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Avril 2019
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Radical de Gauche, Centre et Indépendants à Mme la Maire de Paris relative au bilan de la 2e édition de la Nuit de la Solidarité.

Débat/ Conseil municipal/ Avril 2019


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Nous passons à la 2e question d'actualité posée par Mme la présidente du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants, Laurence GOLDGRAB.

Mme Laurence GOLDGRAB. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, en 2018, Paris a été la première ville française à organiser une "Nuit de la solidarité". Cette "Nuit de la solidarité" nous a permis de décompter les personnes dormant dans les rues, mais aussi de mieux connaître leurs besoins à l'aide d'un questionnaire anonyme qui nous permet de mieux connaître ces besoins et les parcours des personnes sans-abri.

L'année dernière, 3.035 personnes avaient été décomptées, et des actions importantes avaient été prises par Paris comme par exemple l'ouverture de lieux dédiés aux femmes, qui leur rendent leur dignité. Il faut citer parmi eux par exemple la halte pour femmes de l'Hôtel de Ville, qui est un magnifique exemple de ce que l'on peut faire pour rendre leur dignité à ces femmes, ouverte depuis décembre 2018, ou encore le lieu d'hygiène dédié aux femmes dans le bain-douche Charenton dans le 12e arrondissement.

Nous avions aussi constaté un engouement important des Parisiennes et Parisiens qui s'étaient inscrits en masse pour cette première édition.

Dans la nuit du jeudi 7 au vendredi 8 février, plus de 2.000 personnes ont à nouveau parcouru les rues de Paris, et je crois que nous pouvons nous féliciter de cette nouvelle mobilisation.

Permettez-moi donc, Madame la Maire, de vous remercier pour cette initiative qui nous permet à tous de mieux appréhender les problématiques liées au "sans-abrisme" et de mieux connaître ces personnes souvent invisibles.

Aujourd'hui, alors que la trêve hivernale a pris fin, que des centaines de personnes vivent dans des campements indignes dans le Nord-Est parisien et que l'État entend fermer des centres d'hébergement, mes questions Madame l'adjointe, chère Dominique, sont les suivantes :

Qui sont les personnes décomptées dans les rues de Paris ?

Quels sont leurs besoins ?

Quel bilan tirez-vous aujourd'hui de la seconde édition de la "Nuit de la solidarité" du 7 février dernier ?

Enfin, quelles sont les perspectives à venir à l'issue de cette deuxième édition de la "Nuit de la solidarité" ? Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Madame la présidente. Chère Dominique VERSINI, vous avez la parole.

Mme Dominique VERSINI, adjointe. - Merci, Madame la Maire, merci Madame la Présidente, chère Laurence GOLDGRAB, cette question d'actualité est intéressante parce qu'elle me permet de présenter à l'ensemble de nos collègues le bilan de la Nuit de la solidarité, ainsi qu?au nouveau Préfet de police qui va ainsi pouvoir entendre le bilan de cette nuit du 7 février, qui a été organisée afin de réaliser un décompte, rue par rue, sur l'ensemble du territoire parisien, du nombre de personnes sans-abri dormant à la rue, tandis qu'il y avait quand même 24.400 places d'hébergement ouvertes et occupées par des personnes sans-abri.

En effet, à la fin de cette nuit qui a mobilisé 1.700 bénévoles parisiens et 400 bénévoles professionnels, qui ont parcouru toutes les rues de Paris, les bois, les gares, les métros, les hôpitaux de l'AP-HP, des parkings publics et des parkings privés, nous avons décompté 3.641 personnes, c'est-à-dire 600 personnes de plus que l'an dernier. Alors même que durant la période de la Nuit de la solidarité 2018 à celle de 2019, nous avions créé conjointement avec l'État 3.000 places supplémentaires par rapport à l'année précédente.

Ce que montre cette Nuit de la solidarité, car c?est un outil d'observation et de pilotage de nos politiques publiques, c'est ainsi qu?il faut le comprendre, c'est que globalement, il y a une présence constante de personnes en situation de rue, à peu près équivalente d'une année sur l'autre dans tous les arrondissements.

Ce, à l'exception près d'un certain nombre d'arrondissements comme le 18e, qui a vu un doublement du nombre de personnes dormant dans la rue par rapport à l'année précédente, le 19e, qui a vu une augmentation de plus de 50 %, ce qui est vraisemblablement dû à la résurgence des grands campements dans le nord-est de Paris, d'où l'importance de travailler à la résorption de ces campements et à l'orientation des personnes vers des lieux adaptés pour elles. Ce que la rue ne peut en aucun cas être.

Cette Nuit de la solidarité a montré aussi une constante que nous avions identifiée l'an dernier, c'est une proportion de femmes importante à la rue, 12 %, alors que la précédente étude de l'Insee avait montré qu'il y avait 2 à 4 %, et malgré le fait que nous avons ouvert, à commencer par l'Hôtel de ville, mais aussi à la mairie du 5e, et avec l'Armée du Salut à la Cité des dames dans le 13e, des lieux d'hébergement dédiés aux femmes, ainsi que les bains-douches que nous avons inaugurés récemment.

