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Avril 2019
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Conseil Municipal
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Débat/ Conseil municipal/ Avril 2019


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Nous en arrivons à la proposition de délibération déposée par le groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants, concernant un "Plan lumière pour Paris, Paris une Ville lumière responsable". C?est une proposition particulièrement intéressante qui nous a été présentée par votre groupe, chère Laurence GOLDGRAB, et donc, bien évidemment, je vous donne la parole pour introduire ce débat. Madame Laurence GOLDGRAB, présidente du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants.

Mme Laurence GOLDGRAB. - Merci, Madame la Maire.

Paris, ville lumière, c?est une vieille histoire : celle des prémices de l?éclairage public. Par cette proposition de délibération, nous vous proposons de nous inscrire dans la continuité de cette histoire. Histoire qui a commencé avec Nicolas de La Reynie, premier lieutenant-général de police de Paris sous Louis XIV, qui fit installer près de 2.800 lampes dans les axes les plus sombres et les plus fréquentés de la capitale. Mais aussi avec Philippe Lebon et sa thermolampe, ou encore Pavel Iablotchkov qui allumera électriquement l?avenue de l?Opéra le 31 mai 1878. Bref, Paris et l?éclairage public, c?est une longue histoire qui, nous l?espérons, a encore de beaux jours devant elle.

Cette proposition de délibération est avant tout un pari, celui que si Paris brille bien, Paris doit briller mieux. C?est un constat. Notre ville ne dispose pas de schéma directeur d?aménagement lumineux permettant de créer une identité lumineuse à Paris, c?est-à-dire une mise en lumière coordonnée, harmonieuse et durable de notre ville. Elle doit briller mieux, car nous vivons de plus en plus la nuit, ce qui implique un besoin plus grand de sécurité, concilié avec le fait que 75 % des Français estiment que la pollution lumineuse n?est pas suffisamment traitée. Nous en avons largement parlé pendant ce Conseil.

Pour répondre à ces différentes problématiques, nous avons donc travaillé sur trois axes. Tout d?abord, la lumière pour embellir. Deuxièmement, la lumière comme source de sécurité et de bien-être dans l?espace public. Troisièmement, la lumière comme source de pollution.

Tout d?abord, le premier axe : embellir. La lumière pour embellir, d?abord, parce que Paris dispose d?un patrimoine inestimable et qu?il doit davantage être mis en valeur la nuit. Notre ville est l?une des premières destinations touristiques au monde. Nous devons offrir la possibilité de la visiter la nuit, comme il se doit. Cela participe de son attractivité. Pour cela, il faut mettre l?accent sur les monuments, les places, les rues les plus emblématiques de notre capitale afin de créer - et c?est une proposition - une véritable identité culturelle de l?éclairage parisien.

Pour ce faire, nous proposons la création d?un comité de la lumière à Paris, réunissant tous les acteurs concernés, sous l?égide de la Mairie, mais avec l?Etat, les musées, les grands magasins, l?O.T.C.P., tous les propriétaires privés ou publics de l?espace à Paris. Ce comité devra contribuer à la création d?un schéma directeur d?aménagement de la lumière. Il définira les lieux à mettre en valeur et proposera une politique commune de mise en valeur par la lumière, respectueuse de l?environnement. Il participera également à la création d?un parcours de découverte de Paris la nuit. Mais la création de cette identité culturelle ne pourra pas se faire sans les arrondissements, qui sont au plus proche des Parisiennes et des Parisiens et pourraient contribuer à une véritable scénarisation urbaine de leur arrondissement. Par exemple, prévoir des couleurs différentes selon les espaces, selon le jour ou la nuit.

L?idée est que chaque projet nouveau d?aménagement urbain fasse l?objet d?un diagnostic lumière, avec une attention particulière sur les places et les portes de Paris.

Notre objectif est que les conseils de quartier puissent être consultés dans le cadre de la rédaction de ce schéma directeur de l?aménagement lumineux et de chaque projet urbain.

Enfin, puisque Paris est la ville lumière, mais aussi une ville de culture, nous pensons que cette reconquête lumineuse doit investir le champ culturel par un événement qui permettra d?exporter l?art sur les murs de notre capitale. Et comme nous sommes un groupe pragmatique et qu?il apparaît difficile de créer un événement ex nihilo, nous proposons d?accoler cet événement à la "Nuit des musées". Qui a eu l?opportunité de visiter l?"Atelier des Lumières" sait à quel point l?art et la lumière peuvent s?enrichir l?un l?autre.

Deuxième axe : la sécurité, la tranquillité publique. C?était le premier but de l?éclairage public. Il faut renouveler notre approche de l?éclairage en nous concentrant sur les publics les plus sensibles. D?ailleurs, à la Mairie, en 2016, en lien avec le monde associatif, nous avons fait un guide "Genre et espace public" qui montre que le choix de l?éclairage et son positionnement peuvent créer soit un sentiment de sécurité, soit, au contraire, un sentiment d?hostilité pour les femmes : trop froid, mal orienté, etc. Nous devons nous inspirer de ces travaux et, encore une fois, intégrer cette dimension à nos schémas et à nos projets d?éclairage public.

Un éclairage responsable, enfin. Quand, en 25 ans, la lumière artificielle la nuit a augmenté de 94 %, il eut été inconcevable d?évoquer la lumière sans parler de la pollution qu?elle induit malheureusement, avec des effets néfastes sur les animaux, les plantes et les hommes. Le renouvellement urbain de l?éclairage public en 2021 doit être pour nous l?occasion de mettre en place, largement en amont, une installation lumineuse adaptée, de penser avec les habitants, les acteurs économiques et culturels à du matériel moins énergivore, de repenser le matériel et le mobilier urbain, de faire un mobilier plus innovant. On peut imaginer que des lampadaires éclairent la nuit et brumisent le jour, par exemple !

