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Fevrier 2008
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2008, Vœu déposé par le groupe “Les Verts” tendant à loger les sans domicile fixe Parisiens.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2008


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous allons examiner la proposition de v?u n° 17 déposé par le groupe ?Les Verts? tendant à loger les sans domicile fixe Parisiens.

Monsieur BLET, vous avez la parole.

M. Jean-François BLET. - Monsieur le Maire.

En 2001, le contrat de mandature adressé à tous les Parisiens fixait au chapitre ?Lutter contre l?exclusion? l?objectif de 500 places par an pour les sans-abri, soit 3.500 places en sept ans.

Où en sommes-nous à l?heure du bilan ?

Le bilan statistique est particulièrement embrouillé, ainsi que le rappelle un autre v?u déposé au Conseil général qui demande un éclaircissement sur le nombre des places créées par catégorie. En effet, on ne peut comptabiliser des places destinées, de façon parfaitement légitime, parfaitement justifiée, tout à l?honneur de la Municipalité, aux femmes victimes de violence, aux jeunes prostitués et à d?autres personnes en déshérence, avec l?objectif chiffré qui ne concernait que les sans abris.

Les mesures de prévention, les mesures de sauvegarde sont indispensables. Il ne s?agit pas d?opposer les uns aux autres, mais d?être rigoureux aussi quand on veut faire des diagnostics et que l?on veut parvenir à des chiffrages.

Mais ce bilan éclaire sur un point : nous sommes très loin du compte.

Si on en croit le Bleu budgétaire de novembre 2007, 508 places pérennes ont été créées pendant la mandature, 1.000 selon certains documents de campagne. Mais nous avons constaté que sur ces 508 places pérennes, par exemple, seulement 346 ont été ouvertes. Les autres le seront bien sûr, mais dans la prochaine mandature.

Bref, que l?on se fie à la rigueur des chiffres budgétaires ou à la multiplication des pains électoraux, l?entreprise n?est pas un succès. C?est même un échec. Il manque plus de 3.000 places d?hébergement d?urgence pour les sans abris.

Pour quelle raison ?

Cet objectif de 500 places par an était-il trop ambitieux ? Sans ambages, la réponse est non. Réaliser 500 places d?hébergement par an quand on arrive à financer, c?est un succès, pour la seule année 2007, 6.165 logements dont 1.416 pour classes moyennes, quand on entreprend la réhabilitation de 1.000 immeubles insalubres ce qui nécessite le relogement de 19.000 personnes, c?est tout à fait possible.

Le problème est tout simplement que la sortie des sans abris de la rue n?a pas été manifestement la priorité de l?Exécutif municipal.

Il y aurait trop de places d?urgence à Paris : 6.800 sur le bleu budgétaire en CHU et CHRS. Cela représente à peine 2,9 % du parc géré par les bailleurs, en d?autres termes près de 9 fois moins que le parc de logements en loyers libres et intermédiaires gérés par ces mêmes bailleurs.

Bref, ce n?est pas grand-chose, surtout si l?on considère qu?il est impossible pour les catégories populaires de se loger à Paris et que 75 % des 109.000 demandeurs de logements sont, vous le savez, éligibles au P.L.A-I.

Or, la difficulté de se loger n?a pas été le critère retenu pour évaluer l?effort à entreprendre en matière de logements d?urgence et de logements très sociaux. Non, le critère retenu fut le nombre de places disponibles chez les collectivités voisines. Et c?est vrai, Paris représente 60 % des places d?hébergement d?urgence en Ile-de-France.

Et alors ? A vos yeux, Monsieur le Maire, cela constitue-t-il une raison valable pour laisser des gens massivement dans la rue à Paris ?

Pourtant, en 2001 - nous vous avions communiqué la liste de 1.000 immeubles insalubres - vous ne vous êtes pas interrogé sur le nombre d?immeubles insalubres chez vos voisins pour vous décider à agir. Et Dieu sait s?il y en a, notamment en Seine Saint-Denis. Il aurait dû en être de même pour les sans abris.

Depuis 2001, Paris peut se targuer d?avoir mis en ?uvre un plan d?éradication de l?insalubrité qui a pris plus de 3 ans de retard. Mais Paris ne peut se prévaloir d?en avoir fait plus pour l?hébergement d?urgence. Paris a juste hérité d?un nombre élevé de places.

Paris a également hérité d?un nombre nettement moins élevé de logements sociaux : 15 % aujourd?hui contre 35,73 en Seine Saint-Denis, 30 % environ dans le Val-de-Marne et 25 % dans les Hauts-de-Seine.

Vous voyez, Monsieur le Maire, même M. DEVEDJIAN pourrait vous tacler sur cette question.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Mais c?est scandaleux ce que vous dites. C?est honteux car aucune association de soutien aux sans abris ne pense comme vous. Et c?est honteux que vous disiez cela et que vous défendiez les Hauts-de-Seine, alors que même Mme BOUTIN dans nos réunions communes met en cause les Hauts-de-Seine et les Yvelines. Venant de votre groupe, j?entends que votre groupe démente vos propos. C?est une honte absolue !

