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Juin 2019
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2019 SG 37 - Communication sur la Métropole. Voeu déposé par le groupe SOCA relatif au Grand Paris Express. 2019 SG 15 - Conventions de coopération. 2019 SG 21 - Versement de la contribution 2019 au syndicat mixte ouvert "Le Forum métropolitain du Grand Paris" (300.000 euros). 2019 SG 31 - Avis sur le projet d’arrêté instaurant une zone de circulation restreinte dans les communes de Malakoff, Montreuil et Saint-Maurice. 2019 SG 33 - Convention de partenariat entre la Ville de Paris et le Syndicat mixte EPTB Seine Grands Lacs. 2019 SG 35 - Approbation d’un avenant à la convention de coopération avec le Département de Seine-Saint-Denis. 2019 DPE 7 - Étude sur la conformité locale de la masse d’eau Bièvre. - Convention de constitution d’un groupement de commandes. 2019 DPE 27 - Convention quadripartite de fourniture d'eau potable de secours entre Ville de Paris et sa régie "Eau de Paris" et le SEDIF et son délégataire VEDIF. 2019 DPE 38 - Protocole d'engagement visant à l'amélioration de la qualité de la Seine et de la Marne en vue de l'ouverture de baignades pérennes dans la métropole parisienne. Voeu déposé par Mme SIMONNET relatif à la qualité de la Seine et de la Marne. Voeu déposé par l'Exécutif. 2019 DAC 62 - Subvention (150.000 euros) et convention avec l’Établissement public de coopération culturelle Ateliers Médicis (93). 2019 DAC 387 - Subventions sollicitées auprès de l’État. - Ministère de la Culture. - Direction régionale des Affaires culturelles. - Projets innovants portés par le Conservatoire à rayonnement régional de Paris. 2019 DAC 399 - Approbation du principe de l’adhésion de la commune de Gentilly (94) à l’établissement public de coopération culturelle Maison des Pratiques Artistiques Amateurs (1er). 2019 DVD 42 - Prolongement du RER Eole à l'Ouest. - Convention relative au financement des travaux n° 4. 2019 DVD 44 - Prolongement de la ligne 14 à mairie de Saint-Ouen. - Avenant n° 2 au protocole cadre et convention de financement n° 4. 2019 DVD 49 - Prolongement de la ligne de métro n° 11. - Convention de financement des travaux n° 2. 2019 DVD 57 - Porte d'Aubervilliers (19e). - Contrat de concession pour l'installation de bornes GNV dans deux stations-services avec la société Total Marketing France.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2019


 

Mme LA MAIRE DE PARIS.- Chers collègues du Conseil de Paris, il s?agit de la communication SG 37, à laquelle il convient d?adjoindre les projets de délibération SG 15, SG 21, SG 31, SG 33, SG 35, DPE 7, DPE 27, DPE 38, DAC 62, DAC 387, DAC 399, DVD 42, DVD 44, DVD 49 et DVD 57.

Chers collègues, s?il vous plaît, si vous avez besoin de parler, c?est à l?extérieur et pas en séance.

La conférence d?organisation a convenu d?un débat organisé sur ce thème. Le débat, comme toujours, inclura les temps de parole définis, la présentation des v?ux et un amendement technique. Je précise que les temps de parole accordés pour ce débat sont fongibles pour les présidents de groupe avec ceux du débat que nous aurons tout à l?heure sur le rapport de la Mission d?Information et d?Evaluation relative au périphérique.

Je vais donc introduire ce débat avant de donner la parole aux différentes oratrices et orateurs.

Mes chers collègues, la Métropole n?est plus seulement une idée, seulement une intention. C?est un fait. Depuis les toutes premières conventions de coopération et la conférence métropolitaine historique, devenue syndicat mixte "Paris Métropole", puis la création de la Métropole du Grand Paris, Paris et les collectivités qui l?entourent ont renoué le dialogue. Des projets métropolitains ont vu le jour et nous assistons au développement concret du Grand Paris.

Nous construisons la Métropole parce que nous savons que sur des sujets comme la qualité de l?air, les mobilités, le logement, nous devons travailler ensemble. C?est la raison pour laquelle nous avons mené de très nombreuses coopérations, mais aussi soutenu la création d?une institution intercommunale spécifique à la zone dense : la Métropole du Grand Paris. Cette institution, nous l?avons voulue polycentrique, car le Grand Paris ne peut se développer harmonieusement que dans la reconnaissance de la diversité de ses territoires et dans le respect de leur histoire, dans l?écoute de leurs besoins spécifiques.

Par ailleurs, des territoires comme Plaine Commune, Est Ensemble, Grand Paris Seine Ouest, avaient montré la pertinence de ce polycentrisme pour rééquilibrer l?aménagement de la Métropole, la Métropole du Grand Paris et ses territoires : nos coopérations bilatérales ou multi-acteurs, comme l?Arc de l?innovation, le projet de baignade en Marne et en Seine, bien sûr, les Jeux olympiques et paralympiques, ou encore la Philharmonie de Paris. J?ai pu, hier soir, assister à un concert extraordinaire mêlant les conservatoires de la Seine-Saint-Denis et de Paris, dans une approche qui montre bien combien la Philharmonie de Paris est devenue aussi un outil de cette construction métropolitaine. Tout cela constitue le socle d?une gouvernance partagée, d?un espace de discussion et de délibération indispensable au développement du projet métropolitain.

20 ans après avoir semé les premières graines de ce projet, nous avons au moins 2 motifs de satisfaction.

Le premier, c?est que les collectivités de la Métropole n?ont jamais autant travaillé ensemble.

Permettez-moi, ici, de remercier l?historique Pierre MANSAT, qui a été, dans cette construction métropolitaine, un pilier, un atout et en permanence mobilisé depuis 2001 auprès de Bertrand DELANOË, puis, depuis 2014, à mes côtés.

Permettez-moi aussi de remercier Jean-Louis MISSIKA et l?ensemble des adjoints qui ont métropolisé beaucoup de leur politique municipale parisienne pour, justement, être en lien avec cette Métropole et la construire.

Les neuf protocoles de coopération qui vous sont soumis sont l?illustration de ces coopérations.

Le second motif de satisfaction, c?est que Paris n?hésite pas à assumer son rôle moteur dans cette construction, en mutualisant ses opérateurs, en transformant ses portes en places ou en contribuant à la péréquation budgétaire. Paris a une fonction d?innovation que nous assumons, mais Paris a une fonction de solidarité que nous revendiquons et portons. Si les avancées sont réelles, elles ne sauraient occulter tout ce qui reste à construire pour améliorer la qualité de vie, favoriser l?égalité d?accès au service public et rééquilibrer le développement du territoire.

Jamais la Ville et la Métropole n?ont été si ouvertes l?une sur l?autre. C?est le résultat, je l?ai dit, d?un travail concret quotidien, d?un travail qui n?a jamais été remis en question depuis plus de 15 ans entre les élus et les administrations. Cette volonté de relier nos territoires se traduit d?abord par la volonté d?effacer les frontières : la transformation des portes de Paris en places, la création de pistes cyclables, de cheminements pour les piétons, de passerelles pour franchir les ruptures urbaines, illustrent cette volonté. C?est cette même volonté que nous portons pour le périphérique, comme nous le verrons aussi ce matin, avec la présentation du rapport de la Mission d?Information et d?Evaluation sur l?avenir du périphérique.

Mais la construction de la Métropole doit aussi se faire dans les esprits. Les barrières invisibles sont souvent les plus difficiles à faire tomber. Elles reposent sur la méconnaissance de son voisin ou du territoire où l?on habite. C?est pourquoi nous multiplions les initiatives visant à favoriser l?avènement d?une conscience, d?une culture métropolitaine. A Paris, les voies sur berges, "Paris Plages", la "Fête des jardins et de l?agriculture urbaine", les festivals de musique, les compétitions sportives, sont devenus des lieux de rencontre pour les métropolitains. Et l?on continuera avec une "Nuit Blanche", qui a toujours été ouverte à la Métropole, mais qui va l?être encore plus cette année.

C?est également le cas des équipements - je l?ai dit tout à l?heure : la Philharmonie, le centre hip-hop "La Place", l?Ecole de création numérique TUMO, où, parce que nous l?avons souhaité ainsi, 36 % des usagers et des "usagères" sont issus du Grand Paris. Je peux parler aussi, parmi les équipements, de nos musées. Les grands bois sont très largement fréquentés par les habitants du Grand Paris : près de la moitié des visiteurs pour le bois de Boulogne et pour les deux tiers s?agissant du bois de Vincennes.

Mais nous voulons aussi que les Parisiennes et les Parisiens, et ceux qui visitent notre ville, regardent vers la Métropole, qu?ils se rendent au parc Georges-Valbon, en Seine-Saint-Denis, le plus grand de la Métropole, au parc de Saint-Cloud, dans les Hauts-de-Seine, sur la Tégéval, dans le Val-de-Marne, ou demain, au parc des Grandes Hauteurs qui reliera Paris à la forêt de Romainville. Nous voulons qu?ils visitent la basilique de Saint-Denis, cette merveille de notre patrimoine, les châteaux de Rueil-Malmaison ou de Rambouillet, le musée du MAC VAL à Vitry-sur-Seine, le musée de l?Air et de l?Espace au Bourget, ou le musée Rodin à Meudon.

C?est aussi pour cela que la Ville avait consenti en 2015 à augmenter le coût du "pass" Navigo pour les Parisiens afin qu?un tarif unique pour toute la région Ile-de-France puisse être créé, que nous soutenons les randonnées urbaines du Grand Paris et que, bientôt, nous déploierons dans Paris une signalétique métropolitaine qui indiquera tous ces hauts lieux, ces beaux lieux de la Métropole.

Nous voulons encourager les rencontres, le rapprochement entre métropolitains pour forger une communauté de destins qui est le socle d?une citoyenneté métropolitaine. La Métropole polycentrique, ce n?est pas un slogan, mais une réalité concrète qui consiste à donner accès au territoire pour rééquilibrer son développement et favoriser la mixité sociale. La mixité sociale est au fondement de la Métropole que nous voulons. Elle passe d?abord par le partage de la richesse, le rééquilibrage du développement du territoire.

La Ville de Paris assume son rôle en participant à la péréquation financière et en contribuant de façon importante au fonctionnement des services par nature métropolitains. C?est le cas des transports, avec 390 millions d?euros versés à Ile-de-France Mobilités en 2018.

Pour rééquilibrer le développement du territoire, nous soutenons des projets comme l?Arc de l?innovation, qui soutient la dynamique entrepreneuriale à l?Est de Paris. L?entrée de la Métropole du Grand Paris dans "Paris&Co" participe de cette démarche, de la même façon que son entrée dans la Maison des canaux accompagnera le développement métropolitain des économies circulaires et solidaires.

Ce rééquilibrage, nous le favoriserons aussi avec la convergence progressive des taux de fiscalité sur les entreprises, qui devrait intervenir à partir de 2021.

Le plan métropolitain de l?habitat et de l?hébergement est également un outil indispensable pour que l?offre de logements sociaux se développe davantage à l?Ouest. Paris prendra toute sa part. Nous y contribuerons.

Comme vous le savez, j?avais fait de la participation au rééquilibrage l?une des conditions de la candidature de Paris aux Jeux olympiques et paralympiques de 2024. Le protocole sur l?héritage des Jeux, que nous avons élaboré avec la Seine-Saint-Denis et les quatre territoires du département, en est l?illustration.

Pour porter ces politiques liées au logement, à l?aménagement et au développement économique, la Ville de Paris a ouvert ses opérateurs à la Métropole du Grand Paris et aux collectivités métropolitaines. L?Atelier parisien d?urbanisme travaille avec de très nombreux acteurs publics présents dans la Métropole et accompagnera la mise en ?uvre des nouvelles coopérations entre Paris et les autres collectivités.

Nous avons également ouvert "Grand Paris Aménagement", qui est devenu "Paris & Métropole Aménagement", la Société de requalification des quartiers anciens - la SOREQA - et la Société d?économie mixte de la Ville de Paris, SEMAEST, afin de partager notre expertise en matière de résorption de l?habitat insalubre et de revitalisation commerciale des territoires.

Les avancées sont réelles et elles se sont même accélérées depuis 2012. Mais nous devons aller plus loin en nous concentrant sur des sujets déterminants pour la qualité de vie des métropolitains, autrement dit sur ce que nous avons en commun. C?est en soutenant une gestion collective des communs métropolitains, en engageant des projets et en réinventant le dialogue, que nous parviendrons à répondre aux défis actuels qui ne connaissent pas de frontières.

Le premier défi, c?est, bien sûr, de permettre aux métropolitains de mieux respirer. Nous sommes fiers d?avoir contribué à ce qu?une zone à faibles émissions voit le jour à l?échelle métropolitaine. Il s?agit d?une démarche historique pour la qualité de l?air dans l?agglomération parisienne, qui montre l?utilité d?une coordination à l?échelle de la Métropole du Grand Paris et témoigne de la volonté de coopération qui anime les communes sur ce sujet.

Le développement des modalités de déplacement, plus apaisé, est également un enjeu métropolitain essentiel dans un territoire qui souffre d?une trop grande place accordée à la voiture et de nombreuses ruptures de continuité. Après l?extension du Vélib?, nous appelons à mettre en place un réseau cyclable métropolitain. Une concertation sur le sujet pourrait avoir lieu, associant communes et départements. Elle pourrait être orchestrée par la Métropole du Grand Paris, comme pour la zone à faibles émissions. Amélioration de la qualité de l?air, apaisement de la mobilité, rééquilibrage en matière de logement, mais aussi accès aux espaces naturels, préservation des paysages, maîtrise des risques : les thématiques sur lesquelles les territoires travaillent ensemble sont nombreuses.

Pour aller plus loin, nous devons, bien sûr, inventer de nouvelles formes de dialogue. En dépit des incertitudes qui peuvent planer sur l?avenir institutionnel de la Métropole, nous avons donc su coopérer pour unir, pour rapprocher les territoires du Grand Paris grâce à des mécanismes de gouvernance partagée. Nous devons continuer à développer des projets partenariaux qui dépassent les frontières administratives, des communautés d?acteurs comme l?Arc de l?innovation, des ateliers sur des sujets qui connaissent une multiplicité d?acteurs - je pense aux questions relatives à la mobilité, puisque la Métropole et les élus métropolitains sont aussi invités à participer au Conseil parisien des mobilités que j?ai mis en place il y a maintenant plus d?un an - des grandes consultations d?urbanisme qui permettent de dégager une vision partagée à l?image de celles menées sur les routes du futur par le Forum métropolitain.

