Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Octobre 2009
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

2009, Vœu déposé par Mme Michèle BLUMENTHAL, M. Patrick BLOCHE, Mmes Sandrine CHARNOZ, Karen TAÏEB, Liliane CAPELLE et les élus des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés et du Mouvement républicain et citoyen à la maternité de l'hôpital Saint-Antoine.

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2009


 

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du v?u référencé n° 18 dans le fascicule, déposé par le groupe socialiste, radical de gauche et apparentés, relatif à la maternité de l'hôpital Saint-Antoine.

La parole est à Mme Sandrine CHARNOZ.

Mme Sandrine CHARNOZ. - Merci, Monsieur le Maire.

C?est un v?u relatif à la maternité de l'hôpital Saint-Antoine, maternité qui va être regroupée avec celles de Tenon et Trousseau dans le cadre de la mise en place du groupe hospitalier Saint-Antoine-Rothschild-Trousseau-Tenon.

Nous souhaitons par ce v?u attirer l'attention sur les menaces, soit de fermeture, soit de diminution drastique des accouchements, qui pèsent sur cette maternité.

Nous souhaitons également attirer l'attention sur la spécificité de Saint-Antoine, qui est une maternité de soins de proximité mais également un Centre national de référence, de recherche, auquel soient rattachées des écoles de sages-femmes.

Nous souhaitions également attirer l'attention sur la spécificité de Saint-Antoine concernant le traitement des pathologies en cours de grossesse des mères.

Nous souhaitions, pour finir, attirer l'attention sur l'ensemble de l'offre de l'Est parisien concernant cette problématique de grossesses et de naissances, et relayer également l'inquiétude du personnel de Trousseau, quant au maintien à Trousseau d'un hôpital spécialisé pour les enfants.

Et pour finir, attirer l'attention sur Tenon et Saint-Antoine, deux hôpitaux qui pratiquent les I.V.G. A Tenon, nous avons une fermeture du planning familial, une non reconduction du médecin qui pratiquait les I.V.G. qui suscitent une grande inquiétude de notre part.

Si Trousseau venait par là même à ne plus pouvoir pratiquer les I.V.G., nous aurions une véritable problématique sur ces centres d'interruption volontaire de grossesse dans l'Est parisien.

Ce v?u souhaite que le Maire de Paris intervienne auprès de la Ministre de la Santé pour relayer les inquiétudes des habitants et de la communauté médicale, donne les moyens nécessaires à l?A.P.-H.P. et maintienne une offre de soins de qualité dans l'Est parisien.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Je donne la parole à M. LE GUEN pour répondre et à M. BENESSIANO pour une explication de vote.

M. Jean-Marie LE GUEN, adjoint. - Je dois dire que je soutiens tout à fait ce v?u, et je remercie notre collègue Sandrine CHARNOZ, qui pose très bien le problème de la nécessité que nous avons d'opérer un certain nombre de regroupements hospitaliers pour des raisons d?organisation du système de soins, d'efficacité, de qualité des soins.

En même temps, tout cela se fait dans un contexte de pression budgétaire que j'ai déjà souvent dénoncée et, avec des problèmes de démographie médicale qui commencent à se poser de façon aiguë et qui iront croissant.

Dans ce cadre, je tiens tout à fait à m'engager sur l'idée qu'il doit y avoir une priorité de l'offre hospitalière de l'Assistance publique sur l'Est parisien, qu'il est hors de question d'accepter la perspective du démantèlement de la maternité de Saint-Antoine, qu?il faut d?ailleurs que l?hôpital public réponde à la demande croissante en matière d'accouchement. Et bien évidemment, puisque c'était aussi un point que vous avez abordé, qu?il y ait le maintien, et peut-être le développement, d'une offre en matière d'I.V.G., sachant évidemment que celle-ci doit se faire dans les meilleures conditions d'accueil tant médicales que psychologiques, et que nous ayons donc toutes garanties sur ce point.

De ce point de vue, je pense qu?il serait souhaitable que les autorités sanitaires du Département prennent l'initiative de garantir, à l'ensemble des Parisiennes, le fait que les délais de recours à l'I.V.G. ne soient pas supérieurs à quinze jours. Il y a une dérive relativement préoccupante.

Je demande donc au Préfet de Paris de prendre les initiatives pour que, qu'il s'agisse du privé ou du public, soit coordonnée une capacité d'offre en I.V.G., qui fasse que satisfaction soit donnée aux femmes qui le demandent dans des délais tout à fait raisonnables.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Monsieur LE GUEN.

