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Octobre 2010
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Conseil Général
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2010, DDEEES 78 G - Signature d’une convention avec le CROUS de Paris pour l’attribution d’une subvention relative à la réhabilitation du restaurant universitaire Mabillon. Montant : 1.500.000 euros.

Débat/ Conseil général/ Octobre 2010


 

M. Christian SAUTTER, président. - Nous revenons un peu en arrière et passons à l?examen du projet de délibération DDEEES 78 G relatif à la signature d?une convention avec le C.R.O.U.S. de Paris pour l?attribution d?une subvention de 1.500.000 euros pour réhabiliter le restaurant universitaire Mabillon, qui est très célèbre.

La parole est à M. Romain LÉVY.

M. Romain LÉVY. - Merci.

En effet, je tenais par cette intervention à saluer l?effort financier important que notre collectivité apporte à la rénovation du restaurant universitaire Mabillon, qui est située dans le 6e arrondissement. Comme vous venez de le dire, il s?agit aujourd?hui de voter une subvention de 1,5 million d?euros.

Cette aide s?inscrit effectivement dans un effort plus global engagé depuis 2004, en faveur de la restauration universitaire.

Cette vaste opération de rénovation va permettre de faire des progrès importants en matière de restauration ainsi que de qualité de l?accueil.

La convention est effectivement claire en ce domaine. Les opérations de réhabilitation prennent en compte, non seulement les objectifs de mise de sécurité et aux normes sanitaires mais également les objectifs d?amélioration du service rendu aux étudiants, que ce soit la réduction des temps d?attente ou l?amélioration du confort et l?animation des salles.

Un des axes majeurs de ces travaux est de permettre au restaurant, après réhabilitation, d?être en capacité d?augmenter sa production de repas par jour, en passant de 1.000 à 1.250, et aussi d?ouvrir le soir.

Cela n?est pas rien quand on sait que ce restaurant se trouve, en effet, au coeur du quartier latin, dont on connaît à la fois la concentration en établissement d?enseignements supérieurs et les dizaines de milliers d?étudiants qui le fréquentent. A tel point d?ailleurs que je crois, mais peut-être que M. Didier GUILLOT pourra nous en dire un mot,  que la restauration universitaire y est actuellement saturée.

En outre, la nouvelle façade vitrée de cet établissement le rendra plus lumineux. L?ouverture de son rez-de-chaussée sur la rue l?inscrira pleinement dans le quartier et, en dehors des heures de repas, une connexion wifi permettra aux étudiants de l?utiliser comme espace de travail.

Avant de parler de l?enjeu que constitue une bonne alimentation pour les étudiants, j?aurais souhaité demander à M. Didier GUILLOT quel était, plus globalement, la politique de la Ville en matière de restauration universitaire et les  moyens apportés pour augmenter le nombre de places, sachant notamment que la fréquentation augmente chaque année.

Si je pose cette question, c?est qu?une récente étude, menée par les mutuelles étudiantes a montré que l?équilibre alimentaire des étudiants était fortement lié à la fois au coût du repas, au temps disponible pour déjeuner et à la variété ainsi qu?à la qualité de ces repas. Or, qui mieux que la restauration universitaire peut répondre à ces critères ?

Elle propose un prix imbattable à 2,90 euros par repas pour un repas complet, et garantit ainsi l?accès des plus défavorisés à une alimentation équilibrée.

La charte de qualité du C.R.O.U.S. prévoit en outre l?équilibre alimentaire des étudiants avec des plats chauds, variés, équilibrés, et des repas qui sont préparés sur place.

Et je le redis, c?est un vrai enjeu de société pour notre jeunesse et sa santé, car si je reprends quelques données sur l?équilibre alimentaire des étudiants : 1 étudiant sur 5 avoue ne prendre que deux repas par jour, et 12 % d?entre eux pour des raisons financières ; 14 % des étudiants ne consomment quotidiennement aucun fruit ou légume ; et 90 % d?étudiants mangent en moins de 30 minutes, et cette durée tend encore à se réduire.

Monsieur le Maire, pourriez-vous nous en dire plus sur le travail engagé avec les acteurs tel le C.R.O.U.S., sur cette question essentielle de la restauration universitaire.

Et vous pourrez bien sûr compter, vous le savez, sur le soutien et l?appui du groupe socialiste, radical de gauche et apparentés qui votera avec enthousiasme ce projet de délibération.

M. Christian SAUTTER, président. - Je donne la parole pour vous répondre à M. Didier GUILLOT.

M. Didier GUILLOT, au nom de la 2e Commission. - Merci, Monsieur le Président, merci, Monsieur le Conseiller.

La réhabilitation du restaurant Mabillon est d?autant plus importante qu?elle est au c?ur de la principale zone universitaire parisienne, le quartier latin. Il s?agit du restaurant le plus emblématique et le plus ancien puisqu?il a été construit en 1952, et il fallait donner un coup de modernisation à ce lieu très important au c?ur du quartier latin.

