Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Fevrier 2008
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

2008, I - Question d’actualité du groupe communiste à M. le Maire de Paris relatif aux évolutions stratégiques des grands magasins et leurs répercussions sur l’identité urbaine des territoires parisiens concernés.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2008


 

La parole est d?abord à Mme Catherine GEGOUT.

Mme Catherine GEGOUT. - Merci, Monsieur le Maire.

C?est une question d?actualité sur les évolutions stratégiques des grands magasins et leurs répercussions sur l?identité urbaine des territoires parisiens concernés.

Avec l?annonce récente de la fermeture du B.H.V. Flandres dont a parlé Jean VUILLERMOZ tout à l?heure, nous sommes encore interpellés sur les stratégies des grands magasins et sur leurs conséquences sur l?attractivité et l?identité des territoires concernés dans la Capitale.

En quelques années, les stratégies brutales d?implantation et de conquête de parts de marché de grandes enseignes étrangères spécialisées ont eu une double conséquence : une tendance forte à l?uniformisation de l?offre commerciale de l?hyper centre parisien et des restructurations successives des grands magasins généralistes cherchant à se spécialiser dans le haut de gamme.

En 2001, Mark & Spencer fermait son magasin du boulevard Haussmann.

En 2005, le magasin populaire des quais de Seine, la Samaritaine, ferme et une réouverture en 2011 est prévue par L.V.M.H., mais il semblerait que le concept du grand magasin soit abandonné au profit d?un choix alternatif que nous ne connaissons toujours pas.

En juin 2006, c?était le Printemps qui était vendu à plus d?un milliard d?euros à l?enseigne italienne Rinascente avec un resserrement de ses activités sur le haut de gamme.

Ces évolutions ne touchent pas que l?hyper centre parisien comme en témoigne la fermeture du B.H.V. Flandres. Nous assistons à une modification sensible mais réelle des activités commerciales situées sur les principaux itinéraires commerciaux à vocation métropolitaine, en ciblant des clientèles de plus en plus fortunées.

Récemment, Unibail laissait entendre par voie de presse que les travaux du centre commercial seraient l?occasion de revoir l?offre commerciale des Halles en mettant l?accent sur le haut de gamme, ce qui de fait écarterait une grande partie de la clientèle francilienne et transformerait profondément la nature de ce quartier.

Ces transformations ont des conséquences sur la conception même de l?usage de l?hyper centre parisien, caractérisé par la diversité des populations qui y vivent et qui le fréquentent. Singularité exemplaire que n?ont pas la plupart des grandes métropoles européennes et mondiales, et singularité à laquelle nous tenons fortement.

C?est en raison de ces évolutions que nous avions souhaité que notre collectivité suive de près les évolutions stratégiques des grands magasins notamment. Un voeu avait été adopté en ce sens en juillet 2006 sur proposition de notre groupe. A ce jour, les conditions n?ont pas été réunies pour travailler sur cette question vraiment importante.

Aussi, nous demandons à M. le Maire de Paris de s?engager à mettre en place les outils ou structures nécessaires pour que la collectivité parisienne se donne les moyens de suivre les stratégies commerciales qui se développent dans l?hyper centre pour préserver les emplois commerciaux et maintenir une offre commerciale diversifiée conforme aux besoins des populations et à sa vocation de coeur de métropole.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

Je donne la parole à Mme Lyne COHEN-SOLAL.

