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Avril 2019
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Conseil Municipal
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Débat/ Conseil municipal/ Avril 2019


 

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DU 48, l?amendement n° 180 et les v?ux nos 181 et 182 sur le projet de création de la Z.A.C. "Python-Duvernois" dans le 20e arrondissement. Je donne d?abord la parole à M. GLEIZES pour cinq minutes maximum.

M. Jérôme GLEIZES. - Merci, Madame la Maire, chers collègues.

Voici un autre projet de délibération tant attendu par les habitantes et les habitants du 20e arrondissement, le projet DU 48 concernant le projet de création de la Z.A.C. "Python-Duvernois" de la porte de Bagnolet, après hier soir la porte de Montreuil.

Ce projet est encore plus attendu que celui de la porte de Montreuil, car il porte sur la réhabilitation de nombreux logements, la destruction/reconstruction d?immeubles, mais nous pensons que nous pouvons encore l?améliorer. C?est pour cela que nous proposons deux v?ux et que nous nous associons au v?u adopté en arrondissement et représenté par le groupe Socialiste et Apparentés que nous avons cosigné sur la préservation d?une piste d?athlétisme réglementaire.

Commençons par les aspects positifs que mes collègues inscrits sur le projet de délibération DU 48, notamment la Maire, souligneront. Le premier point est sans doute le plus important : la garantie du relogement au même prix pour les habitantes et les habitants résidant actuellement dans le quartier Python-Duvernois grâce à un engagement financier important de la Ville et à la reconstruction d?un nombre important de logements sociaux sur ce territoire.

Le second point est la mise en ?uvre d?une évaluation des impacts sur la santé en vertu de l?adoption du consensus de Copenhague dont nous avons parlé hier en 4e Commission, document très intéressant, notamment sur les préconisations, et j?espère qu?elles seront suivies.

Le troisième point est la création d?un grand parc paysager et sportif prolongeant la ceinture verte le long du périphérique.

Nous avons à ce stade quelques questions : où seront localisées la crèche et la future maison de santé, et la localisation des logements sociaux et privés sur les parcelles ?

J?émets maintenant nos v?ux qui ont provoqué beaucoup de remous. Je vais essayer d?être pédagogue et essayer de vous convaincre sur leur bon sens.

Le premier concerne le fléchage du parc privé vers l?Office foncier solidaire, l?O.F.S., qui peut faire des B.R.S., des baux réels solidaires, qui ont été introduits par la loi Alur. La Ville de Paris s?est dotée récemment de cet instrument lui permettant de dissocier le foncier du bâti, et donc de limiter la hausse spéculative des opérations immobilières. Concrètement, au lieu de vendre des parcelles à 2.500 ou 3.500 euros le mètre carré à un promoteur immobilier, ces parcelles sont vendues à l?O.F.S. qui ne peut pas les vendre plus haut que le prix plafond P.S.L.A. de vente, qui est aujourd?hui de 4.912 euros le mètre carré. A contrario, les promoteurs immobiliers vendront au minimum au prix du marché, soit actuellement 8.390 euros le mètre carré dans le quartier Charonne, qui inclut le quartier Python-Duvernois, selon les données de la Chambre des notaires au quatrième trimestre 2018.

Pourquoi donner une rente financière à des promoteurs immobiliers alors que vendre à l?O.F.S. permettrait de récupérer cette rente ?

Vendre à l?O.F.S. ou vendre à un promoteur privé ne modifie pas l?équilibre financier de la Z.A.C., mais il peut modifier la sociologie du quartier par une gentrification accélérée, sans compter le risque spéculatif qui, dans le cas présent, avec la transformation à venir du périphérique, risque de générer une forte hausse des prix du marché immobilier et locatif du secteur.

Cela étant dit, par rapport à l?objectif de mixité partagé par tous les groupes politiques, surtout dans ce quartier, acheter à presque 5.000 euros le mètre carré, soit 500.000 euros pour 100 mètres carrés, nécessite d?avoir des revenus élevés, mais cela permettrait de maintenir une partie des classes moyennes obligées actuellement de quitter Paris à cause de la hausse continue de l?immobilier.

Nous avons donc proposé un amendement permettant d?éviter de créer une rente foncière à des promoteurs privés. Ce v?u ne met pas en danger la réalisation de la Z.A.C., à moins de nous le démontrer.

