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Fevrier 2008
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2008, V - Question d’actualité déposée par le groupe U.M.P. relative à la communication du Maire de Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2008


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est au groupe UMP, Monsieur LEGARET ?

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Monsieur le Maire, au début du mois de septembre dernier, mettant un terme à un suspense insoutenable, vous avez annoncé votre candidature aux élections municipales à Paris.

Dès ce jour-là, en application de la loi et dans le respect de la déontologie la plus élémentaire, vous auriez dû prendre des dispositions pour qu?aucun mélange des genres ne puisse laisser le moindre doute sur l?utilisation par le candidat Bertrand DELANOË de moyens mis à sa disposition par le Maire de Paris. Or, ce n?est pas le cas. Ainsi, vous avez attendu près de trois mois pour ouvrir une permanence. D?où faisiez-vous campagne pendant cette période ?

L?agence de communication qui fait la promotion de votre campagne, l?agence ?Anatome? est curieusement le parfait homonyme de celle qui faisait la communication de votre campagne en 2001 et de celle qui a bénéficié de plusieurs marchés de communication de la Ville de Paris ou de ses satellites.

Je passe sur la diffusion tardive de documents vantant, après le 1er janvier, les prouesses de la municipalité. On a tous trouvé en arrivant ce matin, Monsieur le Maire, diffusé dans la salle d?à côté, ce très beau document : ?Enjeux et démarches pour le développement durable, Paris s?engage?.

Cela est daté du mois de novembre 2007, mais comme par hasard, cela est distribué aujourd?hui.

Faut-il rappeler que le budget annuel de le D.G.I.C., Direction générale de la Communication, est passé de 3,87 millions d?euros en 2001 à 10,2 millions d?euros en 2008, soit une augmentation de 263 %.

Or, à quoi ces moyens considérables sont ils consacrés ? À des opérations de pure propagande qui s?apparentent, sans excès de langage, à de la publicité mensongère.

Avec l?apparition, cela est original, dans le domaine pourtant déjà fertile des gadgets électoraux, d?une innovation remarquable, les inaugurations virtuelles.

C?est ainsi que l?on vous a vu, entouré d?une nombreuse cohorte d?invités, inaugurer successivement le 104, rue d?Aubervilliers, l?espace musical Fleury Goutte d?Or, la médiathèque Marguerite Yourcenar, tous équipements importants qui ne seront ouverts au public qu?après les élections municipales, voire dans des années.

Je me demande pourquoi, surmontant votre modestie naturelle, Monsieur le Maire, vous n?avez pas inauguré la Gaieté Lyrique, la piscine Molitor, les Bains Deligny, les Halles, la Samaritaine et les Jeux Olympiques.

Dans le même ordre d?idées, comment ne pas s?étonner du fait que le directeur de votre cabinet puisse être candidat à Paris en dépit des dispositions légales et tout en continuant à exercer ses fonctions.

Monsieur le candidat Bertrand DELANOË, vous êtes un candidat comme un autre, cela c?est la démocratie. En tant que candidat, vous avez le devoir d?arrêter, au moins jusqu?au jour des élections, à tromper les Parisiens aux frais des contribuables.

Sur tous ces points, qu?avez-vous à répondre ?

(Applaudissements sur les bancs de l?opposition municipale).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Anne HIDALGO va vous répondre, mais, apparemment, vous ne connaissez pas la loi ! Comme à l?époque où vous étiez adjoint aux finances et où pas mal de choses se passaient en contravention avec la loi, ce qui ne se produit pas actuellement.

Par exemple, vous dites que le directeur de cabinet n?a pas le droit d?être candidat. Mais si ! Il y a même des arrêts du Conseil d?Etat, très clairs. Je les tiens à votre disposition.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Ce n?est pas la loi !

M. LE MAIRE DE PARIS. - Ah ! Monsieur LEGARET ! Voilà !

Des arrêts publics. Allez !

Mme Anne HIDALGO, pour ce dialogue particulièrement intéressant avec M. LEGARET !

Mme Anne HIDALGO, première adjointe. - Tout à fait ! Merci.

(Mouvement de protestation sur les bancs de l?opposition municipale).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Est-ce que vous pourriez? ?

Vous n?avez pas encore compris !

