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Octobre 2009
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2009, Vœu déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés relatif à la mixité dans les internats parisiens des classes préparatoires aux grandes écoles.

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2009


 

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du v?u référencé n° 67 dans le fascicule, déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, relatif à la mixité dans les internats parisiens des classes préparatoires aux grandes écoles, vaste sujet.

Je donne la parole à M. Jean-Louis MISSIKA.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Mes chers collègues, il s?agit donc d?un v?u relatif à la mixité dans les internats parisiens des classes préparatoires aux grandes écoles. Certains d'entre vous ont sans doute vu dans la presse cette information concernant le fait que certains internats des grandes écoles à Paris étaient réservés aux garçons.

En général, quand on lit ce genre de chose, on est indigné, puis on passe à autre chose. Et je voudrais, par ce v?u, essayer d'aller un tout petit peu plus loin et faire bouger les choses. Je vous rappelle que sur les huit lycées abritant des classes préparatoires et disposant d'un internat, six de ces internats sont uniquement masculins. Je ne vais pas vous citer les lycées concernés, ils sont tous sur le v?u.

Je vous rappelle également qu'il y a une véritable injustice qui est faite aux jeunes filles en la matière parce que le fait d'être dans un internat situé à l'intérieur du lycée est un avantage comparatif important par rapport au fait d'être dans un logement très éloigné. Et certains des logements qui leur sont proposés sont effectivement très éloignés des lycées dans lesquels elles font ces classes préparatoires.

Et simplement, il faut savoir que la seule raison qui justifie cet état de fait, c'est le poids de la tradition et que, donc, pour changer cela, il suffit de le décider. Faire quelques aménagements, bien sûr, de ces internats mais, principalement, de décider que ces internats sont mixtes. Et je vous propose de voter ce v?u qui dit qu'au nom du principe de mixité, tous les internats des lycées parisiens destinés aux étudiants en classes préparatoires soient ouverts aux jeunes femmes, et que le Rectorat de Paris soit saisi à cette fin.

J'ajouterais qu'il s'agit d'un enseignement post-bac et que la responsabilité des aménagements - comme de la décision relève de l'État et non pas de la Région ou de la Ville.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Monsieur MISSIKA.

Pour vous répondre, je donne la parole à Mme Danièle POURTAUD.

Mme Danièle POURTAUD, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, chers collègues, Jean-Louis MISSIKA vient de nous alerter par ce v?u sur le manque de mixité au sein des internats parisiens des classes préparatoires des grandes écoles et sur les inégalités qui en découlent entre les étudiantes et les étudiants.

C'est clair qu'effectivement ce sujet a fait la Une de temps en temps et puis, qu'il retombe dans l'oubli. Or - comme l?a très bien dit Jean-Louis MISSIKA -, ce non respect de la mixité nuit à l'égalité des chances et est, en effet, très préjudiciable pour ces jeunes étudiantes, d'autant plus que les six internats que vous avez cités, cher collègue, dans les attendus de votre v?u hébergent tous des élèves en classes préparatoires scientifiques et c'est justement dans ces classes préparatoires scientifiques que les jeunes femmes sont le plus - si je peux me permettre - sous-représentées, alors même que - nous le savons tous - leurs résultats au bac S qui prépare justement à ces classes préparatoires scientifiques sont plutôt meilleurs en moyenne que ceux des garçons.

Par ailleurs, une discrimination sociale s'ajoute à cette inégalité de sexes puisque les jeunes filles les plus modestes se voient les plus touchées par ce manque de place en internat, étant donné qu'elles vont avoir encore plus de difficultés à se loger dans le privé. Et il est certain que les difficultés de logement auxquelles elles sont confrontées font partie des freins à leur inscription dans ces classes préparatoires.

Il serait donc utile que le Recteur - puisque comme le disait à l'instant Jean-Louis MISSIKA, la responsabilité des enseignements et des modes de logement post-bac repose sur l'État - il serait donc utile que le Recteur réunisse l'ensemble des acteurs concernés pour apporter une réponse collective à ce problème.

C'est pourquoi, au nom de l?Exécutif, je vous propose d'adopter ce v?u.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Pour une explication de vote, Madame DOUVIN, vous avez la parole.

Mme Laurence DOUVIN. - Merci, Monsieur le Maire.

Nous sommes tout à fait favorables à ce v?u puisque les chiffres parlent d'eux-mêmes. Sur 2.318 places d'internat, il y a 1.455 places pour les garçons et 863 pour les filles. Il est donc indispensable qu?il y ait un rééquilibrage, nous sommes attachés à la parité dans tous les domaines et notamment dans celui-là.

On pourrait peut-être quand même ajouter que la Ville de Paris pourrait mettre à la disposition du Conseil régional des terrains pour construire de nouveaux internats, ce qui aiderait manifestement à accélérer ce mouvement. Nous nous associons donc à ce v?u.

Je vous remercie.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Madame DOUVIN.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, assortie d'un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée à l'unanimité. (2009, V. 340).

M. Christian SAUTTER, adjoint. - Bravo.