Un autre enseignement très important, c'est que deux tiers des personnes à la rue n'appellent plus ou peu le 115. D'abord, il est saturé. Ensuite, au 115, les équipes qui répondent aux personnes sans-abri n'ont quasiment plus de places à proposer aux personnes qui appellent. C'est un vrai souci, vous l'avez souligné, au moment où l'État va réduire le nombre de places d'hébergement dans Paris, même si un certain nombre seront pérennisées.

Qu'allons-nous faire à partir de cette deuxième Nuit de la solidarité ? C'est poursuivre. La Maire de Paris s'est engagée et nous le ferons d'ici la prochaine nuit, à ouvrir la moitié des places manquantes, c?est-à-dire environ 1.500, tandis que l'État est invité à en faire autant, ce qui s'est fait l'an dernier.

Nous poursuivrons notre ouverture de lits dédiés aux femmes, et nous continuerons ainsi à mobiliser les Parisiens qui ont été très nombreux à s'engager à nos côtés pour les sans-abri. D?ailleurs, la Fabrique de la solidarité, qui va ouvrir courant avril dans le 12e arrondissement, sera ce lieu de mobilisation des Parisiens, et j'en remercie la maire du 12e arrondissement qui a accompagné beaucoup ce projet.

Quant à la "Nuit de la solidarité", le rendez-vous est pris pour 2020 pour une troisième "Nuit de la solidarité", et d'autres villes de France ont réalisé aussi des "Nuits de la solidarité", Metz, Grenoble, Rennes, et d'autres villes le feront l'année prochaine y compris des villes européennes. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, chère Dominique VERSINI, Madame GOLDGRAB, merci pour cette réponse et surtout ce travail aux côtés des plus démunis. III - Question d'actualité posée par le groupe les Républicains et Indépendants à Mme la Maire de Paris relative à Vélib'. VI - Question d'actualité posée par le groupe UDI-MODEM à Mme la Maire de Paris relative au rapport de l'Inspection générale de la Ville de Paris sur le marché Vélib'2.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Les 3e et 6e questions d'actualité se rapportent au rapport de l'Inspection générale que j'ai commandé sur le marché Vélib'2, elles émanent du groupe les Républicains et Indépendants et du groupe UDI-MODEM.

Je vous propose évidemment de les traiter ensemble.

Mais tout d'abord, je donne la parole à Mme BERTHOUT, présidente du groupe les Républicains et Indépendants pour la question, ensuite à M. AZIÈRE, et la réponse vous sera apportée par mon premier adjoint, Emmanuel GRÉGOIRE.

Mme Florence BERTHOUT, maire du 5e arrondissement. - Je croyais que c'était M. NAJDOVSKI qui s'occupait des déplacements, mais cela a encore changé.

Madame la Maire, mes chers collègues, nous fêtons aujourd'hui le premier anniversaire du nouveau Vélib', de ce qui devait être le nouveau Vélib', et avec lui l'anniversaire de votre promesse non tenue, Madame la Maire, faite au printemps 2017, d'un déploiement complet au 1er avril 2018 du nouveau Vélib'.

Le nouveau Vélib', c'étaient de nouveaux services, un nouveau prestataire, etc.

Que sont les promesses devenues ? Augmenter le nombre de Vélib' à 20.000, augmenter le nombre de stations à 1.400.

Que sont les promesses devenues ? Etendre le service dans les communes riveraines, avec 1.400 stations.

Que sont les promesses devenues ? Déployer 30 % de vélos électriques. Alors, je vais prendre les questions rapidement.

Est-ce que les 20.000 vélos annoncés sont aujourd'hui déployés ?

Ils sont 13.000, chers collègues. Avant Vélib'2, ils étaient 18.000. Et puis, il faut dire que le vélo est loin d'être inviolable contrairement à ce que l'on avait promis, puisque 500 sont volés chaque semaine? Pardonnez-moi, l'administration ne dit pas volés, mais privatisés, "novlangue" oblige.

Deuxième question, est-ce que le déploiement de la nouvelle génération de Vélib? est terminé ?

Que nenni ! 1.218 stations sur les 1.400 promises sont ouvertes, c?est-à-dire à peu près une petite cinquantaine en plus d'avant la transition.

Vous avez plus d'un an de retard et tous les mois ou presque, l'échéance est repoussée.

Troisième question : est-ce que Vélib'2 est aujourd'hui un système métropolitain comme prévu et promis ?

Non, puisque la moitié seulement des stations promises dans les communes environnantes ont été installées, il faut dire que certaines communes ont été échaudées par le fiasco Autolib' et n'ont pas envie d'essuyer les plâtres de Vélib'2.

Quatrième question : est-ce que Vélib'2 consacre l?avènement du vélo à assistance électrique pour inciter toujours plus d?usagers à utiliser le vélo ?

Non, vous nous promettiez 30 % de vélos à assistance électrique, c?est-à-dire 6.000 vélos à assistance électrique, il n'y en a que 2.500 aujourd'hui, c'est-à-dire 12,5 % des 20.000 vélos initialement promis. Les clients ont découvert qu'en hiver, cerise sur le gâteau, les vélos à assistance électrique sont très difficilement utilisables en raison du froid.

Cinquième question : est-ce que Vélib' permet enfin de garer son vélo dans une station déjà pleine, grâce à ce que nous avons appelé l'"overflow" ?

