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Avril 2019
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Voeu déposé par les groupes Communiste - Front de Gauche et "Génération.s" relatif aux protections périodiques féminines. Voeu déposé par l'Exécutif.

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2019


 

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président. - Nous examinons les v?ux nos 126, 127 et 127 ter relatifs à la lutte contre la précarité menstruelle au collège.

Je donne, pour commencer, la parole à Mme Sandrine MÉES.

Mme Sandrine MÉES. - Ce v?u vise à aider à ce que, peu à peu, le phénomène des règles devienne moins tabou au collège, que peu à peu les jeunes filles osent en parler et qu?elles puissent aussi accéder à des protections périodiques gratuitement. Ce n?est pas nous qui avons inventé cette idée, puisque le Conseil de Paris de septembre 2017 a voté un v?u relatif à la mise à disposition gratuite de protections hygiéniques dans les collèges et la maire du 10e arrondissement, Alexandra CORDEBARD, a mis en place dans les collèges du 10e cette possibilité de bénéficier de protections hygiéniques biologiques gratuites dans les établissements. Nous proposons d?aller encore plus loin dans cette opération de prévention santé et en même temps de lutte contre les préjugés, pour que les jeunes filles soient à l?aise avec cette caractéristique de leur corps. Nous proposons que, tout d?abord, ces dispositifs soient élargis à tous les collèges parisiens, en y intégrant la possibilité d?obtenir des protections périodiques réutilisables. En effet, des études montrent que les protections hygiéniques actuellement sur le marché, même biologiques, souvent, contiennent des produits toxiques. Nous voulons absolument encourager à ce que les jeunes filles sachent que cela est mauvais pour leur santé et que, peu à peu, elles puissent accéder à des protections qui ne risquent pas d?avoir des conséquences mauvaises sur leur santé. Je vous ai dit le plus important. Je vous remercie, Monsieur le Maire.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président. - Merci beaucoup.

Pour le groupe Communiste, qui prend la parole ? Hervé BÉGUÉ.

M. Hervé BÉGUÉ. - Merci.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, c?est un v?u qui a été adopté au Conseil du 14e arrondissement. La précarité est un problème relevant de l?urgence sociale. Les contraintes biologiques inhérentes à la physiologie féminine ne doivent pas être une charge économique pesant uniquement sur les femmes. L?action publique doit s?assurer du respect de la dignité de chaque citoyenne et citoyen, citoyenne en l?occurrence.

Nous demandons donc à la Maire de Paris d?interpeller le Gouvernement pour réduire la T.V.A. sur les protections périodiques. Nous demandons également une véritable reconnaissance et un accompagnement des jeunes femmes en précarité.

Je vous remercie.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président. - Merci beaucoup.

Pour vous répondre, Anne SOUYRIS. J?aurais 2 explications de vote ensuite.

Mme Anne SOUYRIS, adjointe. - L?interpellation de ces deux v?ux est pour nous d?abord une bonne initiative. C?est pour cela que nous vous proposons un v?u de l?Exécutif qui reprend vos propositions. D?abord, effectivement, nous avons énormément de femmes qui ne peuvent pas changer suffisamment souvent de protection hygiénique en France. Plusieurs études l?ont montré. Il est anormal, en France, qu?autant de femmes se retrouvent en pénurie de protections à cause notamment d?un coût trop élevé de ces dites protections.

L?association Les Glorieuses nous rappelle que 97 % des 12-19 ans trouvent que les protections périodiques sont trop chères et que cela les amène à faire des économies sur la question.

A ce titre, nous souhaitons interpeller le Gouvernement pour réduire la T.V.A. sur les protections hygiéniques et pour la descendre à 0 % sur les protections biologiques et réutilisables. N?oublions pas que les conséquences de cette précarisation peuvent avoir des effets dramatiques sur le quotidien : la honte de sortir, pour les jeunes de se rendre à l?école, de faire du sport, et cela de manière très précoce.

Pour en finir avec cette situation, l?accès à des distributeurs automatiques de protections hygiéniques gratuites doit être complété par des ateliers de sensibilisation autour des menstruations et des consultations facilitées auprès des infirmières scolaires et des professionnels qualifiés.