La Municipalité s?est déjà très largement engagée dans la réduction de la consommation énergétique liée à l?éclairage public, en atteignant les objectifs fixés dans le précédent "Plan Climat" et en se fixant des objectifs encore plus ambitieux dans le prochain.

Je termine en vous disant que nous proposons également que l?application "Dans ma rue" puisse permettre de signaler des sources de pollution lumineuse.

Vous l?avez compris, la pollution lumineuse est l?un des axes de cette proposition de délibération contre la pollution lumineuse.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci pour votre contribution. Nous allons, bien sûr, avoir tout le débat. Merci aussi aux services de la Ville pour avoir travaillé avec votre groupe sur cette proposition, qui est innovante, intéressante. Je voulais aussi vous le dire, Madame la présidente.

Je donne la parole à M. Nicolas BONNET-OULALDJ, président du groupe Communiste - Front de Gauche.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci, Madame la Maire.

Tout d'abord, je voudrais saluer Laurence GOLDGRAB et son groupe pour cette proposition non seulement originale, mais très importante pour Paris, que nous soutenons pleinement. Vous nous proposez de réfléchir à ce "Plan lumière pour Paris" non seulement sous l?angle de l?embellissement de notre ville, celui de la sécurité des personnes qui circulent la nuit, mais aussi du point de vue de la lutte contre la lumière, source de pollution. Ces trois exigences que vous portez, pourraient, d?un premier abord, être vues comme contradictoires. Il n?en est rien. Ces trois exigences peuvent et doivent se conjuguer intelligemment, comme vous le proposez.

D?abord, la lumière et le patrimoine. C?est le premier point de votre triptyque qui propose de créer une véritable identité culturelle de l?éclairage parisien. D'ailleurs, quand on parle de Paris, ville lumière, c?est bien souvent de l?angle de la culture dont on parle. Notre Ville ne coordonne pas assez ses éclairages. Certains bâtiments d?Etat ou municipaux sont en valeur. Des enseignes de prestige font de même. Mais il n?y a pas cette harmonie nécessaire que vous appelez de vos v?ux. De plus, bien des bâtiments publics ou privés mériteraient un traitement par la lumière, qui mettrait en évidence leur importance architecturale et patrimoniale. Cela vaut pour les bâtiments remarquables - musées, églises, bâtiments publics - mais aussi pour les bâtiments industriels ou d?habitation.

Les "Nuits Blanches", grand événement culturel, ont montré l?attrait des Parisiens et des touristes pour découvrir différemment notre ville. Nous devons pérenniser cette belle aventure et faire que tout au long de l?année, les illuminations permettent ce parcours nocturne dans Paris.

Deuxième enjeu : la lumière et la sécurité. La lumière la nuit contribue à rassurer les passants et surtout les passantes. On ne peut plus réfléchir à l?aménagement de l?espace public sans une approche genrée, en particulier pour lutter contre le sentiment d?insécurité. Je sais que vous avez travaillé avec le cabinet d?Hélène BIDARD sur le sujet et que les promenades exploratoires, qui ont été organisées dans certains quartiers à l?initiative de notre adjointe, peuvent permettre très rapidement de modifier l?environnement lumineux de certaines rues ou places. Les comités de quartier vous seront aussi d?un grand soutien dans cette démarche innovante.

Enfin, la dernière partie de votre proposition de délibération s?intitule : "Un éclairage responsable". Comme nous devons lutter contre les agressions des publicités lumineuses, envahissantes, nous devons faire face aussi à la baisse de la facture de l?éclairage public, qui reste un poste important dans nos dépenses. Nous nous sommes engagés collectivement sur ce chemin vertueux de la baisse de 50 % de nos dépenses en éclairage public d?ici à 2030. La technologie nous y aide et c?est tant mieux.

La création d?un comité lumière parisien, dans la définition large que vous proposez, nous convient. Il s?agit de mutualiser les énergies et de coordonner les actions.

Nous voterons donc cette proposition de délibération, même si, au détour d?une phrase, on inscrit la nécessité du recours au mécénat. En tout cas, celui-ci ne devra en rien s?immiscer dans les décisions du futur comité, ni dans les choix que la Ville sera amenée à faire. Je vous remercie.

(Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, remplace Mme la Maire au fauteuil de la présidence).

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Je vous remercie.

La parole est à M. Jean-François LEGARET? Pardonnez-moi. D?abord, Alexandre VESPERINI.

M. Alexandre VESPERINI. - Merci, Madame la Maire, et merci, chers collègues, de nous donner l?occasion de réfléchir à une question assez prosaïque, du quotidien, celle de l?éclairage de nos rues, et qui est en réalité une question stratégique puisque Paris est surnommée "La Ville Lumière" depuis plusieurs siècles.

C?est une proposition de délibération que l?on va voter, parce qu?il n?y a pas grand-chose dedans. Ce n?est pas pour être méprisant, mais disons que c?est une proposition de délibération qui ne risque pas de contrarier l'administration et l?Exécutif municipal. C?est bien normal puisque vous êtes un groupe de la majorité.