Monsieur BENESSIANO, vous avez la parole, pour une explication de vote.

M. Hervé BENESSIANO. - Merci, Monsieur le Maire.

Les interrogations exprimées par les élus de l?Est parisien s'inscrivent dans le contexte de préparation du plan stratégique de l'A.P.-H.P. A ce jour, à ma connaissance, aucune décision définitive n'a été prise. Il n'est donc pas possible de confirmer les hypothèses mentionnées dans le v?u et présentées ce jour au vote du Conseil de Paris.

Le directeur de l'A.P.-H.P. s?est exprimé, lors de la pose de la première pierre du bâtiment BUCA de l'hôpital Tenon, sur ce regroupement devant les élus, et en leur précisant en premier lieu que restructuration de l'offre ne veut pas dire restriction, mais signifie maintien des services publics, mêmes capacités d'accueil, ainsi qu'un meilleur accès aux soins qui réduira les délais d'attente des patients, notamment pour les femmes qui souhaitent une I.V.G.

Il faut noter à ce sujet une évolution de la pratique des I.V.G., avec un recul de l?I.V.G. chirurgicale et une augmentation des I.V.G. médicamenteuses qui peuvent être pratiquées par des médecins de ville, dans le cadre des réseaux ville-hôpital.

C'est aussi dans ce contexte que l'AP-HP a engagé depuis début 2009 une réflexion sur la nécessaire adaptation de son dispositif de prise en charge, qui doit être progressivement consolidé au sein des onze groupes hospitaliers en cours de constitution, et dont le socle commun comportera une prise en charge en ontogénie qui devrait être plus complète, plus fluide et plus sûre.

Plus précisément, cette prise en charge fonctionnera grâce à la mise à disposition d'un centre I.V.G. dans chaque groupe hospitalier, soit par convention avec un hôpital de proximité, soit directement. C'est de cette façon que tous les modes d?intervention d?I.V.G. médicamenteux et chirurgicaux seront maintenus.

Le directeur général de l'A.P.-H.P. a exprimé sa volonté de rencontrer les élus qui le souhaite, pour évoquer plus précisément ces sujets.

C?est la raison pour laquelle, au titre de notre groupe, nous nous abstiendrons sur ce v?u.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Très bien.

C'est en tant que maire d'arrondissement, Madame CALANDRA, que je vous donne la parole, brièvement si possible.

Mme Frédérique CALANDRA , maire du 20e arrondissement. - Monsieur le Président, merci, pour une minute simplement.

Je souhaite rappeler qu'on peut concevoir toutes les restructurations, toutes les rationalisations, mais à un moment donné, on a quand même affaire à des populations qui ont des problèmes, notamment dans l'Est parisien, de rapport avec le français, avec l?écrit, avec les démarches administratives, avec beaucoup de sujets.

Si nous souhaitons que les femmes en France continuent à maîtriser leur maternité et la contraception, leur santé et la santé de leurs enfants, il faut un accueil de proximité. Nous avons des populations très nombreuses dans nos quartiers.

Je souhaite que soit maintenu un planning familial dans l'hôpital Tenon. Je me suis exprimée à cet égard à l'occasion de la pose de la première pierre du bâtiment BUCA. Je maintiens fortement cette demande, car ce n'est pas du luxe.

Je rappelle, qu?uniquement dans le 20e arrondissement, nous avons 196.000 habitants officiels, avec une surpopulation dans les appartements notoire, et beaucoup de femmes qui ont un rapport extrêmement éloigné avec la médecine, notamment gynécologique.

Merci.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci.

Un très bref propos de M. LE GUEN.

M. Jean-Marie LE GUEN, adjoint. - Très rapide, Monsieur le Maire.

Juste pour dire à notre collègue Hervé BENESSIANO que s?il se sent l?idée de rapporter le présent échange à l'A.P.-H.P., qu'il n'oublie pas non plus de rapporter toutes les aspirations de l?administration et des personnels à avoir un budget qui soit plus conséquent, et qu'il puisse aussi se faire l'interprète des inquiétudes qui ont été très largement celles des personnels de l'A.P.-H.P. lors du vote de la loi HPST.

Cela sera plus complet, du point de vue de son intervention.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par les groupes socialiste, radical de gauche et apparentés et du Mouvement républicain et citoyen, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2009, V. 322).