrondissement, les effectifs du commissariat d?arrondissement bénéficient en outre de renforts mutualisés au niveau parisien. Ils en bénéficient, c?est parfaitement normal, plus que d?autres arrondissements.

122 fonctionnaires de la deuxième division de Police Judiciaire, l?unité d?investigation judiciaire de la P.U.P., les B.A.C. de secteur et de nuit.

Par leur action anti-délinquance réactive à toute heure du jour et de la nuit, chacun dans son domaine de compétence, ces unités contribuent à la sécurité de chaque Parisien.

Cet arrondissement est aussi, avec le 18e, au premier rang des priorités du plan anti drogue, avec 363 interpellations depuis le début de l?année dans le cadre d?opérations structurées et mûries dans une perspective de démantèlement des filières. Les services de police travaillent donc d?arrache-pied.

Le G.I.R. a pu compléter cette action pour capter les profits mal acquis dans sept dossiers de filières de trafic de stupéfiants.

Aussi, si le 19e arrondissement devient progressivement plus sûr, il n?est pas question de se satisfaire de la situation présente et les élus parisiens peuvent compter sur l?engagement de la Préfecture de police pour gagner de nouvelles marges sur la délinquance.

La diffusion de la Police Technique et Scientifique et le recours à la vidéo-protection en seront des vecteurs essentiels, afin de démultiplier l?impact sur le terrain de l?occupation de la voie publique par les policiers.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Préfet.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de voeu déposée par le groupe UMPPA, avec un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de voeu est rejetée.