Monsieur LEGARET, il y a une autre rupture?

Monsieur LEGARET, vous êtes lourd !

Oui, je me suis même adressé à vous hier sur le marché du 1er arrondissement, donc rassurez-vous !

Il y a une autre rupture qui a eu lieu ici : c?est que les élus travaillent collectivement en équipe et ma première adjointe est particulièrement qualifiée pour répondre à l?ancien adjoint aux finances que vous êtes.

Mme Anne HIDALGO, première adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

M. LEGARET, qui visiblement veut terminer en beauté, continue à faire de mauvais procès, je dirais pas toujours très bien instruits, et avec une coutume qui maintenant est la sienne ; en tous les cas, je l?ai découverte en 2001, d?autres l?avaient déjà éprouvée ; c?est un certain goût pour les excès de langage. 

D?abord, Monsieur LEGARET?

Monsieur GOUJON, vous n?avez pas la parole !

(Mouvement de protestation sur les bancs de l?opposition municipale).

Monsieur LEGARET, vous parlez en vrac de communication, de campagne. Je vous donne quelques petites informations, avant d?en venir aux éléments fondamentaux, c?est-à-dire ce qui est vérifiable par des faits, par des chiffres, parce que je vous invite quand même, les uns et les autres, même si la campagne électorale peut amener à des débordements, à revenir à la raison et à du rationnel. C?est relativement facile à faire au pays de Descartes.

Quand même, quelques petites précisions.

La campagne, avant que nous ayons le siège de campagne, c?était le siège du Parti socialiste, et ceci est vérifiable : lieu de la campagne parisienne que nous avons menée jusqu?à présent.

Deuxièmement, vous avez évoqué un certain nombre d?inaugurations. Mais nous avons eu le plaisir, mais le plaisir de voir toute la représentation politique municipale et même certains qui ne sont pas encore élus municipaux et qui le seront peut-être - en tous les cas, ils aspirent à l?être, mais même...

M. LE MAIRE DE PARIS. - Pardonnez-moi ! Il n?y avait pas M. LAMOUR à l?inauguration de la médiathèque Marguerite Yourcenar ? Je suis sympa, moi, j?accueille tout le monde !

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

Mme Anne HIDALGO, première adjointe. - Exactement, mais il est vrai que, comme le maire du 15e vous l?a dit, Monsieur le Maire, à quel point il était satisfait de cette...

(Mouvement de protestation sur les bancs de l?opposition municipale).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Là, il ne vous écoute pas, c?est dommage !

Elle est en train de vous dire qu?à cette occasion, le maire du 15e arrondissement avait dit que j?avais réalisé ce qu?il avait demandé depuis des années mais que c?était cette mandature qui avait permis de le réaliser dans le 15e !

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

Cela prouve quand même que je ne suis pas sectaire et que je vois tous les maires d?arrondissement !

Mme Anne HIDALGO, première adjointe. - Exactement. Une population très large !

Je continue, parce que, visiblement, ils ont posé une question pour ne pas avoir de réponse, mais malheureusement ils auront quand même la réponse !

Voilà, les faits sont très clairs et sont vérifiables.

Les dépenses de communication de la Ville et du Département sont retracées sur le compte 623 qui est intitulé ?publicité, publications, relations publiques?.

En 2000, ces dépenses s?élevaient à 28,38 millions d?euros. Au compte administratif 2006, ces dépenses s?établissent à 19,79 millions d?euros, soit une baisse de 30,2 %.

Donc, à cette rumeur, à ce sentiment infondé d?explosion des dépenses de communication, nous vous répondons par des faits, par des chiffres.

Au contraire, la critique que vous faites s?applique en fait plutôt à la période avant 2001 et je viens d?en faire la démonstration en vous prouvant que nous avons réduit ces frais.

Pour ce qui concerne les dépenses de personnel de la délégation générale à l?information et à la communication, elles figurent, elles, à la fonction 023 du compte administratif. Là aussi, tout est clair : de 2000 à 2006, on a observé une hausse de 4,6 millions d?euros, mais celle-ci est liée exclusivement à la réorganisation des services, notamment 110 agents du standard. J?espère que vous ne commettrez quand même pas l?impair à leur égard de dire qu?ils sont là pour faire de la propagande ! Ils sont là pour faire de l?information municipale, 110 agents du standard. Et, d?autre part, les agents en charge de la communication dans les directions ont été logiquement rattachés à la DGIC.