Mme Lyne COHEN-SOLAL, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Pour répondre à Mme Catherine GEGOUT et au groupe communiste sur cette question d?actualité tout à fait importante sur la disparition annoncée du B.H.V. de la rue de Flandres dans le 19e arrondissement, je dois dire d?abord que, Madame GEGOUT, contrairement à ce que vous laissez entendre dans votre texte, la Ville de Paris est en contact permanent avec les groupes des grands magasins et entretient avec eux un dialogue afin de comprendre leur stratégie et de discuter avec eux de la façon dont la Ville de Paris est concernée par leur stratégie. Et bien entendu, les emplois commerciaux dans Paris sont concernés par cette stratégie. Mais à aucun moment évidemment, la Ville de Paris ne peut se substituer aux patrons des grands magasins pour leur dire ce qu?il y a à faire. Reconnaissons qu?aujourd?hui le concept de grands magasins généralistes, issu du 19e siècle, est en crise lourde, en crise grave. Nous assistons à un changement de concept et nous devons faire en sorte de préserver à la fois l?offre commerciale diversifiée dans Paris et bien entendu le nombre d?emplois commerciaux que Paris détient.

Ce nombre d?emplois commerciaux est plutôt en augmentation. Ce ne sont pas les mêmes employeurs, mais le nombre d?emplois commerciaux est en augmentation.

Pour revenir au B.H.V. de l?avenue de Flandres, naturellement, nous sommes en contact avec le groupe Galeries Lafayette qui est propriétaire du B.H.V. et qui a annoncé, sans nous prévenir, la fermeture prochaine de ce magasin tout à fait important pour le quartier.

Nous avons pris contact avec eux pour savoir s?il était possible de revenir sur cette décision et de voir en tout cas dans quelles dispositions ils étaient vis-à-vis des salariés.

Nous avons enregistré le fait que ce magasin, selon eux, générait des pertes de plus de 10 % du chiffre d?affaires et que des propositions étaient faites pour que 82 des 88 salariés soient reclassés, car on leur proposerait des emplois en région parisienne.

Mais, cela ne suffit pas. Nous devons savoir exactement pourquoi et comment ce B.H.V. va être peut-être supprimé, mais au moins remplacé, parce que des activités commerciales ne manqueront pas de venir s?installer sur ce site. Nous voulons savoir lesquelles, comment et avec combien d?employés. Nous suivons ce dossier pas à pas.

Comme vous le savez, nous avons, de la même façon, suivi le dossier de Marks & Spencer et de La Samaritaine. Et nous sommes en train de suivre le dossier du Printemps.

Chaque fois et sur chaque site, nous avons mis en place une concertation avec les propriétaires. Il n?est pas possible, il faut être réaliste, que la Ville de Paris discute avec l?ensemble des grands magasins dans une même structure puisqu?ils sont en concurrence les uns et les autres et qu?ils refusent de dévoiler leur stratégie.

Nous entretenons des relations de face à face avec eux et nous sommes en train, comme pour La Samaritaine, de mettre en place, avec le Printemps et les Galeries Lafayette pour le B.H.V., des lieux de concertation et de soutien aux emplois commerciaux qui dépendent de ce magasin.

La Ville de Paris, non seulement s?en occupe, se préoccupe de l?avenir des grands magasins et de la diversité commerciale dans le centre de Paris, mais en plus soutient et soutiendra les salariés qui se trouvent fragilisés par ces stratégies commerciales.

Je voulais vous donner tous les engagements sur ce sujet comme nous l?avons fait jusqu?à présent.

Merci, Monsieur le Maire.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Un mot de Mme Catherine GÉGOUT.

Mme Catherine GÉGOUT. - L?avenir des salariés est important, certes, et nous nous en soucions. Nous sommes tout à fait d?accord sur ce point et je pense que la Ville fait tout ce qu?il faut pour cela.

Mais le problème est beaucoup plus vaste : que va devenir cette ville avec cette stratégie ? Il faut mettre en place non seulement les rapports de l?adjoint au Maire concerné avec les grands magasins, ce qui est tout à fait dans votre rôle, mais aussi des structures de concertation beaucoup plus larges pour parvenir? Effectivement, on n?a pas d?autorité sur ces gens-là, mais il y a de multiples façons d?influencer ces politiques-là.

Je crois que c?est vraiment le devenir de la Ville elle-même, et de la conception de la ville que nous avons, qui est en cause.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous le faisons et je précise que le P.L.U. que nous avons voté est un instrument pour cela.