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Octobre 2009
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2009, DAC 47 - Signature de deux conventions et d'un avenant avec l'Association pour le Soutien du Théâtre Privé.

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2009


 

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du projet de délibération DAC 47 relatif à la signature de deux conventions et d'un avenant avec l'Association pour le Soutien du Théâtre Privé.

La parole est au Président Yves POZZO di BORGO.

M. Yves POZZO di BORGO. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, je profite de ce projet de délibération qui porte sur la subvention de l'Association pour le Soutien du Théâtre Privé, pour relancer l'idée - j'en avais parlé avec vous une fois en séance - d'un débat sur la politique théâtrale de la Ville.

En effet, à plusieurs reprises, en séance ou même par question écrite, notre groupe a demandé la mise sur pied d'un audit. Je ne sais pas si c?est le mot "audit", mais du moins d'un débat sur la politique théâtrale de la Ville.

Je me souviens, lorsqu'une fois même en séance, j?avais abordé ce principe, vous m?aviez très gentiment répondu que le meilleur lieu pour un débat serait la 9e Commission, présidée par un membre de qualité, qui est derrière moi. Evidemment, ce sont des dossiers intéressants, avec des membres de qualité, mais je ne suis pas sûr, compte tenu du peu de moyens dont dispose la Présidente elle-même ou la Commission, si on n?aurait pas, pour donner beaucoup plus de force à ce débat, intérêt à ce que ce débat puisse avoir lieu en Conseil de Paris.

C'est un peu la question que je vous pose, Monsieur le Maire.

A l?époque, vous m?aviez répondu très gentiment. Je n'en ai pas parlé avec Mme la Présidente, je ne vais pas parler à sa place, elle est là derrière, mais je pense que, pour qu?on ait une vision un peu générale, ce ne serait pas plus mal qu'il y ait, un jour, un débat ou une communication sur ce sujet.

Merci, Monsieur le Maire.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci, Président.

La parole est à M. Christophe GIRARD.

M. Christophe GIRARD, adjoint, au nom de la 9e Commission. - La question d?Yves POZZO di BORGO est une bonne question, puisque cela fait partie des sujets de préoccupation devant un domaine en pleine évolution, à la fois de la part des publics et des institutions elles-mêmes.

Je peux vous apporter aujourd'hui déjà un certain nombre d'éléments, puisque nous avons évidemment travaillé et que nous avons une connaissance assez affinée. Vous aviez déjà posé des questions sur ce sujet.

La 9e Commission, je vous le confirme, fait bien un travail régulier, avec d?ailleurs une présence assidue de ses membres, sur tous ces sujets, et la politique théâtrale en particulier, mais je peux déjà aujourd'hui vous apporter un certain nombre d'éléments.

Notre politique théâtrale s'articule autour de plusieurs axes :

- l'aide aux grandes institutions comme le Théâtre de la Ville ;

- le soutien aux théâtres municipaux : Maison de la Poésie, Théâtre Paris-Villette, le Monfort, le Théâtre 13, le Théâtre 14, le Vingtième Théâtre, le Mouffetard, les Abbesses ;

- le soutien à de nombreux lieux de création et de diffusion, soutenus également par l'Etat pour la plupart, comme le Théâtre du Rond-point, qui est cofinancé, je vous le rappelle, à parité avec l'Etat, le Théâtre de la Cité internationale, le Théâtre de la Bastille mais également des structures de proximité, comme le Grand Parquet dans le 18e arrondissement ;

- le soutien à des festivals ; je pense en particulier au Festival d'automne et aux festivals de proximité dans les arrondissements ici ou là dans Paris ;

- le soutien au théâtre privé via l?aide apportée avec l'Etat, encore une fois, à l'Association pour le Soutien du Théâtre Privé qui permet de soutenir 57 théâtres privés à Paris ;

- les aides au projet pour les compagnies, qui sont des aides à la diffusion de spectacles, attribuées sur certains critères.

Chaque axe ainsi de notre politique théâtrale a fait l'objet d'évaluation. Plusieurs audits ont déjà eu lieu - je crois que l?on peut utiliser ce mot, c'est un mot assez complet - ont déjà eu lieu au cours des quatre dernières années :

- mission d'étude de Bernard FAIVRE d?ARCIER sur la réforme des théâtres municipaux, dont le rapport a été remis en 2005 à la Ville ;

- audit spécifique du Théâtre Paris-Villette en 2005 ;

- audit de l'Inspection générale de la Ville sur la politique d?invitation des théâtres municipaux en 2008 ;

- inspection conjointe Ville-Etat de l'Association pour le Soutien du Théâtre Privé en 2005 ;

- évaluation conjointe Ville-Etat du Théâtre du Rond-point en 2006 ;

- audit du Théâtre de la Ville en 2007 ;

- audit en cours de la Maison de la Poésie ;

- évaluation en 2006-2007 de notre dispositif d'aide au projet pour les compagnies.