Je crois que ces comparaisons vérifiables, exigeantes, devraient quand même plutôt vous inspirer un peu de calme, un peu de tenue et de retenue.

Bien entendu, ce sera ma conclusion, ces données sont à la disposition de chacun et de chacune, elles sont incontestables puisqu?elles sont validées par le comptable public. Merci.

(Applaudissements sur les bancs de la majorité municipale).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Rajoutez un mot, Monsieur LEGARET.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Je suis déçu parce que les batailles de chiffres, c?est toujours le degré zéro du débat politique.

(Rires dans l?hémicycle).

J?attendais, Monsieur le maire, que vous nous fassiez une réponse dans laquelle vous vous engagiez sur une question qui est importante, parce que c?est vraiment de déontologie qu?il s?agit.

Je m?adressais à vous.

C?est Mme HIDALGO qui me répond. Est-ce que le scoop du jour est qu?elle répond par anticipation ? Etes-vous toujours candidat à la Mairie aux prochaines élections municipales ?

(Mouvement de protestation sur les bancs de la majorité municipale).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur LEGARET, je sais qu?une stratégie consiste à salir pour qu?il en reste quelque chose.

Je voudrais vous dire quelque chose, puisque vous parlez des marchés, etc. Ils ont été pendant ces sept ans exemplaires? Et je vous fais confiance, s?ils n?avaient pas été déontologiquement, selon votre expression, convenables, vous n?auriez pas manqué de saisir les juridictions.

Deuxièmement, je vais vous parler un instant de communication.

En ce qui concerne les dépenses de communication, Anne vous l?a prouvé, elles ont baissé, mais on a regroupé des services et bien sûr que l?on a modernisé.

Mais je suis habitant du 6e arrondissement. Je reçois des publications luxueuses. C?est le droit du maire du 6e arrondissement.

D?ailleurs, Monsieur LEGARET, vous avez oublié de dire quelque chose ! Nous avons créé, j?ai créé des crédits pour les 20 mairies d?arrondissement qui n?existaient pas avant, pour que les maires d?arrondissement, les vingt, puissent communiquer d?une manière très large. Dans l?arrondissement où j?habite, j?en constate les effets sur ce qu?il m?a envoyé personnellement.

En revanche, ce qui n?est pas, puisque vous voulez absolument parler des élections municipales, dans les comptes de la Ville de Paris ou des arrondissements, c?est ce que font les candidats. Je remarque aussi que, dans le 6e arrondissement, le maire sortant fait campagne, mais je ne sais plus à quel parti il appartient, ni même quel candidat à la Mairie de Paris il soutient car il le cache, comme vous dans le 1er arrondissement, Monsieur LEGARET !

(Mouvement de protestation sur les bancs de l?opposition municipale).

Puisque vous vouliez parler campagne, voilà ma réponse, y compris sur la campagne !

Dans le 1er arrondissement, j?ai vu votre dernier matériel, je ne sais pas à quel parti vous appartenez et je ne sais pas quel est votre candidat à la mairie de Paris.

Donc, je le dis aux habitants du 1er arrondissement?

(Applaudissements sur les bancs de la majorité municipale).

Attendez deux secondes !

Je le dis aux habitants du 1er arrondissement qui ne le sauraient pas : M. LEGARET, c?est très honorable, appartient à l?U.M.P. et est sur la liste de Mme de PANAFIEU, et c?est très honorable aussi ! Je les en informe.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

La question maintenant du groupe Nouveau Centre?

Oui, Madame de PANAFIEU, je vous en prie. Si vous voulez, j?irai dans le 6e et dans le 1er dire que c?est vous la candidate à la Mairie de Paris.

Mme Françoise de PANAFIEU, maire du 17e arrondissement. - Ayant été mise en cause, Monsieur le Maire...

M. LE MAIRE DE PARIS. - Non, je ne vous ai pas mise en cause.

Mme Françoise de PANAFIEU, maire du 17e arrondissement. - Je souhaiterais vous apporter une précision.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous avez de bonnes lectures. Faites la publicité, il y a les caméras.

