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Fevrier 2008
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Conseil Municipal
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2008, DU 4 - Substitution de la dénomination “place Paul - Emile Victor” à celle de “place Henry Dunant” située à l’intersection de l’avenue George V et des rues Christophe Colomb, Quentin Bauchart et François 1er (8e).

Débat/ Conseil municipal/ Février 2008


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons à l?examen du projet de délibération DU 4 qui concerne la dénomination de la place Paul-Emile Victor.

Je donne la parole à Alain LE GARREC.

M. Alain LE GARREC. - Merci, Monsieur le Maire.

Il nous est proposé de substituer au nom de ?place Henry Dunant? le nom de ?Place Paul-Emile Victor?. Le nom de Henri Dunant sera déplacé, à la demande de la Croix-Rouge, sur le site de l?hôpital Broussais.

Ces substitutions permettent ainsi de rendre hommage à un des hommes qui fit rêver plusieurs générations d?hommes et de femmes.

J?ai eu l?honneur, quand j?étais adolescent, de faire un Tour-Paris, en train, avec Paul-Emile Victor en face de moi. Assez rapidement, il se mit à parler, à raconter et je me souviens de ses yeux qui se plissaient comme ils devaient en avoir l?habitude par grand froid et vent violent. Pour le gamin que j?étais, ce fut un plongeon dans un inconnu presque surnaturel. Tout d?abord, Tour-Paris durait trois heures à l?époque, ce qui nous donnait un peu plus de temps pour cette aventure.

Groenland, Esquimaux, froid, neige, tout ceci relevait presque de l?extravagant.

Mais pourquoi aller passer des semaines dans ces pays, qui n?étaient d?ailleurs peut-être pas des pays ? La question obligatoire fut aussi posée : à quoi cela sert-il ?

Je ne me souviens pas bien de la réponse, mais je crois avoir compris qu?il n?était pas obligatoire, quand on est attiré par ces grands espaces, d?avoir une raison et que, quelquefois, ce n?est que bien des années plus tard qu?on trouve cette ou ces raisons.

Il me faudra quelques lectures de ses livres ou articles de presse pour découvrir de quoi il s?agissait plus tard. J?aurai aussi besoin de lire le livre de son ami Jean Malaurie qui nous parlait des derniers rois de Thulé pour mieux comprendre et devenir un ami, du moins un allié, de ses causes et des Inuits que je ne rencontrerai peut-être jamais.

Plusieurs années plus tard, quand j?ai eu à affronter mon premier hiver canadien, je me suis réinterrogé sur ce qui pouvait pousser ces gens normaux à passer six mois par an dans le froid et la glace. Hormis que ces personnages se refont une tous les matins, je ne connais pas la réponse.

Je sais qu?il m?arrive d?en avoir la nostalgie, mais uniquement pendant quelques jours.

Comme beaucoup de sa génération, il n?hésita pas à prendre sa part pendant la dernière guerre.

Dès 1947, celui qui, au culot, avait convaincu Charcot de l?embarquer sur le ?Pourquoi-Pas? en 1933, est à la pointe des expéditions polaires dont il prendra la direction jusqu?en 1976 et il participe aussi à la construction de la base scientifique en Terre Adelie.

Il fait partie des quelques Français qui ont un impact formidable et peut-être politique sur ma génération et la suivante. Il est de ceux avec d?autres qui nous mirent le pied dans notre environnement en nous expliquant que tout ce qui nous semblait immuable pourrait bien changer et qu?il faudrait un jour s?en préoccuper.

Il était accompagné d?Alain Bombard, Jacques-Yves Cousteau, Louis Leprince-Ringuet, Haroun Tazieff, Jacky Oriol et bien d?autres. Ils avaient vu juste et j?espère que nous serons à la hauteur de leur espérance. Bien plus tard, il s?installera à Bora-Bora où il décèdera en mars 1995.

L?objet de cette très courte intervention - il aurait 100 ans l?an dernier - n?est pas de faire un raccourci biographique qui est d?une extrême richesse : quarante publications scientifiques pour ne parler que de celles-là. D?autant que comme les gens exceptionnels, il savait tout faire allant du dessin, du conte pour enfant au cinéma, en passant par la photo, l?écriture, sans oublier ses talents de conférencier.

Il aimait aussi travailler les citations et je vous en livre une qui est un hommage : ?Ce n?est pas ce que nous sommes qui nous empêche de réaliser nos rêves, c?est ce que nous croyons que nous ne sommes pas?.

Bien entendu, nous voterons cette délibération et je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

La parole est à M. Jean-Pierre CAFFET.

M. Jean-Pierre CAFFET, adjoint, au nom de la 8e Commission. - Très rapidement, Monsieur le Maire.

Je n?ai rien à ajouter à l?intervention de M. LE GARREC. Je voulais simplement signaler que nous avons trouvé la solution qui permette à la fois de poursuivre l?hommage à Henry Dunant et d?honorer Paul-Emile Victor.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

Monsieur LEBEL, je vous donne volontiers la parole très brièvement.

M. François LEBEL, maire du 8e arrondissement. - Je vous en remercie, Monsieur le Maire.

Je voulais dire simplement qu?il n?y avait pas d?opposition ni observation du Conseil du 8e arrondissement, mais vous rappeler un v?u très ancien du Conseil de Paris concernant la dénomination ?Place Couve de Murville? qui n?a toujours pas obtenu de réalisation concrète.

Je vous remercie, Monsieur le Maire.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci et je souhaite qu?elle trouve une solution concrète, Monsieur CAFFET.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DU 4.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2008, DU 4).