Je veux remercier à nouveau Jean-Louis MISSIKA et Christophe NAJDOVSKI, remercier aussi Stéphane BEAUDET, vice-président de la Région Ile-de-France, et le président Patrick OLLIER, d?avoir porté, au sein du Forum métropolitain, cette proposition qui donne lieu aujourd?hui à une exposition au Pavillon de l?Arsenal, avec un appel à projets innovants qui va nous permettre de progresser.

Je vous invite toutes et tous à visiter cette magnifique exposition qui donne des pistes extrêmement concrètes pour travailler sur les routes et les autoroutes d?Ile-de-France, et qui, c?est historique, a permis de rassembler toutes les collectivités dont je viens de parler. C?est un élément historique, comme quoi le fait de travailler, d?être 100 % métropolitains sur un territoire et d?essayer de construire à partir de ce territoire permet de surmonter les incertitudes et les débats parfois théoriques et polémiques sur "la Métropole mérite-t-elle d?exister ou pas ?" Voyez, par la force de la volonté et du travail de terrain, on arrive à de grandes choses.

Il nous faudra tout de même inventer de nouvelles formes de gouvernance. Ainsi, une conférence des parties pourrait être organisée à l?échelle métropolitaine. C?est ce que je propose. Comme, d?ailleurs, pour les COP sur le climat, je propose que cette conférence se réunisse chaque année sous la coprésidence du Préfet de région, du Président de la Métropole du Grand Paris, afin de créer les conditions d?une discussion permanente et institutionnalisée. Cette conférence serait aussi l?occasion de réunir au-delà des seuls responsables politiques, associant la société civile, les partenaires sociaux, les entreprises, les associations, les collectifs de citoyens, afin qu?ils prennent part aux débats et organisent les événements pendant toute la période.

Cette conférence ne remettrait pas en cause l?organisation intercommunale de la zone dense telle que la Ville de Paris la soutient depuis le départ et qui s?est concrétisée par la Métropole du Grand Paris. Tout système qui ne s?appuierait pas sur les communes et leur maire et dont le mode d?élection serait séparé du scrutin municipal, serait évidemment voué à l?échec parce que non ancré dans des territoires à partir de la base qui est la commune.

La Métropole, mes chers collègues, a un bel avenir. Il nous suffit de l?inventer ensemble. Je vous remercie. La conférence d?organisation a prévu un tour de parole. Et donc, je débute avec Mme Joëlle MOREL pour le groupe Ecologiste de Paris.

Mme Joëlle MOREL.- Merci, Madame la Maire.

"La Métropole de demain sera verte ou invivable", comme le dit mon collègue Daniel BREUILLER, vice-président de la M.G.P. en charge de la nature en ville, "et Paris étouffe dans les limites du périphérique". L?avenir de Paris se jouera au niveau de la Métropole. Certes, des conditions doivent être respectées, des étapes institutionnelles doivent être franchies pour y parvenir, mais nous devons aller plus vite.

Je veux porter l?accent sur deux dimensions peu précises dans cette communication : les commerces et la nature en ville.

Sur le premier point, la communication présente l?ouverture aux collectivités métropolitaines des opérateurs de la Ville. Ainsi, est évoquée, entre autres, la SEMAEST, à travers l?entrée d?Est Ensemble dans son C.A., et des missions de conseil de la SEMAEST via le programme "Centre-ville vivant".

Le commerce est un enjeu important pour de nombreuses communes. Avec 28 commerçants pour 1.000 habitants, les boutiques sont une identité forte des quartiers parisiens. En revanche, la Métropole en compte seulement 16 pour 1.000, et dans certains quartiers, cela descend même à 7 pour 1.000. Il est vrai que la Ville de Paris a un temps d?avance. Grâce à l?expertise de la SEMAEST, Paris a su signer le premier contrat de revitalisation commerciale en 2017, car la Ville a investi, dès 2003, dans des opérations "Vital? Quartier" pour sortir les quartiers de la mono-activité.

Aujourd?hui, la SEMAEST est la première S.E.M. au niveau national spécialisée sur la revitalisation commerciale, la lutte contre la vacance commerciale et la mono-activité. En tant que présidente de la SEMAEST, j?appuie et soutiens son engagement dans l?aire d?action de la Métropole. Il est souhaitable que cet engagement métropolitain soit porté politiquement et que soit affirmée la spécificité de son action pour la revitalisation commerciale. En agissant ainsi, nous sommes sur la bonne voie. Accélérons cette dynamique qui profitera à Paris et aux communes de la Métropole, et renforcera une identité forte des centres-villes.

Au niveau du commerce, je pense également au label "Fabriqué à Paris" que notre mandature a initié, qui pourrait être partagé à une plus grande échelle et profiterait ainsi à l?image de l?ensemble des commerçants et commerçantes, et des artisans et artisanes de la Métropole.

Deuxième point de mon propos : la nature en ville.

La nature en ville est évidemment un axe clé pour le bien-être et la qualité de vie, mais aussi pour veiller sur la biodiversité. La Métropole de demain sera verte ou invivable. Préserver et créer des îlots de fraîcheur est l?une des conditions pour maintenir Paris vivable dans les années qui viennent. Le projet de parc des Grandes Hauteurs, que la Ville soutient à travers le protocole avec "Est Ensemble", est un exemple positif, encore trop isolé. Le schéma de cohérence territoriale de la Métropole doit être plus ambitieux en termes de nature. Nous souhaitons l?arrêt des constructions sur les terrains encore en pleine terre à Paris. Cela nécessite de concevoir notre politique de construction à l?échelle métropolitaine.

Pour lutter contre l?étalement urbain, tout en préservant des espaces libres au c?ur de la zone dense, cette coordination est indispensable, car tout est lié. De la même manière, pour réduire les déplacements pendulaires et les émissions qui leur sont dues, l?implantation des activités économiques doit, elle aussi, être mise en ?uvre à l?échelle de la Métropole.

Si l?on veut développer la mixité sociale dans le c?ur de la Métropole, il faut y produire du logement social. Il faut produire et non automatiquement construire. La ville écologiste de demain utilisera moins de voitures. La transformation en logements des parkings aériens, comme le 100, rue Amelot, dans le 11e, montre que cela est possible, et cela doit être amplifié. La ville écologiste de demain utilisera plus de télétravail. La transformation de bureaux du centre de la Métropole en logements est donc possible et doit être amplifiée.

Bien évidemment, l?articulation au niveau métropolitain de ces politiques prendra du temps. Mais, dès maintenant, nous avons ici une grille d?analyse des différents projets qui sont soumis à notre Assemblée. Participent-ils au rééquilibrage des différentes activités au niveau de la Métropole ? Sont-ils cohérents avec la transition écologique ? Construire encore et toujours des bureaux dans Paris intra-muros est incompatible avec la ville résiliente. Construire la tour Triangle, par exemple, c?est agir contre le rééquilibrage métropolitain. Hyperdensifier les dernières parcelles libres de Paris intra-muros, supprimer toute respiration dans la ville, c?est terminé. De Netter-Debergue à Bercy-Charenton, à un terrain de sport devenu célèbre dans le quartier de Ménilmontant, ces projets ne participent pas au rééquilibrage des différentes activités au niveau de la Métropole.

Ne pas s?opposer clairement et cultiver le flou au sujet du projet d?EuropaCity et, en cela, ne pas lutter pour la préservation des terres agricoles, est une grave erreur pour notre mandature. Car ces projets sont incohérents avec la transition écologique. La nature doit être présente dans toute la Métropole et, comme l?a dit Daniel BREUILLER : "Elle a une grande faiblesse, elle ne paie pas de droit à construire". Nous devons donc nous doter de nouveaux outils réglementaires et financiers afin que les opérateurs s?engagent à consacrer une part importante de leur budget à la maturation sur le projet lui-même.

En raison des J.O., une nuée de gros projets urbains va déferler sur le Grand Paris ces prochaines années. La question de la sauvegarde de la nature se pose plus que jamais. Tours, équipements sportifs haut de gamme, centres commerciaux, ces constructions auront un impact d?autant plus fort qu?elles visent une rentabilisation maximale du foncier et ont des dimensions pharaoniques. Combien de piscines de proximité contre la piscine olympique de Saint-Denis ? Paris doit donc montrer l?exemple. A quand un Plan local d?urbanisme plus contraignant afin de l?adapter à l?enjeu de répondre à l?urgence climatique ? Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS.- Merci.

Madame Danièle PREMEL, pour le groupe Communiste - Front de Gauche.

Mme Danièle PREMEL.- Merci, Madame la Maire.

Chers collègues, je salue mes camarades communistes, Front de gauche, qui sont présents ici.

La Métropole n?est pas qu?un échelon administratif, qu?un espace économique. C?est un territoire d?appartenance et d?identification. A ce titre, l?enjeu de la Métropole, c?est aussi qu?elle soit pour ses habitants un lieu de références partagées. C?est pourquoi les métropolitains doivent être au centre de nos projets et acteurs, auteurs de la construction de la Métropole, au-delà de notre souci légitime d?articulation, de synergie, de complémentarité institutionnelle. C?est par la reconnaissance des femmes et des hommes dans leur multiplicité et leur singularité que nous avancerons vers une Métropole pour laquelle on se dira aussi métropolitains.

Pour nous, la Ville de Paris, dans cette édification, ne doit pas avoir le seul souci des compétences réciproques, mais bien de construire ensemble une vision d?avenir pour que ce territoire réponde avec les populations à la question du modèle de société que nous voulons. Cette vision, ce projet, c?est celui d?améliorer la vie des gens qui vivent sur ce territoire, dans toutes les dimensions individuelles et collectives qui fondent le citoyen : le travail, l?emploi, la formation, la culture, l?éducation, la mobilité, l?habitat, l?environnement.

Nos projets, nos sollicitations, notre engagement, doivent porter et partager ce désir d?une autre vie et ne pas s?enfermer dans la simple gestion du quotidien. Il s?agit de construire une Métropole qui puisse rapprocher le citoyen de la décision publique et non l?en éloigner. Dans cette conception de la fondation de la Métropole, quelle est la place de Paris ? A l?échelle du monde, Paris a besoin de la Métropole pour tenir son rang, son attractivité et sa référence d?universalité. C?est dire que si Paris donne à la Métropole, elle reçoit aussi. C?est dire que, nous, ville capitale, nous sommes dans une relation de partenaire et d?égal avec les autres territoires et communes de la Métropole.

Le dessein et le destin de la Métropole se jouent sur un projet de coopération et de réciprocité sur la reconnaissance et la volonté de dépasser les inégalités territoriales, sur le refus de spécialiser les territoires et, au contraire, de favoriser la diversité et la mixité des fonctions. Cet avenir partagé repose sur le respect des constituants de la Métropole, que sont les communes, les territoires, les départements. Et tout projet qui remettrait en cause leur place dans la Métropole serait un mauvais coup à la Métropole, à cette Métropole que nous voulons. "Il nous faut écrire un récit métropolitain global et polyphonique", comme aimait le dire Pierre MANSAT, "pour que le projet que nous voulons se construise sur le commun et la solidarité, non pas sur l?hégémonie et la concurrence".

Alors, que nos portes s?ouvrent. Transformons les portes de Paris et du Grand Paris en places métropolitaines, en réinventant le périphérique et les portes de Paris et en réaménageant les entrées de la Métropole, ce que nous avons déjà commencé. Engageons-nous dans le parc des Grandes Hauteurs en intégrant un tracé des espaces verts du parc des Buttes-Chaumont et du cimetière du Père-Lachaise, pour s?inscrire dans la connexion des réservoirs de biodiversité, en s?affranchissant des contraintes du périphérique. Développons les espaces verts, seuls liens, pour beaucoup de métropolitains, avec la nature, et en ayant le souci d?un maillage équilibré, développons les parcs.

Soulignons les conventions de coopération avec 11 communes de la Métropoles et celles avec le Département de la Seine-Saint-Denis.

Alors, que les fils bleus et rouges se relient.

Approfondissons les coopérations entre Paris, Plaine Commune, le Département de la Seine-Saint-Denis sur l?avenir du canal de Saint-Denis et de ses berges, en matière de développement durable, de développement économique et touristique, et de préservation de l?environnement, notre engagement pour la Bièvre et pour la qualité de l?eau pour la Seine et la Marne.

Signons des chartes du paysage, des usages et d?aménagement avec des communes de la trame bleue, comme celle qui a été signée entre Paris et "Est Ensemble" pour le canal de l?Ourcq.

Soutenons le maillage des transports par lequel se fera aussi la Métropole, comme le prolongement du R.E.R., des lignes 11 et 14. La mobilité pour le travail, les études et les loisirs, c?est l?un des éléments qui créera le sentiment d?appartenance. Que de temps, que de temps il aura fallu attendre pour que le maillage banlieue/banlieue soit pris enfin en compte.

Travaillons sur la constitution d?un réseau cyclable interterritorial reliant les principaux sites olympiques qui pourra s?étendre aux territoires du Val-de-Marne et des Hauts-de-Seine.

Alors, que le logement nous habite et nous abrite, et que la solidarité nous protège. Favorisons un rééquilibrage métropolitain dans l?offre de logement social pour améliorer la mixité sociale au sein de chaque ensemble, de chaque commune et plus particulièrement pour les plus réticentes, tout en encourageant le développement d?une offre intermédiaire dans un souci d?équité sociale. Portons l?ambition de la création de nouvelles formes d?habitat qui expérimentent une minimisation des coûts de construction, une mixité au sein même des immeubles. N?oublions pas la lutte contre l?habitat insalubre que nous menons avec la Soreqa.

Sachons dynamiser l?urbanisme transitoire dans le cadre de vacance ou de friche. Renforçons les capacités d?hébergement à l?échelle métropolitaine, en rétablissant un équilibre entre les territoires et en cordonnant l?accueil des centres d?hébergement à l?échelle de la Métropole, comme nous l?avons fait avec Ivry et Saint-Denis. Développons les clauses sociales dans le marché public et encourageons la création de maisons de formation dans les quartiers défavorisés, en privilégiant l?offre de formation adaptée aux besoins métropolitains en croissance, comme ceux de la transition énergétique.