Il y a tout de même plusieurs mérites dans cette proposition de délibération, notamment le diagnostic que vous dressez sur la politique de l?éclairage public à Paris. Vous rappelez que c?est à Paris que l?éclairage public a été inventé. Vous avez tout à fait raison de le dire, puisque c?est le lieutenant-général de police La Reynie qui a inventé, à la fin du XVIIe siècle, l?éclairage public. C?est aussi à Paris que l?on a mis en place les principaux programmes d?éclairage à l?huile sous Napoléon III, avec Haussmann, l??uvre géniale d?Haussmann. C?est aussi à Paris que l?on compte l?un des plus grands nombres de points lumineux, comme vous le rappelez dans votre délibération, de toutes les métropoles mondiales. 350.000 points lumineux, parmi lesquels plus de 190.000 sont publics. C?est dire si la Ville de Paris a une vraie responsabilité dans la capacité que l?on a à éclairer cette métropole. Malgré cette réputation historique de Paris, on est au point mort sur le sujet. Vous le dites vous-mêmes, puisque le dernier schéma directeur d?aménagement qui concerne l?éclairage public date de 2006. Le dernier schéma qui concerne la mise en lumière de la Seine date d?il y a quasiment 20 ans. A titre personnel, je relève que, depuis 2014, nous n?avons toujours pas consacré une séance du Conseil de Paris au suivi du marché concernant l?éclairage public qui a été attribué en 2011, dans des conditions qui, à l?époque, avaient suscité un certain nombre de polémiques, puisqu?il avait été attribué et attaqué au tribunal administratif par le Préfet de Région. Donc on est au point mort depuis 2014, peut-être même bien avant cette date.

Résultat des courses, concrètement, dans nos rues, nous le voyons ; nous sommes en train de passer, non pas de l?ombre à la lumière comme disait Jack LANG en 1981, mais on fait le chemin inverse, c'est-à-dire que l?on passe de la lumière à l?ombre. Un certain nombre de grandes places, de grandes statues, de grands monuments ne sont plus éclairés ou très mal. Dans l?arrondissement que je connais le mieux, le 6e arrondissement, des statues emblématiques que tous les Parisiens et visiteurs de Paris connaissent, comme celles de Danton, de Diderot, de François Mauriac au pied du Lutetia, ne sont plus mises en lumière. Enfin, elles sont au rayon de la lumière électrique. On leur a préféré des crottes de pigeons qui jonchent un certain nombre de grandes statues. Je pourrais en dire autant d?un grand nombre d?églises.

Vous faites un diagnostic assez sévère, même si vous le dites à mots couverts. Vous avez bien raison puisque vous êtes dans la majorité. Mais, au niveau de vos remèdes, une fois de plus, vous ne pouvez pas aller très loin : on est en fin de mandat, les marges de man?uvre de la Maire de Paris sont extrêmement réduites sur le plan politique, donc il est bien normal que vous ne puissiez pas faire beaucoup de propositions. Quelque part, et je conclurai là-dessus, Madame la Présidente, finalement, tant mieux, il ne faut surtout rien faire. Arrêtons le massacre, finissons cette mandature tranquillement. Nous débattrons très tranquillement de cette question très stratégique à l?occasion du débat municipal, car quand on voit ce que la Ville de Paris fait de nos plus belles places?

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Effectivement, il faut conclure, Monsieur VESPERINI.

M. Alexandre VESPERINI. - Si la Ville de Paris veut éclairer nos places comme elle a tenté de les embellir au cours de ces dernières années, on risque d?être assez déçu du voyage, voire catastrophé. Nous votons cette proposition de délibération, au groupe Parisiens, Progressistes, Constructifs et Indépendants, en attendant le grand débat municipal. Merci.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - La parole est maintenant à M. Jean-François LEGARET.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Madame la Maire, mes chers collègues, avec mes collègues du groupe les Républicains et Indépendants, nous saluons cette initiative du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants, que nous allons naturellement adopter. D?abord, parce que c?est une bonne initiative, qui est précédée d?un historique qui me paraît assez conforme à la réalité et plutôt assez bien fait.

Juste une petite remarque. Quand on dit "Paris, ville lumière", on ne pense pas seulement à l?éclairage public, on pense aussi au rayonnement de Paris. Cela va beaucoup plus loin que la question de l?éclairage public.

Mais si l?on s?en tient à l?éclairage public, comme vous le relevez, en réalité, il y a trois axes de réflexion. C?est un embellissement, c?est un élément de sécurité publique, et c?est une pollution et un gisement d?économies en termes de consommation énergétique indiscutable.

Nous sommes assez d?accord avec la logique que vous proposez. Je ne partagerai pas tout à fait la même analyse qu?Alexandre VESPERINI, qui pense qu?il est trop tôt pour le faire. Je dirai même que c?est un peu tard, puisque, sauf erreur de ma part, le marché sur l?éclairage public est en cours de renouvellement. Raison de plus pour essayer de monter dans le train en marche et faire en sorte que ce marché puisse évoluer en vue des sites les plus remarquables de Paris, qu?il faudra mettre en valeur, souligner et embellir à l?occasion des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024.

La suggestion que je vous ferais, mais nous pourrons naturellement en reparler, c?est essayer de réfléchir à un appel d?offres de conception réalisation qui permettrait de faire intervenir des grands concepteurs de la lumière. Il y a des spécialistes très reconnus qui pourraient nous donner de bonnes recommandations dans le cadre de ce renouvellement du marché.

Comité de la lumière, avec consultation des Conseils d?arrondissement : nous vous donnons notre accord. Recherche d?économies d?énergie : c?est indispensable. C?est encore plus indispensable puisque l?on nous annonce aujourd'hui que les tarifs de l?électricité, après avoir été gelés, vont malheureusement augmenter dans des proportions significatives.

Puis il y a des bonnes pratiques, pour lesquelles il faut être, à mon avis, beaucoup plus directif. Nous en avons déjà débattu ici même : le fait que des immeubles de bureaux restent éclairés à des heures nocturnes bien après la fermeture des bureaux est absurde. La publicité lumineuse est interdite pour les panneaux municipaux, mais, comme vous le savez, elle est en total libre-service et usage. Dans n?importe quelle boutique, vous avez maintenant un écran allumé toute la nuit, avec de la publicité, une puissance de scintillement excessive. Je pense qu?il faut intégrer ces questions-là.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe. - Monsieur LEGARET, il va falloir conclure.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Je fais cette proposition d?aller peut-être plus loin. Conception réalisation. Essayer d?intégrer dans nos réflexions une "smart city", une ville intelligente, avec une robotisation de tout ce qui concerne les horaires et les éclairages de parvis.