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste et du Mouvement républicain et citoyen).

M. Jean-François BLET. - Vous faites une diversion.

Je viens uniquement de parler sur cette question. J?ai donné les chiffres en ce qui concernait les autres domaines. J?ai parlé du nombre de logements sociaux. Les chiffres sont les chiffres, les autres départements ont un pourcentage supérieur à celui de Paris.

Cela vous blesse peut-être mais c?est la réalité des chiffres...

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je ne suis pas blessé mais j?aime la démocratie et la vérité avec tout le monde.

M. Jean-François BLET. - Et moi, j?aime la réalité des chiffres.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Sur l?hébergement d?urgence et sur le logement social, venir à partir du groupe ?Vert? défendre ce que font certaines communes des Hauts-de-Seine comme Neuilly, cela il fallait vraiment attendre la dernière séance pour oser.

M. Jean-François BLET. - Enfin, on n?est pas dans un meeting électoral, maintenant !

M. LE MAIRE DE PARIS. - Concluez maintenant cette excellente intervention, brillante. Allez, Monsieur BLET.

M. Jean-François BLET. - Si vous déformez mes propos, effectivement.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Mais non, je vous écoute.

M. Jean-François BLET. - Je disais simplement qu?il n?y avait que 15 % de logements sociaux à Paris contre 25 % à 35 % dans les autres départements franciliens. C?est contraire à la réalité, nous dit-on, à la vérité. Soit, on est en période électorale, tout est possible.

Monsieur le Maire, vous avez considéré, je cite, que ?les 250 millions d?euros annoncés par le Gouvernement pour répondre à l?enjeu essentiel de la situation des sans abris sont totalement insuffisants et traduisent une réponse inacceptable?.

Mais à Paris, depuis 2001, les dépenses pour l?hébergement d?urgence peuvent être évaluées à 37 millions d?euros : 20 millions pour la création de nouvelles places d?hébergement et 17 millions pour l?humanisation des centres existants. Cela correspond à environ 5,3 millions d?euros par an, soit 0,07 % du budget municipal. C?est peu, c?est même assez dérisoire.

Monsieur le Maire, face au plan du Gouvernement, les associations de mal logés estiment que l?enveloppe nécessaire était de 1,5 milliards de francs.

Compte tenu du nombre très élevé de SDF dormant dans les rues à Paris, nous demandons dans notre voeu une enveloppe de 120 millions dédiée à l?hébergement d?urgence afin de réaliser les 3.000 places manquantes promises en 2001. A ces 120 millions, nous demandons également que soient ajoutés 4.000 logements P.L.A-I., soit 200 millions d?euros, destinés aux sans abris pouvant réintégrer rapidement un logement classique sans recourir à l?accompagnement social. Ils sont plus d?un tiers, nous dit-on. Le problème des sans abris ayant déjà un emploi, déjà intégrés dans le tissu social, serait ainsi le plus facile à régler si on acceptait, comme pour les relogements de l?habitat insalubre, de traiter ce problème d?une manière rapide.

Je terminerais sur ce point. De même que sur l?insalubrité, nous avons su mettre sur pied un plan d?éradication, de même un plan de logement pour les SDF s?inscrivant dans le cadre de la mise en oeuvre de la loi DALO devrait pouvoir être mise en ?uvre, fut-ce en fin de mandature. Vous pourriez au moins nous l?annoncer.

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. MANO.

M. Jean-Yves MANO, adjoint, au nom de la 8e Commission - Monsieur le Maire, de temps en temps je crois me tromper en écoutant M. BLET. Je croyais par moment avoir en face de moi non pas un élu Vert soutenant la majorité mais bien un élu U.M.P. Ce qui est fort dommage.

Sur le fond, M. BLET reprend ici les mêmes arguments que lors du débat budgétaire, bien évidemment avec les mêmes chiffres, les mêmes critiques. Et néanmoins, vous savez bien que la Ville de Paris a engagé au cours de ces années un fort développement de la politique de logements d?urgence, que certes nous avons une histoire mais que nous continuons bien évidemment à développer ce parc.

Et d?ailleurs, dans la convention que nous avons signée avec Mme BOUTIN, avec l?Etat, nous prenons, à Paris, un engagement portant sur 1.500 places complémentaires et je ne vois aucun engagement similaire des communes et des départements de l?Ile-de-France.

Donc je pense qu?il n?est pas souhaitable de voter le voeu de M. BLET qui minimise de façon systématique l?action de la Municipalité qui est pourtant exemplaire en la matière.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Oui, j?ajoute que l?analyse objective et qui ne vient pas de nous, qui est faite sur la situation du logement et ce qui se passe depuis des années à Paris et dans les départements voisins, figure dans les rapports annuels de la Fondation de l?Abbé Pierre qui ne disent absolument pas la même chose que M. BLET.

Je propose donc de repousser cette proposition de voeu référencée n° 17, déposée par le groupe ?Les Verts?.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

La proposition de v?u est repoussée.