Alors, que la culture et notre patrimoine nous fassent métropolitains citoyens. Inscrivons la culture dans le respect du local, dans sa singularité, son histoire et sa richesse, loin d?une politique culturelle métropolitaine qui s?imposerait sur son territoire et privilégierait le seul réseau des structures et des établissements culturels. Fabriquons la culture de demain par un travail de fond valorisant les artistes amateurs comme professionnels, favorisant la création, soutenant en grande majorité les compagnies et les associations de terrain. Agissons pour une culture qui mêle des pratiques, fête et art, art et espace public, créativité et patrimoine, tout comme elle mêle des catégories de pratiquants en dépassant la marchandisation et la consumérisation.

Alors, la culture, oui. La culture est donc inévitablement sociale, produit du social et outil du social. Reconnaissons que cette ambition est déjà en marche. Je dirais "en acte" pour qu?il n?y ait pas d?ambiguïté. Oui, continuons à inscrire Paris dans des coopérations culturelles réinventées, dans une dynamique métropolitaine qui considère d?abord les habitants et les réalités territoriales dans lesquelles ces initiatives évoluent.

Soutenons les initiatives telles que la "Maison des pratiques amateurs" de Gentilly, les "Ateliers Médicis" de Clichy et de Montfermeil, ainsi que les partenariats pour les conservatoires, mais aussi la "Nuit Blanche", les "Micro-folies", le "Sentier du Grand Paris", sans compter les parcours numériques qui vont tenir une grande place. Mais n?oublions pas le 1 % artistique. Ces projets participent, dans ce territoire, à la construction d?une identité collective à forger. Dans cette démarche, la culture a un rôle à jouer dans le lien entre espace public et esprit public.

Nous nous opposons à la conception d?une Métropole qui défend une attractivité au service du capitalisme financier et la loi du plus fort. Au contraire, faisons ensemble la Métropole par la solidarité, les réductions des inégalités, la prise en compte de la diversité des expériences, la reconnaissance du caractère polycentrique de la Métropole, l?élection des maires au suffrage universel.

Dans la période, défendre communes, territoires, départements dans des rapports clarifiés, peut devenir un discours de modernité, de citoyenneté et d?avenir, opposé au discours classique de la Métropole concurrentielle et de la mondialisation. Dans et par la Métropole, les communes s?ouvrent aux territoires pour le partage et la coopération, pour élaborer des projets de territoires favorables à l?ensemble des communes participantes.

Comment notre Conseil peut-il davantage s?impliquer dans cette construction de la Métropole telle que nous la défendons ? Il nous est apparu, dans notre expérience de conseiller, que pour approfondir nos responsabilités, mieux préparer nos débats et décisions, que les commissions étaient un bon outil. Alors, pourquoi ne pas créer une 8e Commission, la Commission Métropole du Grand Paris, qui aurait pour tâche de réfléchir et débattre sur tout ce qui touche la Métropole, en dépassant les approches thématiques et, au contraire, en ayant une approche transversale et globale pouvant clarifier utilement nos décisions ? De même, pour impliquer davantage les Parisiennes et les Parisiens, pourquoi ne pas aborder, au sein du Conseil parisien citoyen, les questions et les problèmes liés à faire la Métropole ? C?est Paris, ce sont les villes dans la Métropole debout qui concentrent assez d?humanité et résument le monde. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS.- Merci, Madame PREMEL. Monsieur VESPERINI, pour le groupe Parisiens, Progressifs, Constructifs et Indépendants.

M. Alexandre VESPERINI.- Merci, Madame la Maire.

Chers collègues, c?est un document qui concerne donc l?organisation des pouvoirs locaux dans le Grand Paris. C?est un document qui, en réalité, je trouve, est très prévisible, si je devais le résumer en utilisant un seul mot. Il est prévisible parce que vous posez les bons problèmes très correctement, c?est vrai, mais, derrière, les solutions ne sont pas du tout au rendez-vous.

Les problèmes, vous les rappelez. Vous parlez, par exemple, clairement des urgences que connaît le Grand Paris : l?urgence du logement, des transports, les enjeux liés au climat, à l?attractivité économique et touristique. Vous parlez de phénomènes ségrégatifs dans le domaine du logement. Vous avez raison, on est à peu près tous au courant de cette situation, ici, sur ces bancs. Mais enfin, bon, il est toujours utile de le rappeler. Vous parlez des problèmes de financement de la Métropole du Grand Paris en expliquant que le circuit de financement n?est pas facilité, je cite, "par l?enchevêtrement des compétences entre les villes et les établissements publics territoriaux". Je pense notamment aux attributions de compensation. Vous évoquez également le manque de coordination dans l?organisation des déplacements en surface. Vous avez tout à fait raison de le dire. On est tous au courant, là encore, depuis quelques années, je crois, des imperfections dont souffre le système des transports en Ile-de-France. Et puis, vous parlez aussi du fluvial, un sujet dont on parle tous ici, mais sur lequel il n?y a pas véritablement d?action stratégique qui a été menée depuis le début de votre mandature, dans le domaine, notamment, des partenariats entre les communes du fleuve et HAROPA Ports de Paris.

Vous posez bien les problèmes. On attend donc, devant cette situation assez préoccupante, qu?il y ait des solutions structurantes, qu?il y ait des mesures proposées pour mettre en place une véritable politique métropolitaine intégrée dans laquelle puissent se reconnaître non seulement les habitants de Paris, mais également les habitants des 130 communes qui l?entourent. Non, ce n?est pas cela. Les solutions, c?est : on fait comme on a toujours fait depuis 15 ans. Je reprends l?expression de la Maire de Paris : "On plante des graines". Alors qu?en réalité, il faut planter des arbres maintenant. On continue avec, finalement, toujours le système des petites coopérations. C?est heureux, c?est très bien, les coopérations entre Paris et telle commune, tel établissement public territorial, tel partenariat entre Paris qui met au service des autres communes de la couronne le savoir-faire de la SOREQA. C?est très bien, tout cela, mais ce n?est absolument pas suffisant ni à la hauteur de l?enjeu.

La solution serait, en réalité, de rompre avec ce millefeuille institutionnel qui est la spécialité parisienne. Je dirais même une spécialité mondiale. Paris est la seule Métropole au monde à avoir autant de collectivités locales qui s?occupent d?autant d?enjeux et à mélanger autant les compétences.

Si je résume, on a la mairie d?arrondissement, la Mairie de Paris, la Métropole, les établissements publics territoriaux de la Métropole, la Région, les syndicats techniques qui ont un pouvoir important et mènent des politiques très structurantes dans le domaine de l?énergie, des déchets, etc. Et puis, évidemment, je devrais ajouter aussi, même si ce n?est pas un acteur local, l?Etat à travers le Préfet de Région. Donc il y a trop d?acteurs. Mme PREMEL parlait de polyphonie. Ce n?est pas de polyphonie dont il s?agit. Aujourd?hui, c?est la cacophonie. Et ce millefeuille institutionnel retarde considérablement la structuration de nos politiques publiques face à des urgences qui sont tout de même béantes depuis un certain nombre d?années.

Je pense à la question du logement. Je ne vais pas revenir sur la pénurie de logements dont souffre la région du Grand Paris, mais un chiffre : un décalage à la baisse de 20 % entre les permis de construire accordés et les logements effectivement produits.

Dans le domaine du climat, vous parliez des zones à faibles émissions. Pardon, mais il y a 131 communes dans la Métropole du Grand Paris. Il y en a un tout petit peu plus d?une sur deux qui rentre dans les zones à faibles émissions. Ce n?est pas suffisant. Là, nous sommes confrontés à un véritable échec. Il y a une impasse vis-à-vis de nos concitoyens.

Là encore, sur les transports, je suis tout à fait en accord avec le texte de cette communication sur le fait que la Mairie de Paris fournit un effort financier et de solidarité considérable dans le domaine des transports vis-à-vis des communes de la petite couronne. Mais enfin, on va évoquer dans quelques instants le rapport sur le périphérique. J?apprends, ce matin, que la Région va également mettre en place son groupe de travail sur le périphérique. On voit bien, là encore, que ce millefeuille institutionnel crée une cacophonie, ralentit les prises de décision, et nous perdons beaucoup de temps.

Je pourrais également parler de l?attractivité touristique avec la "Cité de la gastronomie". Voilà un très beau projet qui a été initié en 2010 et sera inauguré en 2024. Pourquoi ? Parce que tout le monde veut être autour de la table, tout cela moyennant un coût de 85 millions d?euros. Je pense que l?on peut faire moins cher et plus vite en désignant des collectivités chefs de file. J?en ai quasiment terminé. J?ai lu, dans votre communication, que vous souhaitiez organiser des conférences des parties sur le Grand Paris sur le modèle de la COP 21. Très franchement, dans le domaine du Grand Paris et de l?intégration d?une véritable politique métropolitaine, si la conférence des parties que vous souhaitez organiser est aussi efficace que les précédentes COP, on va attendre longtemps. Je suis un peu déçu. Voilà un document trop prévisible qui appelle, en réalité, des décisions de rupture beaucoup plus fortes et stratégiques. Merci.

Mme LA MAIRE DE PARIS.- Merci. Madame Laurence GOLDGRAB, présidente du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants.

Mme Laurence GOLDGRAB.- Madame la Maire, mes chers collègues, eh bien, moi, je ne suis pas déçue.

C?est avec beaucoup d?attention que j?ai lu votre communication, tant l?enjeu métropolitain est déterminant pour l?avenir de notre collectivité, de son dynamisme et de son équilibre. Vous le rappelez dès les premières lignes : voici bientôt 20 ans que nous nous sommes attelé à Paris à construire avec nos voisins cette Métropole. Pourtant, pour l?instant, nous n?y sommes pas encore, malheureusement. Cependant, la métropolisation peut être porteuse d?un véritable renouveau. Elle peut être l?occasion de produire de nouveaux horizons d?émancipation pour les territoires comme pour les populations qui y vivent. La Métropole n?est pas juste une très grande agglomération. Il ne suffit pas de décréter l?intercommunalité pour qu?elle soit effective. Non, elle se construit. Elle doit se construire en prenant en compte l?importance des spécificités de chaque territoire. La diversité au sein de la Métropole du Grand Paris doit être vue comme un avantage à cultiver. Nous devons capitaliser sur les points forts de chacun. Elle doit se construire en alliant compétition et coopération des territoires pour permettre à chaque ville de la Métropole de tirer son épingle du jeu. Elle doit se construire sur des enjeux communs, au premier rang desquels se trouve la capacité d?action sur l?énergie, le climat et l?environnement.

Comme toutes les grandes Métropoles, nous sommes confrontés aux défis de la pollution et du dérèglement climatique. Certes, nous pouvons chacun agir de notre côté, mais c?est par une action globale et coordonnée métropolitaine que nous relèverons le défi de la lutte contre la pollution. L?instauration de la zone à faibles émissions est, en effet, une décision historique, comme vous l?avez souligné. Nous partageons pleinement les objectifs affichés dans votre communication, et des projets encourageants se mettent en place.

Autre enjeu : les flux de population. L?Ile-de-France voit sa population augmenter, notamment les villes de la Métropole. A en croire les spécialistes, ce phénomène devra se poursuivre. Alors, comment réguler à l?échelle métropolitaine ces flux et leur incidence sur l?évolution démographique, mais aussi sociologique des villes ? Pour éviter la thrombose et l?hyperflux, nous n?avons d?autre solution que le polycentrisme. Mais cela ne se décrète pas. Cela demande une réflexion commune et une co-construction autour des bassins de vie cohérents. Il faut tout à la fois mobiliser les savoirs empiriques, les modélisations thématiques et les approches opérationnelles de la vie quotidienne. Cela demande aussi bien l?apport des spécialistes, des urbanistes, des architectes, mais aussi des élus et des habitants qui connaissent mieux que quiconque la réalité de leur territoire.

Des pistes se dessinent, dans votre communication, sur le rééquilibrage du territoire. Mais j?ai, à ce sujet, quelques questions. Que signifie une densification raisonnée ? Il faudra y répondre. Et quel avenir pour le P.M.H.H. ? Nous croyons foncièrement, au groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants, à la nécessité d?un plan métropolitain pour le logement, condition sine qua non du rééquilibrage du territoire entre Est et Ouest, qui devra être accompagné, comme vous le préconisez, d?actions en faveur du développement économique.

Si l?on veut renouer le dialogue avec toutes les villes et parvenir enfin à la concrétisation de la Métropole, au rééquilibrage et à la mixité sociale, Paris doit se positionner comme l?égal des autres, tout en ayant un rôle moteur, ne serait-ce que parce que nous mettons ressources et moyens dans cette construction. Nous devons proposer et dialoguer pour stimuler le changement. Nous ne devons pas imposer, évidemment. Les annonces que vous avez faites au sujet de la création d?un atelier du boulevard périphérique, vont donc dans le bon sens. Et tant mieux si la Région, comme je l?entends, souhaite également un atelier sur cette thématique, car nous devons travailler tous ensemble. Je développerai ces sujets lors du prochain débat sur la M.I.E.

La M.G.P. manque aujourd?hui cruellement de concret. Elle n?existe pas dans l?imaginaire collectif des métropolitaines et des métropolitains. Elle est au mieux un vague échelon supplémentaire du millefeuille administratif. Et là, je suis d?accord avec ce que j?ai entendu. A ce titre, la création d?une véritable signalétique métropolitaine, comme vous l?abordez, devra être élargie à l?avenir afin d?amplifier ce sentiment d?appartenance à la Métropole et de rendre visible au quotidien son action pour ses habitants.

Pour cela, les Jeux olympiques de 2024 seront une formidable vitrine de l?action métropolitaine entre Paris, le département et les établissements publics territoriaux concernés pour l?attractivité et l?emploi dans ces territoires. Le monde économique a déjà bien compris les avantages d?un développement à l?échelle métropolitaine. Nous disposons d?un tissu économique riche et varié, mais réparti de manière hétérogène. Votre idée de rééquilibrage métropolitain des lieux d?activité économique est à creuser, dans une période où la consommation de proximité doit être encouragée. L?existence et la définition de cette Métropole se caractérisent par une continuité territoriale, qu?il nous faut rendre plus concrète pour les habitants. Cela passe par un réseau de transport efficace émaillant l?intégralité du territoire métropolitain, d?un "Plan Vélo", d?un réseau de bus. J?en parlerai tout à l?heure. Je vous remercie pour cette communication.