Nous sommes naturellement tout à fait d?accord pour voter cette proposition de délibération. Je vous remercie.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - La parole est à M. Didier GUILLOT, pour trois minutes.

M. Didier GUILLOT. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, il nous est proposé aujourd'hui de voter un "Plan lumière" particulier autour de trois aspects très importants : l?aspect culturel, l?aspect sécuritaire et l?aspect environnemental. Le tout est de trouver une stratégie efficace et équilibrée sans tomber dans le paradoxe. Certains, pour des raisons environnementales, pourraient demander la fin de l?éclairage de certains monuments culturels, par exemple. Comment allier, en effet, une nécessaire mise en valeur des monuments la nuit et le respect de l?environnement ? Comment allier pollution lumineuse et respect de la biodiversité ? Un travail est donc à engager.

Nous devons réfléchir aux objectifs, à la place que nous souhaitons donner à la lumière et à l?éclairage, et aux moyens pour y parvenir. Car le défi est bien de faire rayonner Paris et d?en faire une ville exemplaire. À l?aune du défi climatique, du rôle des métropoles, il nous faut être une place vivante, attractive, sûre et écologiquement responsable.

Nous approuvons l?idée d?un comité de la lumière à Paris, comprenant acteurs publics et privés chargés de mettre en valeur le patrimoine et l?ensemble des édifices parisiens dans le respect du futur schéma directeur d?aménagement de la lumière. Ce que nous pouvons voir à Lyon, notamment, est formidable et tout particulièrement sur la mise en valeur des quais, monuments et ponts.

Paris est considéré comme la ville lumière, et par beaucoup, comme la plus belle ville du monde. Mais combien de ces bâtiments et monuments magnifiques - églises, ponts ou le long de la Seine - ne sont absolument pas ou mal mis en valeur la nuit. La mise en valeur la nuit, mais pas toute la nuit justement, est magique pour ceux qui la visitent comme pour ceux qui la pratiquent.

Mais nous resterons vigilants quant au respect des normes écologiques. A Lyon, la ville travaille en étroite collaboration avec des entreprises privées et publiques à la pointe de la technologie pour avoir une consommation énergétique la plus basse possible.

L?E.I.V.P., l?Ecole des Ingénieurs de la Ville de Paris, a d?ailleurs mis en place une charte d?excellence en lien avec EVESA, qui éclaire aujourd'hui Paris, pour travailler sur les lumières de la ville du futur. Rappelons aussi qu?illuminations la nuit ne signifient pas toute la nuit. Il est important d?avoir des temps de repos pour les riverains aux alentours, mais aussi pour les animaux, dont les conditions de vie doivent être prises en compte. D'ailleurs, nous étions intervenus fortement sur leurs conditions dans le cadre du débat sur la "Mission Animaux". A Lyon, les lumières s?éteignent à une heure du matin.

Le fonds pour Paris ne doit pas être oublié des discussions. Un travail d?illumination des ponts et de l?Arc de Triomphe est en cours. En revanche, nous aurions pu imaginer que ce comité ne soit pas simplement chargé des questions culturelles. Rassembler les acteurs privés et publics aurait été l?occasion de travailler sur divers sujets tels que l?extinction des lumières des bureaux vides ou la sécurité.

Vous parlez d?une politique volontariste de contrôle de l?extinction des bureaux et bureaux commerciaux. Mais par quels moyens, si ce n?est avec la Chambre de commerce, les syndicats des hôteliers et restaurateurs, les grands magasins, les entreprises ? En effet, certaines entreprises n?appliquent pas la loi de 2013 sur l?extinction des façades, vitrines et bureaux. Le Gouvernement devra prendre prochainement des arrêtés précisant les prescriptions techniques pour chacune des catégories d?installation lumineuse. N?aura-t-on pas l?occasion de travailler sur ce sujet avec l?ensemble des acteurs ? Dans ce comité, vous auriez pu parler également de sécurité, puisque l?office du tourisme, la R.A.T.P. et la S.N.C.F. sont représentés. Cela aurait pu être l?occasion d?évoquer la question de l?éclairage dans les stations de gare, par exemple, au niveau du Grand Paris. Vous parlez d?intégrer l?impact de la lumière dans le?

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Il faut conclure, Monsieur GUILLOT, s'il vous plaît.

M. Didier GUILLOT. - Nous soutenons cette proposition de délibération. Et voilà, pour conclure !

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Je vous remercie.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Je n?ai pas eu trois minutes.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Vous avez eu au moins trois minutes trente de temps de parole, Monsieur LEGARET. On pourra vous redonner votre? Ce n?est pas exact, ce que vous dites. Je suis désolée.

La parole est à M. Yves CONTASSOT, pour trois minutes. Monsieur CONTASSOT, c?est à vous.

M. Yves CONTASSOT. - Merci, Madame la Maire.

Lors de l?opération "Une heure pour la Terre", nous avons éteint la tour Eiffel et 240 monuments parisiens pendant une heure. Cette action symbolique doit être accompagnée d?une réelle réflexion autour de la sobriété énergétique de la Ville, notamment ses illuminations, dépenses d?énergie particulièrement visible et symbolique. C?est pourquoi la proposition de faire un "Plan lumière pour Paris", faite par nos collègues Radicaux de Gauche, Centre et Indépendants, nous semble intéressante et pertinente.