Non, cette fonctionnalité baptisée "Parc+" a tout simplement été désactivée.

Sixième question subsidiaire, chacun d'entre vous pourra y répondre : est-ce que Vélib'2 est facile à utiliser ?

Quand je vois les usagers qui, au bout de la troisième ou quatrième fois, arrivent enfin à débuter leur location, j'en doute.

Bref, au terme de ce qu'il est convenu d'appeler une catastrophe industrielle, ma question coule un peu de source : quand est-ce que Vélib'2 sera déployé à 100 %, avec 100 % des stations, avec 100 % des vélos, avec 100 % des fonctionnalités attendues ? Beaucoup de clients sont excédés, même s'il y a eu quelques améliorations, je vous le concède, alors que d'autres ont tout simplement lâché Vélib'. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame.

Monsieur le président Eric AZIÈRE, vous avez la parole, pour le groupe UDI-MODEM.

M. Eric AZIÈRE. - Merci, Madame la Maire.

Comme un grand nombre d'entre nous dans cet hémicycle, j'ai lu avec grand intérêt le rapport de l'Inspection générale de la Ville de Paris, et je regrette de vous dire que ce rapport, sans doute à l'inverse de ce que vous espériez peut-être, ne vous dédouane aucunement de vos responsabilités dans ce feuilleton dramatique que l'on pourrait appeler "plus beau le vélo".

Il dénonce avec précision l?ensemble des retards pris, je cite le rapport : "Dès juillet 2015, le projet compte déjà près d'un an de retard sur le calendrier idéal".

Pendant ce temps, que faisiez-vous ?

Il dénonce aussi l?absence d?une prise en compte suffisante par la Ville de la complexité technique du dossier, pourtant essentielle à sa réussite. Je cite le rapport : "Les aspects juridiques et financiers ont monopolisé l'attention du Comité de pilotage au détriment des questions techniques supposées à tort maîtrisées".

Il montre aussi que les choix stratégiques les plus importants qui ont été faits ont été faits sans concertation. Et ce qui aura des conséquences terribles par la suite dans l'évaluation du risque, le rapport dit : "Ce qui paraît étonnant, c'est qu'un tel projet n'ait pas donné lieu à une étude de risques du fait même de l'innovation technique qu'il représentait".

Pendant ce temps, à quoi pensiez-vous ?

Les services ont bien alerté l'adjoint chargé des transports sur les retards du projet, comme cela est rappelé page 5 du rapport, mais ce qui marque avant tout dans cet audit, c'est l'absence de réactivité de l'exécutif parisien dans la conduite du projet.

J'aimerais revenir cependant sur un point sur lequel le rapport de l'Inspection générale ne s'attarde pas : c'est l'absence de réalisme et d'esprit pratique, j'ajouterai de transparence, qui a conduit la Ville et le syndicat à privilégier entre deux propositions, celle qui avait la moins bonne notation sur l'exploitation et la gestion du réseau.

Alors certes, le prestataire sortant était plus cher, de 17 % sur la partie forfaitaire du marché et de 26 % sur la partie unitaire, mais le rapport est très clair, les deux autres critères sur les points plus techniques et organisationnels des offres font ressortir un avantage à l'offre la plus chère.

Si les conditions de passation du marché ont bien été jugées régulières par l'Inspection générale, alors comment en est-on arrivé à renoncer à l'offre possédant la meilleure expertise, certes un peu plus chère, pour finalement choisir celle pour laquelle le prestataire le moins expérimenté, le moins bon techniquement, a dû tout changer de A à Z en un an et demi ?

Il a dû changer les logiciels commerciaux comme ceux permettant de faire communiquer les vélos avec les stations (les fameuses Vboxes), les bornes électrifiées dans la douleur sur lesquelles il a fallu installer les guides-roues, les fourches, les chaînes, les pneus, les feux arrière, les systèmes d?attache. C?est encore pire si l?on parle du vélo électrique, puisque cette liste comprend aussi les capteurs de coupe, les cartes d?interconnexion, et les câbles qui ont une fâcheuse tendance à se débrancher.

On croit rêver. On aura dû tout changer. On est aujourd'hui pour 17 millions d?euros, à un réseau globalement à 50 % de ses possibilités par rapport au cahier des charges initial. Cette situation résulte d'une gestion ahurissante de ce dossier.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Il va falloir conclure.

M. Eric AZIÈRE. - Je conclus, plutôt que de payer 17 millions d?euros un réseau à moitié performant, ma question est la suivante : quelles conclusions tirez-vous du rapport de l'Inspection générale ? Où en sont les pénalités ?

Et, Monsieur NAJDOVSKI, est-ce que de temps en temps vous n'avez pas envie, "un beau matin, fatigué, (de vous) asseoir sur le trottoir d?à côté" et de tirer les conséquences de tout cela ?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - En plus, M. AZIÈRE est poète. On pourrait tous chanter.