Mme LA MAIRE DE PARIS.- C?est moi qui vous remercie. Monsieur Jean-Baptiste de FROMENT, pour le groupe les Républicains et Indépendants.

M. Jean-Baptiste de FROMENT.- Merci, Madame la Maire.

Chers collègues, en trois ans seulement, la jeune collectivité qu?est la Métropole du Grand Paris, s?est ancrée dans le paysage institutionnel assez solidement. Ce n?était pas gagné. Au départ, peu d?élus croyaient à la viabilité de cette Métropole du Grand Paris. On peut regretter l?extrême étroitesse de ses marges de man?uvre financières, mais il faut reconnaître qu?elle agit efficacement sur des compétences clés pour construire une Métropole durable.

On peut saluer l?action de Patrick OLLIER, qui est menée dans le cadre d?une gouvernance partagée qui fonctionne.

La lutte contre le réchauffement climatique impose de mobiliser tous les leviers au nom du "penser global, agir local". La Métropole du Grand Paris a très rapidement élaboré son propre "Plan Climat Energie", lancé au lendemain de la COP 21 et adopté dès le mois de décembre 2017 à l?unanimité. L?une des mesures phares, on le sait, de ce "Plan Climat", deviendra concrète dans quelques jours seulement, à partir du 1er juillet : une zone à faibles émissions, Z.F.E., va être mise en place à l?intérieur du périmètre de l?A86. C?est l?échelle pertinente pour obtenir des résultats rapidement. Ainsi, ce sont les vieux véhicules diesel immatriculés avant 2001 qui ne pourront plus circuler, puis, dans un second temps, en juillet 2021, les véhicules diesel mis en service avant 2006.

L?association "Respire" a mis en évidence que la totalité des crèches et des écoles parisiennes étaient exposées à des niveaux de particules supérieurs aux normes fixées par l?O.M.S. Selon Airparif, la mise en place de la Z.F.E. permettra de réduire de 95 % la part des établissements recevant du public, dit sensible, comme les crèches, les écoles, les hôpitaux, pour le dioxyde d?azote.

Autre sujet d?importance métropolitaine : la prévention des inondations, qui sont source d?inquiétude dans l?ensemble des territoires. C?est grâce à l?engagement financier de près de 35 millions d?euros de la Métropole du Grand Paris que le casier pilote de la Bassée va enfin voir le jour. A lui seul, il permettra de réduire d?une dizaine de centimètres le niveau des crues, ce qui est décisif pour en limiter l?impact pour les Parisiens.

Sur tous les sujets que je viens de citer, la Ville de Paris est en phase avec la Métropole du Grand Paris, et nous ne pouvons que nous en réjouir.

En revanche, lorsque vous, Madame la Maire, invitez à une densification raisonnée pour renforcer la qualité de vie, nous ne pouvons que nous en inquiéter, quand on regarde ce que vous faites à Paris intra-muros. Nous ne cessons de le dire : la crise du logement dans la Capitale ne se résoudra que par l?augmentation du nombre de logements disponibles à l?échelle de la Métropole. Mais il ne faut surtout pas dupliquer la politique parisienne en matière de logement. Celle-ci consiste, en effet, de notre point de vue, à diminuer l?offre de logements disponibles sur le marché à coups d?achats de logements privés déjà occupés. Le projet de Bercy-Charenton est à l?antipode des principes de développement durable élémentaires puisqu?il consiste à entasser 4.000 logements dans 6 tours coincées entre le périphérique et les voies ferrées, sans équipements de proximité adaptés et surtout, sans espaces verts à la mesure des besoins des habitants. C?est un projet qui contraste avec le premier appel à projets "Inventons la Métropole du Grand Paris", qui est un véritable succès avec plus de 7 milliards d?euros d?investissements privés programmés, et qui permettra, lui, de créer 14.000 logements pour loger près de 30.000 habitants, tout en créant 13 hectares d?espaces verts, soit l?équivalent du parc André-Citroën.

La communication que vous nous présentez appelle aussi à une offre de logements sociaux de tous types à l?échelle de la Métropole. C?est l?exact inverse de ce qui est fait aujourd?hui à Paris. En effet, moins de 30 % des logements sociaux créés dans la Capitale sont destinés aux classes moyennes.

En un mot, Madame la Maire, le Grand Paris, ce n?est pas Paris en grand. Cette communication ne semble pas faire confiance aux 11 autres territoires et égrène les politiques parisiennes qui devraient être portées à l?échelle de la Métropole. Je vous invite à davantage d?humilité devant l?échec de la politique de logement et l?absence de résultats tangibles en matière de lutte contre la pollution. S?il n?en était pas ainsi, pourquoi 12.000 Parisiens quitteraient la Capitale chaque année ? Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS.- Merci à vous. Monsieur BARGETON, pour le groupe Démocrates et Progressistes.

M. Julien BARGETON.- Madame la Maire, chers collègues, la communication sur la Métropole, que vous présentez, n?a pas de titre. Aucun titre. C?est tout, sauf anodin. Elle n?a pas beaucoup de contenu non plus. Elle n?indique aucune direction, ne prend aucune position claire, n?adresse aucun signal visible. Il manque tout dans cette communication, à commencer par une colonne vertébrale. On a l?impression de rentrer à la conquête de l?hyperespace et de se perdre dans un trou noir sans jamais en sortir. "Le silence éternel de ces espaces infinis m?effraie", disait Blaise Pascal. Je vous propose cela, comme titre pour cette communication.

Faute de trancher, elle est particulièrement aride. Je me demande quel habitant peut lire cela et nous devrions pourtant toujours écrire à leur attention. Elle est paresseuse. Son existence ne vaut que pour elle-même. Elle ne sert qu?à cocher la case d?une "to do list". Communication sur la Métropole : ouf, faite, ça y est, on oublie. Paragraphe après paragraphe, elle énumère les sujets de façon assez exhaustive, il faut bien le reconnaître, et aussi un peu fastidieuse. Après un rappel historique, c?est un empilement façon catalogue. C?est vrai que du travail a été accompli. Des réalisations ont été faites, notamment grâce aux élus. Mais nous sommes à la croisée des chemins : il faudrait choisir. Or, cette majorité-là ne choisit pas. Elle aurait pu choisir le rééquilibrage territorial, comme priorité. Les études récentes montrent que les fractures s?aggravent dans une région où elles sont déjà très présentes. Cela aurait pu être un axe, contestable ou pas, mais un axe. Là, le sujet n?arrive qu?en avant-dernière page, en un paragraphe, sans que la façon de le résoudre ne soit même approchée. Il n?y a aucune vision dans ce texte, pas même une vision qui susciterait des débats.

A la toute fin, on reconnaît la patte de Jean-Louis MISSIKA, en page 15, et les tribunes qu?il avait écrites en octobre 2018, il y a à peu près 8 mois, sur Telos. C?était intéressant, d?ailleurs. "La Métropole en réseau, avec des nouvelles formes de coopération qui doivent s?articuler avec une gouvernance partagée". La proposition de Jean-Louis MISSIKA d?une conférence des parties est d?ailleurs la seule et unique proposition qui a survécu. Toutes les autres sont tombées à l?eau et c?est la seule et unique proposition aussi de ce texte. Comme par hasard. Et surtout, survient ensuite un plaidoyer pour l?échelon communal et municipal, qui serait indépassable. Pourquoi pas ? C?est un vrai sujet, une question, mais c?est un paradoxe de conclure une communication sur la Métropole par une réaffirmation du fait communal. Ou alors il fallait commencer par-là, en disant : on part du fait communal, et puis, cela n?a pas marché, donc on n?avance pas, ou bien, au contraire, on veut intégrer. Finalement, cette communication, si j?osais dire, commence un peu comme le vaisseau fantôme, c?est-à-dire qu?elle est vide. Puis, elle finit comme le bateau ivre, c?est-à-dire que cela zigzague entre des positions. Il n?y a pas de gouvernail ferme, on ne sait pas où l?on va, mais on suit le gré du courant. C?est à peu près cela.

Et donc, nous allons avoir une révision constitutionnelle, où il y aura l?expérimentation, la possibilité de différencier, etc. Il va y avoir un texte sur la décentralisation annoncée pour le premier semestre 2020. Mais plutôt que de toujours attaquer ou critiquer le Gouvernement, faites une proposition, mettez une proposition sur la table. Que les élus s?entendent et disent : on va mettre une proposition. Puisque vous refusez la verticalité, puisque vous dites qu?il faut écouter les territoires, que les territoires fassent une position commune et avec un projet. Et puis, là, on verra. On ne sera peut-être pas d?accord, mais au moins, il y aura des échanges. Mais faute d?accord et de vision, qui semblent très loin, à en juger par ce texte, vous ne prenez pas parti.

Notre groupe avait formulé plusieurs propositions, qui ont été balayées les unes à la suite des autres d?un revers de main, notamment sur le logement, sur les aides sociales à la mobilité, sur le boulevard périphérique, que nous devons penser à un niveau métropolitain. Nous l?avons dit. Après, on peut, là aussi, discuter. Didier GUILLOT et Thomas LAURET reviendront sur le sujet du périphérique de façon plus détaillée. Je note qu?in extremis, vous avez rajouté un atelier de concertation, juste au moment de la remise du rapport. C?est un remords qui semble bien tardif. Ces annonces elles-mêmes sur le périphérique sont un peu tardives, me semble-t-il, à neuf mois des échéances.

Mais, en tout cas, il n?y a pas de contenu précis à ce que vous voulez faire de cette Métropole qui est la croisée des chemins. Quel bilan en tirez-vous ? Est-ce que cela a marché ou pas ? Qu?est-ce qui a fonctionné ? Qu?est-ce qui n?a pas fonctionné ? Que faut-il améliorer ? Que fait-il retirer, ajouter, etc. ? Nous ne le savons pas en lisant cette communication. Je trouve que c?est extrêmement compliqué. Cette communication est un coup d?épée dans l?eau, car une fois votre communication entendue, nous n?en savons pas beaucoup plus, et pour le dire même, nous n?en savons pas du tout plus. Oui, le silence éternel de ces espaces infinis m?effraie et nous effraie tous. Merci beaucoup.

Mme LA MAIRE DE PARIS.- Monsieur CONTASSOT, pour le groupe "Génération.s".

M. Yves CONTASSOT.- Merci, Madame la Maire.

L?intercommunalité est une chose encore nouvelle pour Paris et les communes alentour. Trop longtemps, les communes du c?ur de la zone dense francilienne sont restées en dehors du processus de coopération intercommunal, à l?exception notable de quelques-unes. Aujourd?hui que la Métropole du Grand Paris existe, je ne peux que constater la frilosité de nombre de maires qui considèrent encore qu?il serait tellement mieux que chaque commune vive sa vie sans se préoccuper de celle de ses voisines. Cet égoïsme territorial est hélas assez répandu au sein de nombreuses familles politiques, sous couvert d?arguments toujours les plus nobles, évidemment, pour ne pas être avoués. On le voit notamment lors du débat sur le P.M.H.H. au plan métropolitain. Paris n?échappe pas totalement à cela. Je pourrais rappeler la déclaration d?un ancien maire expliquant, je cite : "que la création de la Métropole serait synonyme d?impuissance pour cette institution mastodonte".

Pour nous, l?intercommunalité est la clef qui permet de répondre à de nombreux défis, sous certaines conditions évidemment. Comment prétendre, en effet, que l?on réglera les questions environnementales à l?échelle de chaque commune ? Qui peut sérieusement affirmer que la pollution de l?air est du ressort communal quand on regarde les cartes des polluants et que l?on constate à quel point les masses d?air, et donc les polluants, ne respectent pas les limites administratives ? Qui peut oser déclarer que l?on peut régler la question des déchets de façon efficace en se limitant à son territoire, alors que la mutualisation est une condition sine qua non de la capacité de traiter efficacement et à un coût réduit les déchets ? Qui peut, sans rougir, défendre le principe de schéma directeur de l?eau, de l?énergie, des infrastructures au niveau local, alors que, là encore, le niveau métropolitain est d?une évidence totale ?

Ce qui est vrai au plan environnemental l?est également en matière de logement et d?urbanisme. Poursuivre la construction de bureaux au c?ur de la zone dense à Paris ou dans les Hauts-de-Seine, c?est priver ces territoires d?un foncier disponible pour le logement et c?est priver les autres territoires des emplois dont ils ont besoin. C?est contraindre les métropolitains à des déplacements domicile travail de plus en plus nombreux et longs. C?est capter la fiscalité des entreprises au détriment des autres communes.

Paris est attractive pour les Franciliennes et les Franciliens, au point que près de 400.000 demandes de logement social dans Paris sont en attente. Cette attractivité provient avant tout des aménités de la ville capitale qui a bénéficié historiquement des investissements les plus importants, tant en termes de transports en commun que d?équipements culturels, sociaux, sportifs, etc. Si l?on veut réduire la pression sur le logement, il faut tout à la fois agir sur la rareté de l?offre dans Paris intra-muros et sur le rééquilibrage entre le centre et la périphérie de la zone urbaine dense en matière de cadre de vie. Quand il faudra faire 45 minutes en moyenne pour se rendre à son travail dans Paris, tant qu?il n?y aura un maillage digne de ce nom de transports en commun, tant que les équipements culturels resteront pour l?essentiel concentrés dans Paris, tant qu?il sera aussi compliqué de faire du sport dans toutes les communes faute d?équipement, alors on ne fera pas diminuer la demande de logements dans Paris.

On le voit aujourd?hui : il est difficile de faire admettre ce rééquilibrage centre/périphérie, tout comme il est difficile de le faire accepter entre l?Ouest et l?Est. Paris s?honorerait à prendre les initiatives qui sont nécessaires. Cela passe par une révision générale du P.L.U. afin de favoriser le rééquilibrage bureau/logement, mais aussi par l?acceptation d?une mutualisation financière plus active.

Dans votre communication, vous indiquez que la cotisation foncière des entreprises devra évoluer à partir de 2021 pour qu?un taux identique finisse par être mis en ?uvre sur l?ensemble de la Métropole. C?est la loi. Cependant, pourquoi ne rien faire en attendant ? Pourquoi ne pas commencer à se rapprocher du taux moyen pour éviter les hausses importantes à partir de 2021 ? Pour mémoire, les taux moyens des autres départements de la Métropole varient de 22,10 % à 35,42 %, alors qu?à Paris, nous en sommes à 16,52 %. Les ressources supplémentaires pourraient alors être mises à disposition du rééquilibrage territorial. Ce sont plusieurs centaines de millions qui sont en jeu. Cela s?appelle la solidarité et c?est une valeur à laquelle nous sommes particulièrement attachés à "Génération.s".

