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Avril 2019
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Conseil Municipal
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Débat/ Conseil municipal/ Avril 2019


 

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président. - Nous passons maintenant à l?examen des v?ux non rattachés.

Le v?u n° 125 est relatif à une évaluation de la pratique du Chemsex.

La parole est à M. David BELLIARD.

M. David BELLIARD. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, depuis plus de 10 ans se développe une pratique dangereuse associant la prise de drogue à des activités sexuelles, appelée Chemsex, pour "Chemical sex" ou "sexe sous produits chimiques". Si cette pratique n?est pas l?exclusivité d?un public spécifique, elle s?est particulièrement développée chez les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes. Les données de prévalence sont incertaines mais les retours des associations de terrain permettent cependant de poser un constat d?existence de cette pratique faisant courir des risques mortels à leurs participantes et participants, du fait de la combinaison de plusieurs facteurs : prévention sexuelle inappropriée au contexte, connaissance partielle ou insuffisante des dangers liés à l?usage des drogues et surtout à leur combinaison, forte prévalence au V.I.H., V.H.C. et autres I.S.T. Par exemple, une personne pratiquant le Chemsex a sept fois plus de risques de contracter le V.I.H. et neuf fois plus de contracter l?hépatite C que lors d?un rapport sexuel sans consommation de drogue, d?après l?étude publiée en mai 2018 avec la "British H.I.V. Association".

En outre, s?engager dans une relation sexuelle alors que l?on est sous l?emprise d?une drogue peut conduire à des rapports non protégés, augmentant le risque d?infections sexuellement transmissibles. Enfin, le Chemsex présente par ailleurs les mêmes risques que toute consommation de drogue, dont les overdoses, des crises d?angoisse, des convulsions, la perte de conscience, paranoïa et anxiété.

Notre Ville dispose de moyens et de partenariat ad hoc pour mettre en place une politique de prévention sanitaire et sociale concourant à la réduction des risques liés à l?usage de drogue et à la lutte contre le V.I.H. Sida.

Notre v?u fait trois propositions. D?abord qu?une étude sur les dangers liés à la pratique du Chemsex à Paris soit lancée par la mission métropolitaine de prévention des conduites à risques, associant l?ensemble des acteurs de la réduction des risques. Ensuite qu?un courrier soit adressé aux autorités sanitaires pour connaître les mesures prises pour répondre à cette problématique de santé publique spécifique. Enfin que soient rapidement organisées des rencontres avec les acteurs de la réduction des risques, de la prévention et du soin, afin de déterminer la politique de santé la plus appropriée pour répondre aux enjeux sanitaires et sociaux liés à cette pratique.

Je vous remercie.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président. - Merci beaucoup.

Pour vous répondre, Anne SOUYRIS.

Mme Anne SOUYRIS, adjointe. - Merci beaucoup, David BELLIARD.

En effet, le phénomène du Chemsex est inquiétant et il faut une réponse sanitaire et sociale par les pouvoirs publics. A travers mes rencontres de terrain auprès d?associations de réduction des risques ou de santé communautaire, je suis régulièrement alertée sur les risques pris par les "chemsexeurs". Nous parlons ici de risques psycho-sociaux, sanitaires, qui se révèlent parfois mortels. Des études parlent de haut niveau d?incidence des I.S.T., du V.I.H., des hépatites dans la population concernée, associée à d?autres conséquences liées aux produits psychoactifs : arrêt de travail, hospitalisation, overdose, problème de couple, voire poursuites judiciaires. Ainsi, il n?y a pas si longtemps, un jeune médecin de l?Hôpital Saint-Louis me disait qu?il faisait plus fonction d?addictologue auprès de ses patients que d?infectiologue et que les addictologues eux-mêmes étaient extrêmement démunis face à ce phénomène.

Nous faisons donc face à un nouveau mode de consommation de drogue. Cela doit interpeller les pouvoirs publics sur une nouvelle politique de réduction des risques à mettre en ?uvre. Encore une fois, la France est en retard. Que le plan national de mobilisation contre les addictions 2018-2022 appelle à ce que soient élaborées des stratégies de réponse aux usages problématiques en cours d?extension, notamment la pratique du Chemsex, est un premier pas, mais il va falloir accélérer le mouvement si nous voulons faire face et ne pas rester impuissants face à des morts.

Ainsi, nous émettons un avis favorable sur l?ensemble du v?u. J?ajouterai en indiquant que, en amont du Forum européen sur le Chemsex le 15 et 16 novembre prochain, la Ville de Paris organisera en partenariat avec "Vers Paris sans Sida" le 14 novembre 2019, la journée parisienne du Chemsex. Dans le sens du v?u, avec "Fêtez clairs", nous avons déjà un travail en cours sur cette question, pour être immédiatement présent dans les lieux festifs.

Merci beaucoup.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président. - Merci beaucoup.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 125 du groupe Ecologiste de Paris avec un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est adopté. (2019, V. 153).

Voeu déposé par le groupe Ecologiste de Paris relatif à la lutte contre la précarité menstruelle au collège.