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Octobre 2009
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2009, DAC 565 - Signature d'une convention relative à l'attribution d'une subvention à l'association "Le Cent Atelier en Commun" (12e). - Montant : 70.000 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2009


 

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du projet de délibération DAC 565 concernant la signature d'une convention relative à l'attribution d'une subvention de 70.000 euros à l'association "Le Cent Atelier en Commun" (12e).

La parole est à Mme Sandrine CHARNOZ.

Mme Sandrine CHARNOZ. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, le projet de délibération sur la signature d'une convention relative à l'attribution d'une subvention à l?association "Le Cent Atelier en Commun" nous permet de nous féliciter de l'existence d'un tel projet et du chemin parcouru depuis sa création.

Le 100 rue de Charenton a été mis à disposition de l?association "Le Cent Atelier en Commun" par le biais d?une convention et a été inauguré en janvier 2008.

Ce lieu unique accueille des créateurs, des artistes, qui peuvent travailler, expérimenter, échanger. Il accueille toutes les pratiques et est ouvert à tous sans critère de sélection.

Le projet regroupe un atelier en commun, le lieu de fabrication, le socle, une structure d'accompagnement économique, les matières premières, la production artistique, le tout regroupé sous le terme "Le Cent, établissement culturel solidaire".

L'affluence de cet équipement atypique, avec plus de

2.000 artistes depuis l'ouverture, artistes en arts plastiques, en spectacle vivant, démontre que c'est une réponse cohérente au manque d?espaces de travail des artistes de toutes disciplines.

Ses tarifs sont adaptés en fonction des ressources des artistes : 4 euros par demi-journée en tarif plein, 2 euros pour les bénéficiaires du R.M.I., et application du quotient familial.

Il propose un usage modulable dans le temps comme des abonnements au mois qui donnent plus de souplesse et optimisent son occupation.

Au-delà d'un lieu de création artistique, c?est un projet économique qui, au travers du socle, aide les artistes à développer leurs projets et leurs activités.

Le projet de délibération qui nous est proposé aujourd'hui concerne la subvention de fonctionnement de l?atelier en commun, qui est le lieu de fabrication. L?atelier, qui emploie six artistes anciens allocataires du R.M.I., souhaite renforcer son équipe, diversifier l?activité avec un pôle audiovisuel et un atelier de stylisme, et créer une ligne de communication professionnelle pour accompagner les artistes et les créations.

Il s'agit également de multiplier les partenariats locaux : art en ballade, la fête de la Trôle, les 100 ans de l'école Baudelaire, la fête de la musique, les portes ouvertes des ateliers d?artistes, Cinémaligre, et nous nous réjouissons, dans le 12e, de bénéficier d'une telle structure.

Mais le grand pari gagné du 100, et qui fait toute sa spécificité, c?est qu?il a réussi à réunir de grands professionnels du spectacle tels que Peter BROOK, Lambert WILSON, Fanny ARDANT, et des plasticiens de renommée internationale en même temps que de très nombreux artistes au R.M.I., qui représentent 60 % des artistes travaillant actuellement à l'atelier.

Toutes ces raisons guident naturellement à augmenter sensiblement la subvention de la Ville de Paris au "Cent Atelier en Commun", qui rend un service de très grande qualité à un très grand nombre d'artistes parisiens, et c?est pourquoi je me réjouis de ce projet de délibération et vous invite à le voter.

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci beaucoup, chère collègue.

La parole est à Mme Danielle FOURNIER.

Mme Danielle FOURNIER. - Merci.

Je voudrais aussi me réjouir à propos de ce projet de délibération mais peut-être avec un peu de modération.

En effet, le Cent fait partie des associations culturelles qui proposent un projet artistique et culturel nouveau et vraiment novateur.

Cette association, qui est installée dans un immeuble désaffecté du 12e qui a été simplement mis en conformité, accueille depuis presque deux ans des artistes, amateurs ou professionnels, sans distinction, comme on l?a rappelé, sans hiérarchie entre ceux qui sont accueillis.

Le principe est posé et le fonctionnement du lieu est adapté à cet objectif. On a évoqué précédemment les prix des locations des espaces qui font que des allocataires du R.M.I. peuvent avoir des tarifs tout à fait particuliers. C'est peu, c'est même, pour le coup, symbolique, c'est à la portée de tous ceux qui souhaitent s'investir dans une activité artistique.

Ce lieu est une réponse adaptée au manque d'espaces de travail pour les artistes dont souffre Paris.

Enfin, le lieu est ouvert sept jours sur sept. Aussi la mutualisation des espaces n'est-elle pas un vain mot. Dans une ville dense, pouvoir utiliser au mieux l'espace est une solution d'évidence et le 100 rentabilise au mieux les espaces dont il assure la gestion.

Je voudrais ajouter que le lieu était auparavant un local

E.D.F. et que la transformation, qui a été une mise en conformité, n'a coûté que 400.000 euros.

Dans un contexte de crise et dans une période où on réfléchit à d'autres modalités de mise en ?uvre des politiques publiques et où on cherche des économies d'échelle, je trouve à la fois réjouissant et rassurant de constater qu'il est possible de mettre en ?uvre des projets d'intérêt général réussis, avec un coût maîtrisé et modeste.

Je crois que par là même ce lieu contribue efficacement à l'image culturelle de Paris, en démontrant que le prestige n'est pas forcément lié au montant de la dépense.