Paris a montré l?exemple en matière de zones à circulation restreinte, et la Métropole s?en inspire. C?est bien la preuve qu?il est possible pour notre Ville de faire preuve d?initiative et d?exemplarité, car la mise en place de la Z.F.E. au niveau métropolitain est l?illustration de l?adage selon lequel "les Parisiennes et les Parisiens vivront mieux si les autres habitants de la Métropole vivent moins mal".

Je voudrais également aborder la gouvernance de la Métropole. Vous reprenez, dans la conclusion de votre communication, la formule de la gouvernance partagée, chère au président de la Métropole et à l?ensemble des maires, qui considère que la Métropole est, je cite : "avant tout la Métropole des maires". Permettez-moi de vous dire notre total et profond désaccord sur cette vision de l?intercommunalité. Comment ne pas voir que cette absence d?implication des citoyennes et des citoyens dans les choix métropolitains constitue un déni de démocratie ? Quand une collectivité locale doit prendre des décisions aussi importantes que le SCoT, le Plan Métropolitain de l?Habitat et de l?Hébergement, le Plan Climat Métropolitain, la lutte contre les inondations, la Gemapi, est-il possible que les citoyens n?aient pas leur mot à dire ? Et si cette vision de syndicat des maires était pertinente, pourquoi ne le serait-elle pas aussi pour d?autres structures ? Par exemple, la Région.

Imaginez-vous un instant revenir sur le scrutin universel pour les élections régionales ? Imaginez-vous un instant que notre Assemblée, ici, ne puisse plus délibérer pour imposer des logements sociaux dans tel ou tel arrondissement, au motif qu?il faudrait préalablement l?accord du maire d?arrondissement ? Non, Madame la Maire. La Métropole ne doit plus rester un entre soi de maires, mais au contraire, faire l?objet d?un mode d?élection au suffrage universel. La loi l?avait prévu et il a fallu un arbitrage funeste du précédent Gouvernement pour supprimer in extremis ce mode de scrutin, qui n?existe que pour la Métropole de Lyon, ce qui fait de la Capitale des Gaules l?avant-garde de la démocratie intercommunale. Paris s?honorerait de reprendre la tête d?un mouvement démocratique sur ce point, comme sur les autres. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS.- Merci. Monsieur HÉLARD, pour le groupe UDI-MODEM.

M. Eric HÉLARD.- Merci.

Madame la Maire, mes chers collègues, à l?annonce de cette communication sur la Métropole pour ce Conseil de Paris, nous avons eu un sentiment extrêmement partagé. Vous savez que le groupe UDI-MODEM a toujours prôné une approche, voire une gouvernance métropolitaine sur de nombreux dossiers. Aussi pouvions-nous nous réjouir que la Mairie se saisisse enfin de cette question. Mais, dans le même temps, faire des annonces sur la gouvernance de la Métropole la dernière année du mandat, à maintenant 10 mois des prochaines municipales, nous semblait confirmer le peu de cas que la majorité actuelle avait de ses voisins et de la Métropole. J?ai rapidement été rassuré : cette communication ne contient aucune action majeure, aucun projet d?avenir. J?oserais même dire qu?elle ne contient en réalité aucune ambition métropolitaine. C?est de l?eau tiède. Il s?agit, plus exactement, d?une sorte de bilan de mandature pour la Ville de Paris, qui se félicite de son action au niveau métropolitain sur de nombreux dossiers. On y parle, en vrac, de la prochaine "Nuit Blanche" métropolitaine, du dézonage du "pass" Navigo, des Jeux olympiques et paralympiques. Bref, c?est un pêle-mêle.

On apprend, à la lecture de cette communication, que le nouveau service Vélib?, le Vélib? métropolitain, fait pour vous partie, Madame la Maire, des réussites de la Ville de Paris en termes de projets de dimension métropolitaine. Mais dois-je vous rappeler que ce nouveau Vélib? devait être entièrement installé au 31 mars 2018, que 14 mois après, seules 298 des 400 stations prévues hors de Paris sont ouvertes, que certains maires des communes riveraines n?ont toujours aucune station installée dans leur commune ? Ne nous y trompons pas : si plus de 60 communes sont engagées avec la société Smovengo pour le déploiement du Vélib?, c?est bel et bien la Ville de Paris qui porte la responsabilité des déboires que connaît encore aujourd?hui le service. On peut également s?étonner que la Ville demande la mise en place d?un réseau cyclable métropolitain, alors que la Région s?est déjà dotée d?un "Plan Vélo" régional en 2017. Je rappelle, au passage, que la Ville de Paris est très en retard dans le déploiement de son propre "Plan Vélo", avec seulement 28 % des infrastructures cyclables prévues pour 2020 réalisées.

Au petit jeu des contradictions, citons la convention de partenariat qui nous est proposée aujourd?hui avec le syndicat mixte Seine Grands Lacs, qui vise notamment à mieux intégrer les risques d?inondations liés au fleuve dans la conception des espaces urbains. Intention louable, il est vrai, mais qui n?a pas jusqu?à présent empêché la Ville de lancer des opérations d?aménagement en zones inondables quand il s?agit d?optimiser les derniers mètres carrés disponibles. Citons le projet de la Z.A.C. "Bédier-Oudiné" située sur une zone cartographiée comme inondable dans le plan de prévention des risques d?inondation du département, exposée à un aléa de débordement des cours d?eau, à un aléa de remontée des nappes phréatiques et à un risque lié au ruissellement des eaux pluviales, et sur lequel la Ville prévoit pourtant de construire une crèche et un programme de logements.

Mais ce qui m?a le plus interpellé dans cette communication, ce n?est pas tant ce qui y figure que ce qui n?y figure pas. Il me semble, en effet, que vous avez oublié de mentionner certains sujets, pourtant cruciaux pour l?ensemble de la Métropole et sur lesquels la Ville de Paris a agi seul. Il y a, bien sûr, la fermeture des voies sur berges, que vous avez décidée seule. Il y a aussi le "Plan Antipollution" de la Ville de Paris, imposé, lui aussi, unilatéralement et sur un périmètre parisien forcément inadapté à l?enjeu de la pollution de l?air. Il y a encore la politique du logement, que vous évoquez rapidement, mais qui, à ce jour, n?a pas la dimension métropolitaine qu?elle devrait avoir. Sur ces sujets, comme sur tant d?autres, le groupe UDI-MODEM n?a eu de cesse, depuis le début de la mandature, de vous inviter à cesser cette stratégie solitaire. On peut, bien sûr, saluer les efforts de coopération bilatérale avec les collectivités limitrophes, mais aujourd?hui, il nous faut aller beaucoup plus loin, changer l?échelle de réflexion et de décision sur les sujets qui ne concernent plus 2 millions de Parisiens, mais 7 millions de métropolitains, quand ce ne sont pas 12 millions de Franciliens. On entendra tout à l?heure les membres de la mission d?information sur le périphérique présenter leur rapport. J?espère que vous saurez en tenir compte et que le chantier du périphérique marquera enfin les débuts de la gouvernance partagée, dont vous parlez tant dans cette communication. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS.- Monsieur Rémi FÉRAUD, président du groupe Socialiste et Apparentés.

M. Rémi FÉRAUD.- Merci, Madame la Maire.

Chers collègues, cette communication sur la construction de la Métropole du Grand Paris est importante et permet de rappeler que, dans cette construction, Paris a pris toute sa part depuis 2001.

Nous savons depuis longtemps que les enjeux devant nous à Paris ne peuvent pas être résolus seuls dans les limites de notre territoire. Nous y reviendrons d?ailleurs dans le prochain débat, en abordant la question de l?avenir du boulevard périphérique. C?est pourquoi il était important de revenir sur les avancées qui ont été réalisées au niveau métropolitain, d?aborder les défis auquel le Grand Paris est confronté et de tracer un chemin pour y parvenir. C?est ce que permet utilement le texte que l?Exécutif nous a communiqué et dont nous débattons ce matin.

Depuis 20 ans, la Ville de Paris est à l?initiative et au rendez-vous de l?intégration métropolitaine. C?est la gauche parisienne qui, depuis l?élection de Bertrand DELANOË en 2001, s?est investie dans la construction d?une institution métropolitaine spécifique permettant l?émergence d?un territoire et d?une entité nouvelle qui doit améliorer la vie des Parisiens et de tous les habitants de la Métropole, tout en soutenant son attractivité et ses grands équilibres.

En effet, Paris, ville monde et grande capitale européenne, n?a pas, contrairement à ses homologues tels Berlin, Bruxelles ou Londres, connu d?extensions correspondant au développement de son aire urbaine au cours du XXe siècle. L?édification d?une Métropole utile et efficace doit donc permettre d?apporter des réponses aux défis du quotidien comme aux grands enjeux stratégiques d?une agglomération d?aujourd?hui, tout en respectant, et pour nous c?est important, les identités communales auxquelles les citoyens restent attachés.

Aussi, avec cet objectif en tête, la Ville de Paris a avancé avec ses partenaires de manière progressive, en s?appuyant sur un triptyque d?actions : coopération bilatérale, d?une part, coopération multi-acteurs, d?autre part, et enfin, construction d?une institution métropolitaine spécifique à la zone dense de l?agglomération parisienne. Ces trois outils complémentaires forment le socle de la gouvernance partagée, de l?espace de délibération indispensable au développement du projet métropolitain. Les projets de délibération rattachés à cette communication s?inscrivent dans ce schéma.

En 20 ans de construction métropolitaine, mesurons le chemin parcouru, qui est immense. Nous sommes fiers, pour notre part, d?avoir tenu bon, d?avoir eu le volontarisme politique nécessaire, malgré les doutes, malgré les difficultés et souvent, malgré les critiques. Jamais la Ville de Paris n?a été si ouverte qu?aujourd?hui sur sa Métropole et jamais elle n?a joué un rôle aussi moteur pour des projets collectifs métropolitains. En tant que ville centre, elle se doit d?être accessible à tous dans la Métropole. Cette responsabilité engage Paris politiquement et financièrement vis-à-vis des usagers et des collectivités voisines.

C?est dans cet esprit que nous réfléchissons et concevons les événements et les équipements, avec, par exemple, une gratuité pour l?ensemble des usagers dans les musées de la Ville ou les bibliothèques. Cette volonté entraîne nécessairement des charges de centralité. Mais elles sont aussi le prix de l?ouverture, de la mixité sociale et de l?émergence d?une véritable citoyenneté métropolitaine. Dans l?espace public aussi, notre Ville s?ouvre. Les efforts que nous avons déployés ces dernières années pour effacer la frontière que peut représenter le périphérique, revaloriser les secteurs faubouriens et créer des continuités piétonnes ou cyclables, sont au service de l?ensemble de la Métropole. Et, bien sûr, ces efforts devront être poursuivis.

Enfin, Paris a ouvert à la Métropole les outils dont elle dispose pour construire la ville de demain. L?ouverture aux collectivités métropolitaines des opérateurs de la Ville a ainsi permis de former des stratégies d?ensemble et de procéder à des mutualisations, comme avec l?APUR, la SOREQA, la SEMAEST, ou encore "Paris Batignolles Aménagement". Cette stratégie ambitieuse, nous la menons à Paris, car nous savons combien la Métropole est incontournable pour résoudre les grands défis de demain. Cependant, sur plusieurs sujets majeurs pour la qualité de vie des habitants, en particulier le logement et la réduction des inégalités, des progrès très importants sont encore nécessaires. Force est de constater que pour y répondre, la Métropole se trouve aujourd?hui dans une impasse budgétaire que seul le législateur et le Gouvernement peuvent résoudre.

Compte tenu de l?insuffisance des ressources de la M.G.P., nous rappelons qu?il est indispensable qu?elle puisse bénéficier d?une dotation spécifique permettant son déploiement et le développement des compétences dont elle a la charge. Pour ce faire, il est nécessaire que l?Etat prévoie une initiative en ce sens et, si possible, dès la présentation du projet de loi de finances pour 2020.

De nouvelles transformations institutionnelles sont, par ailleurs, nécessaires pour permettre à la Métropole de répondre aux défis auxquels elle est confrontée. En matière de mobilité, l?organisation que nous connaissons aujourd?hui doit évoluer en profondeur. La Métropole du Grand Paris et ses communes sont confrontées à une particularité spécifique au sein de la région parisienne puisqu?elles ne disposent pas de la compétence en matière de transports en commun, alors que ceux-ci sont des leviers essentiels pour mener à bien les projets urbains et la transition écologique. C?est parce que cet enjeu est déterminant que mon groupe présente un v?u aujourd?hui sur la réalisation du Grand Paris Express, dont la réalisation intégrale et dans les délais est absolument impérative.

Par ailleurs, la Métropole doit rester un territoire productif. La diversité du tissu économique est l?un de nos points forts et nous devons travailler pour le renforcer, tout en facilitant un rééquilibrage des activités au sein du territoire métropolitain. Il est essentiel de lutter contre les inégalités qui sont historiquement la marque de notre territoire métropolitain, qui ne se résorbent pas d?elles-mêmes et que nous, élus de gauche, voulons absolument réduire. C?est d?ailleurs l?un des grands bénéfices des Jeux olympiques et paralympiques de 2024, que de permettre d?envisager un rééquilibrage du territoire, comme l?ont permis avec succès les Jeux olympiques de Londres.

Enfin, notre attractivité doit se faire aussi en permettant à la Métropole de respirer et de se renaturer. Nous devons engager la transition écologique, soutenir la rénovation énergétique et combattre la pollution de l?air. Et une Métropole renaturée doit permettre aussi de lutter contre les îlots de chaleur, de préserver la biodiversité, de perméabiliser nos sols. La Métropole du Grand Paris doit être un acteur déterminé dans la lutte contre le dérèglement climatique et dans la prévention de ses effets.

Pour parvenir à répondre à ces grands défis, la Métropole doit continuer à engager des projets et à faire travailler ensemble tous les acteurs. Je sais que nous pouvons compter sur l?ensemble de nos conseillers métropolitains, dont je salue le travail, et en particulier Catherine BARATTI-ELBAZ, puis Emmanuel GRÉGOIRE qui lui a succédé à la tête du groupe Socialiste et Apparentés au Conseil métropolitain.