Nous estimons que faciliter les échanges avec les personnels permettra de lever le sentiment de malaise et les situations de gêne qui ne doivent pas être un frein à l?hygiène corporelle. De même, sur la question du tabou des règles qui induit un certain nombre de choses, notamment la problématique des protections, mais pas seulement? Celle aussi que nous voyons poindre de plus en plus, parce que l?information se fait mieux sur la question de l?endométriose, qui est une maladie qui touche énormément de femmes et qui n?est pas du tout assez prise en considération actuellement. Nous nous engageons à faire beaucoup plus d?informations en ce sens. Enfin, je finirai sur la question de la mise à disposition des protections plus respectueuses du corps des femmes. Comment peut-on accepter la présence dans certaines protections de glyphosate et de substances ayant des effets cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques, ou encore contenant des perturbateurs endocriniens ? Nous interpellerons donc le Gouvernement pour qu?une réglementation véritablement contraignante soit adoptée, obligeant les fabricants des protections hygiéniques à indiquer la composition de celles-ci. Nous serons également attentifs au recyclage de ces protections et à la distribution de protections périodiques réutilisables, comme les culottes lavables et les coupes menstruelles. Je vous remercie.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président. - Merci beaucoup.

Explication de vote pour le groupe les Républicains, Mme BOUGERET.

Mme Alix BOUGERET. - Merci, Monsieur le Maire.

Quelques mots pour une explication de vote. Nous partageons et nous adhérons à beaucoup de points dans le v?u de l?Exécutif, notamment tout ce qui est sensibilisation auprès des jeunes dans les collèges, sensibilisation, c?est quelque chose de très important, sur l?endométriose, les partenariats qui peuvent être faits avec le Rectorat ou d?autres partenaires de la Ville de Paris, toutes les actions qui sont entre les mains de la Ville de Paris.

On est plus sceptique sur les deux points qui interpellent le Gouvernement. De manière générale, je pense que le Conseil de Paris gagnerait à se contenter d?être le Conseil de Paris et ne pas sans cesse interpeller le Gouvernement. Il y a assez de parlementaires sur les bancs de cette Assemblée pour que le Conseil de Paris n?ait pas besoin de se prendre pour le législateur. Malheureusement, nous nous abstiendrons, même si nous adhérons à la philosophie de ce v?u et à toutes les mesures qui sont entre les mains de la Ville de Paris.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président. - Merci beaucoup.

S?il vous plaît, pas de petits bruits de fond. La présidente Léa FILOCHE pour le groupe "Génération.s".

Mme Léa FILOCHE. - Petite explication de vote car le groupe "Génération.s" est co-signataire de l?un des deux v?ux qui vient d?être présenté. Nous nous retrouvons tout à fait sur la démarche et le fond du sujet.

Deux petites choses. La première est que je rappelle à tout le monde que, au lieu d?utiliser le terme "protections hygiéniques", le terme "protections périodiques" est plus approprié, puisque les règles ne sont pas une question d?hygiène. Les règles ne sont pas sales, c?est une réalité mensuelle pour nous toutes. Ce n?est pas une "protection hygiénique" mais bien une "protection périodique".

Enfin, pour répondre à ce qui vient d?être dit, je regrette que, sur les bancs de l?Assemblée, certains s?abstiennent. Notre hémicycle doit aussi servir à interpeller les pouvoirs publics. Si l?on ne sert pas à cela, concrètement, c?est bien dommage que l?on perde autant de temps à vous réunir. Je vous invite toutes et tous à voter pour ce v?u.

Merci.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président. - Merci.

Le v?u n° 126 est-il maintenu ? Il est retiré.

Le v?u n° 127 des groupes Communiste - Front de Gauche et "Génération.s" est-il maintenu ? Il est retiré.

Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 127 ter de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est adopté. (2019, V. 154).

Voeu déposé par le groupe les Républicains et Indépendants relatif à la sauvegarde du centre de santé 12, rue Viala (15e).