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Juin 2019
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Conseil Municipal
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Débat/ Conseil municipal/ Juin 2019


 

Mme LA MAIRE DE PARIS.- Le Conseil de Paris a appris avec tristesse la disparition, survenue le 24 mars 2019, de M. Lucien Rebuffel, ancien conseiller de Paris, ancien conseiller régional d?Ile-de-France.

Lucien Rebuffel a été entrepreneur. Il s?est consacré, dès 1964, au syndicalisme patronal. Il est devenu, tout d?abord, président de la Fédération des P.M.E. d?Ile-de-France en 1977, puis vice-président de la Confédération des petites et moyennes entreprises, la C.G.P.M.E. en 1978. Et enfin, il a présidé cet organisme de 1990 à 1999.

Il est considéré comme l?un des inspirateurs de la loi Madelin sur les statuts des indépendants et des lois Raffarin et Galland sur l?urbanisme commercial, ainsi que de la création, en 1997, de la Banque de développement des P.M.E., devenue OSEO en 2005. Il en présidera le conseil de surveillance de 1997 à 2000.

Par ailleurs, il s?est engagé en politique aux côtés de Jacques CHIRAC et a été élu au Conseil de Paris en 1989, puis réélu en 1995.

En outre, il a siégé au Conseil régional d?Ile-de-France de 1986 à 1992, et au Conseil économique et social de 1979 à 2000.

Lucien Rebuffel était grand officier dans l?ordre national de la Légion d?honneur, grand-croix dans l?ordre national du Mérite, commandeur des Palmes académiques et des Arts et des Lettres, et titulaire de nombreuses autres décorations françaises et étrangères.

Ses obsèques ont été célébrées le 3 avril 2019 en la cathédrale Saint-Louis des Invalides, à Paris, dans le 7e arrondissement.

En mon nom, en notre nom, permettez-moi d?adresser à sa famille nos sincères condoléances et de respecter une minute de silence en sa mémoire.

(L'Assemblée, debout, observe une minute de silence).

Je vous remercie.

Le Conseil de Paris a aussi appris avec tristesse la disparition, survenue le 25 avril 2019, de M. Georges Mesmin, ancien député, ancien conseiller de Paris, ancien maire du 16e arrondissement.

Ancien élève de l?Ecole nationale d?administration, inspecteur des finances, Georges Mesmin a mené une brillante carrière au service de l?Etat et a été notamment directeur de l?équipement au Ministère de l?Education nationale de 1962 à 1964. Secrétaire général du Bureau de recherches géologiques et minières de 1964 à 1973 et président-directeur général de la Société d?études et de réalisations minières et industrielles de 1969 à 1970.

Parallèlement, il s?est engagé dans la vie politique et a été élu au Conseil de Paris par les électeurs du 16e arrondissement en 1971, et réélu en 1977, en 1983, en 1989 et en 1995. Durant cette période, il a été maire du 16e arrondissement, de 1983 à 1989.

En outre, en 1973, il est devenu député de ce même 16e arrondissement. Il a été réélu en 1978, en 1981, en 1986, en 1988 et en 1993, ce qui lui a valu l?honorariat.

Georges Mesmin, homme de culture, a aussi publié plusieurs ouvrages, et notamment "Urbanisme et logement : analyse d?une crise" en 1992.

Il était aussi considéré comme un artiste photographe talentueux, qui a été couronné par la médaille d?or des artistes français en 2005.

M. Mesmin était chevalier dans l?ordre national du Mérite et commandeur de l?ordre des Palmes académiques.

Ses obsèques ont été célébrées le 3 mai 2019 en l?église Notre-Dame d?Auteuil, à Paris, dans le 16e arrondissement.

En mon nom, en notre nom, permettez-moi d?adresser nos sincères condoléances à sa famille et à ses amis, et de respecter une minute de silence, en sa mémoire.

(L'Assemblée, debout, observe une minute de silence).

Je vous remercie.

Nous avons aussi appris avec tristesse la disparition de M. Henri Carloni, survenue le 27 mai 2019. Henri Carloni était né le 19 décembre 1934 en Italie. Il est arrivé à Paris à l?âge de trois ans. Après avoir obtenu un certificat d?études primaires, il est devenu dessinateur projeteur en architecture. Il a adhéré au parti communiste en 1954 et a exercé successivement les responsabilités de secrétaire de cellule, de section et d?arrondissement dans le 4e arrondissement de Paris.

