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Avril 2019
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Conseil Municipal
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2019 SG 17 - Adhésion à la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, de la traite et de leurs abolitions en qualité de membre fondateur - Versement d’une dotation de 10.000 euros au capital de la Fondation.

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2019


 

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du projet de délibération SG 17. La parole est à Raphaëlle PRIMET.

Mme Raphaëlle PRIMET. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, nous nous réjouissons de ce projet de délibération qui annonce l'adhésion de notre Ville à la Fondation pour la mémoire de l'esclavage, de la traite et de leur abolition en tant que membre fondateur. Notre Ville rejoint le cercle des collectivités, de métropole ou d'outre-mer qui ont à c?ur que ce pan de notre mémoire collective ne soit pas oublié.

Nous le savons, l'esclavage et son pendant, le colonialisme, ont laissé des traces profondes dans la mémoire de nos concitoyens d?outre-mer, mais pas seulement. Cette Fondation a connu bien des péripéties, elle ne doit pas oublier un de ses objectifs, celui de créer un musée qui rappellerait l'histoire de l'esclavage, ses causes et ses conséquences.

Nous avions, pour la première fois, abordé ce sujet lorsque la Ville et l'Etat ont confié à Bernard ARNAULT le devenir de l'ancien musée des Arts et Traditions populaires, alors que M. ZINSOU, administrateur de cette Fondation, l'avait envisagé pour accueillir le futur musée. Puis nous avons de nouveau parlé de l'urgente nécessité d'un musée pour accueillir les ?uvres qui glorifient l'esclavage et la colonisation et qui balafrent encore les murs de notre Ville - le Nègre joyeux n'en est qu'un des exemples les plus marquants.

Je sais que notre proposition de retirer de l'espace public toutes les traces visibles de ce crime contre l'humanité, comme le dit si justement Christiane TAUBIRA, afin qu?elles soient mises dans un musée, ne fait pas l'unanimité, que nombreux sont ceux qui préfèrent qu'une explication sur le contexte soit apposée à proximité de ces enseignes. Nous respectons ce choix majoritaire, mais sans faire de comparaison mémorielle, que dirions-nous, élus parisiens, s'il restait des affiches de la période 1940-1945 sur nos murs ? Une pancarte explicative suffirait-elle ? Je ne le crois pas et nous aurions raison de demander qu'elles soient retirées. Alors, que la Fondation réfléchisse vite à une solution pour que dans nos villes on ne voie plus de traces de racisme assumé et de suprématisme blanc. Nous avons vu combien cette théorie peut faire des ravages, avec l'émouvant hommage que nous avons eu ce matin pour les Néozélandais musulmans morts sous les balles d'un fanatique. La Nouvelle-Zélande s'interroge sur un racisme latent dans ce pays, et les bouches s?ouvrent sur la situation des minorités, qu'elles soient récemment arrivées sur le territoire ou qu?elles soient irrédentes comme les Maoris. La seule chose qui m'attriste, c'est que si le siège de cette Fondation a été fort judicieusement choisi, l'hôtel de la Marine, là où le décret abolissant l'esclavage a été signé, elle sera la voisine de palier du Qatar, qui exposera ses ?uvres. Ce pays a pourtant été récemment condamné pour pratiquer l'esclavage moderne. Une nouvelle illustration de la théorie du "en même temps" si chère au Président MACRON. Mais peut-être que le représentant ou la représentante de la Ville à cette Fondation pourra porter la revendication de choisir les colocataires du lieu dans lequel elle va siéger. Nous voterons pour cette adhésion et la subvention qui lui est attachée. Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Raphaëlle PRIMET.

Je donne la parole à Emmanuel GRÉGOIRE, pour une Fondation dont le président vous est cher, Monsieur le Premier Adjoint.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint. - Tout à fait, Monsieur le Maire. Jean-Marc AYRAULT, le président de cette Fondation, a fait un très gros travail pour la créer, pour la faire monter en puissance. C'est évidemment un travail qui commence, engagé depuis maintenant plusieurs années, et la Ville de Paris a accepté de devenir l'un des membres fondateurs de cette nouvelle institution et sera à ce titre associée à la gouvernance avec un siège de droit au Conseil des territoires. C'est l'occasion de dire notre soutien à tous les combats pour la mémoire de l'esclavage, de la traite et de leur abolition et également de relayer, Raphaëlle PRIMET, comme vous l'avez fait, le fait que le sujet ne s'arrête pas à la question du soutien à la Fondation mais vise aussi à combattre toutes les formes qui restent imprimées dans notre mémoire, dans nos lieux physiques et qui ont dans le passé honoré des gens qui ont été mouillés, engagés dans soit l'esclavage, soit la traite, soit des combats que nous considérons aujourd'hui tout à fait condamnables. Ainsi, merci de votre soutien à cette adhésion et nous continuerons à suivre la mise en place de cette fondation, y compris le choix du lieu qui n'est pas, à ce stade, encore totalement arbitré.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - La Maire de Paris, je le précise, a pu marquer le soutien de la Ville de Paris à cette Fondation lors de son récent voyage aux Antilles et notamment lors de sa visite du Mémorial ACTe en Guadeloupe.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 17.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2019, SG 17).