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Octobre 2009
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Conseil Municipal
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2009, Vœu déposé par Mme Claude-Annick TISSOT et les élus du groupe U.M.P.P.A. relatif à la protection du patrimoine végétal de Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 2009


 

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du v?u référencé n° 11 dans le fascicule, déposé par le groupe U.M.P.P.A., relatif à la protection du patrimoine végétal de Paris.

Madame TISSOT, vous avez une minute.

Mme Claude-Annick TISSOT. - J'espère que ce v?u va réunir aussi l'unanimité de notre Conseil parce qu'il porte sur la menace terrible qui pèse maintenant sur l'ensemble des arbres à Paris.

A Paris, les arbres, c'est le patrimoine végétal de la Capitale. Ils participent à l'ornement de nos rues et de nos places. Ils participent à la régulation thermique de la Ville. Ils servent aussi à la protection contre le bruit, et les Parisiens y sont très attachés.

Mais voilà : 80 % d'entre eux sont affaiblis par la maladie et condamnés à brève échéance, au même titre que les ormes dont la population est passée de 30.000 à 1.000 en moins de 20 ans.

C'est vrai pour tous les platanes de Paris atteints par un champignon qu'on appelle le chancre coloré ; c'est vrai pour tous les marronniers à fleurs blanches, qui sont plus de 20.000 à être touchés par la mineuse du marronnier. Et chacun, d'ailleurs, a pu constater, ces dernières semaines, combien les feuilles des marronniers étaient grillées. Ce n'est pas l'automne, malheureusement, mais la maladie.

Actuellement, aucun traitement ne s'avère efficace contre ces maladies.

Voilà pourquoi, Monsieur le Maire, nous réclamons un diagnostic précis de l'état sanitaire des arbres parisiens.

Nous réclamons une communication spécifique du Maire de Paris sur cette question.

Nous demandons la mise en ?uvre d'un plan d'urgence avec les mesures nécessaires pour la sauvegarde du patrimoine végétal de la Capitale, car il s'agit là de se conformer aux objectifs du Plan Climat et du Plan Biodiversité.

Je m'étonne pour ma part du silence, depuis trop longtemps, de l'Exécutif, sur ce sujet qui nous paraît tout à fait inquiétant.

Je vous remercie.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci, Madame TISSOT.

Je donne la parole à Mme GIBOUDEAUX.

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Je voudrais dédramatiser un peu ces propos, parce que le Service de l'arbre qui appartient à la Direction des Espaces verts et de l'Environnement agit depuis très longtemps sur la question du patrimoine végétal. Je ne pense pas que l'on en soit à un stade où il faudrait faire un plan d'urgence, et je vais vous expliquer un peu pourquoi.

Vous évoquez le chancre coloré du platane, qui n'est pas présent à Paris, mais notre direction, la Direction des Espaces verts et de l'Environnement a déjà communiqué à tous ses agents, à titre d?information, les mesures mises en ?uvre dans les lieux infectés.

En outre, la Ville de Paris, depuis de nombreuses années, a limité les plantations de platanes à des emplacements ponctuels. Dans certains alignements anciens, si le contexte paysager le permet, les remplacements sont réalisés avec de nouvelles essences à grand développement.

A partir de 1975, la graphiose de l?orme a effectivement touché les ormes de Paris. Toutefois, en partenariat avec l?I.N.R.A. de Nancy, de nouvelles variétés résistantes à ce champignon ont été sélectionnées et la Ville les réintroduit progressivement en alignement.

Pour sa part, la mineuse de marronnier entraîne un affaiblissement progressif de l'arbre, mais des recherches entreprises dans le lieu d'origine de l?insecte responsable de la maladie ont démontré qu'il n'y avait aucune mortalité directe liée exclusivement à la mineuse.

Plus généralement, depuis 20 ans, la Ville de Paris diversifie par anticipation les essences, afin, précisément, de diminuer l'impact des épidémies.

Cette recherche de diversité - le patrimoine arboré de la capitale compte aujourd'hui plus de 160 espèces différentes est le premier facteur pris en compte avec les exigences agronomiques et climatiques lors du choix d'une essence pour réaliser des plantations nouvelles.

C'est ainsi qu?en prévision de l'impact du changement climatique, des essences méditerranéennes sont mises en place.

Toutefois, les proportions importantes de platanes, 35.000 aujourd'hui contre plus de 37.000 en 1990, ou de marronniers blancs, moins de 14.000 aujourd'hui contre plus de 16.000 en 1990, dans les rues ne peuvent être drastiquement abaissées sur le très court terme en raison des contraintes liées à certains sites classés. Les marronniers blancs sont néanmoins progressivement remplacés par des marronniers rouges, résistant à la mineuse. C'est ce qui est proposé, d'ailleurs, sur la place Dauphine.

Pour autant, ce travail de diversification qui s'inscrit dans la durée permet d'assurer que le patrimoine arboré de Paris n'est pas menacé, ni à court terme ni à long terme.

Enfin, des plans de gestion arboricole ont déjà été établis pour les 15 prochaines années pour les deux bois, Boulogne et Vincennes,  qui regroupent plus de 60 % du patrimoine arboré parisien.

Un nouveau plan de gestion arboricole à long terme du cimetière du Père-Lachaise sera présenté au début de l'année 2010 à la commission des sites.

D'autres plans de gestion arboricole sont en préparation sur des sites particulièrement remarquables de Paris, afin de sauvegarder à long terme la biodiversité du patrimoine arboré parisien.

Enfin, l'année 2010 sera l'année de la sauvegarde de la biodiversité. Nous aurons l'occasion - et j?aurai l?occasion -, à ce titre, de vous communiquer notre politique en matière de gestion arboricole.

Je vous remercie.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Merci pour cette réponse longue et précise.

J'imagine que Mme TISSOT est satisfaite par cette réponse et qu'elle retire son v?u, puisque, si silence il y a eu, il a été magnifiquement rompu par Fabienne GIBOUDEAUX.

Madame TISSOT ?

Mme Claude-Annick TISSOT. - Monsieur le Maire, je maintiens, bien sûr, mon v?u.

Nous restons persuadés que la situation est beaucoup plus grave qu'on veut bien nous le dire et nous demanderons d'ailleurs lors du budget 2010 la création d'une ligne budgétaire spécifique à la sauvegarde des arbres à Paris.

Je vous remercie, Monsieur le Maire.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Mme TISSOT a maintenu son v?u.

Madame GIBOUDEAUX, quel est l?avis de l'Exécutif ?

Mme Fabienne GIBOUDEAUX, adjointe. - Défavorable.

M. Christian SAUTTER, adjoint, président. - Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe U.M.P.P.A., assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.