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Octobre 2010
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Conseil Général
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2010, DDEEES 82 G - DPVI 394 G - Mise en oeuvre du Contrat Urbain de Cohésion Sociale. Signature d’une convention avec diverses associations menant des actions d’apprentissage de la langue française dans un objectif d’insertion professionnelle, pour l’attribution d’une subvention. Montant total : 173.322 euros.

Débat/ Conseil général/ Octobre 2010


 

M. Christian SAUTTER, président. - Nous passons maintenant à l?examen du projet de délibération DDEEES 82 G relatif à un ensemble de subventions dans le cadre du Contrat urbain de cohésion sociale, subventions à des associations qui mènent des actions d?apprentissage de la langue française dans un objectif d?insertion professionnelle. Le montant est de 173.322 euros.

Mme CAPELLE a la parole et Mme STIEVENARD répondra.

Mme Liliane CAPELLE. - Monsieur le Président, mes chers collègues.

Vous ne serez pas étonnés de me voir intervenir sur cette délibération, parce que c?est un sujet qui me tient particulièrement à c?ur et depuis de très nombreuses années. Je voudrais vraiment saluer, au nom des élues républicaines socialistes, cette délibération qui permet la mise en ?uvre du Contrat urbain de cohésion sociale.

L?idée de lier des aides de la Ville à des associations à dimension humaine ancrées dans des quartiers afin de lier l?aide à la formation, à la recherche d?emploi et l?aide à l?apprentissage du français est une excellente chose. Je suis d?autant plus ravie que les usagers de ces structures associatives seront en très grande partie parfois même exclusivement des femmes issues de l?immigration car pour elles vient s?ajouter bien trop souvent en plus du problème de la socialisation et de l?intégration celui de l?émancipation féminine.

Ainsi, cette délibération est pour moi symbolique et exemplaire de la politique à mener. Symbolique, car elle est le strict opposé de celle du Gouvernement soutenu par une partie de l?U.M.P., et leur politique stigmatise l?étranger et pervertit notre modèle d?intégration républicaine en le limitant à un problème d?identité nationale.

Celle-ci porte tellement les stigmates historiques de la Droite nationale, cela pourrait être affligeant et pathétique si la crise ne rendait pas particulièrement dangereuse la propagation de telles prises de position, qui nous éloignent d?ailleurs totalement de la conception ouverte de la Nation de Renan. Exemplaire, car notre ville ?uvre ainsi avec détermination et efficacité à l?intégration et à l?émancipation des personnes d?origine étrangère.

En effet, si l?apprentissage d?une langue commune n?est pas nécessaire à un sentiment de commune appartenance, il le favorise grandement. Cela permet en effet de lutter contre l?exclusion sociale, l?enfermement dans une communauté.

L?apprentissage du français permettra, j?en suis sûr, à beaucoup d?entre elles, de refuser la servitude et l?assujettissement, car en plus des concepts que véhicule nécessairement une langue, le simple apprentissage de celle-ci permet de gagner son autonomie, son indépendance. Celle-ci sera d?autant plus forte que l?ensemble des personnes accèderont à l?emploi, ce qui leur procurera des revenus propres en plus de créer des liens sociaux supplémentaires.

Je remercie donc l?ensemble de la majorité qui nous permet ainsi aujourd?hui d?illustrer par les faits, la différence fondamentale qu?il y a entre une politique d?intégration républicaine que nous portons, et une politique nationaliste que portent MM. Nicolas SARKOZY, Brice HORTEFEUX et Eric BESSON.

Je profite de l?occasion qui m?est donnée pour remercier les milliers de bénévoles associatifs qui ?uvrent chaque jour pour permettre dans notre ville la traduction concrète de notre volontarisme politique pour la solidarité, la tolérance, et l?émancipation des femmes et des hommes quelles que soient leur origine, leur condition sociale, leur religion.

Je me félicite donc de ce projet de délibération et c?est avec un très grand plaisir qu?avec mes amis je la voterai. Je vous remercie.

(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, radical de gauche et apparentés, Communiste et élus du Parti de Gauche et ?Les Verts?).

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame CAPELLE, de votre enthousiasme.

Mme STIEVENARD va répondre en notre nom à tous les deux, elle et moi.

Je lui donne la parole.

Mme Gisèle STIEVENARD, vice-présidente, au nom de la 5e Commission. - Monsieur le Président.

Mme Liliane CAPELLE a rappelé à juste titre l?importance des formations linguistiques pour les femmes maîtrisant mal le français.

Le projet de délibération accorde des subventions à hauteur de 173.322 euros à neuf associations travaillant sur l?emploi et la formation dans les quartiers ?politique de la ville?. Il s?agit spécifiquement d?associations menant des actions de formation linguistique dans un objectif d?insertion professionnelle.

Au total, 200 personnes en seraient bénéficiaires, prioritairement des femmes et des jeunes.

En 2009, au moins 43 personnes ont retrouvé un emploi et 28 sont entrées dans des formations plus longues.

Je peux ajouter ce que nous faisons, avec M. SAUTTER en pilote, pour la formation et l?emploi des femmes illettrées et habitant, la plupart du temps, dans les quartiers ?politique de la ville? : le soutien à La Clairière et l?essaimage de son expérimentation à deux autres centres sociaux, (Relais 59 dans le 12e et Solidarité Roquette dans le 11e), l?ouverture en 2010 d?une Maison du développement économique et de l?emploi dans le 10e, qui se consacrera principalement au service à la personne et qui formera des personnes des quartiers à ces métiers.

Dans le cadre du programme de formation du Département, il y a une nouveauté 2010, avec un programme spécifique pour 170 femmes qui vont bénéficier de passerelles linguistiques vers l?emploi qui couple formation linguistique et immersion en entreprise et nous apportons notre soutien à la fondation ?uvre de la Croix Saint-Simon sur un dispositif similaire à ?La Clairière? qui fait l?objet de la délibération suivante.

Il s?avère que l?État s?est recentré sur les primo-arrivants. La Ville de Paris fait donc un maximum d?efforts pour que toutes ces femmes puissent retrouver le chemin de l?emploi.

Merci à Mme CAPELLE et à l?ensemble du Conseil pour leur soutien à ces activités fort utiles et merci aux associations qui sont porteuses de ces actions.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Madame STIEVENARD.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DDEEES 82 G - DPVI 394 G.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l?unanimité. (2010, DDEEES 82 G - DPVI 394 G).