Notre deuxième v?u est aussi, à notre avis, non dangereux, à moins encore une nouvelle fois de nous démontrer le contraire. Il est présenté un scénario 2, pages 21 et 22 de l?étude d?impact, prévoyant que des logements prévus le long de la rue Duvernois à 65 mètres du périphérique soient déplacés le long de la rue Louis Lumière, permettant - je cite le rapport - "une protection des nuisances sonores, une protection des nuisances également constituées par le front du bâtiment rue Henri Duvernois, un espace vert central et sportif éloigné du périphérique, activité sportive augmentant la vulnérabilité, une ouverture vers le square Séverine dans la logique de la ceinture verte". Ce scénario n?a pas été développé ou, du moins, la présentation n?est pas faite dans l?étude. Ce sont les deux pages avec un très beau schéma dans le document de l?étude d?impact.

Concernant l?argument qu?il y aurait un risque de retarder de 25 ans le projet, je rappellerai que l?autorité environnementale saisie le 5 novembre 2018 a notifié, le 4 janvier 2018, la dispense d?évaluation environnementale au titre du P.L.U., permettant ainsi de réaliser des études d?impact plus rapidement, et ce, dans le cadre des six mois qui sont devant nous avant le lancement de la Z.A.C., contrairement à la porte de Montreuil où l?on a eu une véritable étude d?impact qui fait 578 pages, alors qu?ici, on a une étude qui fait une trentaine de pages. Notre demande non révolutionnaire est de mettre dans le dossier d?enquête publique ce scénario 2 qui est présenté dans un document public, donc disponible pour tout le monde. Je veux bien retirer ma proposition de réforme s?il le faut, je comprends que cela peut perturber, mais je ne vois pas en quoi un document public ne peut pas être soumis à la discussion.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Monsieur GLEIZES?

M. Jérôme GLEIZES. - Je finis, Madame la Maire, c?est ma dernière phrase.

Je ne comprends pas la panique concernant nos v?ux. Je suis quelqu?un de responsable, je l?ai montré hier ou avant-hier en défendant les fontaines financées par le Qatar, alors qu?a priori on aurait pu penser que j?étais contre. J?espère que M. BAUDRIER, puisque c?est lui qui va me répondre, va nous rassurer. Bien sûr, nous voterons ce projet de délibération.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Je donne la parole pour cinq minutes à Mme PRIMET.

Mme Raphaëlle PRIMET. - Mes chers collègues, je voudrais, au nom du groupe Communiste du Conseil de Paris, mais aussi des élus et militants communistes du 20e arrondissement, exprimer toute la joie que nous aurons à voter ce projet de délibération aujourd?hui.

Le quartier Python-Duvernois est, avec le quartier de la porte de la Chapelle dans le 18e, l?un des quartiers de Paris qui souffrent du plus grand nombre de difficultés sociales et de nuisances, en particulier du fait de la proximité du périphérique.

Depuis près de 20 ans, des habitants de ce quartier se sont mobilisés pour obtenir l?engagement d?un projet de renouvellement urbain. Ils l?ont fait en intervenant en ce sens au sein du conseil de quartier Gambetta. Ils l?ont fait en créant des associations de quartier, des amicales de locataires. Partout et avec persévérance, ils ont porté la revendication que ce quartier enclavé bénéficie enfin du projet urbain auquel il a droit.

Python-Duvernois est un quartier malheureusement emblématique des erreurs urbanistiques des 30 années qu?on appelle Glorieuses, pour partie à tort. On a construit à la va-vite des immeubles de logement et des équipements sportifs sans schéma urbain cohérent. Ensuite, par une décision centralisée, sans aucune concertation, l?Etat est venu plaquer, juste sous le nez de ces milliers d?habitants, tout d?abord le périphérique, puis un énorme échangeur autoroutier, celui de l?autoroute A3. Dès le début des années 70, le quartier est devenu l?un des quartiers de Paris subissant de façon directe les nuisances de ces infrastructures.

Ces habitants ont vu émerger des projets urbains d?ampleur à proximité, porte des Lilas, et dans le quartier Saint-Blaise. A juste titre, ils ont revendiqué le même traitement, qu?on investisse de façon lourde pour ce quartier populaire. C?est tout à l?honneur de notre majorité d?avoir fait ce choix.

