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Conseil Municipal
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2008, Voeu déposé par Mmes Véronique DUBARRY, Pénélope KOMITES, M. Christophe NAJDOVSKI et les élus du groupe “Les Verts” relatif à l’installation de caméras de vidéosurveillance.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2008


 

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Nous examinons maintenant en 5e commission le v?u référencé n° 24 dans le fascicule, déposé par les membres du groupe ?Les Verts?, et qui ne se rattache à aucun projet de délibération. Ce v?u est relatif à l?installation de caméras de vidéo-surveillance.

Je donne la parole à Mme DUBARRY.

Mme Véronique DUBARRY. - Nous souhaitons revenir un peu sur cette décision, en tout cas le principe de l?installation de 1.000 caméras supplémentaires pour le réseau de vidéosurveillance parisien qui a été acté par notre Conseil, en juillet dernier.

Depuis, comme nous l?avions appris au mois de décembre, les services de la Préfecture de police se sont effectivement penchés sur les localisations de ces futures caméras et ce, comme cela nous avait été annoncé par Christophe CARESCHE, lors du dernier Conseil, dans le plus grand secret et sans aucune concertation ni avec les élus d?arrondissement ni avec les associations.

Les commissariats d?arrondissement repèrent les sites sensibles et, comme cela a pu arriver dans le 12e arrondissement ou dans le 14e arrondissement, les élus apprennent, un, que le parvis de la mairie d?arrondissement sera sous surveillance et, deux, dans le 12e arrondissement, que la place d?Aligre sera bientôt surveillée.

Nous avons déjà dit à quel point cette multiplication de la vidéosurveillance nous inquiétait. Nous avons également rappelé que de nombreuses études réalisées sur les installations de caméras démontrent bien que cela ne résout en rien les problèmes posés.

Nous savons que les caméras permettent surtout de contrôler les faits et gestes de nos concitoyens et ce, je tiens à ce que ce soit rappelé, au détriment des libertés individuelles.

On a vu une enquête récente de l?I.A.U.R.I.F. qui visait à étudier le dispositif de vidéosurveillance dans les lycées et qui souligne, une fois encore, l?inefficacité dans la lutte à la fois contre les intrusions, les vols et les agressions.

En Angleterre, puisque c?est l?exemple qui nous est cité, un organisme l?a qualifiée de suicide social, dans un rapport très récent.

La délinquance et l?insécurité ne seront jamais réglées par de la technologie. Il s?agit de problèmes humains qui doivent être abordés d?une façon humaine.

C?est la raison pour laquelle, à de nombreuses reprises, ici également, nous avons demandé que soient renforcées les équipes de prévention, que soient augmenté le nombre d?équipes de médiateurs de nuit, que soit créé, et cela a été acté lors d?un conseil récent, un corps de médiateurs de jour. C?est pourquoi nous revenons à la charge sur cette question importante et que nous proposons un v?u visant à ce que le plan d?installation de caméras de vidéosurveillance à Paris soit stoppé sans délai et que, conformément au voeu que je rappelais à l?instant, adopté en décembre dernier, un service de médiation sociale suffisamment doté en personnel soit mis en place rapidement.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe, présidente. - Monsieur CARESCHE ?

M. Christophe CARESCHE, adjoint, au nom de la 5e Commission. - Plusieurs points. Tout d?abord, il s?agit d?une initiative de la préfecture de la police, c?est-à-dire de l?Etat. C?est dans ce cadre que ces caméras vidéo doivent être mises en place à Paris.

Pour ce qui concerne la Ville, je redis la position, que nous avons exprimée à plusieurs reprises, qui est de considérer que nous n?avons pas d?hostilité de principe à ce plan, que nous sommes même prêts à y contribuer. Pour le moment, ce que je crois comprendre, c?est que le Préfet de police fait le travail qui concerne ses services, c?est-à-dire qu?il envisage un certain nombre de lieux d?implantation, que tout cela donnera lieu à un moment ou à un autre à une concertation avec la Ville de Paris, et que dans ce cadre-là, nous pourrons, et les maires d?arrondissement notamment, faire valoir un certain nombre de demandes ou de réserves sur ce qui sera proposé.

Voilà le cadre dans lequel nous sommes.

J?ai demandé au Préfet de police, nous nous sommes rencontrés il y a un mois pour parler de cela, toutes les garanties sur le plan des libertés individuelles de façon à ce que ce plan n?y porte pas atteinte ; je pense qu?il faut laisser, pour le moment, le préfet de police travailler et nous présenter les éléments de son travail lorsqu?il sera prêt.

Mme Anne HIDALGO, adjointe, présidente. - Votre avis sur le voeu, s?il vous plaît?

M. Christophe CARESCHE, adjoint, rapporteur. - Défavorable, puisque le v?u demande de stopper sans délai le plan en cours d?élaboration et nous ne sommes pas d?accord. L?exécutif n?est pas d?accord avec cela.

Mme Anne HIDALGO, adjointe, présidente. - Merci. Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe ?Les Verts?, avec un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

La proposition de v?u est repoussée.

Mme Anne HIDALGO, adjointe, présidente. - Je mets donc un terme au Conseil municipal.

(La séance, suspendue à onze heures dix minutes, est reprise à onze heures trente cinq minutes, sous la présidence de M. Bertrand DELANOË).