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Avril 2019
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Conseil Municipal
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Débat/ Conseil municipal/ Avril 2019


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Mes chers collègues, nous avons appris avec tristesse la disparition, survenue le 23 février 2019, de M. André Réau, ancien Conseiller municipal de Paris et ancien Conseiller général de la Seine. André Réau a été ajusteur, délégué syndical CGT. Il a adhéré au parti communiste en 1953 et est devenu très rapidement secrétaire de la section de Maison-Blanche, dans le 13e arrondissement de Paris.

André Réau, militant fidèle, s'est engagé dans toutes les luttes du parti communiste et a milité notamment pour la paix en Algérie. Il a été très attaché au 13e arrondissement, lieu de son action politique. Il s'est présenté en 1965 et a été élu au Conseil de Paris entre 1965 et 1971, sur les bancs du groupe Communiste. Par la suite, il est resté un militant associatif très actif et a continué à participer à la vie locale du 13e arrondissement.

Ses obsèques ont été célébrées le vendredi 1er mars 2019 au cimetière de Cachan, dans le Val-de-Marne. Au nom de notre Conseil, à sa famille, à ses amis, à ses camarades, je veux ici, bien sûr, apporter tout mon soutien à sa mémoire et vous proposer une minute de silence.

(L'Assemblée, debout, observe une minute de silence).

Je vous remercie.

Nous allons procéder aux différents hommages. Ensuite, je donnerai la parole aux différents présidents de groupe.

Nous avons aussi appris avec tristesse la disparition, survenue le 27 décembre 2018, de Mme Gisèle Favre, ancienne Conseillère de Paris. Elle était née dans le 6e arrondissement, auquel elle était demeurée fidèle. Gisèle Favre est devenue, par la suite, conseillère du travail. Elle s'est engagée dans la vie politique aux côtés de M. Pierre Bas, élu parisien et ancien maire du 6e arrondissement. Elle a été élue dans le 6e arrondissement, au Conseil de Paris en 1983, puis réélue en 1989. Elle y a siégé sur les bancs du groupe "Paris-Libertés". Ses obsèques ont été célébrées le jeudi 3 janvier 2019 en l'église Saint-Sulpice, à Paris, dans le 6e arrondissement. Au nom de notre Assemblée, en mon nom, je voudrais, là aussi, assurer sa famille de tout notre soutien et vous proposer une minute de silence en sa mémoire.

(L'Assemblée, debout, observe une minute de silence). Je vous remercie. Je vais donner la parole au président du groupe Communiste - Front de Gauche, Nicolas BONNET-OULALDJ.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Je tiens à vous remercier, Madame la Maire, pour les paroles chaleureuses que vous avez eues à l?égard d?André Réau, cet ancien Conseiller de Paris, mort il y a quelques semaines dans sa 88e année. Je présente mes condoléances à sa famille - à sa femme, Danièle, à sa fille, Marie-Claude, à son fils, Jean-Pierre - à ses amis et camarades présents aujourd'hui dans les tribunes. Je tiens à les assurer de tout notre soutien et notre fraternité.

André Réau a été élu de 1965 à 1971, période durant laquelle il a représenté les habitants du 13e arrondissement. Mais ce n'est qu'une étape dans son parcours de militant communiste et syndicaliste à la C.G.T. Rien dans le parcours d?André ne laissait présager qu'il allait siéger ici, sous les ors de l'Hôtel de Ville. Né à Paris en 1930 dans une famille durement marquée par la guerre de 1914, son père, grand invalide de guerre, rescapé de la bataille de Verdun, allait marquer André dont le pacifisme allait être un engagement permanent. Sa mère vient du pays des mines. Son grand-père était charpentier. On vit durement, on meurt jeune de la silicose, on déteste les barons de l'industrie, on lit "Germinal" comme une bible dans laquelle on retrouve les siens, leurs joies et leurs souffrances.

Mais c'est aussi un milieu où la solidarité entre les travailleurs est forte, au fond de la mine comme dans les luttes. Les récits de sa mère font qu?André prend vite conscience des injustices et de la nécessité de les combattre. André devient fraiseur tourneur et syndicaliste. Il adhère au P.C.F. en 1953. Il devient un intellectuel autodidacte. Il lira et annotera les ?uvres complètes de Lénine et d?Engels. Il donne des cours à ses camarades. Il est certainement "l'homme communiste", comme le décrit Aragon dans le roman du même nom. L?homme communiste, c?est celui qui ne demande rien, mais qui veut tout pour l'homme, où il envie 1.000 choses - le bonheur, la santé, la sécurité - mais pour tous, au prix de sa santé, de son bonheur, de sa sécurité, de son existence.

C?est pendant la guerre d'Algérie qu?il connaîtra des grands moments de militance. Il organisera des manifestations interdites pour la paix et l?indépendance en Algérie. Condamné à mort par les commandos O.A.S., il échappera à un attentat parce qu'il a été prévenu par un policier du 13e. Il gardera une méfiance et une détestation pour l?extrême droite toute sa vie.