Nous avons profité de cette réhabilitation pour, au-delà de ce que M. Romain LÉVY a dit tout à l?heure sur la capacité, changer l?image des restaurants universitaires. Nous avions depuis deux ans déjà engagé une réflexion sur l?usage des restaurants universitaires et notamment le fait qu?ils puissent se transformer en salle de travail en dehors des heures de restaurant. Cela a été fait à Dauphine, restaurant que nous avons d?ailleurs financé il y deux ans maintenant et dans un certain nombre de cafétérias, comme celle des Saint-Pères. On souhaite à travers Mabillon passer un cap qui ne soit plus de l?expérimentation mais une forme de généralisation. Nous avons aussi inauguré une autre application nouvelle, à savoir la sonorisation du restaurant Censier par Radio campus. Il s?agit de réhabiliter l?image des restaurants universitaires qui parfois peut être un peu, et vraiment de façon très injuste, ringarde.

Ensuite, depuis 2004, nous avons déjà investi plus de 3,6 millions d?euros, et je ne compte pas cet investissement-là dans ces chiffres, avec la réhabilitation de Dauphine, le restaurant Châtelet, la création des restaurants universitaires sur le site de ?Paris Rive gauche?, ainsi que Jussieu et l?U.F.R. Saint-Charles. Il reste encore beaucoup à faire, et la priorité absolue en termes de construction aujourd?hui qui mobilise toute notre attention et toute notre énergie, c?est de faire en sorte que le campus ?Paris Rive gauche? puisse accueillir d?autres lieux de restauration, puisque cela a été sous-évalué et sous-dimensionné.

Même si le restaurant est un beau restaurant, il est largement au-dessous du nombre d?étudiants que concerne ce site, qui va bientôt atteindre les 28.000 étudiants. Nous avons d?ailleurs eu une réunion avec la Secrétaire générale et l?ensemble des acteurs, le président de Paris VII, la S.E.M.A.P.A., le directeur du C.R.O.U.S., et nous devons vraiment, dans les deux ans, faire en sorte que les solutions à court terme, tout ce qui est cafétéria et lieu de restauration mobile, soient faites très rapidement et nous les financerons. Mais également, se donner toutes les possibilités d?envisager la création d?un nouveau restaurant universitaire de grande capacité pour permettre de répondre à une demande, d?autant que la restauration dans ce secteur reste, même si un effort a été fait pour qu?il n?y ait pas de restaurant dit ?de mal bouffe?, grâce notamment à l?effort de la S.E.M.A.P.A., donc des Fast Food, il n?en reste pas moins que l?essentiel des restaurants sont encore inabordables et que nous tenons à une qualité par rapport à l?usage que font les étudiants.

Nous aurons bien sûr d?autres restaurants à rénover. Je pense notamment à la Cité internationale, au restaurant de Citeaux, et bien d?autres évidemment. Et nous avons décidé de travailler sur cette question très précisément. Nous avons eu une réunion encore hier avec le Vice-chancelier des universités, pour programmer dans les trois ans qui viennent un plan de réhabilitation et de construction de l?ensemble des restaurants universitaires. Nous y participerons comme nous l?avons fait jusqu?à maintenant de façon extrêmement importante, comme aucune collectivité ne le fait, comme sur le logement étudiant d?ailleurs.

Je précise également que nous avons décidé de mobiliser ?Etudiants de Paris - Le Conseil?, qui a travaillé pendant six mois l?année dernière sur le terme de l?insertion professionnelle sur le thème du bien-être étudiant. Les questions de santé, d?alimentation et de bien-être seront abordées, et je ne doute pas que d?ici le mois de mai prochain, les étudiants nous feront d?autres propositions pour améliorer la qualité de la réflexion qui pourra être faite sur ce sujet, et je pense en particulier que l?un des sujets qui devra être mis sur la table, au-delà de l?investissement que nous ferons et qui sera conséquent sera la question du temps. Nous avons déjà eu une réflexion lors du mandat précédent sur la question du travail salarié avec la charte des étudiants salariés qui demandaient une adaptation du temps des universités aux jobs et aux stages et là je crois qu?il y aura la même réflexion pour permettre aux universités d?adapter le temps des études à ce temps de restauration qui est extrêmement important pour la qualité de vie et la santé des étudiants.

Je vous engage donc à voter cette convention avec le C.R.O.U.S.

M. Christian SAUTTER, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DDEEES 78 G.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2010, DDEEES 78 G).