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Avril 2019
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Débat/ Conseil municipal/ Avril 2019


 

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Nous allons examiner le dernier v?u inscrit à l?ordre du jour de notre Conseil, les v?ux nos 212 et 212 bis relatifs à la convention entre l?université P.S.L. et la B.N.P. Paribas.

La parole est à Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Mes chers collègues, ce v?u montre un exemple de "greenwashing" le plus total. Nous sommes sur une licence sur les thèmes de développement durable, qui risquerait de bénéficier d?un accord de financement par la B.N.P. Paribas. C?est la licence dite "School of positive impact" à l?université de recherche Paris Sciences et Lettres. C?est juste un grand scandale.

Il faut savoir que B.N.P. Paribas est la banque française qui finance le plus les énergies fossiles. C?est par ailleurs la B.N.P. qui a été mise en cause plusieurs fois dans des questions de prêts toxiques, de fraudes fiscales et d?activités dans les paradis fiscaux.

Ce n?est pas pensable, imaginable une seule seconde qu?une licence en développement durable dépende d?une telle banque, pas simplement parce qu?on est attaché à l?université publique, à la laïcité et à l?indépendance de l?enseignement et de la recherche à l'égard des intérêts privés, mais on est dans une hypocrisie la plus totale. Le problème est que l?hypocrisie, je la trouve aussi dans le v?u de l?Exécutif.

Dans le v?u de l?Exécutif que vous proposez, il n?y a pas une seule fois le problème de la nature antiécologique de la B.N.P. Dans le v?u de l?Exécutif, on a un peu l?impression que cela reprend un débat quand nous étions plusieurs élus dans cette Assemblée à dénoncer que Total soit le mécène du théâtre du Châtelet pour les travaux. On nous avait répondu : "il ne faut pas stigmatiser une entreprise". "Touche pas à mon lobby", on pourrait dire.

Le v?u de l?Exécutif, ce n?est pas que je sois en désaccord avec ce qui est proposé, mais il n?y a pas la remise en cause de fond : est-ce qu?on trouve normal qu?une université soit en mécénat avec la B.N.P. au vu des activités de la B.N.P. ? Je maintiendrai mon v?u, autant le dire tout de suite.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup.

Marie-Christine LEMARDELEY.

Mme Marie-Christine LEMARDELEY, adjointe. - Merci, Danielle SIMONNET, pour votre v?u qui me permet de revenir sur ce projet de licence. Je voudrais d?abord souligner l?importance de voir de telles formations se déployer dans l?enseignement supérieur, notamment en premier cycle. C?est une formation généraliste de haut niveau sur les sciences de développement durable qui est proposée. Des formations équivalentes en niveau Master existent déjà au sein de P.S.L., mais aucune en premier cycle, donc cette licence devrait combler un manque. Evidemment, il y a le problème, que je n?évite pas, dans le v?u de l?Exécutif, parce que j?ai moi-même échangé avec des enseignants de P.S.L. Beaucoup de points de cette convention me semblent problématiques, qui touchent à la pérennité de cette licence. La notion de comité de suivi, même s?il est explicitement précisé que celui-ci ne jouera pas de rôle scientifique ou pédagogique, interroge et inquiète, ainsi que la présence d?une clause de confidentialité. Le v?u de l?Exécutif vise à rappeler ces points, mais également, s?il le fallait, à réaffirmer notre complet engagement en faveur de la liberté pédagogique et de l?indépendance des enseignants-chercheurs. Je vous annonce qu?après avoir échangé avec la présidence de P.S.L. sur ces points de manière très précise, après avoir manifesté l?inquiétude de la Ville soulevée par ce partenariat de mécénat, et relayée par les enseignants, étudiants et personnels universitaires, j?ai obtenu l?assurance que ces points seraient révisés dans une future convention et, surtout, que la mise en place de cette licence était reportée d?un an. Nous avons eu également la confirmation que ce projet de licence, qui est important dans le paysage universitaire parisien, serait bien maintenu, qu?il mobilise d?autres moyens de l?université P.S.L., et que d?autres partenariats seraient recherchés. Je vous propose quand même de retirer votre v?u, même si vous avez dit que vous ne le feriez pas, mais je suis pleine d?espoir, en sachant que je suivrai personnellement l?évolution de ce dossier en affirmant les principes et les valeurs d?indépendance universitaire que nous partageons.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup. J?ai été saisie de deux explications de vote, M. GLEIZES et Mme FILOCHE.

M. Jérôme GLEIZES. - Merci, Madame la Maire.

Le groupe Ecologiste va voter à la fois le v?u de Mme SIMONNET et le v?u de l?Exécutif, et bien insister sur le côté perfide de la proposition de la B.N.P., puisqu?en soi, cela ne va pas modifier le programme pédagogique, mais c?est uniquement pour faire du "greenwashing". Cela veut dire que, par la suite, la B.N.P. pourra dire : "j?ai participé au financement d?une chaire concernant les questions écologiques". Or, dans les pratiques, et c?est là aujourd?hui qu?il faut regarder, c?est ce que font ces grands acteurs. La B.N.P. est sans doute un des pires acteurs dans le double jeu. En France, il fait des choses comme le financement de cette chaire, et en Australie, il va financer une des mines les plus polluantes du monde, en toute tranquillité, sans que cela ne les gêne au plus haut sommet de la direction de la B.N.P. Nous voterons les deux v?ux.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur GLEIZES. Madame FILOCHE.

Mme Léa FILOCHE. - Ce sera la même position pour les élus "Génération.s", pour les mêmes raisons.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci pour la concision.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 212 avec un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est rejeté.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 212 bis de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est adopté. (2019, V. 195).