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Juin 2019
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Conseil Municipal
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II - Question d’actualité posée par le groupe UDI-MODEM à Mme la Maire de Paris relative aux "Pollutions et santé des écoliers parisiens".

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2019


 

Mme LA MAIRE DE PARIS.- La question suivante est posée par le groupe UDI-MODEM.

Madame Olga JOHNSON ? Très bien, vous avez la parole.

Mme Olga JOHNSON.- Merci.

Madame la Maire, chers collègues, la pollution atmosphérique est un fléau qui tue plus de 6.000 personnes par an en Ile-de-France et qui nécessite un travail de longue haleine afin d?être enrayé. Le bilan 2018 d?Airparif sur la qualité de l?air en Ile-de-France montre clairement que, quel que soit le type de polluant - particules fines, dioxyde d?azote ou ozone -, les objectifs de qualité nationaux ne sont pas atteints et les taux observés sont encore très au-dessous des normes fixées par l?O.M.S.

Si tous les Parisiens et Franciliens pâtissent de cette situation, certains plus vulnérables subissent plus lourdement les conséquences de la pollution de l?air parisien. Parmi eux, les 160.000 écoliers parisiens sont particulièrement concernés. On observe ainsi en France un doublement des cas d?asthme ces dix dernières années.

Aujourd?hui, c?est jusque dans leur salle de classe que l?air que respirent les jeunes Parisiens semble vicié. On apprend, en effet, que plus des deux tiers des 656 écoles parisiennes pourraient encore contenir de l?amiante. Plus grave, la Mairie ne semble même pas réellement au courant de la situation, puisqu?il n?a pas été jugé utile de mener une étude sérieuse sur le sujet. Si l?Exécutif se veut rassurant en arguant de l?innocuité de l?amiante emprisonné, plusieurs associations et parents d?élèves estiment qu?une prise en charge beaucoup plus sérieuse du problème est indispensable, notamment lorsque l?on sait qu?un simple trou dans un mur ou un plafond peut compromettre le confinement de l?amiante et libérer dans les salles de classe des fibres nocives, auxquelles les enfants, de par leur petite taille, sont particulièrement exposés.

En exposant ainsi nos enfants à des pollutions aussi dangereuses, nous hypothéquons leur avenir et les condamnons à subir des conséquences graves tout au long de leur vie. Face à ces constats, notre groupe UDI-MODEM s?est déjà montré force de propositions, notamment dans le cadre de sa proposition de délibération sur l?e-santé adoptée à l?unanimité du Conseil de Paris en mai 2015, laquelle prévoyait une mesure visant à mieux informer les petits Parisiens dès le plus jeune âge sur les bonnes pratiques à mettre en ?uvre, afin de préserver leur santé et en évitant de s?exposer inutilement. Les travaux menés par la Commission e-santé avaient d?ailleurs conduit notre groupe à préconiser de lancer un appel d?offres auprès des praticiens volontaires sur le thème de la télésurveillance des pathologies liées à l?asthme chez les enfants.

Ma première question sera donc la suivante : où en êtes-vous, Madame la Maire, de la mise en ?uvre de ces mesures qui découlent, je le rappelle, d?un projet de délibération adopté à l?unanimité il y a plus de quatre ans ? Puis plus globalement, quelles sont les mesures à mettre en ?uvre et que vous préconisez afin de permettre à tous les parents d?ici à la rentrée prochaine d?avoir une information claire et rigoureuse sur les niveaux de pollution dans l?école de leurs enfants, qu?il s?agisse d?amiante ou d?autres polluants, et sur les mesures prises par la Ville pour les diminuer ? Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS.- Merci beaucoup, Mme JOHNSON. Tout d?abord Patrick BLOCHE pour vous répondre, puis Anne SOUYRIS pour compléter.

M. Patrick BLOCHE, adjoint.- Merci, Madame la Maire.

J?aurais presque voulu vous remercier, Madame JOHNSON, de votre question parce qu?elle permet d?illustrer l?action municipale de Paris, qui est aussi volontaire qu?exemplaire dans le domaine de la pollution, notamment de la pollution de l?air, à l?intérieur et à l?extérieur des écoles. Il y a aussi la pollution des sols que vous n?avez pas évoquée, ce que je ferai, si vous me le permettez.

Cependant j?étais surpris que vous abordiez et consacriez autant de temps dans votre question au problème de l?amiante. Ce problème est référencé depuis longtemps : tous les bâtiments scolaires ont été diagnostiqués et ce dossier est suivi de près. Il n?y a heureusement aucun amiante friable qui ne puisse être diffusable dans les bâtiments scolaires, mais il y a encore de l?amiante dans les écoles dans les conduites en fibrociment. Je précise que tous les bâtiments scolaires construits après 1997 - il y en a un certain nombre à Paris - ne contiennent évidemment pas d?amiante. L?amiante est un sujet que l?on traite et avec 2 millions d?euros consacrés chaque année. Le problème de l?amiante se pose aussi à chaque fois que l?on fait des travaux dans les bâtiments scolaires. S?il y a un sujet que l?on suit depuis longtemps, c?est bien celui-là.