Henri Carloni est également membre du bureau fédéral parisien de l?union des jeunesses communistes de France. Il a été candidat aux élections municipales de 1965, dans le premier secteur - qui était les 1er, 2e, 3e et 4e arrondissements - et est devenu conseiller municipal en 1966 après la démission d?Andrée Pouillot. Au conseil municipal, Henri Carloni a été membre de la 6e Commission, de la Commission de l?aide à l?enfance et de la Commission du commerce et de l?industrie. De 1968 à 1971, il a également siégé à la Commission spéciale des transports. En outre, Henry Carloni a été secrétaire général de l?amicale des anciens conseillers de Paris.

Ses obsèques ont été les célébrées au cimetière du Père-Lachaise le vendredi 7 juin 2019.

Nous adressons toutes nos condoléances à sa famille, à ses amis, à ses camarades.

Je vous propose une minute de silence en sa mémoire.

(L'Assemblée, debout, observe une minute de silence). Je vous remercie. Les présidents de groupe ont demandé à s?exprimer sur les hommages que nous venons de rendre ce matin à nos anciens collègues. Monsieur GOASGUEN, pour les Républicains ?

M. Claude GOASGUEN, maire du 16e arrondissement.- Mes chers collègues, Madame la Maire, très franchement, avec la multiplicité des hommages, je crois qu?il convient de réfléchir sur la nature finale de notre engagement, quelles que soient nos couleurs politiques.

Au fond, ce qui reste, c?est la défense par nos collègues, quels qu?ils soient, quelles que soient leurs opinions politiques, de l?intérêt général, de l?intérêt qu?ils ont su porter à la Ville, à l?Etat, à nos compatriotes. Ils l?ont fait chacun avec leurs idées politiques, mais, en réalité, nous rendons le même hommage aux trois.

Je rends en particulier hommage à Georges Mesmin, qui, comme vous l?avez dit, a été un haut fonctionnaire, inspecteur des finances, travaillant avec des ministres éminents, M. Sudreau par exemple, puis s?engageant dans la vie politique, devenu maire du 16e arrondissement, où l?on a su apprécier le contact permanent qu?il avait avec les personnes les plus défavorisées - il travaillait en famille - en particulier à l?égard des personnes âgées ; puis son engagement à l?Assemblée nationale, où il a été d?une fidélité absolue.

Il était membre de l?U.D.F., mais, en réalité, il était un élu de la France. Il était, de plus - et vous l?avez dit très bien - un artiste qui ne se faisait pas connaître comme tel. C?était un très grand photographe qui a exposé et c?était un homme - parce que l?on se connaît assez peu dans la vie politique, même quand on est adversaire et surtout quand on l?est - qui avait des goûts littéraires très précis, très approfondis. Qui aurait pu croire, nous qui vivions dans le 16e arrondissement, à ses côtés, que son auteur favori était Baudelaire ? C?est vrai qu?en travaillant, comme ça, à l?intérêt général, on oublie quelquefois qu?il y a des hommes sous l?intérêt général. A l?homme, à celui qui a défendu l?intérêt général, je voudrais dire à sa famille tout l?hommage que nous devons envers Georges Mesmin, aussi bien les habitants du 16e arrondissement que les habitants de Paris, et plus généralement, le remercier du grand service qu?il a rendu à la patrie.

Mme LA MAIRE DE PARIS.- Merci beaucoup, Monsieur Claude GOASGUEN. Nicolas BONNET-OULALDJ, président du groupe Communiste - Front de Gauche.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ.- Madame la Maire, mes chers collègues, il y a quelques jours disparaissait, dans sa 85e année, Enrico Vincenzo Luigi dit Henri Carloni.