Pour le groupe "Génération.s", l?objectif principal doit être l?exemplarité de la Ville en matière de sobriété énergétique et de réduction des nuisances environnementales. Les enjeux de beauté, de bien-être, de valorisation du patrimoine et d?ambiance, liés à la lumière la nuit, sont très importants, mais ils doivent être mis en perspective dans le cadre de l?urgence climatique et des objectifs du "Plan Climat". Par exemple, l?éclairage de tous les monuments à 4 heures du matin ne peut constituer aujourd'hui une mesure pertinente.

Comme élément urbain à part entière, la lumière doit, par ailleurs, être un moyen de sécurisation et de libération des usages nocturnes de l?espace public, notamment pour les femmes. En revanche, les effets délétères d?une trop grande luminosité la nuit sont bien connus pour la biodiversité et la santé humaine, notamment psychique et métabolique.

Avant tout, il est urgent de supprimer tous les usages inutiles et excessifs de la lumière, et viser la sobriété de l?éclairage en garantissant, par exemple, que tous les locaux municipaux et les équipements électroniques, comme les ordinateurs, soient éteints la nuit, de manière automatique et/ou contrôlée. Cette recommandation figure d?ailleurs dans un rapport que je vous ai remis il y a déjà plus de trois ans.

Il est impensable qu?en matière d?économies d?énergie, notre ville soit encore aujourd?hui trop peu intelligente. A titre d?exemple, des expérimentations de capteurs de détection de présence ont déjà été effectuées à Paris, mais elles n?ont pas, à notre connaissance, fait l?objet d?une évaluation avant une éventuelle généralisation.

La diminution de l?intensité lumineuse de l?éclairage public représente un enjeu majeur de la baisse de la consommation énergétique de la Ville. Par ailleurs, l?éclairage des commerces est un sujet important, source de nuisances fortes dans les rues et très peu, voire pas contrôlé au regard de la réglementation. S?agissant des publicités, nous recommandons de calquer les horaires d?éclairage sur ceux des bâtiments, et donc, de les éteindre pendant toute une partie de la nuit.

Enfin, la question de la source d?énergie utilisée pour l?éclairage public parisien doit être posée. Les énergies renouvelables locales et décentralisées sont une solution pertinente pour l?éclairage, et il faut la généraliser. Elles ne manquent pas : le soleil, le vent, la Seine, sont exploitables à Paris.

Alors, je le répète une nouvelle fois : nous souhaitons que soit sérieusement étudiée l?hypothèse d?un éclairage des ponts par des petites hydroliennes, solution retenue dans des villes ayant pourtant des cours d?eau moins importants que notre fleuve. Je vous remercie.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur CONTASSOT, d?avoir respecté le temps de parole.

La parole est à M. Eric HÉLARD, pour le groupe UDI-MODEM, pour trois minutes également.

M. Eric HÉLARD. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, la question liée à l?éclairage de la capitale, et tout particulièrement celle concernant la pollution lumineuse qui en résulte, sont, pour le groupe UDI-MODEM, une réelle préoccupation. D'ailleurs, nous avions déposé, dès février 2016, un v?u demandant à établir un diagnostic des sources lumineuses afin que des solutions soient identifiées pour limiter les nuisances.

Aussi, nous nous réjouissons de cette proposition de délibération proposée par le groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants, qui a le mérite de s?attaquer à cette question et répond, du moins en partie, à la trop grande passivité de l?Exécutif sur ce sujet. Néanmoins, nous regrettons que cette proposition de délibération n?aille pas assez loin dans un certain nombre de domaines, notamment sur la question de la pollution lumineuse. On semble oublier que la Ville est pourtant compétente pour contrôler l?extinction nocturne de l?éclairage des vitrines et des bureaux.

Au-delà de la campagne de sensibilisation sur les normes en vigueur qui nous est proposée aujourd?hui, notre groupe appelle donc à mener une réelle politique de lutte contre la pollution nocturne en attribuant cette compétence à la future police municipale.

De la même manière, la proposition de délibération propose d?investir dans un mobilier urbain lumineux moins énergivore, mais fait l?impasse sur la question de la publicité. C?est d?autant plus regrettable que si le prochain règlement local de publicité venait à autoriser la publicité numérique, celle-ci aurait un impact non négligeable tant en termes de pollution lumineuse que de consommation énergétique.

Sur ce point, notre groupe tient à rappeler que les publicités lumineuses placées à l?intérieur des vitrines échappent aujourd?hui à toute réglementation. Nous espérons que la révision du R.L.P. sera l?occasion de réfléchir aux moyens que pourrait prendre la Ville pour encadrer ce type de publicités particulièrement nuisibles.

Sur le plan des oublis, citons enfin la question des illuminations de Noël, pendant les fêtes de fin d?année. Vous le savez, notre groupe avait déposé un v?u sur ce sujet l?année dernière, avec les élus du groupe les Républicains et Indépendants. Les illuminations de fin d?année sont pour nous un enjeu majeur, puisqu?il s?agit tout à la fois d?embellir notre ville, de renforcer son attractivité, de contribuer au sentiment de bien-être des Parisiens et des touristes, et aussi de réfléchir à un éclairage responsable, moins énergivore et plus respectueux des trames noires de la capitale.

Ce sont aujourd?hui des solutions alternatives et innovantes de l?éclairage public qu?il nous faut penser. Je citerai l?exemple de l?expérimentation de la rue intelligente, rue Antoine Bourdelle, dans le 15e arrondissement. L?éclairage LED de cette rue, qui s?intensifie au passage des piétons, des cyclistes et des automobilistes, a permis une baisse de la consommation d?énergie de 75 %, grâce au passage en LED, et jusqu?à 87 % aux heures les plus creuses grâce aux détecteurs de mouvement.

