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Juin 2008
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2008, DAC 61 - Apposition d’une plaque commémorative en hommage à Missak Manouchian, 11 rue de Plaisance (14e).

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2008


 

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Nous arrivons à présent au projet de délibération DAC 61 sur lequel un amendement n° 28 a été déposé par le groupe ?Les Verts?. Il s?agit de l?apposition d?une plaque commémorative en hommage à Missak Manouchian, 11 rue de Plaisance, dans le 14e arrondissement.

C?est Mme FOURNIER qui interroge Mme Catherine VIEU-CHARIER.

Mme Danielle FOURNIER. - Missak Manouchian nous est connu pour avoir fondé pendant la Deuxième Guerre mondiale un groupe de résistants qui ont été arrêtés et exécutés en 1944. A cette occasion, les nazis ont fait placarder dans tout Paris une affiche, ?l?affiche rouge?, qui stigmatisait les 23 résistants des F.T.P.M.O.I., main-d?oeuvre immigrée.

Cette affiche voulait dresser les Français, et plus particulièrement les Parisiens, contre les juifs et les étrangers.

Louis Aragon en a fait un poème intitulé ?Strophe pour se souvenir? en empruntant beaucoup à la dernière lettre que Missak Manouchian a écrite à sa femme Mélinée, poème qui a été ensuite mis en musique par Léo Ferré. C?est d?ailleurs comme cela que, je pense, nous en avons la mémoire encore aujourd?hui.

Mélinée est en effet étroitement associée aux actions de résistance conduites par son mari et elle a pu en faire état puisqu?elle a, elle, survécu à la guerre et écrit un livre de souvenirs sur cette époque.

Nous souhaitons donc que son souvenir soit associé à celui de son mari et que, sur la plaque commémorative, soit rappelé son prénom et que l?on use du pluriel, puisqu?on évoque ?Ici habitait Missak Manouchian?, donc que l?on indique : ?Ici ont vécu Missak et Mélinée Manouchian?, ou ?Mélinée et Missak Manouchian?, dans l?ordre qui conviendra.

J?en profite aussi pour dire que nous souhaitons plus largement que les femmes, femmes politiques, femmes artistes, femmes citoyennes, soient honorées par des plaques sur les lieux où elles ont vécu, des noms de rue, des équipements divers pour essayer d?arriver non pas à une parité mais à un certain équilibre parce qu?il y a beaucoup de retard en la matière.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Madame FOURNIER.

Je donne la parole à Mme Catherine VIEU-CHARIER pour vous répondre et pour dire le point de vue de l?Exécutif sur l?amendement n° 28.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, cet amendement peut paraître intéressant car, en effet, le nom de Mélinée Manouchian, qui a soutenu l?action clandestine de son mari, est associé dans l?esprit du public à la lutte de Missak Manouchian, grâce notamment à la diffusion de la dernière lettre qu?il lui écrivit avant d?être fusillé.

On pourrait aussi parler, à l?occasion de cette commémoration, d?Olga Bancic qui faisait partie du groupe Manouchian, qui fut déportée et décapitée.

Le texte de la plaque a été proposé au vote des conseillers de Paris, résultant d?un accord entre Michel KACHKACHIAN, président du Mouvement des Arméniens de France pour le Progrès et M. Serge MOURADIAN, de la Direction syndicale FO, qui avaient sollicité la Ville de Paris pour l?apposition de cette plaque.

Par courtoisie et dans un esprit de concertation, je vois mal le Conseil de Paris se prononcer sur un nouveau texte dans ces conditions, puisque le texte proposé avait vraiment été l?occasion d?une coopération entre la Ville de Paris et ces associations.

C?est pourquoi je demande que soit différée l?adoption de cette délibération et que nous retirions cette délibération.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Très bien. La délibération DAC 61 est retirée jusqu?à ce que des discussions complémentaires aient lieu. Elle sera à nouveau soumise au Conseil de Paris.