Le problème de la pollution de l?air est plus récent. Je ne reviens pas sur la politique très volontaire que la Maire de Paris met en ?uvre et qui fait de Paris une référence en ce domaine. Vous avez voulu, Madame la Maire, non seulement que le constat soit connu mais également passer à l?action.

Que le constat soit connu parce que vous avez souhaité, quand l?association "Respire" a rendu publique sa cartographie de la pollution de l?air à l?extérieur des écoles, communiquer dans la plus grande transparence pour que les Parisiennes et les Parisiens, principalement les familles parisiennes, soient informés de la qualité de la pollution de l?air. La cartographie de "Respire" est celle de la pollution de l?air avec évidemment la localisation des bâtiments scolaires.

De ce fait, une campagne de mise en place de microcapteurs, financée notamment par la fondation Bloomberg, est en train d?être mise en place. Vous aurez sans doute l?opportunité, Madame la Maire de Paris, de pouvoir formaliser par votre présence la mise en place de ces premiers microcapteurs. C?est également la pollution à l?intérieur des écoles, notamment avec le projet "Ecole de rêve" financé sur le budget participatif, avec le fait que plusieurs dispositifs sont installés et ils prendront, notamment aux vacances de la Toussaint 2019, toute leur ampleur.

Pour finir sur la pollution des sols, je ne voudrais pas l?ignorer. Paris a été une ville industrielle et le diagnostic de la pollution des sols est toujours de la responsabilité de l?Etat. Le problème que l?on a eu est que l?Etat s?est désengagé alors que le diagnostic était quasiment terminé pour les crèches. Je ne fais aucune polémique politique puisque le gouvernement actuel n?en est pas le responsable, c?était avant lui. De ce fait, la Ville de Paris a dû là aussi compenser le désengagement de l?Etat. Nous avons une politique qui vise à connaître parfaitement l?état de la pollution des sols et bien sûr de la traiter au cas par cas.

Voilà ce que je voulais répondre en disant que c?est tout le sens du Plan de santé environnementale que nous avons adopté et que la pollution ou les pollutions ne peuvent se penser en dehors des inégalités sociales. Je voulais aussi le rappeler parce qu?on est inégaux devant la pollution.

Mme LA MAIRE DE PARIS.- Merci beaucoup, Patrick BLOCHE, pour cette réponse. Anne SOUYRIS.

Mme Anne SOUYRIS, adjointe.- La question est très importante. Cela fait partie du Plan de santé environnementale que nous avons voté dès le début de cette mandature. Sachez que nous sortirons une cartographie à la rentrée pour évaluer la qualité de l?air, non seulement à l?extérieur mais dans les cours des crèches, des écoles et des collèges ; ce sera vraiment une cartographie publique et je pense que cela peut répondre à votre question.

Vous parliez de sensibiliser les enfants et les parents, sachez que des ateliers existent actuellement en périscolaire pour faire en sorte que les enfants soient sensibilisés, y compris les agents qui commencent maintenant à l?utiliser. On a changé les produits utilisés pour le ménage comme détergents dans l?école, de manière à ce que la pollution de l?air soit moindre et que les produits toxiques, en particulier les perturbateurs endocriniens, ne soient plus là.

Vous voyez qu?il y a vraiment une prise en charge de plus en plus importante de cette question. Sachez aussi que nous avons, pour l?instant à l?étude, de faire des crèches et des écoles sans perturbateurs endocriniens. Nous avons lancé un audit sur ce sujet pour pouvoir commencer cette expérimentation.

Mme LA MAIRE DE PARIS.- Merci beaucoup, Anne SOUYRIS.

Madame JOHNSON, souhaitez-vous reprendre la parole ?

Mme Olga JOHNSON.- Juste un mot. Je voulais dire à M. BLOCHE que je suis surprise qu?il soit surpris par le fait que je parle de l?amiante. Dans notre rôle d?élus, nous relayons surtout les préoccupations des familles et des Parisiens. Si j?ai abordé cette question aujourd?hui, c?est parce que je relayais de légitimes préoccupations des familles.

Ensuite, j?ai envie de vous répondre que nous attendons votre cartographie à la rentrée.

Je rappelle que notre groupe avait déposé en mars 2016 un v?u, qui a été adopté, pour que les équipements sportifs municipaux de plein air aient également un dispositif d?information signalant les niveaux de pollution. Tout cela va dans le bon sens. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS.- Merci beaucoup, Madame JOHNSON.