Le quartier Python-Duvernois a été sélectionné parmi les 200 quartiers nationaux du nouveau "Programme national de renouvellement urbain" fin 2014. Cela a été une très grande victoire pour les habitants comme pour notre équipe municipale. Aujourd?hui, quatre ans après, nous pouvons enfin approuver le projet urbain qui a été longuement concerté et discuté avec l?ensemble des partenaires comme l?A.N.R.U., l?Etat et la Région Ile-de-France, et bien sûr avec tous ses habitants. Lors de la dernière grande réunion de concertation il y a quelques semaines, près de 300 personnes étaient présentes. L?attente était très forte et nous ne la décevrons pas. Le projet proposé a remporté un très large assentiment.

Grâce à notre vote aujourd?hui, Python-Duvernois ne sera plus un quartier relégué, connu pour ses nuisances et ses difficultés sociales. Il va devenir un quartier de destination avec la création d?un grand espace vert, un parc sportif paysager de trois hectares, qui va permettre d?augmenter très fortement la surface de terrains perméables dans le quartier. Il va devenir le lieu d?implantation du plus grand équipement sportif de proximité de Paris, construit dans la perspective des Jeux olympiques. Vous connaissez tout l?attachement des communistes quant à la construction d?équipements de proximité.

La totalité des logements à proximité du périphérique seront protégés des nuisances, du bruit et de la pollution, ou démolis, permettant de protéger l?ensemble des habitants. Les logements non démolis bénéficieront tous de rénovations lourdes.

En tant qu?élus communistes, nous portons depuis cinq ans la priorité aux investissements dans les quartiers populaires. Le vote de ces projets de délibération est sans doute un des meilleurs exemples. C?est un honneur pour nous que de le voter, que de voter l?engagement d?un des plus grands projets urbains pour un quartier populaire de Paris. Je suis certaine qu'il va rassembler un grand nombre de vos suffrages. La Ville de Paris s?engage très fortement. Python-Duvernois et ses habitants le méritent. Ils se sont battus, ils ont gagné, et nous sommes fiers de nous être battus à leurs côtés.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Merci, Madame PRIMET.

Je donne la parole à Mme CALANDRA pour cinq minutes.

Mme Frédérique CALANDRA, maire du 20e arrondissement. - Madame la Présidente, mes chers collègues, comme maire du 20e arrondissement et tout simplement habitante de ce même arrondissement, évidemment, je suis très heureuse de l?aboutissement, non pas de seulement quatre années de travail, mais de longues, longues années, comme l?a dit Mme PRIMET, de mobilisation des habitants et des élus du 20e arrondissement.

Je voulais saluer l?engagement de Jean-Louis MISSIKA, Jacques BAUDRIER et de la Maire de Paris Anne HIDALGO à nos côtés pour faire aboutir ces dossiers. Je rappelle que quand j?ai été élue maire en 2008, j?avais été extrêmement surprise, étonnée, que le quartier Python-Duvernois de la porte de Bagnolet ne soit pas en G.P.R.U., en politique de renouvellement urbain. C?est grâce aux évolutions des analyses de la politique de la ville via les méthodes de calcul de l?I.N.S.E.E. en 2013 qu?il a enfin pu être mis en valeur que nous avions là les populations les plus pauvres de Paris. C?est pourquoi ce territoire des portes du 20e, entre la porte de Bagnolet et la porte de Montreuil, est passé dans cette mandature en N.P.N.R.U. Nous avons là parmi les populations les plus défavorisées du 20e arrondissement.

Je rappelle qu?il a fallu aller sensibiliser quatre Ministres de la Ville successifs, et cela a commencé, en ce qui me concerne, par M. LEROY durant le Gouvernement SARKOZY, puis par François LAMY et Myriam EL KHOMRI, pour enfin rencontrer un soutien avec Jean-Louis MISSIKA et Anne HIDALGO, qui se sont engagés fortement en 2014, durant la campagne, pour faire sortir ce quartier de l?incroyable relégation à la fois sociale et urbaine dans laquelle il était.

Je voulais dire que les quatre années de concertation n?ont pas été de trop. Nous sommes là typiquement au c?ur de l?urbanisme de résilience sur lequel nous travaillons. Il s?agit de réparer les erreurs du passé, pas seulement en termes urbanistiques et architecturaux, mais il s?agit de contrer les effets dramatiques de la pollution à cet endroit, d?où le fait de planter. Madame SIMONNET, nous ne faisons pas qu?enlever des arbres. Je vous rappelle qu?un arbre est un être vivant, qui vit, grandit et meurt, et qui peut être atteint de maladie, donc les arbres évoluent.