Mme Françoise de PANAFIEU, maire du 17e arrondissement. - Depuis le début de cette campagne, j?ai dit que, contrairement à ce qui s?était passé depuis 7 ans, je souhaitais avoir autour de moi une équipe de femmes et d?hommes que je respecterais et qui seraient totalement responsables.

Je dois dire que comme maire d?arrondissement, j?ai vraiment souffert depuis 7 ans d?être considérée comme responsable de la propreté, par exemple, dans mon arrondissement quand je n?avais aucun moyen en la matière et que Paris est devenue si sale. J?ai souffert d?être dépourvue, comme l?ensemble des collègues, de moyens sur le terrain alors que pour les habitants, nous sommes évidemment celles et ceux qui devons agir pour eux.

Je constate également que si vous vous répandez, dès qu?il y a un journaliste, pour dire qu?un jour vous m?avez embrassée pour mon anniversaire, ce que je considère comme un honneur épatant, nous rappelons, nous les maires d?arrondissement de droite, qu?en 7 ans jamais nous n?avons été reçus une demi-heure dans votre bureau en tête-à-tête, simplement pour savoir un peu comment...

(Mouvement de protestation sur les bancs de la majorité municipale).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous savez pertinemment, Madame de PANAFIEU, que ce n?est pas exact.

Mme Françoise de PANAFIEU, maire du 17e arrondissement. - Alors écoutez, un aparté un jour d?anniversaire ne remplace jamais une demi-heure d?entretien.

Enfin, je demande à mes amis de continuer à faire campagne comme ils le font, car c?est vous les têtes de liste qui vous présentez sur les arrondissements, c?est vous que la population veut voir. Et je vous rappelle que je suis toujours là quand vous le souhaitez mais que c?est à vous de mener vos listes.

Merci.

(Applaudissements sur les bancs de l?opposition municipale).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Pour ce qui concerne les relations avec les maires d?arrondissement...

(Mouvement de protestation sur les bancs de l?opposition municipale).

Attendez, c?est la dernière séance, j?ai compris. Il ne faut pas s?énerver, il n?y a pas de quoi.

Les maires d?arrondissement ont eu souvent beaucoup de rapports de travail avec moi, chaque fois qu?ils le voulaient.

Je me souviens, par exemple, quand le maire du 7e arrondissement était venu me voir pour me demander de faire un peu moins de logements sociaux à Laennec.

Je me souviens que plusieurs maires U.M.P. sont venus souvent me voir, on a bien travaillé ensemble. Je ne veux pas les dénoncer.

(Mouvement de protestation sur les bancs de l?opposition municipale).

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Vous ne m?avez jamais reçu ! Je vous ai écrit. Vous êtes un menteur.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Arrêtez, Monsieur LEGARET. Il y a un truc qui est rigolo avec vous, Monsieur LEGARET.

(Mouvement de protestation sur les bancs de l?opposition municipale).

Taisez-vous.

Pourquoi chaque fois que je vous vois dans le 1er arrondissement, vous êtes extrêmement aimable et chaque fois qu?au Conseil de Paris, vous vous adressez à moi, c?est très désagréable ?

M. Jean-François LEGARET, maire du 17e arrondissement. - Vous ne m?avez jamais reçu. Vous avez menti !

M. LE MAIRE DE PARIS. - Il y a la télé. Je vais lui amener la télé dans le 1er arrondissement parce que là-bas il est très aimable avec moi.

M. Jean-François LEGARET, maire du 17e arrondissement. - Dites ?je suis un menteur?, au moins ce sera clair !

M. LE MAIRE DE PARIS. - Plusieurs maires d?arrondissement U.M.P. que je ne veux pas dénoncer me donnent acte des dossiers qui ont bien avancé grâce à nous et qui n?avançaient pas avant.

Enfin, chère Madame, chacun fait campagne comme il veut. Simplement, je trouverais plus honnête que dans tous les arrondissements, en votant pour les listes, on sache pour quel candidat à la Mairie de Paris on vote. Ce serait plus honnête mais chacun fait ce qu?il veut et si cela vous convient, tant mieux pour vous. Voilà !

(Applaudissements sur les bancs de la majorité municipale).