Cet enfant des Marches est né dans une petite ville, Osimo, qu?il fuit avec ses parents en 1937. Ses parents partent d?une Italie où l?atmosphère devient irrespirable pour ceux qui ont faim de pain, de paix et de liberté. La France et l?Espagne sont à contre-courant et ont élu des majorités de front populaire. L?Italie souffre sous la botte de Mussolini depuis 15 ans. Son père, ouvrier, et sa mère feront tout pour que le petit Henri s?intègre dans cette nouvelle ville et dans sa nouvelle vie. Henri passera son certificat d?études et deviendra dessinateur projeteur en architecture. Son père était staffeur sur les chantiers. Henri dessinera, lui, les projets architecturaux.

Trop jeune pour entrer en résistance, il adhérera au P.C.F. en 1954 et prendra des responsabilités dans son arrondissement, le 4e, comme secrétaire de section et à la fédération de Paris, et aussi aux jeunesses communistes, puis au sein du P.C.F.

D?ailleurs, Henri continuera cet engagement jusqu?à sa mort. Il était adhérent du 13e arrondissement. J?associe à cet hommage Jean-Noël AQUA et Emmanuelle BECKER, qui l?ont côtoyé et avec qui ils ont milité jusqu?à ses derniers jours.

Henri a été aussi animateur de la section des vétérans du parti communiste. Cela a été dit aussi : il a été secrétaire de l?amicale des anciens conseillers de Paris.

Il a été conseiller municipal et général du Centre de Paris, en 1966, dans le Marais, encore un quartier populaire et bigarré, dans lequel on entendait toutes les langues de l?immigration : le yiddish, l?italien, l?espagnol, le portugais et l?arabe. Dans les hôtels particuliers se nichent des ateliers de couture ou de maroquinerie. Henri sera de toutes les batailles des communistes parisiens d?alors : pour le logement dans tout Paris, contre la spéculation qui rôde déjà dans le centre de Paris, et contre l?insalubrité. La guerre d?Algérie s?est finie il y a peu. Il n?est pas rare que des militants d?extrême droite fassent le coup de poing contre des communistes.

Henri siégera au Conseil de Paris jusqu?en 1971, siégeant tout à tour dans les commissions ayant la charge de la protection de l?enfance, le commerce et l?industrie. Ironie de l?histoire, il siégera de 1968 à 1971 à la commission des transports qui aura à examiner le premier projet du périphérique.

Henri, et je parle ici sous la vigilance de sa famille - je salue au passage sa fille, qui est dans les tribunes, et ses amis - était un homme généreux, simple d?accès. Il n?était pas de ceux qui cherchent les ors et le pouvoir. Il pensait son mandat d'élu comme une continuité de son engagement militant, ni plus ni moins.

Quelques années plus tard, il retrouvera nombre de ses collègues et camarades au sein de l?association des anciens conseillers de Paris, dans laquelle il aura un rôle très actif. Les anciens étaient d?ailleurs présents à ses obsèques et ont, bien sûr, salué son engagement au sein de cette amicale.

Henri a siégé au même moment que Jean Réau, à qui nous avons rendu hommage il y a quelques semaines, et, à travers eux, c?est toute une génération de communistes, bien souvent ouvriers, qui se sont battus pour un Paris pour toutes et tous, auxquels nous rendons hommage.

Je voudrais renouveler tout mon soutien et mon amitié à sa famille, à ses amis et camarades. Henri a donné - tous ceux qui l?ont connu le savent - une règle de vie politique que je fais mienne et qu?il m?a racontée, comme un ancien élu qui l?a bien connue. Il était de la catégorie des militants qui aimaient convaincre et pas vaincre. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS.- Merci beaucoup, cher Nicolas BONNET-OULALDJ. Merci pour ces propos. C?est vrai que nous avons, mois après mois, ici, au Conseil de Paris, des hommages à d?anciens collègues. Ce que nous constatons aussi, c?est cette diversité de Paris, cette diversité de la représentation de Paris, une diversité des histoires, qui, je pense, a fait aussi la force démocratique de ce modèle parisien. Il y aurait une histoire à écrire à partir de l?histoire de ces hommes, de ces femmes, qui, avec beaucoup de convictions, beaucoup d?abnégation, en ayant aussi d?autres vies à côté de la vie politique, ont écrit les pages de notre histoire commune. Je pense que cette histoire devra être retracée parce qu?elle est aussi notre mémoire, et parfois, il vaut mieux ne pas oublier ses racines. Merci à chacune et à chacun.