M. Eric AZIÈRE. - C'est Alain SOUCHON.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je sais, je la connais très bien. Emmanuel GRÉGOIRE, qui va nous chanter une autre chanson.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint. - Je ne suis pas un poète. Merci beaucoup, Madame la Maire, Madame la Présidente, Monsieur le Président, merci de nous permettre à nouveau de faire un point sur un dossier qui évidemment a posé de très nombreux problèmes d'exécution, à notre plus grande insatisfaction. Monsieur AZIÈRE, permettez-moi de vous le dire, l'objectif de ce rapport de l'inspection générale n'était nullement de se dédouaner. Nous ne cherchons pas à nous dédouaner des erreurs d'exécution du Vélib'. Il cherchait à en tirer des enseignements pour que cela ne se reproduise plus. C'est l'objet de ce rapport. Je viendrai dans un deuxième temps sur les leçons tirées. Je sais que la Maire de Paris, le maire de Paris est par définition responsable de tout, mais il ne vous a pas échappé que nous ne creusons pas les trous dans les trottoirs nous-mêmes, que nous ne les rebouchons pas non plus, que nous ne fabriquons pas les vélos nous-mêmes, mais effectivement, nous nous appuyons sur une administration, une instruction administrative dont l'objectif est de mettre en exécution?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Si vous n'écoutez pas la réponse, cela va être difficile.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint. - ? de mettre en exécution les décisions que nous prenons.

Force est de constater, je le redis, mais il faut manifestement le redire, que nous ne sommes nullement satisfaits de la façon dont les choses se sont passées.

Le rapport de l'Inspection générale permet tout de même de lever un certain nombre d'incertitudes. Monsieur AZIÈRE, vous ne l'avez pas lu attentivement, puisque vous répétez une erreur dans vos propos. Je sais que ce n'est pas anodin. Vous avez dit qu'il y avait dans le rapport, vous avez souhaité insister sur ce point, une absence de réalisme et d'esprit pratique. Vous avez même évoqué, j'ai retenu l'expression, mais je ne l'ai pas lue dans le rapport de l'inspection générale, un manque de transparence. Exactement, c'est ce que je voulais souligner, que vous rajoutiez un manque de transparence, qui n'était pas dans le rapport de l'Inspection générale, puisque ce rapport dit exactement le contraire. Il dit exactement le contraire de ce que vous sous-entendez, c'est-à-dire qu'il aurait pu y avoir une forme d'anomalie dans le choix du prestataire. Il y a une chose que dit le rapport de façon extrêmement claire, et il nous paraissait utile que ce soit rappelé, c'est qu'il n'y avait aucune anomalie dans la passation du marché, qui a respecté les règles de la commande publique. Après, cela ouvre un débat sur l'exécution de ce marché, c'est une réalité, je vais y revenir dans un instant, mais aucune anomalie dans la passation de marché, cela veut dire qu'il n'aurait pas été conforme à l'esprit du Code des marchés publics de choisir autrement, sous-entendre autre chose, et s'exposer à un risque pénal que je veux ici souligner. Et donc, à la Ville de Paris nous respectons le Code des marchés publics. Il nous arrive parfois d'en subir, avec regret, les désagréments en matière d'exécution. Il appartient aux législateurs qui sont dans la salle de s'interroger sur le sujet de la commande publique. Deuxième chose que dit le rapport de l'inspection générale, c'est que c'était un système totalement inédit. Là aussi, la croyance qui voudrait systématiquement revenir sur l'idée qu'avant on avait des vélos en libre-service qui marchaient très bien, alors pourquoi aujourd'hui on ne l'a plus, n'a aucun sens, parce que c'était une innovation assez radicale, l'idée d'avoir des vélos en libre-service sur bornes, alimentation électrique, avec une flotte de vélos électriques est une innovation. Désolé de vous le dire, dans les politiques publiques comme dans les autres domaines, dans l'innovation, il y a une part de risques. Nous essayons de remédier aux défauts que cela a pu faire apparaître. Aujourd'hui, la situation s'améliore, et elle s'améliore grâce à l'action du syndicat, avec la collaboration de la Ville. Je tiens à saluer les présidents successifs du syndicat, et également les directions du syndicat, parce qu'il a fallu effectivement revenir dans un contrôle plus étroit, plus exigeant avec le prestataire, qui n'honore pas les dispositions contractuelles auxquelles il est soumis et pour lesquelles il fait l'objet de pénalités. Vous comprenez bien que notre souci n'est pas d'imposer des pénalités, notre souci est que cela fonctionne. Quelques éléments positifs, il ne faut pas tirer de généralités de son expérience personnelle, mais comme j'utilise Vélib? tous les jours, il m'arrive même parfois de prendre des amendes dessus, je vois que cela fonctionne plutôt correctement. Il y a 1.343 stations installées, donc 935 installées à Paris. Oui, c'est un service métropolitain, puisqu'il y a d'ores et déjà plus de 300 stations en petite couronne. Vous pouvez, c'est l'habitude de l'opposition, c'est bien son droit le plus strict, regarder le verre à moitié vide. Permettez-nous de nous réjouir que le verre est en fait à moitié plein, et qu'il se remplit de façon beaucoup plus rapide que vous n'acceptez de le souligner. D'ailleurs, nous battons en la matière record sur record en termes de fréquentation, en termes d'abonnement. Cela fonctionne. Les usagers observent encore quelques dysfonctionnements, nous le savons. Cela fait l'objet d'un contrôle très rigoureux de la part du syndicat, de la part du Secrétariat général de la Ville de Paris auprès du prestataire. Les actionnaires du prestataire, qui n'est pas une petite "start-up", je le rappelle, ont mis les moyens managériaux et financiers pour corriger les erreurs d'exécution qu'ils avaient observées de la part de leur filiale. Aujourd'hui, tout est réuni pour que dans les mois prochains, la situation devienne normale, c'est-à-dire que nous arrivions à la stricte exécution des dispositions contractuelles. Cela fait plus d'un an. Rappelez-vous combien de temps il avait fallu pour le Vélib'1, pour le mettre en ?uvre. Simplement, à l'époque, c'était tellement innovant que quand on arrivait à prendre un vélo, c'était un moment extatique. Comme le Vélib' marchait très bien, il s'est installé dans le "mix-mobilité", ce qui fait qu'aujourd'hui c'est vrai que cela a perturbé des habitudes de déplacement. Nous sommes les premiers à l'avoir regretté. Je veux finir sur le point le plus important, celui des enseignements que nous avons tirés sur ce sujet du dossier Vélib'. Oui, nous en avons tiré des enseignements. Je dis cela sous le contrôle de la Secrétaire générale de la Ville de Paris. Il y a eu des dysfonctionnements, le rapport de l'Inspection générale en fait état, dans le suivi, dans la gestion du projet. Des messages d'alerte sur les dysfonctionnements du prestataire auraient sans doute dû être mieux anticipés, et une pression opérationnelle plus étroite aurait pu être exercée de façon que nous puissions être plus vite conscients des problèmes qui sont apparus. Nous avons mobilisé les moyens pour resserrer le contrôle du prestataire. Nous avons bon espoir que d'ici l'été 2019, la situation soit revenue totalement dans l'ordre, et que vous puissiez changer de thème de question d'actualité. Merci.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Ce sera le marronnier. Madame BERTHOUT et Monsieur AZIÈRE, vous avez 2 minutes chacun pour ajouter quelque chose.