Aussi, lorsque l'association sollicite une subvention de 92.000 euros sur un budget d?un montant global de 600.000 euros, ne lui accorder que 70.000 euros, soit un tiers de moins que sollicité, c'est faire une économie, je pense, négligeable pour la Ville mais risquer de mettre en péril l'économie fragile de cette association à la fois modeste dans ses demandes et, comme on l?a rappelé, ambitieuse dans ses engagements et dans ses réalisations.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Nous terminons avec Mme Geneviève BERTRAND.

Mme Geneviève BERTRAND. - Merci, Monsieur le Maire, je vais essayer de ne pas trop répéter.

Depuis 2006 la convention d?occupation du domaine public signée entre la Ville et l'association "Le Cent Ateliers d?artistes " a permis l'occupation de l'immeuble du 100 rue de Charenton dans le 12e arrondissement, et après quelques travaux d?aménagement réalisés en partie par la Ville de Paris, ce lieu a été inauguré le 12 janvier 2008.

L'expérience dure donc depuis un an et demi. Plus de

1.000 artistes sont aujourd?hui inscrits dans ce lieu ouvert sept jours sur sept. Pour en faire quoi ?

Un espace partagé où les créateurs travaillent, expérimentent, se rencontrent, échangent sur leurs expériences. Ce lieu est employé, semble-t-il, dans le respect mutuel et avec un sens des responsabilités. Aucune pratique artistique n?est exclue et il n'existe pas de sélection à l'entrée. C'est donc une expérience qui apparaît comme une réponse au manque criant d'espaces de travail pour les artistes de toutes disciplines.

Comme élue du 6e arrondissement, dans lequel séjournent ou transitent d'innombrables artistes, c'est une requête à laquelle je suis très souvent confrontée et évidemment très sensible.

Comme il a été dit, la participation aux frais, même modeste, génère une recette de près de 70.000 euros. En 2008, cette recette a permis de faire face aux charges de fonctionnement, c'est dire la faiblesse des frais.

Un système de rotation permet en outre d'accueillir chaque jour environ 60 artistes, et ce système de rotation me paraît particulièrement intéressant.

Les projets 2009 sont nombreux, je ne les détaillerai pas : ils ont déjà été exposés.

Pour conclure, en 9e Commission, la semaine dernière, M. Christophe GIRARD, exposant ce projet, nous a mis en appétit en déclarant que tous les élus de la 9e Commission devraient aller se rendre compte sur place du caractère exemplaire du lieu. Il a aussi souhaité que beaucoup d'autres lieux semblables voient le jour dans d'autres arrondissements de Paris.

Pourrait-il nous en dire plus en Conseil de Paris ?

Je vous remercie.

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Christophe GIRARD, nous aussi, nous sommes en appétit.

M. Christophe GIRARD, adjoint, au nom de la 9e Commission. - Et être en appétit après déjeuner, c?est très fort quand même !

Merci beaucoup à Sandrine CHARNOZ, à Danielle FOURNIER et Geneviève BERTRAND. Je vais, bien sûr, tenter de vous répondre de façon précise.

Ouvert en janvier 2008 avec le soutien de la Ville de Paris, soutenu par Michèle BLUMENTHAL et Frédéric de BEAUVOIR du 12e arrondissement, le centre offre des espaces de travail aux artistes 7 jours sur 7, je dis bien 7 jours sur 7, 12 heures par jour à des tarifs adaptés en fonction de leurs ressources.

Comme l?a rappelé Sandrine CHARNOZ, plus de 2.000 artistes se sont inscrits au total depuis l'ouverture. Avec ses 1.500 mètres carrés répartis sur trois plateaux, le Cent - que l'on écrit en lettres et non pas en chiffre comme le 104 - peut accueillir simultanément une centaine d?artistes professionnels et amateurs réunis autour de différentes disciplines et projets. La répartition de l'espace est fondée sur un principe de rotation, afin de permettre au plus grand nombre d'artistes d'en bénéficier.

Le montant de la subvention accordée en 2008 est apparu totalement insuffisant au regard de l'activité du rôle culturel, social, que joue ce lieu en faveur des artistes, notamment les artistes en difficulté. Le pôle accompagnement des artistes mis en place par le Cent a permis, en 2008, le retour à l'emploi d'une quinzaine d'allocataires du RMI.

Ceci, pour répondre plus précisément à Mme BERTRAND, est évidemment insuffisant, au regard de l'ambition que nous portons. J'avais un échange ce matin avec Christian SAUTTER à ce sujet, sur l'emploi également des artistes, je crois que la multiplication de lieux ouverts sur ce modèle, sur ce schéma dans d'autres arrondissements, peut-être, d'ailleurs, en utilisant les crédits alloués localement aux arrondissements, permettraient à beaucoup plus d'allocataires du R.M.I. artistes, de pouvoir, en effet, travailler dans des conditions décentes et, en effet, de pouvoir vivre leur vie et leur passion.

Malgré les contraintes qui pèsent sur notre budget, j'ai proposé au Maire de Paris d?augmenter de manière significative la subvention au Cent qui passe ainsi de 32.000 euros en 2008 à 70.000 euros cette fois-ci, soit plus d'un doublement. L'existence d'un lieu comme le Cent est indispensable en période de crise car il offre des espaces de travail facile d'accès, peu intimidants, encourageants, stimulants ainsi qu?un accompagnement des artistes les plus en difficulté. C'est un lieu de justice culturelle.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche, du Mouvement républicain et citoyen et "Les Verts").

M. François DAGNAUD, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 565.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2009, DAC 565).