Nous allons créer des espaces verts dans ce lieu et jusqu?à la porte de Montreuil. Nous allons transformer tous les équipements sportifs de la porte de Bagnolet jusqu?à la porte de Montreuil en travaillant sur tous les délaissés pour les verdir. Nous allons aussi travailler sur l?implantation des populations, et Monsieur GLEIZES, la mixité sociale, ce n?est pas que de la gentrification, mais quand on veut faire sortir des populations extrêmement pauvres de la relégation, elles doivent rencontrer d?autres types de population. Il faut que la mixité se fasse dans les deux sens. Il est impératif d?avoir dans ces quartiers de l?accès à la propriété, des classes moyennes supérieures, parce qu?il y a classe moyenne et classe moyenne à Paris, ne serait-ce que pour avoir plus de mixité dans les établissements scolaires. Les établissements scolaires des quartiers périphériques sont, sur le plan de la mixité sociale, dans un état grave. Il faut contrer tout cela.

Je ne vais pas rentrer dans le détail, Mme PRIMET a déjà évoqué des choses et le contenu de ce projet de délibération. Je rappelle que nous allons améliorer la qualité de l?air, notamment aussi par le travail que nous allons mener sur le boulevard périphérique. Le nombre de bâtiments démolis a été contenu, parce que reloger des gens qui sont aux loyers les moins chers de Paris, dans Paris, était un travail de titan, et qu?il fallait être pragmatique et raisonnable pour pouvoir avancer rapidement.

La ceinture verte va être pleinement matérialisée par la création d?un parc sportif et paysager, qui va en plus désenclaver le site parce qu?enfin, Python-Duvernois va être à vue et nous allons créer une place publique sur la place de la porte de Bagnolet.

L?offre d?équipement de santé, c?était l'une des grandes attentes des habitants, va être extrêmement renforcée. Nous allons créer des équipements publics, notamment en matière de prévention pour la petite enfance. Nous allons créer bien sûr des aménagements sportifs. Nous allons créer surtout de l?emploi, des activités économiques, et je m?en réjouis parce que ce quartier était un quartier dortoir, un quartier dans lequel le chômage est à plus de 16 %. Il a des chiffres atypiques par rapport au reste de Paris et il ne bénéficie pas du rebond de l?emploi à Paris. J?ai bon espoir qu?une mixité sociale et fonctionnelle de ce quartier participe grandement à sa métamorphose.

Je souhaiterais qu?on ne vote pas des v?ux qui remettent en cause quatre années de travail, de délibérations et de consultations des habitants, et qui, surtout, remettraient en question le travail fait avec l?A.N.R.U. Ce n?est pas seulement l?idée de voter un projet de délibération, c?est qu?il faut passer?

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Madame CALANDRA, s?il vous plaît.

Mme Frédérique CALANDRA, maire du 20e arrondissement. - Je finis. Il faut passer en comité d?engagement de l?A.N.R.U. et obtenir de ce comité d?engagement le soutien à notre projet. Nous n?allons pas remettre en question tout le travail qui a été fait avec les habitants qui, eux, se sont prononcés dans les réunions.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Madame CALANDRA, il faut finir.

Mme Frédérique CALANDRA, maire du 20e arrondissement. - Nous allons conclure et nous allons passer aux actes. Assez des paroles, on passe aux actes.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Merci.

Je vais donner la parole à Mme SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Que le temps institutionnel peut sembler long, si long, pour les habitants et habitantes, notamment de Python-Duvernois, coincés entre le périphérique, l?échangeur autoroutier, et qui attendent depuis tant d?années qu?enfin leur quartier puisse faire l?objet d?un grand projet de renouvellement.

Oui, ce grand projet de renouvellement est attendu, il est nécessaire. Il doit néanmoins à la fois répondre aux enjeux de pollution et révéler notre attachement à préserver le quartier populaire. Il y a à chaque fois ce double impératif auquel on doit répondre, qui est l?impératif des questions écologiques et, en même temps, l?impératif anti-gentrification.

J?ai lu attentivement les v?ux des écologistes et j?avoue que je ne comprends pas les oppositions de Mme la maire du 20e et de l?Exécutif. J?attends avec impatience vos argumentaires pour mieux comprendre en quoi ces v?ux remettraient en cause le projet et remettraient en cause quatre années de réalisation de ce projet.