Mme Florence BERTHOUT, maire du 5e arrondissement. - Nous n'allons pas nous lancer dans une querelle de chiffres, Monsieur GRÉGOIRE, mais faire semblant de confondre les stations installées et celles qui sont mises en service, cela vous permet évidemment d'afficher des choses qui sont beaucoup plus positives que la réalité.

Bien sûr, je suis d'accord avec vous, ce qui a justifié Vélib'2, c'était l'innovation. Mais est-ce que l'innovation est au rendez-vous aujourd'hui ? L'"overflow", vous n'en parlez pas. C'est niet. On ne peut pas. La nouveauté électrique, on est à 12,5 %, etc.

Je voudrais quand même dire quelque chose. A l'arrivée, si ce système était celui que vous avez envie de nous décrire, en dépit d'un rapport dont je salue l'honnêteté intellectuelle, c'est un rapport mesuré. Il dit des choses assez courageuses, que la Ville a sous-estimé l'ampleur de la transition, qu'elle a trop tardé dans la définition du futur service, que dès juillet 2015 la transition a pris un an de retard sur le calendrier recommandé par l'Inspection générale elle-même.

Si on réitère les mêmes erreurs, on aura toujours des problèmes. Si on a une inspection générale, c'est peut-être pour de temps en temps suivre ses conseils, qui en l'espèce n'ont pas été suivis. Si ce service était si merveilleux, comment expliquez-vous qu'avant la transition, il y avait 300.000 Parisiens qui étaient abonnés. Aujourd'hui, on en a péniblement 165.000. Sauf à ce que vous me disiez que ces chiffres ne sont pas les bons, mais je crois qu'ils sont les bons. Je crois qu'au final, c'est un allié précieux, j'en terminerai par-là, c'est un allié précieux de la lutte contre la pollution qui a été mis à terre, en tout cas extrêmement malmené. A cette forme d'asphyxie s'en ajoute une autre qui pourrait être une forme d?asphyxie financière?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Il faudra conclure.

Mme Florence BERTHOUT, maire du 5e arrondissement. - Une forme d?asphyxie financière, puisqu?il va falloir couvrir les dépenses supplémentaires du prestataire avec des recettes tarifaires nettement en dessous des prévisions.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup.

Monsieur AZIÈRE, vous avez la parole, pour 2 minutes.

M. Eric AZIÈRE. - 2 minutes, c'est trop. Question d'actualité, oui, cela restera une question d'actualité tant que le sujet restera d'actualité. Je suis désolé de vous dire qu'il l'est. Ce n'est pas une passe d'armes classique, un jeu de rôle dans lequel nous sommes cet après-midi, ce n'est pas un marronnier. On verra à l'automne, en ce qui concerne le marronnier, où l?on en est. C'est le réalisme et la perception des utilisateurs de Vélib'. C'est la rue qui juge aujourd'hui et qui fait le jugement de votre gestion sur Vélib'. Encore une fois, ce sont les Parisiennes et Parisiens qui jugeront le moment venu. Je n'ai aucun doute sur le réalisme et la pertinence de leur jugement.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup. IV - Question d'actualité posée par le groupe Démocrates et Progressistes à Mme la Maire de Paris et à M. le Préfet de police relative aux dégradations dans le Nord de Paris.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Nous passons à la 4e question d'actualité, posée par Mme Fadila MÉHAL, pour le groupe DP.