André sera chargé par la fédération de Paris, entre autres missions, des relations avec les chrétiens. Beaucoup de chrétiens, autour du journal "Témoins chrétiens", s'étaient engagés contre la guerre d'Algérie. Le parti Communiste le présente aux élections, d'abord comme suppléant de Charles Lederman, en 1962, puis comme Conseiller de Paris en 1965. En 1973, il faillit créer la surprise aux élections législatives, où il arriva derrière le député Hubert GERMAIN avec 6 voix d?écart. Il sera l'une des victimes politiques de la crise qui traversera la fédération de Paris du P.C.F. à la fin des années1970. Il quittera le parti à cette époque. Je crois pouvoir me permettre de dire, devant sa famille et ses amis, qu'il est resté ce communiste de c?ur. Les valeurs qui avaient guidé sa vie sont restées intactes. Quitter le parti était vécu par certains camarades comme une mort sociale. Mais André a su rebondir grâce aux siens, à sa famille, à ses amis et à ses camarades. Il reprend des études et met ses compétences au service d'un comité d'entreprise important. Il n?abandonnera jamais la C.G.T. Il était amateur de musique classique et d'opéra italien. Après sa retraite de salarié, il s'engage auprès de l'Amicale laïque de Cachan, jusqu'à ce que la maladie l'en empêche. Je voudrais dire à sa famille qu?évidemment, nous continuerons tous les combats qu'André a menés ici, pour une ville pour toutes et tous, pour les ouvriers, comme lui, les employés, les intellectuels, les commerçants et les artisans. Oui, les luttes ont changé de nature, mais notre boussole reste la même. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup pour cet hommage et ce rappel.

Mes chers collègues, nous allons passer à la séance. Les comptes rendus de la séance précédente ont été publiés sur ces?

Pardon ? Monsieur AZIÈRE, vous aviez, avant même que j'ouvre? Très bien, je vous donne la parole.

M. Eric AZIÈRE. - Madame la Maire, je voudrais rendre hommage à Gisèle Favre.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Oh, pardon ! Pardonnez-moi. Très bien. On ne m?avait pas dit qu?il y avait une prise de parole sur l?hommage, donc?

M. Eric AZIÈRE. - Si.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Bien. Pardon.

M. Eric AZIÈRE. - Gisèle Favre, Gisèle Peyromaure Debord Broca, qui, de son très joli nom patronymique de naissance, triplement toponymique, entremêlant des racines profondes, latines et occitanes ancestrales, dans lesquelles il n'est pas étonnant qu'elle ait puisé les qualités de courage et la légitimité d'un engagement pour les deux causes politiques et sociales qui furent en même temps les siennes et celles de son siècle : le combat pour l'égalité des femmes et la construction européenne.

Née en 1921 dans le 6e arrondissement - vous l?avez dit, Madame la Maire - après des études de droit au Panthéon, où elle rencontrera Henry Favre, son mari mais aussi son compagnon de route de ses convictions européennes. Comme ancien secrétaire général du Comité européen des assurances, il sera à l'origine de la rencontre naturelle de Gisèle Favre avec sa seconde famille, la famille politique qui deviendra la sienne, parce que cette famille fut au centre de ses combats pour la lutte des femmes pour leurs droits, incarnée et sublimée par Simone Veil, et la construction d'une Europe idéalisée par Jacques Maritain. Cette famille politique, animée entre autres par Paul et Alfred Coste-Floret, dont ils sont proches, c'est la démocratie chrétienne. Dès lors, c'est à l'Union féminine civique et sociale, mouvement catholique pour la promotion des femmes dans la vie politique et citoyenne, qu'elle consacre son engagement bénévole. Elle poursuit cet engagement au Centre des démocrates sociaux, le parti de Jean Lecanuet, qui sera le dernier parti politique français à revendiquer son rattachement au grand courant démocrate-chrétien européen.

Elue dans le 6e arrondissement, conseillère de Paris le 13 mars 1983, elle rejoint Colette TALMON sur les bancs centristes du Conseil de Paris, comme l?une des 28 femmes élues ce jour-là sur les 163 sièges au Conseil de Paris. 28 femmes, 135 hommes. Le sens et l'honneur d'un combat.

C'est au groupe "Paris-Libertés" qu'elle s'inscrira. "Liberté", ce même nom donné au mouvement de résistance fondé en 1940 par ses pairs, Alfred Coste-Floret, Pierre-Henri Teitgen, François de Menthon et d?autres. Au nom de ce groupe, "Paris-Libertés", Gisèle Favre sera réélue de 1989 à 1995, à travers les soutiens qu'elle apportera à Valéry GISCARD d'ESTAING, puis à Raymond Barre, des années 1970 à 1990. Elle reste un défenseur infatigable et acharné des valeurs sociales et politiques de la famille. La famille, Gisèle Favre ne saura jamais oublier de rassembler la sienne en toutes occasions - enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants - dans leur maison familiale de La Baule. Au nom du groupe UDI-MODEM et en votre nom à tous, Madame la Maire, mes chers collègues, je veux dire à sa famille, présente ce matin à cette tribune, toute l'émotion qui est la nôtre, et leur transmettre l'estime et la considération de notre Assemblée pour celle qui fut l'une des nôtres et qui le restera pour toujours. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup à vous, Monsieur le Président, cher Eric AZIÈRE.

A présent, nous pouvons passer à notre Conseil.

Adoption de comptes rendus.