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Avril 2019
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2019 DJS 126 - Palais Omnisports de Paris-Bercy (12e) - Agrément de la nouvelle dénomination du POPB.

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2019


 

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Nous continuons avec le projet de délibération DJS 126 qui concerne le "Palais omnisports de Paris-Bercy" et l'agrément de la nouvelle dénomination du P.O.P.B.

La parole est à M. Jacques BOUTAULT, dans un premier temps.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - Tout s'achète peut-être, mais tout ne doit pas être mis en vente. Ce "tweet" de 2015, très critique à propos du contrat de "naming" qui avait été conclu entre la Mairie de Paris et le groupe "AccorHotels" pour renommer contre rémunération le "palais omnisports de Paris-Bercy", a été émis par Laurence PARISOT, l?ancienne présidente du M.E.D.E.F. Cette ardente défenseuse du capitalisme le plus rapace dit qu'il y a des limites. Cela devrait interroger les élus de notre hémicycle, et en particulier celles et ceux qui parlent d'économie sociale et solidaire, de nécessité de créer une ville résiliente et inclusive, ou encore d'insertion et d'alimentation durable et accessible à tous, mais qui, ensuite, sous couvert de pragmatisme, acceptent de vendre au plus offrant des symboles de notre capitale.

Nous sommes dans une société de consommation où les marques sont omniprésentes. C'est précisément pour cela que nos décisions doivent être responsables. Nous avons, jusqu'à preuve du contraire, un règlement local de publicité dont la philosophie et l'objectif principal est de limiter la présence publicitaire dans l'espace public. Ce document important pour la gestion de notre espace commun n'a pas à être dévoyé par des pratiques telles que le "naming" et le "sponsoring" outranciers. Soit nous vendons complètement cette salle de Paris-Bercy et en confions l'avenir à un privé, qui fera du "naming", soit nous souhaitons le conserver dans le patrimoine. C'est, semble-t-il, l'option retenue. A ce moment-là, nous prenons une responsabilité quant à la programmation et au nom de cette salle afin de correspondre à nos valeurs, et d'agir en conformité avec celles-ci et nos discours. Parce que tout ne peut pas être fait au nom du fric.

Sans surprise et en cohérence avec notre premier vote à ce sujet, nous voterons contre ce projet de délibération qui entérine le "naming" du P.O.P.B. Je vous remercie.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci, Monsieur BOUTAULT.

La parole est à présent à M. Pierre AURIACOMBE.

Non, vous avez tout dit précédemment.

Monsieur Nicolas BONNET-OULALDJ ? Je ne le vois pas. Sergio TINTI. Normalement, on n?a pas le droit. Il est inscrit. Oui, pardon. Monsieur Sergio TINTI, toutes mes excuses.

M. Sergio TINTI. - Cela va être hypercourt.

En cohérence avec la position de notre groupe sur le sujet, nous voterons contre ce projet de délibération. Merci, Monsieur le Maire.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci. Et voyez que je ne suis pas partial du tout.

La parole est à Mme Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Je voterai également contre ce projet de délibération.

Rappelez-vous l'histoire de la petite grenouille. Vous la mettez dans un bain d'eau bouillante. D?un coup, forcément, elle se défend, elle sort du bain d'eau bouillante, et elle peut s'en sortir. Mais si vous la mettez dans une eau tiède et que vous augmentez la température régulièrement, elle ne s'en rend pas compte et va finir par mourir, sans en avoir pris conscience. Ces questions de "naming", c'est la même chose. Entre le projet de délibération sur le "naming", que l'on nous fait voter là, et le projet de délibération de tout à l'heure sur l'augmentation des parts qui sont allouées à des intérêts privés, nous sommes en train de vendre la ville.

La mandature précédente s?est terminée par la vente du ventre de Paris. On a eu de nombreuses polémiques sur un certain nombre de services publics très mal gérés par les intérêts privés. Pourtant, la leçon que vous en tirez, c'est de continuer : on court toujours contre le mur.

En fait, la question du "naming" est double. On se trouve avec des équipements qui vont pouvoir avoir la marque d'une entreprise privée : un équipement sportif et culturel qui va s'appeler "Accor Arena P.O.P.B." Evidemment, la décision antérieure que vous avez prise, hélas, faisait que cela s'appelait "AccorHotels". J'en conviens, il y a peu de changement puisque l?on est toujours sur du "naming". J?étais en désaccord avec "Accor". Je suis en désaccord, aujourd'hui, avec "Accor Arena P.O.P.B.".

Parce que ce "naming", c'est en plus une logique d'aggravation de l'envahissement publicitaire sur la ville. Ce sont vraiment les intérêts privés qui prennent leur marque sur la ville. Est-ce qu?un jour, vous allez céder la tour Eiffel à une entreprise telle que Coca Cola, Vinci ou Suez ? Ce sont ces questions qui se posent, à un moment donné. Parce que vous l'avez dans tous les circuits.

Vous pouvez rire et railler ce que je dis, mais n'est-il pas vrai que même dans nos musées de la Ville de Paris, vous développez le mécénat, et que la présence des entreprises et des multinationales qui soutiennent et cofinancent les travaux de réfection des ?uvres, ont leur place grandissante sur les prospectus de présentation des musées, sur les cartels en dessous des ?uvres, dans les salles de notre culture parisienne ?

Vous voyez bien que, de plus en plus, vous avez ces intérêts privés qui prennent tout leur espace. Je suis opposée à cette vision de la ville. Il faudrait au contraire que l'on ait une ville sans publicité, sans "naming", et une ville qui émancipe ses services publics des intérêts privés.

Je voterai contre ce projet de délibération, bien évidemment. Je vous remercie.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci, Danielle SIMONNET.

La parole est à M. Jean-Baptiste de FROMENT.

M. Jean-Baptiste de FROMENT. - Juste pour rappeler que notre groupe n'est pas opposé à ce principe du "naming", même si je préférerais que l'on trouve un autre nom pour "naming".

Nous voterons pour ce projet de délibération, comme nous étions pour la première dénomination du "Palais omnisports Bercy".

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci à vous.

Pour vous répondre à tous, la parole est à M. Jean-François MARTINS.

M. Jean-François MARTINS, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

J'avais déjà partiellement répondu, puisque M. AURIACOMBE l'avait mentionné dans son intervention précédente.

Pour partager avec M. de FROMENT ce goût pour la francophonie, je rappelle que le contrat parle de "nommage", qui est la version française du "naming", peut-être pas musicalement la plus heureuse, mais qui au moins respecte notre attachement à la francophonie.

Nous n?allons pas refaire le match, un certain nombre l?a dit. Les votes initiaux sur la dénomination "AccorHotels Arena" sont logiquement les mêmes lorsqu'il s'agit de transformer en "Accor Arena".

Je veux juste souligner à Mme SIMONNET ses propres contradictions. Passer, à longueur de temps, à exprimer sa détestation de tout ce qui se passe à l'intérieur de l'Arena - les grands événements sportifs, le sport de haut niveau et les concerts de culture populaire - et, dans le même temps, vouloir le défendre, vous met dans une contradiction qu'il faudra un jour régler, Madame SIMONNET.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DJS 126.

Qui est pour ?

Contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2019, DJS 126).

Je vous souhaite à toutes et à tous un bon appétit, et un retour à 14 heures 45.

La séance est suspendue. Suspension et reprise de la séance.