Mme Fadila MÉHAL. - Madame la Maire, chers collègues.

Madame la Maire, lors de votre visite porte de la Chapelle et porte d'Aubervilliers, dans le 18e, dans le Nord de Paris, il y a quelques jours, vous avez poussé un cri d'alarme, tant la situation vous a paru dégradée, voire critique pour les habitants qui y vivent.

Madame la Maire, tout en reconnaissant la multiplicité des actions positives qui existent dans ces quartiers, je pense notamment à votre visite à l'Institut des cultures d'Islam, où en effet la culture et la rencontre se conjuguent au présent, force est de constater, et vous en avez été émue, des dégradations de la qualité de vie au regard de l'hygiène, de la propreté, mais je pourrais aussi ajouter, la sécurité, la toxicomanie, la vente à la sauvette, et la prostitution, et je ne parle pas de la politique de peuplement aujourd'hui qui, dans ces quartiers, finit par étouffer toute mixité.

La litanie serait longue, elle serait répétitive. Tous ces maux finissent par impacter lourdement la vie des habitants, qui finissent d'ailleurs par se détourner de ces quartiers.

En parallèle de ce diagnostic partagé, je voulais rappeler de nombreux v?ux qui ont été votés pour améliorer la situation, avec l'interpellation de beaucoup d'élus, je tiens à le dire, de tout bord, qui ont contribué en effet à prendre en compte toutes ces dimensions.

Et puis, il y a aussi tous les moyens importants, je dirais même parfois colossaux, qui sont mis dans ces quartiers. Je pense à la "politique de la ville", aux mesures, toutes les mesures dérogatoires, donner plus pour ceux qui ont moins, dans une démarche contractuelle avec l'État. Je dis que l'État en la matière fait déjà beaucoup.

Malgré tout cela, le compte n'y est pas. En effet, beaucoup d'habitants de ces territoires considèrent qu'ils sont devenus les oubliés de la République. Et cela, nous ne pouvons pas l'accepter. Nous devons répondre à cette ardente injonction d'une égalité territoriale qui ne s'arrête pas, en termes de qualité de vie, à la porte des périphéries.

Ma question est simple, Madame la Maire : comment comptez-vous améliorer réellement la vie de ces habitants dans le quartier Nord-Est, toutes les difficultés que j'ai citées, quel ajustement allez-vous faire ? Qu'est-ce qui n'a pas fonctionné ? Qu'est-ce que vous devez amplifier ? Madame la Maire, l'heure n'est pas à la dénonciation. L'heure est à l'action. C'est vrai que nous vous le demandons, le nord de Paris doit être votre priorité pour la reconquête républicaine et notre cohésion sociale. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci. Je vais donner d'abord la parole à Colombe BROSSEL, puis à M. le Préfet de police.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe. - Merci Madame la Maire, merci, Madame MÉHAL.

La situation de la porte de la Chapelle à la porte d'Aubervilliers, comme d?ailleurs sur une partie du Nord-Est parisien est, nous le savons, alarmante. Vous avez, je crois, la semaine dernière, lors du conseil d'arrondissement du 18e dans lequel vous siégez, à l'initiative d'Eric LEJOINDRE, le maire du 18e et des élus du groupe socialiste, vous avez appelé l'État, le gouvernement, à ses devoirs de prise en charge, nous débattrons de ce v?u dans quelques instants.

Parce que, en effet, c'est bien faute de prise en charge adaptée par l'État que d'importants campements se sont reconstitués à la porte de la Chapelle et à la porte d'Aubervilliers.

Merci pour cette question d'actualité qui nous rappelle qu'il y a urgence. Les réfugiés, l'ensemble des personnes à la rue, vivent dans des conditions inhumaines. Le quotidien des habitants en est bouleversé. Jeudi dernier, nous comptabilisions plus de 500 tentes, soit entre 500 et 1.000 personnes sur le seul secteur de la porte de la Chapelle. Sur le seul secteur de la porte de la Chapelle.