Enfin, un regret. Ce débat aurait pu être l?occasion d?évoquer la mise en valeur de l?ouvrage urbain qu?est le périphérique au moyen d?un système d?éclairage, à l?image de ce qui se fait déjà pour les monuments touristiques parisiens. C?est dommage.

Pour conclure, le groupe UDI-MODEM appelle donc à poursuivre le travail engagé par nos collègues du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants, avec cette proposition de délibération que nous voterons en identifiant des propositions concrètes d?optimisation de l?éclairage public. Je vous remercie.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Je vous remercie.

La parole est à M. Rémi FÉRAUD, président du groupe Socialiste et Apparentés, pour trois minutes.

M. Rémi FÉRAUD. - Merci, Madame la Maire.

Chers collègues, j?ai donc intérêt à ne pas dépasser d?une seule seconde mon temps de parole.

Je veux remercier Laurence GOLDGRAB et son groupe, qui, par cette proposition de délibération, nous propose de réfléchir à la mise en place d?un "Plan Lumière" à Paris. Je ne sais pas si c?est trop tard ou trop tôt. Je pense que c?est une idée lumineuse et utile à laquelle le groupe Socialiste et Apparentés souscrit pleinement.

La réflexion proposée par le groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants propose d?axer ces travaux sur trois thématiques, pour participer à la création d?un schéma d?aménagement de la lumière qui soit global et cohérent, en créant une instance "Comité de la lumière" à Paris pour réunir l?ensemble des acteurs concernés sous l?égide de la Ville.

La lumière pour embellir Paris, d?abord, alors que notre Ville est engagée dans sa politique de mise en valeur de son patrimoine, mais qui doit certainement s?améliorer. Nous avons vu, avec le dispositif de scintillement de la Tour Eiffel - à laquelle, d?ailleurs, nous pouvons adresser nos v?ux pour son 130e anniversaire - à quel point l?éclairage dans un but d?embellissement est une attractivité essentielle.

Ensuite, la lumière comme source de sécurité et de bien-être dans l?espace public. Plusieurs orateurs l?ont dit : c?est la volonté de sécuriser les rues qui a été à l?origine de la création de l?éclairage public au temps de Louis XIV. Même si les technologies ont évolué, aujourd'hui, ce besoin est toujours aussi important. La sécurité, le sentiment d?insécurité, l?égalité femmes hommes des déplacements dans l?espace public, sont des notions toujours aussi importantes à prendre en compte.

Enfin, la lumière comme source de pollution. Il n?est pas incohérent de vouloir des rues éclairées et que la pollution lumineuse diminue. C?est dans le "Plan Climat" que figure l?objectif ambitieux de réduire de 50 % la consommation énergétique sur le territoire parisien. Cela nécessite une modernisation de l?éclairage public, une optimisation des éclairages et l?investissement dans un mobilier urbain à faible consommation, avec des technologies qui limitent la pollution lumineuse. Comme l?a dit M. HÉLARD, des expériences comme celle menée rue Antoine Bourdelle, dans le 15e arrondissement, sont tout à fait intéressantes. Je veux donc dire qu?au nom du groupe Socialiste et Apparentés, nous saluons cette initiative qui, visiblement, rassemblera l?ensemble des élus du Conseil, et que nous avons, sur cet enjeu de la lumière à Paris, besoin d?un plan qui nous permettra ensemble d?avoir un meilleur pilotage, une meilleure vision et une meilleure cohérence de notre action. Je vous remercie.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur FÉRAUD, d?avoir respecté votre temps de parole également.

La parole est à Mme Fatoumata KONÉ, pour le groupe Ecologiste de Paris, pour trois minutes.

Mme Fatoumata KONÉ. - Merci.

Madame la Maire, chers collègues, au nom du groupe Ecologiste de Paris, je veux avant tout remercier nos collègues du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants pour le travail de qualité fourni et pour leur ambition de faire de Paris une ville lumière responsable.

Les études ne cessent de se multiplier et il est maintenant largement démontré que la lumière artificielle a un effet sur le vivant, notamment sur la santé humaine. Elle perturbe les cycles circadiens qui permettent, entre autres, la régénération de nos cellules. Elle a également des conséquences terribles sur notre faune et flore urbaine. Selon la Direction départementale des territoires et de la mer, la lumière artificielle est la deuxième cause d?extinction des insectes après les pesticides.

En Allemagne, une étude a révélé que chaque réverbère tue environ 150 insectes chaque nuit en été. C?est pourquoi, il y a un an, trois associations de protection de l?environnement ont saisi le Conseil d?Etat pour dénoncer l?inaction du législateur sur la question. Il semble donc que ce soit bien aux villes de prendre ce sujet à bras-le-corps. C?est d?ailleurs la raison pour laquelle, depuis plusieurs mandatures, les écologistes portent cette question dans les débats du Conseil de Paris. Comme vous, nous partageons la priorité de rendre l?espace public plus sécurisant pour toutes et tous.

Les riverains, et surtout les riveraines, ont besoin de lumière la nuit pour se sentir en sécurité. L?étude de l?I.F.O.P. sur les Françaises et le harcèlement dans l?espace public d?avril 2018 montre que l?expérience du harcèlement sexuel dans la rue s?avère plus fréquente en milieu urbain, notamment dans l?agglomération parisienne, 24 %, que dans des communes rurales, 14 %, car on trouve plus souvent, dans les grandes villes, des jeunes femmes qui sortent seules le soir. Eclairer les zones en fonction des besoins de sécurité des habitants et des habitantes doit être une priorité.

C?est peut-être dans la hiérarchisation des priorités portées dans cette niche que réside notre divergence. La mise en place d?un schéma directeur d?aménagement en lumière doit avant tout permettre d?éclairer mieux tout en réduisant l?usage de la lumière dans notre ville, afin de protéger la nature en développant les trames noires, et répondre aux besoins de sécurité des Parisiennes et des Parisiens.

