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2008, II - Question d’actualité déposée par le groupe M.R.C. à M. le Maire de Paris relative à la situation des centres de santé de Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2008


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - Je donne la parole au groupe M.R.C. pour sa question. Mme CAPELLE a la parole.

Mme Liliane CAPELLE. - Nous l?avons évoqué tout à l?heure, le centre de Belleville ?Enfance et Famille? est menacé de fermeture.

Notre groupe va aujourd?hui voter la subvention de 150.000 euros qui est proposée par la Ville de Paris, mais s?interroge sur l?avenir de tous ces centres de santé parisiens.

Ces centres permettent à de nombreux Parisiens d?être soignés par des médecins généralistes, d?effectuer des analyses, de consulter dentistes ou cancérologues, autant de consultations nécessaires qu?il convient de maintenir.

En matière de santé, la possibilité d?offrir à ceux de nos concitoyens qui vivent dans des conditions précaires une médecine de proximité, déconnectée de logiques financières, ainsi que des actions de prévention et d?éducation sanitaires est un effort de service public en même temps qu?un signe de solidarité qu?il faut sauvegarder et mettre en valeur.

A l?heure où le personnel des urgences hospitalières multiplie grèves et manifestations, à juste titre, pour protester contre l?engorgement des services, pour demander des aides supplémentaires et pour appeler l?attention des dirigeants nationaux sur leurs conditions de travail, nous devons redoubler d?efforts.

En conséquence, notre groupe souhaite connaître les dispositions qui ont été prises et qui peuvent être encore prises par la Ville concernant ces centres afin que leur avenir cesse d?être menacé.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. Alain LHOSTIS.

M. Alain LHOSTIS, adjoint. - Nous avons évoqué notre politique, à l?instant, à propos du centre de santé ?Enfance et Famille? et de la subvention de fonctionnement annuelle que nous venons d?accorder.

Il est vrai que Paris apparaît, à l?extérieur, avec une offre de soins extrêmement importante, extrêmement généreuse, avec les hôpitaux de l?A.P.-H.P., les hôpitaux privés et les nombreux médecins libéraux, mais la question que vous soulevez, et qui est réelle, c?est que dans l?est parisien, l?offre de médecins généralistes et spécialistes est inférieure à la moyenne nationale, et la pratique du dépassement d?honoraires fréquente.

Et vous l?avez souligné, beaucoup de gens utilisent les urgences hospitalières comme un lieu de proximité - on a pu le constater avec le Maire de Paris, dans le 12e arrondissement, à Saint-Antoine.

Depuis 2001, nous avons, en rupture avec les politiques précédentes, décidé d?aider les centres de santé. Nous l?avons fait au niveau des investissements avec beaucoup de centres de santé parisiens, de l?est parisien, mais pas seulement. Depuis l?an dernier, nous avons décidé d?aider ces centres avec des subventions de fonctionnement.

Evidemment, cela ne règle pas le problème du passif accumulé dans ces centres par des activités qui sont, par essence, déficitaires si elles ne sont pas aidées. Tous les centres de santé qui subsistent, sont structurellement déficitaires, qu?ils soient municipaux mutualistes ou associatifs. La Ville apporte un concours extrêmement significatif pour mettre en équilibre ces centres de santé, il en est de même pour les mutuelles ou encore pour la Caisse centrale d?Action sociale E.D.F. dans le 10e arrondissement pour son centre de santé de l?avenue Richerand.

Il n?y a aucune aide des caisses primaires d?assurance maladie pour l?aide à la gestion des dossiers administratifs qui sont complètement traités par les centres et qui font qu?une partie des créances sont irrécouvrables. Je rappelle qu?à l?A.P.-H.P., chaque année, nous abandonnons 50 millions d?euros de créances impayées qui sont reprises dans le budget global donc financés par l?assurance maladie? Ce n?est pas le cas pour les centres de santé. Quand nous ne retrouvons pas les personnes, même si les actes sont faits, ils ne sont pas remboursés, ni dans les centres de santé municipaux ni dans les centres de santé associatifs.

La Ville a donc pris des engagements pour les centres de santé associatifs en difficulté afin de leur permettre de passer les prochaines semaines et les prochains mois.

Si nous voulons continuer à avoir une offre de santé de proximité, de secteur 1, accessible, il faudra que nous examinions, en relation avec la caisse primaire d?assurance maladie, comment aider au maintien de ces centres. On parle de favoriser le regroupement des libéraux à des conditions favorables. Je rappelle que les centres de santé associatifs, ce sont des centres de santé dans lesquels exercent le plus souvent des libéraux.

On n?a donc pas besoin de réinventer quelque chose, ces lieux existent. Il faut les aider à être mieux gérés. En particulier, toute une dimension de prévention doit être accompagnée. Au fond, ce sont de véritables maisons de santé. Nous nous sommes engagés dans cette démarche.

On voit bien que les difficultés actuelles qui sont faites à l?assurance maladie renforcent les difficultés de ces activités. Je pense que la Municipalité parisienne n?a pas à rougir d?avoir engagé une rupture fondamentale dans le soutien à ce type d?activité dans la Capitale depuis 7 ans.