Vous voyez là, Monsieur POZZO di BORGO, qu?il y a évidemment un certain nombre de documents que la Ville peut tout à fait vous transmettre, pour une partie des établissements concernés par la Ville.

Nous continuerons ce travail d'évaluation régulier car, comme vous le suggérez, c?est notre devoir de rendre des comptes aux Parisiens quant à la bonne utilisation des deniers publics.

Je souhaite ajouter qu?au-delà du soutien apporté au secteur théâtral, la Ville de Paris contribue, par les choix qu'elle impulse, à un renouvellement générationnel, bénéfique pour la vitalité culturelle de Paris.

Nous avons ainsi favorisé l'ouverture et le changement au sein des opérateurs culturels, avec l'arrivée de nouveaux directeurs au Théâtre de la Ville, au Monfort, au Châtelet, à la Maison des Métallos.

Concernant la subvention de l'Association pour le Soutien du Théâtre Privé, puisqu'il y a là une question spécifique sur la subvention, à travers l?aide accordée à l?A.S.P.P., comme nous l'appelons, la Ville soutient donc 57 théâtres privés à Paris.

La situation budgétaire de la Ville nous a conduit à analyser attentivement chaque subvention. Or, la situation financière de cette association, l?A.S.P.P., est, peut-on dire, confortable : le fonds de roulement de l'association est passé de 2 millions d'euros en 2006 à 4,6 millions d'euros en 2008.

Grâce aux résultats 2008, s?élevant à 1 million d'euros, les réserves de l'association ont retrouvé un niveau très correct, à savoir 3,9 millions d'euros.

En trésorerie, l?A.S.P.P. dispose donc de plus d'un an de fonctionnement.

En période de difficulté budgétaire et financière pour l'ensemble de la nation, et Paris n'étant pas épargnée, il nous semble important de soutenir les théâtres les plus fragiles, et ceux qui mènent une mission de service public sans ambiguïté. Il s'agit du tarif de leur place, des conditions d'accueil des artistes, de la prise de risques artistiques et des actions culturelles auprès des publics.

La subvention de fonctionnement de la Ville à l?A.S.P.P. pour l?année 2009 est de 3,273 millions d'euros, soit une baisse de 10 % par rapport à 2008. A cette somme, il convient d'ajouter les aides en équipement à hauteur de 201.393 euros en 2009, ce qui porte l'aide globale aux théâtres privés à environ 3,5 millions d'euros, ce qui reste une somme, vous en conviendrez, importante.

Je terminerai en vous indiquant également que le paysage théâtral parisien est incontestablement le plus riche et le plus diversifié au monde. Au cours des 40 dernières années, le nombre de salles de théâtre à Paris a doublé et l'offre de spectacles a été multipliée au moins par 5. On dénombre aujourd'hui près de 155 salles de théâtre et une moyenne de 400 spectacles par semaine dans la Capitale.

400 spectacles par semaine dans la Capitale !

Dans le 14e, d'ailleurs, il y a, rue de la Gaieté en particulier, Monsieur CHERKI, un grand nombre de théâtres de grande qualité.

Au côté des théâtres nationaux (l'Odéon, la Colline, la Comédie française, Chaillot), la Ville de Paris mène depuis 2001 une politique théâtrale dont les lignes, il me semble, sont claires.

Au total, et pour en terminer, les subventions accordées par le Bureau du spectacle de la Direction des Affaires culturelles de la Ville de Paris ont augmenté de 37 % entre 2000 et aujourd'hui, passant de 19 millions à environ 26 millions d'euros.

Je vous remercie.

Ce chiffre n'incluant pas la subvention au "104", bien évidemment.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci.

M. POZZO di BORGO souhaitait ajouter un mot ? Un mot, s?il vous plaît !

M. Yves POZZO di BORGO. - Monsieur GIRARD, j'avais eu le même problème lorsque je vous avais interrogé sur la politique culturelle de la Ville au mois d'août. Vous me répondez en sortant toute une longue liste de choses.

Je ne conteste pas ce que vous faites, mais j'aimerais également que l?on ait les audits.

Simplement, ce que je souhaiterais, parce que c?est quand même une affaire très spécifique le théâtre, dans le paysage vous le savez mieux que moi, vous êtes plus de culture que moi à ce niveau - de l'art et, globalement, au niveau européen et autres, qu'il y ait une sorte de débat pour qu'on le mette en perspective avec l?avenir compte tenu des coûts. C'est cela que je veux dire.

Je vous remercie de l'énumération que l'on connaissait, mais c'est plus un débat en profondeur que je voulais avoir sur ce sujet, si c'est possible de le faire.

Merci encore, Monsieur le Président, de me redonner la parole ; je n'y avais pas le droit et merci à vous de votre réponse.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Nous passons au vote sur ce projet de délibération.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 47.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2009, DAC 47).