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Avril 2019
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Débat/ Conseil municipal/ Avril 2019


 

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Nous passons au v?u n° 178 relatif à la sanctuarisation des arbres. Madame SIMONNET, pour deux minutes.

Mme Danielle SIMONNET. - Mes chers collègues, après avoir abattu les arbres de l?îlot Netter-Debergue, de la place de la Nation, du jardin de l?école de physique et chimie industrielle de la Ville de Paris, des rives de l?Ile Saint-Louis, de Python-Duvernois, est-ce que le fait de replanter des arbres au Bois de Vincennes peut annuler et s?équilibrer dans la balance ? Vous le savez tous, non. Pour un arbre arraché, il ne suffit pas d?en replanter un pour que l?on arrive au solde de tout compte. On sait pertinemment qu?un arbre qu?on plante, avant de pouvoir le planter, il a été cultivé en pépinière. Il faut en moyenne 8 à 10 ans avant qu?il puisse véritablement se développer en ville. Nous n?avons pas la même garantie qu?il prenne ses racines et qu?il se porte aussi bien que pouvaient se porter les arbres antérieurement.

Nous savons également que les arbres peuvent correspondre à un patrimoine en termes de biodiversité, mais aussi en termes d?histoire de notre ville. On voit bien qu?il y a une logique dans le "greenwashing" de nombreuses d?entreprises qui se disent : "c?est bon, on va pouvoir continuer à polluer la planète, à consommer les énergies carbonées, si on peut finalement être les entreprises qui plantent des arbres tous azimuts".

Il ne s?agit pas de dire que ce serait une mauvaise chose de planter des arbres tous azimuts. Bien au contraire, il faut le faire. Prenons conscience que les deux ne s?annulent pas.

A travers ce v?u, je souhaite qu?il y ait un moratoire sur l?abattage des arbres de notre ville, sauf cas de force majeure, un danger public, un risque phytosanitaire élevé avéré, qu?il y ait vraiment une prise en compte de ce moratoire pour la sanctuarisation de la vie des arbres parisiens dans l?instruction de tous les permis de construire accordés par la Mairie, qu?on crée une mission d?échange et de contre-expertise sur la place des arbres dans notre ville, ouverte aux associations concernées, aux experts indépendants et à l?ensemble des élus parisiens, Conseil de Paris et Conseils d?arrondissement, à ce sujet. Merci.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Pour vous répondre, M. MISSIKA pour deux minutes.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Madame SIMONNET, votre v?u montre qu?avec de bonnes intentions, on peut faire de très mauvaises propositions politiques.

Je voudrais d?abord dresser un état des lieux. Actuellement, la Ville de Paris compte 500.000 arbres, dont 200.000 dans nos espaces et équipements publics, jardins et cimetières, ainsi que 300.000 dans les bois de Boulogne et Vincennes. A cela, il faut ajouter les arbres se trouvant dans le domaine privé ou celui de l?Etat comme le jardin du Luxembourg ou les Tuileries. Si l?on se limite aux 500.000 arbres municipaux, cela donne un arbre pour quatre habitants, et non pas un pour 11 habitants comme vous l?indiquez dans votre v?u. Décidément, vous êtes toujours aussi fâchée avec les chiffres.

Concernant les abattages que vous citez, une partie ne dépend pas de la Ville de Paris, puisque par exemple, pour la place de la Nation, il s?agit des travaux de la R.A.T.P. pour étanchéifier le pôle R.E.R. et métro devenu fuyard. Il arrive que, pour des raisons d?ordre technique valables, on soit obligé d?abattre. Je tiens aussi à rappeler que, dans le cadre de la dernière modification du Plan local d?urbanisme adopté par ce Conseil en 2016, nous avons intensifié les obligations en matière de végétalisation d?espaces libres et de pleine terre en intégrant des obligations plus importantes dans l?article 13. Vous exigez une mission de contre-expertise, ce qui met en cause la qualité des expertises menées par les agents de la DEVE, donc, en quelque sorte, vous mettez en doute l?impartialité de notre service public. Notre ligne de conduite est très simple, elle vise à éviter, à chaque fois que cela est possible, les abattages, mais la gestion du patrimoine arboré municipal implique aussi l?abattage des arbres morts ou jugés dangereux pour les usagers sur la base de diagnostics phytosanitaires. Sans cela, la Ville serait rendue responsable au moindre incident. Aujourd?hui, la DEVE discute avec les porteurs de projet afin d?inciter à la préservation du patrimoine arboré en tenant compte des contraintes et des objectifs. Il s?agit d?un choix équilibré, d?un choix raisonnable. Nous devons intervenir, mais nous devons protéger au maximum. Faire un moratoire, c?est rendre totalement inchangeable la ville. Je pense que vous ne me contredirez pas sur ce constat, sur la politique municipale que nous avons mise en place pour répondre à tous ces besoins, à la fois de logements, de bureaux, de jardins, d?équipements, avec une diversité de services tous nécessaires à notre ville. C?est une question d?équilibre en bonne intelligence. Un moratoire ou une sanctuarisation des arbres n?entraînerait qu?un effet inverse sur l?aménagement urbain et paysager de notre ville. Cela nous paralyserait. Je vous propose donc de retirer votre v?u, sinon j?émettrai un avis défavorable.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - J?avoue, Madame SIMONNET, que je suis assez étonnée que vous puissiez remettre en question les qualités du service de l?arbre à Paris.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 178 avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est rejeté.

Voeu déposé par Mme SIMONNET relatif aux capteurs d'audience des publicités sur des supports de la R.A.T.P.