La Ville de Paris a été à l?origine de ce mouvement de construction de la Métropole avec Bertrand DELANOË et Pierre MANSAT, que je veux également saluer. Notre Municipalité continue aujourd?hui, avec Anne HIDALGO et Jean-Louis MISSIKA, à jouer un rôle moteur et je suis sûr qu?elle continuera à le faire. C?est pourquoi je vous invite aussi, bien sûr, chers collègues, à adopter les projets de délibération qui sont rattachés à cette communication. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS.- Merci beaucoup, Monsieur le président.

Je donne la parole à M. Daniel-Georges COURTOIS, pour le groupe "100% Paris".

M. Daniel-Georges COURTOIS.- Merci, Madame la Maire.

Nous nous félicitons de la tenue de ce débat sur la Métropole, un important sujet qui permet aussi de mettre en perspective les accords soumis à notre vote.

Peu de commentaires sur la première partie qui illustre parfaitement pourquoi, pour passer d?une coopération bilatérale ou multilatérale ponctuelle à une coopération métropolitaine plus intégrée, il fallait mettre en place la M.G.P., même si l?on ne peut méconnaître les défauts de la loi NOTRe.

Je voudrais, même si cela ne fera pas plaisir à certains mais c?est la réalité, témoigner de votre engagement, Madame la Maire, pour accompagner et soutenir la Métropole à ses débuts et encore aujourd?hui.

Je voudrais, à cet égard, rappeler notamment le soutien actif de la Ville à la Métropole à travers la mise à disposition des services et la métropolisation de certains opérateurs de la Ville, pour n?en citer que certains : Paris&Co, "Paris & Métropole Aménagement", ou l?APUR.

Permettez-moi aussi de rappeler que Paris a effectivement accompagné non seulement les réflexions et les stratégies, mais aussi les rendez-vous de la métropole des projets. Pour ne citer que le plus emblématique, au risque, sinon, d?être trop long, je citerai "Inventons la Métropole".

Un petit regret, cependant, que votre communication ne parle pas plus de l?enjeu numérique malgré la part très importante et utile que la Ville de Paris a pris à l?élaboration de notre schéma fixant la stratégie métropolitaine en la matière. En effet, le numérique a certes des enjeux propres importants, mais il est nécessaire aussi à la mise en ?uvre des politiques métropolitaines, qu?il s?agisse d?une Métropole inclusive et solidaire, et donc de la lutte contre la fracture numérique, d?une Métropole résiliente et durable à travers l?économie circulaire, la qualité de l?air, voire rayonnante et attractive, ce qui inclut les questions de mobilité urbaine et de logistique ou de valorisation de la culture métropolitaine, voire encore de gouvernance des données. Mais, merci, vous m?avez donné l?occasion d?en parler avant le Conseil métropolitain du 19 juin prochain.

Concernant la question "Quelle Métropole pour demain ?", je crois qu?il faut déjà prendre conscience que, comme dans toutes les zones denses d?une certaine taille, les métropoles qui, en définitive, ne sont que des intercommunalités, se multiplient. Il ne faut jamais oublier non plus que les métropoles sont des assemblées réunissant les maires qui les composent. Elles ne sont ni plus ni moins que cela. C?est la force des métropoles.

Il faut également avoir à l?esprit que les métropoles n?ont vocation à traiter les sujets communaux que lorsque la mise en commun est préférable à une gestion commune par commune, que les sujets concernent l?ensemble des communes réunies dans l?aire métropolitaine, et que, donc, la métropolisation est plus efficace et efficiente.

Yves CONTASSOT a rappelé quels sont les principaux thèmes en la matière.

La cellule de base reste, bien sûr, la commune, qui peut contractualiser directement avec des communes limitrophes sur des sujets intéressant spécifiquement ces communes. Pour prendre l?exemple du 15e arrondissement, certains sujets intéressaient Issy-les-Moulineaux ou Vanves. Ils n?ont pas à être traités au niveau métropolitain, ni au niveau d?un E.P.T., mais entre Paris et Issy-les-Moulineaux ou Vanves.

En réalité, c?est en partant des défis à relever et non pas des questions institutionnelles qu?il faut raisonner. Est-on pour une Métropole élargie géographiquement ou une Métropole de la zone dense ? Pour un renforcement du rôle des E.P.T. ou pour réduire leur rôle ? Pour un maintien des départements ou non dans la zone dense, comme c?est le cas à la Métropole de Lyon. Tout cela ne doit pas être un préalable, mais n?être que l?une des conséquences des politiques que l?on veut mener et non l?inverse. Sinon, on n?arrivera à rien.

A cet égard, un travail important au sein de la Métropole, avec tous les maires et les E.P.T., a permis d?identifier les défis auxquels la zone urbaine métropolitaine est confrontée. Comment y faire face et qui est le mieux à même d?y répondre ? C?est de cette manière que nous procédons depuis 2016, qu?il s?agisse de la résilience climatique, la transition énergétique ou la qualité de l?air, de revitalisation des centres-villes, des risques d?inondation majeure ou encore des défis d?une alimentation durable, de lutte contre le bruit, de l?enjeu lié au logement ou d?urbanisation à travers le futur SCoT, de logistique urbaine, de mobilité ou de rayonnement économique et d?attractivité, voire de numérique.

Il faudra continuer à être proactif, comme ce fut le cas récemment pour la Z.F.E., pour anticiper et faire face aux nouveaux défis qui surviendraient. A titre d?illustration, une réflexion sur une harmonisation de la réglementation des trottinettes, qui devient un sujet d?actualité, aurait aussi du sens à l?échelle. Mais d?autres sujets, tels que la gestion de la Seine ou pourquoi pas les transports, mériteraient aussi d?être regardés.

Vous l?aurez compris, je suis convaincu que la Métropole du Grand Paris, comme les autres métropoles françaises, a trouvé sa place, avec une spécificité liée à sa taille et à sa récente mise en place. L?enseignement que l?on peut tirer de ces trois ans de fonctionnement, c?est que la M.G.P. a un rôle irremplaçable dans la définition et la cohérence des stratégies sur la zone métropolitaine dense.

En matière de gestion, elle doit se concentrer sur ce qui relève du seul intérêt métropolitain, laissant la gestion du reste aux E.P.T. et aux communes. Bien sûr, il appartiendra au Gouvernement et au Parlement de décider sur cette importante question. Le plus vite sera le mieux.

Avant de conclure, deux remarques très rapides. La question de la démocratie participative, de la co-construction des projets, de l?association des habitants aux décisions locales qui les concernent, est essentielle et mériterait d?être plus abordée. Je regrette qu?elle n?ait pas une part importante dans votre communication.

Le rôle des arrondissements est oublié dans cette communication, même si, en pratique, ils sont effectivement associés de facto. C?est d?ailleurs un point que je voulais souligner pour le contrat de partenariat entre G.P.S.O. et la Ville de Paris qui, initialement, ne mentionnait ni le 15e, ni le 16e, pas plus, d?ailleurs - ce qui est plus surprenant - que Boulogne, Issy-les-Moulineaux ou Vanves, et ce, alors que certains engagements n?entraient pas directement dans les compétences de G.P.S.O., mais relevaient directement de la compétence des communes. Votre amendement de l?Exécutif répond à cette préoccupation. Il serait cependant intéressant que les arrondissements concernés soient non seulement associés au comité de suivi, mais, pourquoi pas, participent aux discussions pour négocier les conventions. Cependant, au-delà de ces conventions ponctuelles, la métropolisation de certaines politiques doit s?accompagner d?une réflexion sur la place des arrondissements, notamment limitrophes, dans cette évolution métropolitaine. Le groupe de travail mis en place en février - mais malheureusement plus réuni depuis - sur les relations Mairie de Paris, mairies d?arrondissement, et le renforcement du pouvoir de ces derniers, pourrait amorcer cette réflexion. Je vous remercie.

(M. Patrick BLOCHE, adjoint, remplace Mme la Maire de Paris au fauteuil de la présidence).

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président.- Merci, Daniel-Georges COURTOIS. La parole est maintenant à Mme Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET.- Merci.

Vous parlez de métropole polycentrique, mais, depuis 2001, dites-moi où vous avez porté l?ambition de réduire l?attractivité parisienne au profit d?autres villes ? Jamais. La métropolisation francilienne poursuit la concentration des moyens en son centre. En vérité, derrière des micro-coopérations entre communes, servant de vitrines, la métropolisation à l??uvre est celle de la financiarisation, de la spéculation immobilière, de la spécialisation de zones et de leurs corollaires, de la ségrégation sociale et spatiale, de la relégation des populations les moins aisées loin du centre et de l?allongement des distances domicile/travail sur la Métropole francilienne, de la saturation des transports, des problèmes de pollution et de l?artificialisation des sols au profit de l?hyperbétonisation. Et les J.O. de 2024 vont jouer le rôle d?accélérateur de cette financiarisation.

La Métropole, finalement, c?est le gros pactole, une poule aux ?ufs d?or pour les grands groupes du bâtiment et des travaux publics qui multiplient les projets de prestige, comme les investisseurs financiers. On pourrait les citer : tour Triangle, EuropaCity, Charles-de-Gaulle Express, Grand Paris Express, et j?en passe. On avance un montant de 38 milliards d?euros d?investissements. Mais quelle est leur répartition ? Pourquoi si peu de transparence ? Tous ces comités Théodule dont on finance les études qui restent dans les tiroirs, et qui, pour le coup, coûtent un pognon de dingue. Et quel contrôle citoyen ? Aucun. Illisible. Et c?est fait pour. Parce qu?en plus, avec la réforme constitutionnelle, il va falloir, de la part du Gouvernement, briser encore plus la souveraineté communale. La Métropole doit être pensée pour le bien-être, le confort de ses habitants, de toutes et tous. La Métropole n?est pas seulement une vision en 3d de la première agglomération de France. Hélas, avec vous, il n?y a aucune vision politique sur le long terme, mais des petits arrangements entre amis pour de gros projets et dégager des profits juteux au détriment des biens communs. On est sur une Métropole antisociale, anti-écologique et antidémocratique.

Je découvre que mon v?u sur le S.I.A.A.P. a été rattaché au projet de délibération. Une phrase : "Pour l?assainissement de l?eau, au vu des fortes incertitudes concernant les effets sur le milieu naturel, je souhaite mettre en garde sur le procédé d?injection d?acide en sortie de station d?épuration". Pas de précipitation, principe de précaution pour la plus grande sécurité écologique pour les cours d?eau et les baigneurs. Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président.- Merci, Danielle SIMONNET. Je donne la parole à M. David BELLIARD, s?il en est d?accord.

M. David BELLIARD.- Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, construire notre Métropole, c?était avant tout imaginer une histoire commune entre nos territoires. Nous soutenons cette nouvelle décentralisation et son renforcement politique, financier et démocratique, avec, d?ailleurs, un préalable : que les habitantes et les habitants du Grand Paris doivent pouvoir participer aux décisions et co-construire leur territoire. Mais aujourd?hui, la Métropole est quasiment inconnue des 7 millions d?habitants qui la composent. La démocratie est pourtant un enjeu de résilience majeur.

La Métropole devra adopter des pratiques qui permettent aux citoyennes et aux citoyens de s?impliquer. Je pense, évidemment, au suffrage universel direct - cela a été abordé - que nous souhaitons pour l?élection des conseillères et des conseillers métropolitains.

Les écologistes ont soutenu la création de l?échelon métropolitain, d?ailleurs pour une raison très simple : pour nous, il est impossible de répondre aux enjeux actuels sur tant de sujets comme le logement, la qualité de l?air ou encore les mobilités, sans une organisation à l?échelle métropolitaine. C?est plus que jamais le cas puisque, face au dérèglement climatique, il y a un chemin, celui d?un engagement ferme et d?une volonté politique collective pour la transition de la Métropole, qui se traduit non plus par la compétition entre les territoires, mais bien par la coopération entre eux.

Mes chers collègues, s?adapter au défi climatique, c?est sortir collectivement de cette illusion d?une croissance infinie. Les ressources sont limitées. Nous n?avons pas le choix : nous devons repenser l?aménagement du territoire et le rééquilibrer. Plusieurs de mes collègues ont largement évoqué cette question, qui est évidemment majeure. Arrêtons la spécialisation des territoires qui accroît les déplacements dits pendulaires et les pollutions. Préservons les espaces naturels et les terres agricoles de la Métropole. Nous avons besoin de ces îlots de fraîcheur. Mais il ne s?agit pas simplement du nombre de mètres carrés d?espaces verts ou de pleine terre, même si, vous le savez, nous défendons avec énergie ces précieux mètres carrés. L?aménagement est simplement un moyen, car au bout, à la fin, si nous continuons à aménager comme nous le faisons, c?est la dégradation des conditions climatiques comme jamais et l?aggravation des inégalités sociales.

Vous me permettrez de conclure sur ce point. Dans un territoire métropolitain déjà travaillé par de fortes disparités territoriales, les mesures classiques de solidarité entre territoires franciliens sont insuffisantes. On l?a vu lors du travail mené sur le P.M.H.H. : la Métropole concentre en son sein des inégalités sociales, environnementales et territoriales extrêmement violentes. Je suis désolé, il est très difficile de s?exprimer dans un brouhaha comme celui-là.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président.- Mais je vous en prie, Monsieur BELLIARD. Faites silence pour David BELLIARD, s?il vous plaît.

M. David BELLIARD.- Faites silence pour tous les orateurs.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président.- Mais bien sûr. En l?occurrence, c?est vous qui parlez, Monsieur BELLIARD.

M. David BELLIARD.- Je ne vous demande pas?

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président.- En l?occurrence, je fais référence à votre demande, qu?il s?agit d?honorer collectivement.

M. David BELLIARD.- Alors, honorons collectivement, et je vais terminer. Ce sera très court.

On l?a vu lors du travail mené sur le P.M.H.H. La Métropole concentre en son sein des inégalités sociales, environnementales et territoriales extrêmement violentes, notamment à cause de sa spécialisation. L?un des défis les plus importants est de faire territoire, construire des solidarités et les réconcilier. Pour cela, nous devons accroître l?effort de solidarité à travers la péréquation, bien sûr, le partage des richesses et le développement égalitaire sur l?ensemble de la Métropole, afin de faire de l?égalité des territoires une réalité. Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président.- Merci beaucoup, David BELLIARD. Je donne la parole à Mme Déborah PAWLIK.