Ainsi, l?objectif premier énoncé dans cette proposition de délibération visant à mettre la lumière au service de l?attractivité de la Ville, pourrait mettre en péril la lutte contre la pollution lumineuse, qui est pourtant également portée dans cette proposition de délibération. C?est pourquoi nous avons déposé deux amendements pour que l?éclairage parisien soit plus résilient, plus intelligent, en allumant les lumières quand il le faut, où il le faut, en s?inspirant des nouvelles technologies comme les détecteurs de présence.

Enfin, nous affirmons, encore une fois, la nécessité de supprimer une source lumineuse majeure et inutile : celle des supports de publicités à Paris, et ce, dans l?intérêt de tous les vivants. Je vous remercie.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Je vous remercie.

La parole est à Mme Danielle SIMONNET, pour une minute maximum.

Mme Danielle SIMONNET. - Une minute : top chronomètre !

Ecoutez, oui, il faut que la Ville se dote d?un "Plan Lumière". C?est un plan qui doit être adossé à un diagnostic de l?existant, à un chiffrage, à un bilan du marché écoulé. Notre objectif doit être résolument de contribuer à la décroissance énergétique, et donc, à la sobriété de nos lumières. Déjà, il doit être adossé à une bataille contre la prolifération des panneaux et enseignes lumineuses dans Paris, et de l?éclairage des commerces et monuments la nuit.

Je voterai les deux v?ux ou amendements du groupe Ecologiste de Paris à ce sujet. Cela me semble extrêmement bien, mais surtout, il faut que l?on puisse avancer concrètement, parce qu?à cette étape, la proposition de délibération est tout de même très générale. Or, il faut préciser les objectifs environnementaux. Quid du renouvellement du matériel qui génère de la pollution lumineuse ? Quid de la consommation d?énergie ? Quid de la présence de technologies obsolètes comme les lampes à vapeur de mercure ? Quid des associations environnementales ?

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Il faut conclure.

Mme Danielle SIMONNET. - Quid de la gouvernance de tout cela in fine ?

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Je vous remercie.

Pour vous répondre, je donne la parole à M. Christophe NAJDOVSKI, l?Exécutif ayant cinq minutes de temps de parole.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Merci, Madame la Maire.

Madame la présidente du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants, chers collègues, je vous remercie pour votre proposition de délibération qui nous donne l?occasion de mettre un coup de projecteur - c?est le cas de le dire - sur les enjeux de l?éclairage public ainsi que sur la politique menée au quotidien par la Ville, et de discuter de propositions constructives pour l?enrichir.

La politique d?éclairage public répond historiquement à trois enjeux principaux : la sécurité des personnes dans l?espace public, la valorisation des espaces urbains et de bâtiments emblématiques, et, depuis quelques années, des enjeux écologiques, dont la sobriété énergétique et la protection de la biodiversité.

C?est l?objet du marché à performance énergétique en cours, jusqu?en février 2021, de répondre à l?ensemble de ces enjeux et d?accompagner l?évolution des usages de l?espace public parisien.

Aurélie SOLANS évoquera de manière plus détaillée notre politique de remplacement des luminaires énergivores, qui a permis d?atteindre, dès la fin 2018, l?objectif de 30 % d?économies d?énergie.

Vos propositions s?inscrivent dans la politique volontariste menée en matière d?illuminations et de valorisation du patrimoine, facteurs d?attractivité. 330 sites concourent ainsi au paysage nocturne parisien, dont la gestion est assurée par la Ville et son exploitant. Il s?agit de bâtiments municipaux, comme l?Hôtel de Ville, de monuments civils emblématiques, comme l?Arc de Triomphe et le Panthéon, ou encore de monuments culturels.

Pour mettre en valeur la ville nocturne, il existe également le dispositif de la "Carte Lumière" qui prévoit un rééquilibrage des illuminations parisiennes, en privilégiant les lieux et équipements de proximité situés principalement dans les arrondissements périphériques pour que les Parisiens les perçoivent la nuit et se les approprient. Depuis 2013, 8 mises en lumière d?équipements ont été réalisées et 4 doivent être terminées en 2019. Je citerai la place Mireille Havet dans le 11e arrondissement, le centre d?animation de la place des Fêtes dans le 19e arrondissement, le gymnase Micheline Ostermeyer dans le 18e arrondissement, ou encore la place Saint-Ferdinand dans le 17e arrondissement.

En plus de la "Carte Lumière", de nombreux projets lumière sont portés par le budget participatif à la demande des Parisiens, comme la mise en valeur d?églises, l?éclairage multicolore le long du canal de l?Ourcq, l?amélioration qualitative de cheminements piétons et de passages sous les ponts ferrés.

Dans le prolongement de cette démarche participative, nous sommes, bien sûr, favorables à votre proposition d?associer les conseils de quartier à la définition de la politique d?éclairage public.

De même, l?Exécutif parisien est favorable à votre proposition de création d?une instance nommée "Comité de la lumière à Paris" réunissant les acteurs privés et publics pour coordonner la mise en valeur du patrimoine et des édifices parisiens.

Le socle de réflexion de ce Conseil doit être le schéma directeur lumière que vous appelez de vos v?ux. Nous ne partons pas de rien puisque plusieurs schémas directeurs lumière - vous les mentionnez - existent sur des secteurs sensibles comme le long de la Seine, le Marais ou la couronne parisienne. J?ajoute qu?un travail préparatoire à ce schéma directeur a d?ores et déjà été réalisé sous la forme d?un diagnostic, proposant un inventaire et une analyse des prescriptions d?éclairage public sur le territoire de la Ville de Paris en envisageant les évolutions possibles. De même, un travail commun est en cours avec la DAE et l?APUR pour recenser et identifier les secteurs prioritaires.