Comme l'a dit la Maire de Paris, qui en effet se rendra sur place chaque semaine pour dénoncer cette situation et appeler à ce que chacun assume ses responsabilités, il est urgent que l'État apporte des réponses adaptées. Parce qu?à cette problématique s'ajoute, en effet, celle de la toxicomanie, du trafic dans l'espace public, de l'usage dans l'espace public, et notamment de trafic et d'usage de "crack". Ce sont donc des conditions totalement dégradées, et des scènes de violences inacceptables, intolérables, qui obligent l'ensemble des pouvoirs publics à des actions d'ampleur. La Ville se mobilise pleinement, j'y reviendrai, bien au-delà de ses compétences, pour construire des solutions, car dénoncer sans agir, cela peut être vain. Mais on ne peut pas être seul à agir et seul à se mettre autour de la table. Nous avons renforcé les maraudes des acteurs sanitaires et sociaux. Nous avons amplifié les opérations de nettoyage par les agents de la Ville. Nous avons renforcé l'unité d'assistance aux sans-abri. Une nouvelle maraude constituée de 6 agents et dédiée cette fois-ci à la médiation en direction des riverains et des commerçants se déploie sur tous ces enjeux majeurs. Nous travaillons avec les maires d'arrondissement, les collectifs, les associations, sur la question des distributions alimentaires. Je ne reviendrai pas longuement, nous en avons déjà parlé, sur la participation par la Ville de Paris, à la demande de la Maire de Paris, au plan d'action global de réduction des risques, avec un abondement de plus de 1 million d?euros en 2019. Mais il est urgent d'agir, d'agir sur la sécurité des habitants, et nous renouvelons notre demande à l'État, au gouvernement, d'un effort substantiel des forces de police, notamment dans nos commissariats, car oui, il y a besoin de plus de policiers dans un certain nombre de quartiers parisiens. Nous échangions ce matin sur l'impact que font peser 20 semaines de mobilisation des manifestations du samedi sur le reste de l'activité et sur le reste de la vie quotidienne des habitants, force est de constater, en effet, que nous avons besoin, tout au long de la semaine, de la présence de forces de police, et que nous avons besoin de la mobilisation de l'ensemble de nos interlocuteurs, notamment pour lutter contre les trafics. Je rappelle un chiffre. Lorsqu'il y a eu quelques démantèlements, quelques arrestations de "dealers", de personnes à la tête d'organisation de "deals", c'est beaucoup d'argent liquide qui est pris lorsque les personnes sont arrêtées. Il y a derrière tout ceci des personnes et beaucoup d'argent. Nous avons besoin d'une mobilisation sans faille, pour mettre fin à ces trafics. Permettez-moi encore un mot, Madame la Maire, nous renouvelons nos demandes à la R.A.T.P., afin qu?elle renforce la sécurité dans son réseau. La situation dans un certain nombre de lignes du métro, du tramway T3 bis depuis quelques mois maintenant, est absolument intolérable. C?est essentiel, nous l'avons rappelé la semaine dernière lorsque nous auditionnions le directeur d?Ile-de-France Mobilités en troisième commission, nous l'avons rappelé avec les maires du Nord-est parisien. Nous continuerons, la Ville, à nous mobiliser sur l'urgence, avec Eric LEJOINDRE le maire du 18e, avec François DAGNAUD le maire du 19e, mais nous continuerons aussi avec Jean-Louis MISSIKA, à nous mobiliser sur les projets de moyen terme. Les projets d'aménagements urbains qui vont transformer la ville ne doivent pas empêcher que tous se mettent enfin autour de la table pour transformer la vie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, chère Colombe BROSSEL. Monsieur le Préfet de police, vous avez la parole.

M. LE PRÉFET DE POLICE. - Merci, Madame la Maire. Je vais parler bien près du micro, puisque j'ai compris qu'il fallait en être très proche. Je ne répondrai pas pour le compte de mon collègue le Préfet de la Région Ile-de-France. Je crois qu'il vous a déjà apporté un certain nombre d'éléments très concrets sur l'implication de l'État en matière d'hébergement d'urgence. Il a d?ailleurs annoncé, je crois aussi, son déplacement, donc le constat du dispositif sur le terrain sera fait de multiples vues. Je vais simplement commenter quelques chiffres, qui sont les chiffres de lutte contre la délinquance. En observant que je ne vais pas spécifiquement les donner sur le nord de Paris, parce qu'ils sont à proportion, voire supérieurs aux chiffres que je vais vous donner, qui concernent l'ensemble de Paris. Sur l'année dernière, en matière de saisine de cannabis, on a multiplié les saisies, c'est-à-dire que l'on a fait une tonne de saisie, contre 550 kilos l'année précédente. C'est la même proportion, un peu moindre à vrai dire en matière de?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Si vous voulez bien écouter la réponse de M. le préfet ?

M. LE PRÉFET DE POLICE. - C'est parce que je ne parle pas assez fort. Il faut encore que je couvre les voix.

En matière de cocaïne, 186 kilos, 124 l'année précédente. Le "crack", c'est la même proportion que la cocaïne, 3,7 contre 2,8.

On l'observe aussi sur l'activité des services de police, elle est extrêmement significative. Le constat, vous le connaissez, on peut le faire tous ensemble, s'il y a trafic, c'est qu'il y a clients. Donc, il y a à l'origine un véritable problème dans les comportements, qui malheureusement ne peut pas être traité uniquement par les services de police. On voit bien que c'est une action commune. C'est pour cela que j'ai noté avec satisfaction qu'il existait toute une série de plans conjoints entre la Ville, le Parquet, voire la Préfecture de Région Ile-de-France, qui en la matière accentuent les mobilisations, mais sans doute ne sont-elles pas suffisantes.

