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Octobre 2009
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2009, Vœu déposé par le groupe U.M.P.P.A. relatif à la mise en œuvre de mesures concrètes pour lutter contre les violences commises contre les sapeurs-pompiers.

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2009


 

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du v?u référencé n° 15 dans le fascicule, déposé par le groupe U.M.P.P.A., relatif à la mise en ?uvre de mesures concrètes pour lutter contre les violences commises contre les sapeurs-pompiers.

Monsieur GOUJON, vous avez la parole.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Monsieur le Maire, Monsieur le Préfet, pardonnez mon langage mais ils le disent eux-mêmes, les pompiers en ont "plein les bottes" !

Plus que les chiffres, c'est l'aggravation des actes de violence qui les préoccupe. Je les cite.

"Maintenant, des individus sans repères nous tirent dessus, nous frappent et haranguent le voisinage au moindre prétexte", selon le lieutenant-colonel HIVERT qui est porte-parole de la B.S.P.P.

"Même les victimes, souvent pourtant en situation de grande détresse, deviennent agressives."

Cette unité d?élite a dû mettre sur pied des plans d'intervention spécifique. Les hommes doivent se caparaçonner en tenues de feu matelassées pour amortir les coups éventuels, les sous-officiers suivent des stages de maîtrise sans arme de l?adversaire, inspirés de l?autodéfense des gendarmes mobiles pratique que je connais bien -, afin de protéger leur équipage en cas de problème.

La Préfecture de police mobilise jour et nuit ses patrouilles en appui et, évidemment, c'est tout à fait indispensable mais là aussi cela prélève sur son potentiel. Dans les huit premiers mois de l'année, ce sont quelque 115 militaires de la brigade qui ont dû entamer une procédure après avoir été brutalisés.

Je rappelle qu'il y a 10 ans, seuls deux cas avaient été recensés.

Je demande simplement, même si je sais que cela ne relève pas totalement de sa seule compétence que le Préfet de police mette en ?uvre de nouvelles mesures pour prévenir ces agressions dont les sapeurs-pompiers sont les victimes, pour leur permettre de se protéger, de protéger la population et aussi d?appréhender les auteurs de ces infractions.

Merci.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Monsieur GOUJON.

Monsieur le Directeur de cabinet du Préfet de police, vous avez la parole.

M. LE REPRÉSENTANT DU PRÉFET DE POLICE. - Comme d'autres agents publics, enseignants, agents du G.P.I.S. pour ce qui concerne "Paris Habitat" et les autres bailleurs sociaux, agents des parcs et jardins, les sapeurs-pompiers sont pris à partie dans leurs fonctions. Récemment, dans un quartier populaire du 13e arrondissement, les sapeurs-pompiers, qui intervenaient pour porter secours à une personne victime d'un malaise cardiaque, ont été caillassés.

Ce phénomène inquiétant est à mettre en parallèle avec celui qui touche les policiers. Et cette réalité amène d'ailleurs à relativiser les analyses qui focalisent systématiquement la réalité de la violence à l?encontre des agents publics sur le rapport police/population.

Contrairement à une idée reçue, le territoire parisien concentre la majorité des agressions de sapeurs-pompiers de la B.S.P.P., soit 45 %, suivi par la Seine-Saint-Denis avec 25 % des cas.

Ces dernières années - Monsieur le député, vous en avez parlé -, la répression pénale des agressions d'agents publics a été considérablement renforcée, avec la définition de circonstances aggravantes et le renforcement de la protection juridique des agents comme de leur famille. Ces dispositions s'appliquent pleinement à la B.S.P.P. et des plans d'intervention des policiers sont mis en ?uvre conjointement.

Dans la police d?agglomération, les plaintes déposées par les sapeurs-pompiers font l'objet d'un traitement prioritaire et diligent. A titre préventif également, lorsque les pompiers interviennent dans les lieux à risque, ils font appel aux services de police locaux qui leur accordent une protection et les renforcent.

Il est regrettable de devoir perturber le dispositif de patrouilles général, ce qui diminue le potentiel de surveillance de la voie publique, mais cette demande d'assistance nécessaire continuera d'être prise en compte prioritairement, afin de garantir à tous les citoyens un égal droit d'accès aux secours d'urgence.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Directeur de Cabinet.

Monsieur Didier GUILLOT, pour donner l?avis de l'Exécutif sur ce v?u n° 15, vous avez la parole.

M. Didier GUILLOT, adjoint. - Monsieur le Maire, chers collègues.

M. GOUJON, personne ne s'en étonnera, est un bon lecteur du "Figaro" qui a publié un article inquiétant sur les agressions dont les pompiers sont victimes non seulement à Paris mais partout en France. Voir des hommes et des femmes qui luttent contre le feu, qui portent secours à des victimes et qui sont parfois agressés dans le cadre de leur mission, cela dépasse l'entendement.

Pour autant, je me méfie des réactions immédiates à des articles de presse qui sont rarement de bon conseil en matière de sécurité.

J'ai demandé un état des statistiques de la situation à la brigade des sapeurs-pompiers et je demanderai à inscrire cette question à l'ordre du jour de la prochaine Commission consultative de gestion de la B.S.P.P.

En attendant, l?avis de la Municipalité à ce v?u ne peut être que favorable. Personne ici n'est contre une vigilance du Préfet de police pour garantir la sécurité des pompiers contre les agressions.

Et je ferai ainsi mentir le v?u précédent de Mme POIRAULT-GAUVIN.

Voilà ! Avis favorable.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe U.M.P.P.A., assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2009, V. 320).