Mme Déborah PAWLIK.- Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, l?émergence d?un véritable Grand Paris et son organisation constituent sans aucun doute le défi le plus important à relever pour notre territoire et pour le maire qui succédera très prochainement à Mme HIDALGO. Car, oui, et c?est désormais un constat partagé, nombre de problèmes qui se posent aujourd?hui dans notre Ville nécessitent de construire une réponse au-delà de la barrière du périphérique.

Je vois que mon introduction vous fait réagir.

La pollution ne connaît ainsi pas les frontières administratives, l?attractivité économique ne s?impulse plus seulement qu?entre les portes, et nous devons régler évidemment ces questions à l?échelle d?une Métropole digne de ce nom.

Votre communication a donc le mérite - on doit le dire - de remettre en perspective l?émergence de la question métropolitaine et de dresser le tableau des challenges qui se présentent à elle pour les années à venir. Mais à 10 mois d?une échéance aussi importante que les élections municipales, lorsque vous posez la question "Quelle Métropole pour demain ?", cette interrogation, évidemment, fait sourire. Car vous avez eu tout un mandat pour faire de Paris une s?ur aimante, bienveillante et active de la construction métropolitaine. Il ne s?agit donc pas, bien sûr, de rattraper le temps perdu, mais de dévoiler un nouveau pan de votre programme électoral.

Dans cet hémicycle - on doit le dire - nous en avons pris l?habitude, puisque cela fait des mois que nous écoutons la succession de vos communications, des communications qui n?ont, évidemment, que pour seul objectif d?ouvrir la voie à votre entrée en campagne. Etrange timing, donc, mais étrange appréhension aussi de la Métropole. Car cette communication, c?est un peu Paris, Paris, Paris. Pour un texte censé promouvoir le dialogue et la coopération avec les voisins, vous préférez, comme souvent, tirer toute la couverture à vous et rien qu?à vous. Mais, en la matière, ce n?est finalement pas incohérent avec votre manière de faire, Madame la Maire. Car si vous évoquez Paris dans ses coopérations bilatérales, multilatérales avec les autres communes, Paris dans la M.G.P., c?est pourtant un Paris isolé et autoritaire que vous avez parfois pratiqué ces dernières années.

Vous avez ainsi - il faut bien le dire - souvent privilégié l?effet d?annonce solitaire, le coup de "pub" un peu arbitraire, à la concertation avec les maires des communes avoisinantes. La fermeture sans discussion des voies sur berges en a, bien sûr, été un exemple, et votre gestion plus récente de la question des trottinettes en est un autre. Vous avez ainsi annoncé cette semaine que vous limiterez l?accès au territoire parisien à deux ou trois opérateurs de trottinettes. Mais, du coup, si le maire de Pantin en autorise quatre et le maire de Montreuil en autorise cinq, qu?est-ce que l?on fait ? On laisse les trottinettes de ces opérateurs aux portes de la Capitale ? C?est une question, encore une fois, qui aurait nécessité une communication avec les communes voisines.

D?ailleurs, vous dites dans votre texte que l?échelon régional n?est pas pertinent pour réguler le développement des mobilités douces. Alors, par pitié, impulsez, innovez et parlez à vos voisins métropolitains plutôt, encore une fois, que de privilégier les annonces dans votre coin !

Sur le fond, le chemin qu?il reste à parcourir pour la Métropole semble encore bien long et sinueux. Or, je ne retrouve pas dans votre communication, comme nombre de mes collègues, les réponses adaptées. Il y a pourtant deux défis majeurs qu?il va falloir relever rapidement. Le premier est, bien sûr, le défi institutionnel. Il faut désormais remplacer le millefeuille administratif actuel par de la lisibilité. Or, si chacun a sa place, certaines thématiques ne sont aujourd?hui pas traitées au bon niveau, tandis que le partage des responsabilités n?est pas toujours très clair. Je pense, par exemple, à la question du développement économique qui est une question majeure pour notre Métropole.

Il ne s?agit pas, comme vous le dites, d?arriver à un jardin à la française, mais, à tout le moins, de rendre un peu de clarté dans le découpage des compétences. Il faut aussi des synergies plus poussées et parfois ponctuelles sur certaines thématiques d?intervention, telles que le logement ou la question de la gestion des places en crèche. En un mot, nous avons besoin à la fois de plus de lisibilité mais aussi d?une approche plus pragmatique et flexible des préoccupations quotidiennes des Métropolitains.

Le second défi est bien évidemment citoyen, car, il faut le dire, la Métropole reste aujourd?hui totalement désincarnée aux yeux des habitants. Nous avons donc aussi besoin de projets extrêmement concrets pour la faire exister et, sur ce point, votre communication comporte quelques bonnes idées. Je pense, par exemple, au projet "Faire Paris" qui propose, pour effacer les frontières Paris/banlieue, d?inventer une signalétique métropolitaine en complément de celle déjà existante. Et en la matière, je dirais : pourquoi pas ? En tout cas, si l?on veut pouvoir bâtir des projets d?envergure à l?échelle du Grand Paris, il faut poser, par des projets pragmatiques, populaires, les premières pierres d?une conscience métropolitaine. Et c?est mieux encore lorsque lesdits projets réussissent. Il est d?ailleurs assez amusant de voir que, dans votre communication, vous mettez au titre des réussites métropolitaines l?extension de Vélib? à la petite couronne. C?est une conception bien à vous du succès quand on connaît la saga Vélib?. Pour conclure, certains disaient que la Métropole était mort-née. Elle a prouvé, par une coopération de projets, qu?elle avait évidemment tout son rôle à jouer sur notre territoire. S?il reste aujourd?hui à lui donner pleinement son envol, ce sera toutefois aux prochaines équipes en place, auxquelles les citoyens auront fait confiance, de l?aider à déployer ses ailes demain. Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président.- Merci, Déborah PAWLIK. La parole est à M. Geoffroy BOULARD.

M. Geoffroy BOULARD, maire du 17e arrondissement.- Monsieur le Maire, mes chers collègues, permettez-moi tout d?abord de saluer, à l?occasion de cette communication sur la Métropole du Grand Paris, l?engagement de Patrick OLLIER, son président, qui a su travailler avec tous les maires depuis la naissance de la Métropole et avec toutes les sensibilités politiques dans le cadre d?une gouvernance partagée particulièrement moderne. Peu croyaient à la Métropole. Elle a su s?imposer comme une entité à part entière dans le schéma institutionnel francilien. Avec la Métropole, nous disposons d?un formidable outil adapté à l?échelle des défis que nous devons relever : attractivité économique, lutte contre la pollution, logement. Une Métropole des maires qui inclut et lie les territoires entre eux. Une Métropole qui dispose aussi d?une administration de mission grâce à des recrutements exigeants.

Les projets de la Métropole du Grand Paris sont désormais bien incarnés, à l?occasion notamment des Jeux Olympiques, Paris 2024, et cette occasion pour la Métropole d?inscrire son action dans une trajectoire d?attractivité pour nos territoires. Concrètement, la Métropole ?uvre avec cette réalisation du centre aquatique à Saint-Denis, un équipement majeur qui profitera à tous, bien au-delà de l?organisation de la compétition sportive.

En matière d?attractivité économique, qui doit être envisagée à l?échelle métropolitaine, il faut rappeler le succès d?"Inventons la Métropole du Grand Paris", comme cela a été souligné par mon collègue Jean-Baptiste de FROMENT tout à l?heure. 54 sites, 7,2 milliards d?euros d?investissements privés financés qui permettront de construire du logement, 14.000, et d?accueillir 54.000 emplois. Il faut aussi saluer, en matière d?attractivité économique, le travail sur "Centres-villes vivants", qui a pour objectif de revitaliser les centres-villes d?un certain nombre de communes, de villes, de quartiers. Je veux saluer le rapprochement et le travail en cours avec la SEMAEST qui a une véritable expertise à Paris sur le sujet, qui permettra d?avoir un outil à l?échelle métropolitaine en matière de développement de l?économie de proximité, très importante, avec l?enjeu d?Amazon et des GAFA qui s?emparent progressivement du foncier des centres-villes. En matière d?agenda post-Brexit, la Métropole travaille également de concert avec la Ville de Paris, Business France, la Région Ile-de-France et la Chambre de commerce pour la création et surtout le suivi d?un guichet unique "Choose Paris Region". Ce sont 4.000 postes qui ont été relocalisés depuis sa création. La Métropole, en matière d?attractivité, participe au financement d?initiatives pour promouvoir la place de Paris, notamment à travers Europlace. Il faut souligner, en matière de solidarité et de rééquilibrage territorial, l?effectivité du fonds d?investissement métropolitain, qui est tout de même doté de 50 millions d?euros par an et a bénéficié à plus de 111 communes et 8 établissements publics territoriaux. Voilà ce que je voulais signifier, compléter. La Métropole est évidemment un enjeu très important, la solidarité entre les maires, la vision stratégique sur le territoire, avec une administration qui est concentrée sur les missions qui lui incombent de par la loi. Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président.- Merci, Geoffroy BOULARD. Merci, Monsieur le Maire. La parole est à Mme Catherine BARATTI-ELBAZ. A vous, Madame la Maire.

Mme Catherine BARATTI-ELBAZ, maire du 12e arrondissement.- Mes chers collègues, merci.

Comme maire du 12e arrondissement, mon intervention s?inscrit plus particulièrement dans le cadre du projet de délibération SG 15 qui illustre notre volonté d?être moteur dans la construction métropolitaine, ici, avec les communes et le Département du Val-de-Marne. Ces conventions s?ajoutent aux espaces de travail initiés dès 2014 par la Ville de Paris et la mairie du 12e arrondissement dans le cadre du comité du bois de Vincennes.

Ce projet de délibération souligne notre engagement constant pour co-construire avec nos voisins un Grand Paris durable et bienveillant qui n?exclut personne et aucun sujet. Depuis 2014, avec Pénélope KOMITÈS et Christophe NAJDOVSKI, nous avons travaillé à mieux associer - ou associer tout court, d?ailleurs, puisque cela a été assez peu fait avant - nos voisins à l?aménagement du bois de Vincennes. Végétalisation de l?esplanade Saint-Louis, création de la rivière des Minimes, création de nouveaux itinéraires cyclables, mobilisation pour l?obtention de nouvelles lignes de bus. Nous avons ouvert des espaces de discussion et porté souvent ensemble de beaux projets pour mieux protéger cet espace boisé classé, si important pour les populations de l?Est du Grand Paris.

Pour la première fois, cette année, le territoire cofinancera avec nous les maraudes d?Emmaüs Solidarité qui vont tous les jours à la rencontre des sans-abri du bois de Vincennes. C?est pour moi une grande fierté de voir se concrétiser notre préoccupation commune pour lutter ensemble contre la grande exclusion. Le premier arrêt du P.M.H.H. par la Métropole du Grand Paris est d?ailleurs assez ambitieux sur ce sujet, à défaut de l?être sur beaucoup d?autres.

Alors qu?une étude de l?Institut d?aménagement et d?urbanisme de la Région d?Ile-de-France met en exergue les fractures de plus en plus saillantes au c?ur de la zone dense, il nous appartient de multiplier ces passerelles avec nos voisins pour que nous puissions ensemble répondre aux enjeux communs et fondamentaux qui amélioreront profondément la vie des grands Parisiens, qui, pour une majorité, souhaitent quitter notre territoire pour améliorer leurs conditions de vie.

Ce sont ces sujets que nous portons quotidiennement pour les positionner au c?ur de la construction métropolitaine de manière pragmatique, comme tous les collègues maires, ici présents, ou élus de ces territoires. Il nous faut ainsi poursuivre la création des coutures urbaines au niveau de nos portes, les faire évoluer vers de nouvelles places plus agréables. Nous nous y employons à la porte de Vincennes depuis de nombreuses années. La zone urbaine mitoyenne entre le quartier de Bercy et la ville de Charenton est un territoire de projets métropolitains. Comme notre collègue maire de Charenton, et avec le soutien de la M.G.P. qui a inclus ce territoire dans l?appel à projets "Inventons la Métropole du Grand Paris", nous faisons le constat que ces friches ferroviaires doivent évoluer.

Certains, conservateurs ou pas, amoureux des espaces vides inaccessibles, véritables îlots de chaleur pourtant, voudraient les protéger et prônent le statu quo. Pourtant, ces espaces industriels et routiers constituent aujourd?hui de vraies ruptures urbaines infranchissables pour nos habitants. Partageant ce même constat, Paris et Charenton ont construit des projets urbains majeurs qui doivent être menés de manière coordonnée. C?est ce que propose l?un des projets de délibération rattachés à cette communication. Je m?en félicite afin que nos projets s?accordent mieux et que nous avancions, par exemple, sur le partage d?équipements publics. On a évoqué un collège, une piscine. C?est inédit à ce jour. Nous portons de manière innovante ces mutualisations.

Ces projets d?aménagement doivent également concourir ensemble au rééquilibrage est-ouest, qui reste un déséquilibre majeur du Grand Paris. Ils feront, je n?en doute pas, l?objet de nombreux débats, comme nous le faisons à Paris depuis plus de 10 ans. Nous avons érigé comme le premier des défis le nécessaire rééquilibrage territorial est-ouest, qu?il s?agisse du développement économique ou du logement mixte. Par notre engagement dans la gouvernance partagée de la Métropole du Grand Paris, nous avons contribué pleinement à faire adhérer une majorité de communes à l?instauration d?une zone à faibles émissions dans le périmètre de l?A86.

Là encore, cette avancée historique, qui révèle l?avant-gardisme de la politique parisienne, se heurte encore à certaines contradictions. Ainsi, certaines communes qui mettront pourtant en place dès le mois prochain la Z.F.E. sur leur territoire, et qui ont piétonnisé leur centre-ville, persistent à contester - de plus en plus mollement, il faut le dire - la piétonisation des berges de Seine, pourtant pleinement intégrées dans le paysage de la Capitale, dans les habitudes des Parisiens et de tous les amoureux de Paris.

Cette communication illustre donc une construction métropolitaine concrète et nécessaire, dont nous nous saisissons d?ores et déjà, loin des incantations électoralistes parfois hasardeuses, souvent opportunistes. Nous faisons donc vivre, au-delà de nos étiquettes politiques, cette Métropole du quotidien, dans une logique de dialogue et de coopération entre Paris et sa banlieue.

