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Octobre 2009
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2009, II - Question d'actualité posée par le groupe Centre et Indépendants à M. le Maire de Paris relative à la solidarité avec les agriculteurs franciliens.

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2009


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à Mme Edith CUIGNACHE-GALLOIS pour la question d'actualité du groupe Centre et Indépendants.

Mme Edith CUIGNACHE-GALLOIS. - Merci, Monsieur le Maire.

Je vais vous parler de la solidarité avec les agriculteurs franciliens. On va changer un peu de sujet.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, vendredi matin, les jeunes agriculteurs d?Ile-de-France bloquaient symboliquement les Champs-Elysées. Il n'y a pas, à ma connaissance, d'agriculteurs à Paris mais il y en a un nombre important dans les autres départements d'Ile-de-France. Notre Région compte encore plus de 6.500 exploitations agricoles dont 190 dans les départements de la petite couronne.

190 exploitations, donc, périurbaines. C'est ce que d'ailleurs Jean-Paul HUCHON appelait récemment, avec un certain mépris, les "champs de patates".

Ces agriculteurs franciliens, comme leurs collègues des autres régions, souffrent de la faiblesse des prix de vente de leur production. Paris constitue pourtant pour eux un vivier naturel de consommateurs.

Ne faut-il pas, face à une telle crise, encourager la solidarité francilienne ?

Nous débattrons tout à l'heure du Plan Départements-Région. Les discussions sur le Grand Paris sont amorcées. Alors, peut-être devrions-nous nous attarder quelques minutes sur la campagne qui nous entoure, à quelques dizaines de kilomètres d'ici, et sur la part de la population agricole qui y vit encore.

Je m'explique : la plupart d'entre nous doivent connaître le système des A.M.A.P., Association pour le maintien d'une agriculture paysanne. Elles mettent en relation directe maraîchers et arboriculteur avec de petits groupes de consommateurs achetant chaque semaine un panier de fruits et de légumes. A Paris, il en existe une bonne trentaine. C'est une bonne chose, et certaines de ces A.M.A.P. sont déjà aidées d'une façon ou d'une autre par la Ville.

Nous nous en félicitons. C'est très bien et nous voudrions vous encourager dans cette voie.

Aussi, je vais vous poser la question suivante : peut-on avoir un bilan de ces aides ? Paris ne pourrait-il pas devenir un département pilote en la matière ? D'autre part, peut-on imaginer d'autres moyens de favoriser les rapports directs des agriculteurs vivriers d'Ile-de-France et des consommateurs parisiens potentiels ? Parce que ces filières courtes limitent la pollution liée au transport et évitent la multiplication des intermédiaires qui augmentent régulièrement leurs marges aux dépens des agriculteurs et des consommateurs.

Une telle démarche s'inscrirait donc dans une volonté d'amélioration écologique du cadre de vie des Parisiens. Faciliter l'accès du plus grand nombre à des produits agricoles de qualité, de préférence biologiques, est à mon avis un enjeu important pour notre ville, pour la Région et pour le Grand Paris. Nous avons là, me semble-t-il, un rôle de proximité à jouer.

Voilà, Monsieur le Maire, nous n'avons évidemment pas l'habitude de débattre des questions agricoles dans cette enceinte mais l?actualité peut sans doute nous pousser à explorer des pistes d'actions existantes dans ce domaine, au nom de la solidarité régionale et nationale avec, en arrière-plan, la question de la souveraineté alimentaire qui sera l'un des grands enjeux du XXIe siècle.

Merci.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame.

La parole est à M. MANSAT, adjoint aux questions agricoles.

(Rires).

M. Pierre MANSAT, adjoint. - Je suis un expert ! Il est clair que la question de Mme CUIGNACHE-GALLOIS pose un vrai problème parce qu'il y a certes l'inquiétude? et plus que l'inquiétude, la colère des agriculteurs qui ont manifesté devant "Le Fouquet?s" il y a quelques jours et qui continuent aujourd'hui. L'ensemble des Français s'inquiètent pour leur sécurité alimentaire et se voient confrontés à un système de distribution qui fait que les fruits et légumes atteignent des prix prohibitifs et qu'il devient de plus en plus cher et de plus en plus compliqué de se nourrir. Il est bien évident qu'il relève de la responsabilité d'une collectivité comme Paris, comme Département et comme Ville d'y remédier. De ce point de vue, il y a sans doute beaucoup encore à faire mais je crois que Paris est parmi les pionnières dans ce domaine pour faire émerger une autre façon de penser l'agriculture et le rapport de la Ville avec la nature.

Cela pose, bien sûr, des questions.

La première question nécessite d'y réfléchir à l'échelle métropolitaine. Il s'agit de permettre un projet partagé du développement de la métropole qui refuse justement tout ce qui peut être consommateur d'espaces agricoles, d'espaces naturels, qui contredirait les efforts faits par des Départements. J'en citerai un seul qui est celui du Conseil général de Seine-et-Marne avec qui nous avons commencé à envisager une coopération dans ce domaine et qui travaille activement pour la promotion de cultures alternatives. On pense aux cultures vivrières mais je pense aussi, par exemple, à la culture du chanvre, qui est un produit très intéressant pour l'ensemble de nos activités.

(Rires).

Vous savez que le chanvre est à l'origine de beaucoup de produits très utiles, le tissu notamment, et qu'on peut retrouver là des productions traditionnelles extrêmement importantes. Ne vous moquez pas, vous manifestez là votre ignorance en vous moquant de cet aspect.

La deuxième question découle de ce que ce sujet était au c?ur de la réflexion des architectes de la consultation internationale du Grand Paris et, il ne faudrait pas que des projets, tels que celui de l'hyper-quartier de La Défense ne contredisent absolument les conclusions de cette consultation des architectes qui visent à favoriser le développement de l'agriculture urbaine et à inventer de nouveaux rapports entre la ville et les agriculteurs.

Et puis, il y a l'ensemble des actions de la Ville de Paris que vous avez évoquées. Je pense notamment à l'action que mène Seybah DAGOMA en soutien à l'Académie sociale et solidaire à travers la sensibilisation des régies de quartier sur cette question, qui construisent des rapports dans ce domaine avec des maraîchers, pas seulement de la Région parisienne mais aussi de la Région Centre, avec des maraîchers qui produisent des produits biologiques et avec une action en matière de prix, puisque cela reste absolument indispensable.

Nous avons apporté également notre soutien à toutes les initiatives citoyennes comme les A.M.A.P. et, bien sûr, nous continuerons sur cette question des circuits courts de distribution constitue un point central de la réflexion.

On pourrait également citer la politique qui a été développée dans les caisses des écoles?

Toutes ces questions seront également abordées dans le cadre de l'action d'un grand nombre d'adjoints. Je pense au Plan Climat parisien.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Bravo ! Vous pourriez applaudir notre solidarité.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

En plus, il ne faut pas plaisanter.

Je vous dis simplement, pour ceux qui ont souri à propos du chanvre, que j'ai vu sur TF1, je crois, pendant le week-end, un reportage très intéressant sur la culture du chanvre au service de la construction écologique. Il y avait un reportage tout à fait pédagogique. Je me suis interrogé : y a-t-il d'autres utilisations ? Mais apparemment? en tout cas, le reportage n'en faisait pas état.

Avec les vignes de Montmartre peut-être ? C'est possible.