Sur la question de la gentrification, j?entends que les v?ux et amendements proposent, dans le cadre de la dissociation du foncier et du bâti de l?Office du foncier solidaire que nous avons déjà adopté avec enthousiasme dans cette Assemblée, que les parcelles ne soient pas forcément vendues au privé, mais par le biais de l?O.F.S. et qu?on puisse ainsi échapper à la rente financière aux promoteurs privés et bien garantir dans la durée une logique non spéculative dans la part qui serait donnée au privé.

Je ne vois pas par ailleurs en quoi cela va à l?encontre de la mixité du projet, puisque le fait d?échapper à la logique spéculative privée ne signifie pas que, dans les ratios des populations accueillies, cela change.

Il me semble en revanche très important que le principe de garantie du relogement au même prix dans les logements sociaux de l?ensemble des habitants soit bien garanti. Je souhaite avoir des réponses très précises de l?Exécutif à ce sujet, parce que la réduction des bâtiments nécessaire pour sortir de toute cette muraille le long du périphérique doit garantir ce relogement sans qu?une partie des habitants se retrouvent coincés à devoir payer des loyers qu?ils ne pourraient pas payer. Je pense que ce principe, l?Exécutif y est également attaché.

Concernant les questions écologiques, j?entends par l?Exécutif que les bâtiments le long du périphérique vont bénéficier d?une protection extrêmement importante qui fait que l?exposition aux pollutions? Pour reprendre les échanges que nous avions hier qui montraient dans un rapport que la pollution, parfois, était plus importante au centre de Paris que le long du périphérique, pouvez-vous nous confirmer que la pollution ressentie par les populations qui seront relogées dans les bâtiments reconstruits, mais avec protection, seront exposés à beaucoup moins de pollution qu?aujourd?hui ? Je voudrais avoir des précisions à ce sujet.

Autre inquiétude, celle concernant les arbres, puisqu?il y a un nombre considérable d?arbres qui vont être abattus dans ce projet. En quoi l?abattage de ces arbres était totalement incontournable ? Il y a néanmoins dans ce projet trois hectares paysagers dans un parc paysager et sportif où les équipements sportifs sont bien transformés, mais on a toujours une problématique de pollution assez importante le long du périphérique, et c?est là où on met tous nos équipements sportifs. On hérite cela du passé. C?est une aberration en termes de santé publique, parce qu?aller courir le long du périphérique, j?en sais quelque chose, est absurde. En même temps, on ne veut pas aller courir plus loin de chez soi. Comment est-ce que les aménagements paysagers et sportifs prennent en compte cette question de santé environnementale, avec évidemment mon gros désaccord qui est sur le bilan arbres abattus et arbres replantés qui ne saurait être nul. Vous le comprenez, je suis très intéressée par voter les v?ux du groupe Ecologiste. Je pense que ce projet Python-Duvernois est extrêmement attendu. J?ai un certain nombre de réserves et d?interrogations. Je vous remercie d?avance pour l?ensemble de vos précisions.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Merci. Madame BACHE, pour trois minutes maximum.

Mme Marinette BACHE. - Ce sera suffisant, Madame la Maire.

Je voulais vous présenter ce v?u qui avait été présenté par Epency EPARA, adjoint au Sport dans le 20e, qui a été voté à l?unanimité par le Conseil d?arrondissement.

Lors de la dernière réunion publique sur la Z.A.C., des engagements ont été pris concernant le fait de ne pas perdre de mètres carrés sportifs au travers de ce projet. Or, dans le programme prévisionnel des équipements publics stipulé dans ce projet de délibération, on constate justement cette perte de mètres carrés sportifs. Nous passons de 12.000 à 10.000 mètres carrés, et ceci, alors que le 20e pâtit déjà d?une sous-dotation en matière d?équipements de proximité. Le ratio est de 519 mètres carrés pour 2.000 habitants du 20e, contre 720 de moyenne parisienne. Le conseil du 20e a unanimement souhaité ne pas perdre plus avec ce projet Python-Duvernois, alors que nous adhérons très majoritairement à ses trois grands principes : conserver la totalité des surfaces sportives et en ajouter de nouvelles telles la tour des sports ; s?adapter aux évolutions et aux nouvelles pratiques, loisirs, accès libre ; favoriser la réappropriation par les habitants.

