Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Juin 2019
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

2019 DASES 151 Subvention (45.000 euros) et convention avec le GIE IPSO pour la création d'un cabinet médical 73 rue de Montreuil (11e) dans le cadre du dispositif Paris Med'.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2019


 

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Nous examinons le projet de délibération DASES 151 relatif à l'attribution d'une subvention et d'une convention avec le G.I.E. I.P.S.O. pour la création d?un cabinet médical, 73 rue de Montreuil dans le 11e arrondissement, dans le cadre du dispositif "Paris Med?".

La parole est à Mme Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Le sujet que je souhaite aborder n?est pas nouveau. C?est toujours la distinction dans notre politique en matière de santé entre les centres de santé, les maisons de santé et les cabinets médicaux privés. Nous sommes dans un contexte de grève des urgences qui pose évidemment la question de l?amont, même si ce n?est pas que cela. La problématique des urgences est aussi, d?abord et avant tout, le problème des sous-effectifs dans l?hôpital public, le problème de la suppression de services, de la suppression de lits et de lits d?aval. Tout cela est dicté par des logiques austéritaires qui font que la souffrance du personnel hospitalier est extrêmement préoccupante et qu?elle s?aggrave d?année en année. Hélas, les gouvernements successifs, et tout particulièrement celui-là, sont totalement sourds à la problématique.

Néanmoins, notre politique en matière de santé devrait donc penser - nous y reviendrons, car il y a d?autres v?ux sur la question de l?A.P. -H.P. et l?action des urgences - la complémentarité entre la médecine de ville et les hôpitaux qui devraient être repositionnés en hôpitaux de proximité. Quelle médecine de ville souhaitons-nous ?

Nous allons attribuer une subvention d?investissement de 45.000 euros au G.I.E. I.P.S.O. pour la réalisation de travaux d?aménagement d?un local situé au 73, rue de Montreuil dans le 11e arrondissement. Ces moyens financiers vont servir à l?acquisition d?équipements et à la création d?un cabinet médical de soins de premiers secours, secteur 1. Par ailleurs, nous sommes dans le cadre de critères que nous avons fixés : au moins trois professionnels de santé en secteur 1.

Nous ne sommes pas les seuls financeurs : si la Ville de Paris met 45.000 euros, il y a aussi une subvention de la Région Ile-de-France à hauteur de 200.000 euros, tandis que l?équipe médicale propre va mettre, elle, 1.340.000 euros. Cela fait donc beaucoup d?argent public mis dans les travaux d?aménagement d?un local privé - le propriétaire est privé, c?est un bailleur privé. Il y a en retour une charte et un engagement : notamment, mener des actions de santé publique sur le territoire parisien.

J?aimerais, Madame l?Adjointe, savoir quelles sont les évaluations de ces actions de santé faites sur les cabinets médicaux qui ont déjà été accompagnés et aidés. Qui fait ces évaluations d?action ? Est-ce une structure indépendante ? Est-ce simplement l?A.R.S. qui fait son évaluation ? Comment la Ville fonctionne par rapport à cela ?

Je voudrais réinsister et préciser que la différence entre un centre de santé ou un cabinet médical privé est importante. Evidemment que ce cabinet médical, face au déficit de santé de médecine de ville, va être utile - je ne le remets pas en cause. Un centre de santé, c?est une politique de prévention de santé publique ; un cabinet médical, c?est beaucoup plus une politique de soin à l?acte. Ce n?est pas la même approche : dans l?un, vous avez des salariés rémunérés et qui peuvent aussi intervenir sur différents publics et aussi hors de leur local ; dans l?autre, les professionnels sont payés à l?acte, sont rémunérés aux consultations effectuées. Cela amène une logique de santé qui n?est pas du tout la même avec l?ensemble des partenaires, même si cela n?interdit pas à des cabinets médicaux privés d?avoir des gens extrêmement dévoués pour l?intérêt général et d?aller au-delà de la simple logique de rétribution à l?acte et d?intéressement.

Il est important de comprendre qu?il y a deux conceptions différentes entre les centres de santé et la médecine en cabinet médical, même lorsqu?il y a plusieurs professionnels. J?ai toujours le sentiment que nous avons plus souvent des projets de délibération sous cette forme que sur les centres de santé dont la forme serait, selon moi, vraiment à privilégier. Je vous remercie.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Je vous remercie.

Pour vous répondre, la parole est à Mme Anne SOUYRIS.

Mme Anne SOUYRIS, adjointe. - Merci, Madame la Maire.

Vous allez être contente, Madame SIMONNET : le mois prochain, nous allons voter sur le centre de santé Richerand, sur lequel nous allons délibérer pour investir à hauteur d?un million d?euros. Vous voyez que, pour nous, le sujet est tout à fait d?actualité ; nous ne sommes pas en train de financer les cabinets de santé pluri-professionnels au détriment des centres de santé, bien au contraire. Vous le savez, puisque je l?ai rappelé à plusieurs reprises : nous avons décidé de moderniser et de rénover tous les centres de santé parisiens, sans exception ; de ne plus en fermer aucun et, même, de les agrandir. C?est donc une vraie politique de santé publique que nous menons.

Cela n?empêche pas, effectivement, que le fait de parer à la désertification médicale, en tout cas du secteur 1 à Paris, par une aide à l?installation bien plus modeste - il s?agit là de 45.000 euros, et non d?un million d?euros - pour aider des professionnels de santé à s?installer, ce n?est pas du luxe. Il n?est pas possible de continuer à penser que nous allons être obligés d?aller voir simplement des médecins en secteur 2 et que, donc, toute une partie de la population ne pourra plus aller qu?aux urgences pour se faire soigner, ou dans nos centres de santé qui ne sont pas assez nombreux. Je suis d?accord avec vous : il faudrait tout multiplier, mais je crois franchement que l?effort a été important.

Je finirai sur une chose. Les maisons de santé, comme les cabinets "Paris Med?" qui ont été financés, sont des cabinets et des maisons de santé qui sont non seulement en secteur 1, mais ont en plus des projets de santé. Ce n?est pas que du soin ; c?est aussi de la santé stricto sensu.

I.P.S.O., dont nous n?avons finalement pas parlé, a un projet de santé très important. Par exemple, vous parliez des urgences tout à l?heure : ils ont beaucoup fait pour avoir une réponse en gynécologie, sur tout ce qui est famille, sur tout ce qui est éducation thérapeutique et prévention auprès des familles, mais aussi pour répondre aussi aux urgences. De manière vraiment proactive, leur ouverture sera de 7 heures et demie jusqu?à 22 heures, tous les jours. Ils seront également ouverts le samedi. Moi, je salue vraiment cette innovation que, pour l?instant, tous nos centres et toutes nos maisons de santé ne font pas. Or, c?est très important si l?on veut commencer à vraiment tisser des liens intelligents avec l?hôpital et désengorger les urgences. Merci.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Je vous remercie.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 151.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2019, DASES 151). V?u déposé par le g