Ce travail d?actualisation des schémas existants de diagnostic et de réflexion pourra également être alimenté par les solutions innovantes ou les expérimentations en cours. On peut citer les boîtiers de télégestion qui permettent de contrôler certains espaces selon les besoins, par exemple, les soirs de match au stade Jean Bouin. A ce jour, plus de 1.500 luminaires télégérés répondent à ces besoins spécifiques.

Citons également la mise en place, en 2018, d?une rue dite "intelligente", la rue Antoine Bourdelle, dans le 15e arrondissement. Les capteurs intégrés dans les luminaires détectent tous les usagers et enclenchent une remontée des niveaux d?éclairement. Présenté en conseil de quartier, le projet fera l?objet d?un retour d?expérience avec les riverains ce printemps. Cette rue a reçu en 2018 le "Prix de l?éclairage exemplaire" de l?Association française de l?éclairage.

D?autres voies de ce type sont en travaux ou à l?étude, notamment grâce au financement du budget participatif.

Nous ne pouvons qu?être sensibles à vos propos concernant l?adaptation de l?aménagement lumineux en fonction des nouvelles mobilités actives. De même, nous devons continuer, comme vous le préconisez, à réaliser un diagnostic lumière à chaque nouveau projet d?aménagement urbain. Un lien fort demeure entre la sécurité, le sentiment de sécurité et la lumière. C?est pourquoi tout aménagement lumineux doit prendre en compte la question de la prévention des risques. Vous le notez : un travail a été conduit par la Ville en 2016 sous la forme d?un guide référentiel, "Genre et espace public", qui doit nous inspirer, de même que l?expérience des marches exploratoires réalisées avec des femmes entre 2014 et 2018. Le nouveau schéma directeur devra réintégrer, comme vous le préconisez, ces différents éléments en s?appuyant sur la politique donnée, les expérimentations et innovations en cours, et sur un travail de comparaison des politiques menées dans d?autres villes en France et à l?étranger.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Calmez-vous, Monsieur LEGARET.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Coupez les micros ! C?est honteux, c?est un scandale !

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Compte tenu du fait que le maître des horloges a parlé, je cesse, là, ma réponse.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Est-ce qu?Aurélie SOLANS souhaite intervenir très brièvement, ou tout a été dit ? Très rapidement. Sur les amendements notamment. Merci.

Mme Aurélie SOLANS. - Oui, beaucoup a été dit dans cette réponse. Je ne serai pas beaucoup plus longue, même s?il y a énormément à dire sur ce que fait la Ville aujourd?hui pour atteindre les objectifs du "Plan Climat Air Energie".

Effectivement, sur l?amendement du groupe Ecologiste de Paris, en accord, évidemment, avec vous, Madame la présidente et votre groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants.

Avis favorable à l?amendement du groupe Ecologiste de Paris, donc, avec une modification, si vous en êtes d?accord, sur le deuxième attendu : "afin que les services inscrivent prioritairement en lien avec l?élaboration de la trame noire de Paris la préservation de la biodiversité dans l?appel d?offres du contrat de concession d?éclairage public". Et surtout : que les éclairages dans les espaces verts de la capitale soient réduits, voire éteints, quand c?est possible le plus souvent, afin de réduire l?impact sur la biodiversité.

Que nous poursuivions - je pense que nous en sommes tous d?accord au vu de ce débat - les expérimentations d?éclairages dits "intelligents" en vue de leur extension partout où cela est possible. Et pourquoi pas, et je veux terminer sur ce point, à un échelon de quartier, pas à un échelon de rue, qui semble vraiment très pertinent et intéressant. Je vous remercie.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Je vous remercie, Aurélie SOLANS.

La parole est à Mme Laurence GOLDGRAB, pour une minute.

Mme Laurence GOLDGRAB. - Une minute, simplement pour souligner? Je sais, j?ai découvert, d?ailleurs, tous les efforts de la Ville dans ce domaine. L?idée, c?est justement de faire travailler ensemble tous les services et de rendre cohérent l?éclairage public à Paris. Avec ce "Comité Lumière", je pense que nous pouvons réunir des acteurs qui ne se connaissent pas ou ne travaillent pas ensemble, et peut-être même faire appel à des professionnels du cinéma - des metteurs en scène, etc. - pour travailler à cette scénarisation de Paris.

Tout cela n?étant évidemment pas incompatible avec les motifs de pollution lumineuse contre lesquels nous devons lutter. Au contraire, le fait de travailler sur tous les sujets en même temps, qui peuvent parfois apparaître contradictoires, permettra de peser le pour et le contre, et d?équilibrer les choses. C?est à cela que peut servir un "Plan Lumière". Merci beaucoup à tous.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Je vous remercie.

Je mets donc aux voix l?amendement? Donc il y a des amendements déposés par le groupe Ecologiste de Paris.

L?amendement n° 18 a été accepté, enfin, la modification a été adoptée ?

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition d'amendement n° 18 déposée par le groupe Ecologiste de Paris, amendée par l'Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition d'amendement amendée n° 18 est adoptée.

L'amendement n° 19, déposé par le groupe Ecologiste, également amendé.

La modification est acceptée ?

Mme Fatoumata KONÉ. - Il n?a pas été présenté.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Amendement n° 19, amendé, oui ?

Mme Fatoumata KONÉ. - Du coup, cet amendement, nous le refusons. Nous refusons cet amendement.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - D?accord. Donc, il n?est pas modifié.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition d'amendement n° 19 déposée par le groupe Ecologiste de Paris, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition d'amendement n° 19 est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de délibération RGCI 1 ainsi amendée.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de délibération amendée est adoptée à l?unanimité. (2019, RGCI 1).

Je vous remercie. Bravo !