La perte sèche de deux pistes d?athlétisme existantes, celle au niveau de la porte de Bagnolet et celle au niveau de Louis Lumière, impacterait sérieusement la pratique de l?athlétisme, tant par les scolaires que par les clubs du 20e, mais au-delà. Rien non plus n?est prévu pour favoriser la pratique du jogging par les habitants qui souhaitent disposer d?un parcours sécurisé. C?est la raison de ce v?u que nous présentons avec la maire du 20e Frédérique CALANDRA et avec Jérôme GLEIZES. Je vous remercie.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Merci, Madame BACHE. Pour répondre aux orateurs, je vais donner la parole à Jacques BAUDRIER.

M. Jacques BAUDRIER. - Merci à tous les intervenants et intervenantes pour ces interventions très constructives.

Je voudrais solennellement vous dire que, pour les milliers d?habitants du quartier Python-Duvernois, qui est sans doute l'un des quartiers de Paris qui subit le plus de nuisances en termes de pollution, tant de l?air que sonores, et en termes de difficultés sociales, tout le travail que nous avons mené à ce sujet l?a prouvé, c?est un jour vraiment très important à l?échelle de deux décennies et à l?échelle du début de la mobilisation des habitants de ce quartier qui se sont constitués en association au début des années 2000 et qui ont porté cette idée d?un grand projet urbain qui nécessitait une transformation radicale de leur quartier. Pour elles, pour eux, c?est un jour très important. Je remercie l?ensemble des orateurs et oratrices d?avoir souligné ce fait.

Le quartier a été classé en "politique de la ville" depuis 2004 suite à ces mobilisations et nous avons, après une bataille longue, complexe, réussi à ce qu?il soit sélectionné, fin 2014, avec la porte de Montreuil, comme quartier d?intérêt national dans le cadre du nouveau "Programme national de renouvellement urbain" mené par l?A.N.R.U. C?est le seul quartier parisien parmi ces 200 quartiers. Au départ, il n?y avait rien d?évident à ce que Paris ait un quartier qui soit sélectionné. Même la plupart des observateurs nous disaient que nous n?avions aucune chance. C?est une mobilisation conjointe de l?ensemble des acteurs, de la mairie du 20e, de la Ville de Paris et des acteurs locaux qui nous a permis d?obtenir cela.

Nous en arrivons aujourd?hui, après quatre ans de très nombreuses réunions de concertation, porte-à-porte et divers ateliers, à un projet urbain très innovant qui s?articule autour d?un grand parc. Je crois que c?est un élément important, c?est vraiment le c?ur du projet qui va faire de ce nouveau quartier, qui est un quartier aujourd?hui relégué, un quartier de destination. Ce sera un grand parc paysager sportif de trois hectares, qui établira une nouvelle continuité de la ceinture verte entre le square Séverine et les espaces végétalisés de la Porte de Montreuil.

En termes de bilan d?espaces verts, rappelons que près de deux hectares sont désimperméabilisés et qu?en termes de bilan d?arbres, ce qui a fait débat - je réponds aux interrogations de Mme SIMONNET - nous avons un bilan positif de 253 arbres, puisque 381 arbres seront replantés pour seulement 128 abattus, du fait des nécessités du projet. C?est un bilan de plus de trois pour un, donc très largement positif en termes d?arbres.

Tous les logements, sans exception, en contact direct avec le périphérique seront démolis ou remplacés par des immeubles d?activité, et tous les autres logements bénéficieront de rénovations lourdes, ce qui est un investissement très important à la fois de la Ville de Paris et du bailleur social, la R.I.V.P., très présente sur ce secteur. De nouveaux logements seront construits en bordure du parc, qui permettront de bénéficier d?un environnement beaucoup plus agréable et protégé des nuisances du périphérique. Il y aura un équilibre à trouver entre logements sociaux, logements libres et logements en accession sociale, sur lesquels pourra intervenir l?Office foncier solidaire, comme c?est d?ailleurs déjà inscrit dans le projet de délibération.

Il y a un programme ambitieux d?équipements publics. Je dois insister sur la création du plus grand équipement public de proximité décidé dans le cadre de la mandature, un équipement multisport de 12.000 mètres carrés qui permettra d?aller bien au-delà de la reconstitution des équipements publics sportifs existants et de faire de ce lieu un lieu de destination pour de très nombreux sportifs qui pourront profiter de ces équipements.