Je pense en particulier, je ne sais pas si cela s'appelle comme cela, au "plan crack", par rapport à cette donnée de la colline du "crack". Je ne vous récapitule pas tout ce qui a été fait jusqu'à présent, mais qui est significatif. Je suis toutefois arrivant, preneur de toute indication en la matière sur les actions qu'il conviendrait de mener. J'ai noté celle sur le métro, qui était évoquée à l'instant. Même si la brigade des réseaux ferrés intervient en la matière, on voit bien que c'est par une série d'actions conjointes. On a aussi porté à ma connaissance la lutte contre les ventes à la sauvette, qui est aussi, je crois, un sujet, même s'il ne ressort pas du même type de préoccupations. Aussi un chiffre, en 2018, on a saisi en la matière 270 tonnes de marchandises, 30.000 procès-verbaux. On voit bien là que l'action de la police est significative. Un mot enfin sur les mineurs non accompagnés, je sais que c'est un sujet de préoccupation constant. Là-dessus, les chiffres que j'ai montrent qu'il y a une amélioration de la coopération avec les autorités consulaires marocaines, notamment pour permettre d'identifier ceux d'entre eux qui sont véritablement majeurs. Je ne sais pas si vous constatez sur le même terrain ces mêmes progrès. En tout état de cause, je vous propose, Madame la conseillère, de me déplacer dans cet arrondissement pour voir sur place les sujets que vous évoquez, en relation avec vous, de manière à pouvoir en discuter avec les acteurs de terrain.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur le Préfet de police.

Je pense que ce quartier de la porte de la Chapelle mérite toutes les attentions, en tous les cas je suis décidée à mettre l'accent et la lumière sur ce qu?il s'y passe. La Ville doit être présente, et elle l'est à travers ses prérogatives et ses compétences. Comme l'a très bien dit Colombe BROSSEL, la Ville sans l'État, dans un quartier comme celui-ci, ne peut rien.

En tous les cas, pas de façon efficace, et pas ce que souhaitent les habitants. Il y a des sujets, on l'a vu, de réfugiés, d'hébergement, de campements. Ce sont des sujets. Et puis, il y a les sujets liés à la drogue, et notamment au trafic de "crack". C'est un autre sujet qui renvoie effectivement, Monsieur le Préfet de police, aussi d'abord à vos compétences.

Sur ce sujet, j'ai eu l'occasion de m'exprimer souvent, notamment dans les réunions régulières que nous avons avec vous-même, votre prédécesseur, le Parquet de Paris et l'ensemble du Parquet de Paris. Ce sont des sujets sur lesquels il nous faut amplifier, amplifier les efforts. On ne peut pas laisser les habitants dans cette situation d'abandon.

Le fait d'avoir remis des moyens supplémentaires sur le plan "crack", avec l'A.R.S., pour le traitement des personnes toxicomanes, ou des moyens supplémentaires sur la propreté, non seulement à partir de nos services, mais aussi en passant un marché spécifique avec le privé, pour venir en plus de nos services, apporter ce qu'il faut dans le quartier pour que les habitants puissent avoir un quartier propre, tout cela ne peut pas se faire sans qu?à un moment donné, on travaille sur les causes, et pas simplement sur les conséquences. Sinon, c'est vider l'océan à la petite cuillère. Je suis très déterminée, très décidée à ne pas laisser ce quartier dans cet état d'abandon. Sans chercher à mettre la responsabilité ou la culpabilité sur tel ou tel à trouver les solutions, ce que nous devons aux habitants de la Chapelle, ce sont les solutions et l'efficacité. Je vais m'employer à trouver ces solutions en allant bien sûr toujours solliciter l'État, il ne faut pas que l'on nie ce qu'il s'y passe. La base, c'est ne pas nier ce qu'il s'y passe. Monsieur le Préfet de police, si vous allez avec Mme MÉHAL visiter le quartier de la Chapelle, j'espère que vous appellerez aussi le maire du 18e et la Maire de Paris, pour pouvoir vous accompagner, parce qu'il faut que les choses se passent dans un certain ordre. Merci beaucoup.

M. LE PRÉFET DE POLICE. - Bien évidemment, je ferai les choses avec vous. Cela va de soi, et on peut visiter à plusieurs.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Toujours, je suis très collective.

Madame MÉHAL ?

Mme Fadila MÉHAL. - Je vous remercie, Madame la Maire, de votre mobilisation sans équivoque, de laquelle nous prenons acte. J'observe toutefois que vous avez eu l'humilité et la franchise de dire certaines choses, mais que Mme BROSSEL est toujours par contre dans la même posture. D'une certaine façon, la réponse qu'elle m'a faite, c'est finalement : nous faisons beaucoup, nous avons toujours beaucoup fait, mais c'est la faute à ce méchant État, d'une certaine façon, qui n'est pas au rendez-vous. Je voudrais dire aussi quelque chose qui m'a un peu choquée. Quelque chose qui m'a un peu chatouillée. En effet, vous l'avez vu dans ma déclaration, je n'ai pas voulu mettre la question des migrants dans ce dossier, parce que c'est une question qui est très souvent instrumentalisée. Madame BROSSEL, je vous fais grief de faire l'amalgame entre la question des migrants qui est une question nationale et même européenne, et la corrélation avec la sécurité et la propreté. C'est un argument dont je vous rappelle qu'il a servi beaucoup à des partis d'extrémistes, pour faire cette chasse aux migrants. Je veux simplement retenir de ce qui a été dit, les propos de Madame la Maire. Je vous salue, parce que c'est vrai que ce n'est pas facile de reconnaître qu'en effet, certaines zones, certains territoires aujourd'hui n'ont pas été pris en compte, non pas en termes de moyens, vous l?avez dit, mais en termes de résultats. Je serai à vos côtés pour tout ce que vous voudrez faire sur ce quartier, dont je rappelle, je suis une élue.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame MÉHAL.

V - Question d'actualité posée par le groupe