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2008, VII - Question d’actualité de M. Eric AZIERE relatif à la pénurie de taxis parisiens.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2008


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. AZIERE.

M. Eric AZIERE. - En ce début d?année, les taxis parisiens sont inquiets, car ils ont été désignés brutalement, au détour d?un rapport fort de 316 décisions à prendre ou à laisser, comme le principal verrou à la libération de la croissance française, associés dans cet opprobre public aux pharmaciens, aux notaires, et aux coiffeurs.

Les perspectives évoquées dans ce rapport sont une pure et simple déréglementation de la profession des taxis, élaborée et annoncée sur tous les médias, sans préalable, sans aucune concertation avec la profession et les syndicats. Cette proposition vise entre autres à délivrer une licence gratuite à tous ceux qui en feront la demande, ce qui entraînerait de fait la ruine immédiate de propriétaires de licence achetées.

Cette solution brutale et ultra libérale risque, à notre sens, de précariser la situation des chauffeurs de taxis qui travaillent déjà plus de 10 heures par jour pour un salaire néanmoins modeste.

Première conséquence, l?augmentation à l?infini du nombre de courses avec des conditions de travail encore plus précaires.

Deuxième conséquence, la sécurité des passagers et des piétons, dans cette frénésie nouvelle, et au bout du compte, sans pour autant régler la question du nombre de taxis dans la capitale puisque la pénurie, plusieurs analyses le démontrent, provient très largement des difficultés de circulation.

Monsieur le Maire, au-delà des propositions qui ont déjà été faites par vous-même, par Marielle de SARNEZ et par d?autres pour optimiser l?offre de taxis à Paris, ne serait-il pas juste, équitable et solidaire que les élus de la capitale rassurent les taxis parisiens sur notre conception d?une évolution sans doute nécessaire de la profession, et les conditions d?une réforme profonde.

Dans cette perspective, le rôle de la Mairie apparaît clairement plus pertinent et plus naturel dans la gestion et l?organisation de ce type de transports que celui de la Préfecture de police, mode de gestion qui relève d?un système à revoir.

Pour améliorer le service aux Parisiens et mieux répondre à leurs attentes, est-il besoin de saper la profession pour en améliorer le service aux Parisiens ?

Marielle de SARNEZ a présenté à la profession ses propositions de transférer au Maire de Paris la gestion des licences et l?organisation de la profession, en attendant de réfléchir à une instance ajustée au grand Paris. Nous proposons également d?augmenter de 600 le nombre de places dans les stations de taxis, réparties sur les sites où la demande est forte. Nous proposons la modernisation du mobilier urbain, la visibilité des lumineux, l?incitation à des taxis propres. Et bien sûr, comme vous l?avez fait vous-mêmes, nos proposons l?ouverture de la bande d?arrêt d?urgence de l?autoroute A4 afin de fluidifier le trafic entre Paris et Roissy. Toutes ces mesures sont évidemment nécessaires.

Pour conclure par ma question, Monsieur le Maire, si nous sommes d?accord pour penser qu?il faut améliorer l?offre de taxis et l?organisation de la profession, pouvons-nous prendre l?engagement qu?il n?y aura pas de réforme des taxis à Paris sans concertation tripartite rassemblant les professionnels, la Mairie et l?Etat ?

Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs du groupe Modem.)

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.

Monsieur SAUTTER ?

M. Christian SAUTTER, adjoint. - Monsieur le Maire, le fait qu?il ne soit pas toujours très facile de trouver un taxi est un problème que l?on connaît depuis longtemps. Nous savons que cela fâche les touristes et que cela dissuade les Parisiens d?utiliser ce mode de transport en commun, aussi fréquemment que c?est le cas dans de nombreuses métropoles.

Est-ce que les taxis sont trop peu nombreux ou est-ce qu?ils ne sont pas au bon endroit au bon moment ? C?est un sujet qui est débattu depuis longtemps. A ce problème qui est réel, et pour lequel vous avez suggéré des propositions progressives et négocié, dont je vais dire un mot dans un instant, le rapport de la Commission pour la libération de la croissance française apporte une réponse brutale : c?est la décision n° 211 que M. AZIERE a rappelée. Elle consiste à augmenter le nombre de taxis en accordant une licence gratuite aux milliers de candidats à l?exercice de cette belle profession.

La conséquence est évidemment que cela dévaloriserait les licences existantes. Et cela confine à la spoliation car la licence pour un chauffeur de taxi artisan est un patrimoine indispensable pour sa retraite.

Votre démarche a été tout à fait différente. Vous vous êtes très tôt préoccupé du sujet. Le CODEV, le Comité du développement économique durable, sous l?impulsion de Lionel STOLERU, vous avez fait des suggestions concrètes qui ont conduit à réviser la tarification pour qu?elle soit plus incitative, à modifier les conditions de stationnement sur les aéroports d?Orly et de Roissy.

Vous avez convoqué une table ronde qui s?ajoutait à des contacts bilatéraux permanents pour rechercher des solutions consensuelles sur ces sujets. Vous avez mis en place un numéro d?appel unique que je rappelle : 01.45.30.30.30. Vous avez, avec M. le Préfet de police, fait en sorte qu?il y ait davantage de licences mais à un rythme mesuré de 300 par an.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je précise : 900 depuis 2001 et maintenant, sous l?autorité de M. le Préfet de Police, nous sommes à un rythme de 300 par an supplémentaires.

M. Christian SAUTTER, adjoint. - Donc, vous avez clairement adopté une démarche qui est fondée sur la responsabilité, la négociation - et la négociation tripartite comme le souhaite M. AZIERE avec les taxis et avec l?Etat, avec la profession et avec l?Etat, et ceci dans une parfaite transparence.

Je crois vraiment que c?est la bonne méthode. Ces oukases tombés du ciel ne sont pas la meilleure façon de régler un problème qui est réel mais dont la solution passera par l?accord de tous.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup.

La séance des questions d?actualité est terminée.

Un mot simplement.

Il se trouve qu?un certain nombre de nos collègues, qu?ils appartiennent aux groupes d?opposition ou à ceux de la majorité, ne seront pas à nouveau candidats aux élections municipales. J?ai donc une pensée particulière pour toutes celles et tous ceux qui savent déjà aujourd?hui, par leur décision, qu?ils ne seront pas Conseillers de Paris dans la prochaine mandature et je voulais saluer particulièrement celles et ceux qui achevaient leur mandat aujourd?hui par leur décision et les remercier au nom de Paris, qu?ils soient de la majorité ou de l?opposition, de l?oeuvre accomplie au service de Paris.

Pour ceux qui seront élus ou pas, rendez-vous dans quelques semaines.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).