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Avril 2019
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Débat/ Conseil municipal/ Avril 2019


 

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président. - Nous examinons le v?u n° 135 relatif aux dispositifs de mobilier urbain anti-S.D.F.

Je donne la parole à M. Hervé BÉGUÉ.

M. Hervé BÉGUÉ. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, la constitution de la Ve République déclare, par sa référence à l?article 1er de la charte de l?environnement de 2004, que chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de sa santé. Lors de la Nuit de la solidarité dernière, nous avons remarqué que, malgré les 24.400 places d?hébergement qui sont offertes aujourd?hui, on fait état de 3.641 personnes sans-abri dans notre ville. Malgré cela, on se rend compte que des gens que cela doit déranger font en sorte que l?on mette en place des mobiliers urbains ayant pour but de chasser ou d?empêcher et rendre très difficile l?accès aux personnes à la rue. Nous ne sommes pas dupes, l?objectif est bien d?empêcher ces personnes sans-abri de dormir ou de s?installer dans des endroits qui pourraient gêner nos bonnes consciences. C?est pourquoi nous demandons, à travers ce v?u, que des mesures soient prises par la Ville pour que ce genre de situation ne se reproduise plus. Je vous remercie.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président. - Merci beaucoup.

Pour vous répondre, Dominique VERSINI.

Mme Dominique VERSINI, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, cher Hervé BÉGUÉ, merci pour ce v?u qui porte sur un sujet important du mobilier dit anti-S.D.F.

En effet, la Ville de Paris mène des politiques visant à rendre l?espace public hospitalier, notamment pour les personnes les plus fragiles, les personnes âgées, les personnes handicapées mais aussi, de fait, les personnes qui vivent à la rue de jour ou de nuit.

11.000 bancs publics, 450 sanisettes gratuites, 1.200 points d?eau pour boire et aussi, pour les personnes sans-abri, nous étudions ou nous allons le mettre en place, des casiers solidaires dans l?espace public pour leur permettre de mettre à l?abri leurs effets personnels.

De plus, à chaque fois qu?un mobilier municipal pouvant s?apparenter à une installation anti-S.D.F. nous est signalée, notamment dans le cadre du partenariat très fort que nous avons avec la Fondation Abbé Pierre, nous réalisons une enquête pour savoir quand ce mobilier a été installé et quelle est sa fonction exacte. Lorsque le mobilier n?a pas de justification valable, notamment en raison de la sécurité, il est alors retiré. Je parle là du mobilier municipal.

La plupart du temps, les mobiliers mis en place pour empêcher l?installation de personnes sans-abri se trouvent dans le domaine privé. C?est pourquoi, grâce à Jean-Louis MISSIKA, la Ville va travailler à sensibiliser ses interlocuteurs privés à ne pas déposer de permis qui comprendraient ce type de dispositif. De même, nous allons, avec son cabinet, intensifier nos échanges avec ces partenaires privés, afin d?éviter la pause de ces dispositifs. Plus largement, votre v?u interpelle sur l?invisibilisation des populations les plus vulnérables. C?est pour lutter contre ce phénomène que nous avons organisé la Nuit de la solidarité, qui permet de les rendre visibles et d?agir ensuite. D?ailleurs, nous sommes heureux d?avoir découvert qu?un rapport parlementaire a récemment appelé à rendre obligatoires les Nuits de la solidarité dans toutes les grandes villes. C?est la raison pour laquelle nous poursuivrons en 2020 nos actions pour les personnes sans domicile fixe, en étant très vigilants sur l?espace public et le rapport de l?espace public avec les personnes sans domicile fixe, en sachant que notre objectif doit être de faire en sorte que tout le monde soit mis à l?abri. Néanmoins, quand les gens sont dehors, ils doivent pouvoir être traités de façon digne. Nous sommes en cours de dialogue avec la Fondation Abbé Pierre autour de la déclaration des droits des personnes sans abri qu?ils sont en train d?élaborer. C?est pourquoi, vous l?aurez compris, je suis favorable à votre v?u, sous réserve des quelques petits amendements que nous vous avons proposés.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président. - Merci.

Les amendements sont-ils acceptés ? Oui.

Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 135 ainsi amendé avec un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u amendé est adopté. (2019, V. 157). Voeu déposé par le groupe Communiste - Front de Gauche relatif aux tests osseux pour les jeunes migrant.e.s.