Tout cela viendra s?ajouter à des programmes qui ont déjà été décidés dont, la piscine Serpollet qui va ouvrir en juillet 2019, qui est actuellement en phase de finition de construction. Des visites avec les architectes sont encore prévues.

En ce qui concerne la démarche sur la santé, je tiens à souligner que la protection de la santé de la population a été l'une des préoccupations les plus importantes, et c?est bien légitime. Tout au long de la conception de ce projet urbain, nous avons expérimenté une démarche innovante : l?étude "impact santé", pilotée en lien avec Anne SOUYRIS et la DASES, afin de mesurer les conséquences sur la santé de tous les choix problématiques, et évidemment en premier lieu les polluants. Nous avons veillé, en partenariat avec l?A.N.R.U., qui a été aussi très exigeante dans le domaine, à ce que, dans le projet, tous les logements reconstruits soient bien protégés. Pour ce qui est des réponses aux v?ux, en lien avec les expressions au conseil municipal du 20e, j?ai apporté un avis totalement favorable au v?u présenté par Marinette BACHE quant à la pratique de l?athlétisme. Il y a de fortes demandes. Bien entendu, il apparaît nécessaire de restituer cette piste d?athlétisme. Il y a plusieurs options qui seront à travailler. J?ai déjà eu l?occasion de l?évoquer avec Epency EPARA EPARA, que vous avez cité à juste titre et qui est très attaché à la pratique de l?athlétisme dans le 20e arrondissement. Pour ce qui est du v?u présenté par Jérôme GLEIZES sur le déplacement de la barre d?immeuble?

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Monsieur BAUDRIER, il faudrait conclure.

M. Jacques BAUDRIER. - Nous entrons dans une phase de négociation finale avec l?A.N.R.U., sur la base d?un projet négocié de plusieurs années. Si nous voulons que ce projet aboutisse et qu?il ne soit pas renvoyé à un nouveau projet national de renouvellement urbain hypothétique ouvert dans 10 ans, il nous est impossible de changer complètement de braquet et de projet urbain. Techniquement, cela nous amènerait à reporter d?au moins une dizaine d?années. Il est clairement impossible de donner un avis favorable à votre v?u sur le déplacement de la barre d?immeubles, qui annulerait de fait tout le projet. Enfin, sur l?Office foncier solidaire, il a été créé récemment. Nous sommes en phase de travail. A ce stade, il apparaît prématuré de s?engager pour que la totalité des logements passe en Office foncier solidaire mais, bien entendu, l?Exécutif prend l?engagement d?y travailler dans la perspective de l?adoption de la création de la Z.A.C. d?ici le mois de décembre prochain. En l?état, je propose un avis défavorable, mais c?est un avis dans la perspective d?un travail.

Mme Pénélope KOMITÈS. - Merci, Monsieur BAUDRIER. Oui, cela fait 6 minutes 30. Je le note.

Je vais demander au groupe Ecologiste s?il maintient le v?u n° 180. Monsieur JULIEN, on est en train de parler d?un programme important. Ce n?est pas parce que M. BAUDRIER a dépassé d?une minute 30? C?est un projet sur lequel on travaille depuis 20 ans. Monsieur GLEIZES.

M. Jérôme GLEIZES. - Concernant l?amendement n° 180, pour ne pas affaiblir le contrôle de légalité? Oui, je veux répondre.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Je disais que M. BAUDRIER répondait aux v?ux aussi.

M. Jérôme GLEIZES. - Pour ne pas affaiblir le contrôle de légalité, j?accepte de retirer mon amendement. J?espère que, dans les six mois, le travail va se faire pour démontrer le contraire, c?est-à-dire qu?il est plus rentable de vendre à des promoteurs immobiliers plutôt qu?à l?O.F.S. parce que cela ne modifie pas les recettes pour la Ville. Sur le deuxième v?u, je trouve que les arguments ne me satisfont pas, donc je maintiens mon v?u.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - L?amendement n° 180 est retiré.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 181 déposé par les groupes Socialiste et Apparentés et Ecologiste de Paris avec un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Pas d?abstention.

Le v?u est adopté. (2019, V. 179).

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 182 déposé par le groupe Ecologiste de Paris avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est rejeté.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DU 48.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté, merci. (2019, DU 48).

2019 DU 100 - Olympiades (13e). - Conventionnement avec l'Association syndicale libre Olympiades (A.S.L.O.). - Convention-cadre pluriannuelle et convention de fonctionnement des espaces ouverts au public pour l'année 2019.