Ainsi, je suis fière des relations bilatérales que nous avons su créer par-delà le bois de Vincennes avec nos collègues maires et le Département du Val-de-Marne. Au-delà de nos divergences, nous avons su faire preuve de solidarité en accueillant, par exemple, sur le territoire parisien, le collège provisoire de Vincennes. Par-delà l?institution métropolitaine, depuis de nombreuses années, Paris et le Val-de-Marne gèrent ensemble et en bonne intelligence les deux parcs interdépartementaux du Tremblay et de Choisy, de grands espaces verts et de sport pour tous auxquels nous sommes toutes et tous très attachés. Ils sont importants pour les Parisiens comme pour les Val-de-Marnais. La parole de Paris compte dans le Grand Paris. Elle doit continuer à formuler des propositions et avancer. C?est le rôle de la ville centre, et nous continuerons d?y participer.

Je vous remercie.

(Mme la Maire de Paris reprend place au fauteuil de la présidence).

Mme LA MAIRE DE PARIS.- Merci beaucoup, Madame BARATTI-ELBAZ.

La parole est à M. BERTHAULT, pour le groupe "100% Paris".

M. Jean-Didier BERTHAULT.- Comme mon collège Daniel-Georges COURTOIS, vice-président de la Métropole, je souhaite également, comme conseiller métropolitain, et au nom de mes collègues du groupe "100% Paris", me réjouir de l?opportunité de ce débat, même si le contenu de cette communication est décevant.

C?est l?occasion de rappeler tout le travail réalisé non seulement par celles et ceux qui ont préfiguré cet échelon institutionnel, mais aussi démontrer que la consécration de cette Métropole du Grand Paris au 1er janvier 2016, a prouvé, malgré toutes les critiques de quelques esprits chagrins cherchant probablement à préserver leur sphère d?influence, que nous étions au bon niveau de décision et de coordination pour les grands projets structurants de Paris et de ses communes limitrophes.

Oui, Madame la Maire, nous devons oser le dire et valoriser notre bilan commun : la M.G.P. est déjà, après seulement un peu plus de trois ans d?existence, porteuse de nombreuses avancées concrètes au service de nos collectivités territoriales. Nous partageons, sur ce point, la volonté de faire de Paris le moteur de cette Métropole des maires.

Parmi tous les enjeux évoqués dans cette communication, je souhaiterais aborder plus précisément les actions menées dans le domaine environnemental. Tout d?abord, le soutien aux communes et aux E.P.T. à travers le fonds d?investissement métropolitain doté d?environ 50 millions d?euros par an. L?essentiel des projets, en partie financés par le fonds, porte sur la protection de l?environnement à travers l?aide à la rénovation thermique des bâtiments, et notamment pour Paris, grâce au travail qu?il convient de saluer réalisé par l?Agence Parisienne du Climat présidée par notre collègue Yves CONTASSOT, ou encore l?acquisition de véhicules propres.

Je souhaite rappeler, pour commencer, le travail considérable réalisé par les élus métropolitains impliqués dans l?élaboration du "Plan Climat Air Energie", adopté en septembre dernier à l?unanimité, mais qui n?est pas valorisé dans sa globalité dans cette communication. Comment penser atteindre notre objectif de neutralité carbone en 2050 sans lui donner une dimension métropolitaine ? C?est tout l?enjeu de la création de la zone à faibles émissions dès le 1er juillet prochain, que je soutiens sans réserves et qui me permet de saluer le courage politique du président OLLIER sur ce sujet.

En parallèle, nous devons amplifier la transition énergétique sur l?ensemble de notre territoire, accélérer les programmes d?économie d?énergie, mais aussi de production d?énergie renouvelable. Vous citez en exemple un projet de centrale photovoltaïque sur le toit d?une usine d?Eau de Paris à l?Haÿ-les-Roses. Vous auriez pu également mettre en avant la coopération exemplaire entre les grands syndicats et le projet innovant de co-méthanisation SIAAP/Syctom qui verra la production inédite d?énergie renouvelable à partir de déchets organiques et de boues d?épuration.

Une fois de plus, je rappelle ici, comme je l?avais déjà fait lors de notre débat sur la contribution de la Ville de Paris au SCoT, le rôle essentiel de nos grands syndicats qui étaient déjà les précurseurs d?une Métropole des projets organisée autour de la gestion de l?énergie, des déchets de l?eau potable ou de la dépollution des eaux usées.

Je voudrais illustrer ces propos en soutenant plusieurs initiatives développées dans cette communication, notamment la politique de prévention des inondations, concrétisée par la convention de coopération entre la Ville et Seine Grands Lacs. À noter déjà, l?engagement politique et financier très fort : 35 millions d?euros de la Métropole pour que le projet de casier pilote de la Bassée se concrétise enfin.

Autre projet de délibération rattaché à cette communication : la convention quadripartite de fourniture d?eau potable de secours entre la Ville de Paris, "Eau de Paris" et le S.E.D.I.F. C?est l?illustration concrète de ce que certains d?entre nous réclament depuis de nombreuses années, c?est-à-dire une réflexion approfondie sur la métropolisation de la production d?eau potable. Je suis ravi de constater, malgré tous les avis négatifs entendus sur ce sujet au sein de cet hémicycle, que le réalisme vous a rattrapés et que, désormais, le sujet n?est plus tabou.

Enfin, je souligne l?importance du protocole d?engagement visant l?amélioration de la qualité de la Seine et de la Marne en vue de l?ouverture de baignades pérennes dans la Métropole, et bien évidemment, des épreuves de triathlon et de nage libre lors des Jeux olympiques et paralympiques de 2024. Je souhaite que ce soit un accélérateur significatif du comité de pilotage de la qualité de l?eau et de la baignade en Marne et Seine, déjà constitué autour des quatre axes rappelés dans le projet de délibération.

Si nous ne pouvons pas douter de la volonté de l?ensemble des acteurs de réussir ce challenge, je m?interroge sur le calendrier et sur la nécessité absolue d?accélérer les décisions concrètes afin de permettre aux opérateurs une réalisation au meilleur coût. J?insiste, d?ailleurs, sur cet aspect essentiel du financement de ces réalisations qui seront portées par les collectivités ou les grands syndicats, comme le S.I.A.A.P., et qui vont fortement peser sur les équilibres budgétaires. Encore beaucoup de flou sur un chiffrage précis et sur un plan de financement.

Dernier point en forme de regret et d?interrogation sur cette communication. Comment consacrer 15 pages à cet échelon indispensable qu?est devenue la Métropole sans y évoquer la composante internationale ? Sur de nombreux sujets évoqués, notamment en matière de transport, d?urbanisme et d?environnement, le parangonnage entre grandes métropoles est devenu un élément clef et incontournable du temps précieux que nous devons gagner pour relever les défis de l?adaptation climatique. La diplomatie des villes, mais aussi la coopération des mégapoles sur ces thématiques, est désormais au c?ur d?un processus international au sein duquel notre Métropole doit prendre toute sa place. Je me réjouis, d?ailleurs, à titre d?exemple, d?avoir permis à la Métropole d?adhérer à l?alliance des mégapoles pour l?eau et le climat, initiative pilotée par l?Unesco et inscrite dans la COP. Je souhaite savoir de votre part les raisons de l?absence totale de références internationales dans cette communication, alors que votre présidence du C40 et votre première vice-présidence de la Métropole, en charge notamment de l?international, devraient vous inciter à en faire l?un des piliers. Pour conclure, je voudrais souligner qu?au-delà des divergences politiques des élus parisiens qui siègent à la Métropole, nous pouvons nous féliciter collectivement de notre apport à la construction et à la pérennité du projet métropolitain. Chacun y apporte sa sensibilité, sa vision, mais nous nous sommes tous inscrits dans une dynamique commune au service de réalisations concrètes. C?est l?esprit de ce qui doit animer cette Métropole si nous voulons la pérenniser.

Mme LA MAIRE DE PARIS.- Merci, Monsieur BERTHAULT. Monsieur DUCLOUX, pour le groupe Socialiste et Apparentés.

M. Philippe DUCLOUX.- Madame la Maire, mes chers collègues, cela a été dit, cette communication est la bienvenue puisque la construction métropolitaine est indispensable pour répondre aux grands défis qui sont devant nous, mais aussi parce que, depuis 2001, nous avons fait de cet horizon une constituante de notre façon de voir et de faire la politique à Paris. Nos concitoyennes et nos concitoyens ne veulent pas savoir dans quel département ils se trouvent. Dans leur quotidien, ils veulent que la piste cyclable ne se termine pas au milieu de leur trajet. Ils veulent continuer à vivre et à travailler dans l?une des agglomérations les plus attractives d?Europe. Ils veulent bien vivre dans une Métropole plus végétale, au contact de la biodiversité, et être capables de faire face au changement climatique.

C?est pourquoi, depuis 2001, la gauche parisienne, derrière Bertrand DELANOË puis derrière vous, Madame la Maire, choisit d?avancer pragmatiquement et avec beaucoup d?audace. Cela a été rappelé par mes collègues Rémi FÉRAUD et Catherine BARATTI-ELBAZ : la méthode qui est la nôtre depuis le début de l?aventure métropolitaine nous a permis d?aboutir à des résultats. Aujourd?hui, la Métropole est un territoire et une institution. Pour ses habitants et ses habitantes, c?est devenu une réalité au quotidien. L?intégration métropolitaine permet de répondre à leur façon de vivre la ville et la zone dense de l?agglomération parisienne, et d?anticiper les besoins. Sujets sur lesquels je travaille régulièrement en tant que président de la Fédération des entreprises locales d?Ile-de-France, grâce aux 156 entreprises publiques et semi-publiques d?Ile-de-France.

Paris est une ville en partage, centrale et accueillante. On y travaille, on y étudie. On sait s?y cultiver. On manifeste. On y fait des achats ou simplement on vient flâner et profiter de sa beauté. Depuis 2001, Paris n?oublie personne. Cela a été dit. Nous ne faisons pas la distinction entre les usagers de nos équipements, comme les bibliothèques ou les musées.

Dans l?espace également - j?y reviens - Paris fait beaucoup pour s?ouvrir à la Métropole. Le périphérique - nous y reviendrons tout à l?heure - sur lequel cette Mission d?Information et d?Evaluation a beaucoup réfléchi, mais aussi les canaux, les bois - cela a été rappelé par Catherine BARATTI-ELBAZ - autant de frontières que nous voulons transformer en interface et au service de la continuité des usages et des circulations.

L?action de notre majorité, lorsqu?elle était en responsabilité à la Région Ile-de-France, a grandement appuyé notre stratégie métropolitaine. Je m?en souviens, entre 2004 et 2010 notamment. La fin du zonage du "pass" Navigo a ainsi été essentielle à la rencontre entre métropolitaines et métropolitains, et à l?émergence d?une citoyenneté Grande Parisienne. Les nouvelles signalétiques métropolitaines, le projet "Faire Paris", les randonnées urbaines, les parcours sportifs métropolitains ou des événements comme la transhumance du Grand Paris, sont soutenus par la Ville et permettent, j?en suis sûr, de faire vivre la Métropole dans tous les faits. Malgré des charges de centralité qui sont très élevées, puisqu?elles sont estimées à 700 millions d?euros par an, Paris sait qu?elle gagne à s?ouvrir et à construire une ville plus grande que ses limites de 1860.

Paris assume son rôle de ville centre et va même plus loin grâce à vous, Madame la Maire, en étant solidaire financièrement et en jouant un rôle moteur dans la coopération métropolitaine. La Ville contribue fortement à la solidarité financière métropolitaine, en premier lieu, par une contribution significative et croissante au dispositif de péréquation. La Ville a ainsi versé aux autres collectivités franciliennes 209 millions d?euros en 2018, et chaque année, elle alimente à elle seule 55 % du fonds de solidarité des communes de la Région Ile-de-France. En second lieu, elle contribue de façon importante au fonctionnement des services par nature métropolitains. C?est le cas en particulier des transports, avec 390 millions d?euros versés à Ile-de-France Mobilités en 2018, soit bien plus que les contributions cumulées des autres départements franciliens. Le renforcement de cette solidarité locale ces dernières années est un élément fondamental du rééquilibrage territorial. C?est pourquoi, dans cet esprit, la Ville participera au fonds de solidarité interdépartemental pour l?investissement à travers une convention de coopération entre la Ville et le fonds. Enfin, je ne reviendrai pas sur les opérateurs de la Ville qui ont été métropolisés. Puis, cela a déjà été dit, mais je constate combien, dans un contexte qui n?a jamais été facile, la stratégie de la Ville est constante et ambitieuse depuis 2001. Permettre une Métropole des projets au service de ses habitants et de ses habitantes, et je tiens à citer la?

Mme LA MAIRE DE PARIS.- Chers collègues, je vous demande d?écouter.

M. Philippe DUCLOUX.- Merci, Madame la Maire.

Mme LA MAIRE DE PARIS.- Merci. Veuillez poursuivre.

M. Philippe DUCLOUX.- Merci beaucoup.

Je tiens, à ce moment de mon propos, à citer la SEMAEST, que j?ai présidée, que Joëlle préside également, qui a été un exemple moteur de cette métropolisation dont je parlais tout à l?heure.

L?adoption prochaine du schéma de cohérence territorial métropolitain, le SCoT, est indispensable au développement harmonieux du territoire et à l?amélioration de la qualité de vie des Grandes Parisiennes et des Grands Parisiens. Paris et la Métropole du Grand Paris doivent rester des territoires attractifs, à la pointe, mais qui savent laisser place au bon vivre et à une coopération avec la nature, au sein desquels on peut circuler de manière douce et plus respectueuse de l?environnement. En matière de mobilité, l?organisation que nous connaissons aujourd?hui n?est pas en phase avec les besoins que nous connaissons, et tout cela doit évoluer en profondeur. La Métropole du Grand Paris et ses communes ne disposent pas, en effet, de la compétence en matière de transports en commun, alors que ceux-ci sont des leviers essentiels pour mener à bien les projets urbains et la transition écologique. Le v?u que le groupe Socialiste et Apparentés a déposé sur le Grand Paris Express, rappelle justement les difficultés que connaissent les collectivités concernées à décider de l?avenir direct de leur territoire. Je remercie Rémi FÉRAUD de l?avoir déposé. Paris doit rester à l?avant-garde et se montrer solidaire et attentive aux projets des transports en petite et grande couronne, car l?avenir des autres territoires du Grand Paris est l?avenir de Paris. Mes chers collègues, j?espère que vous serez nombreuses et nombreux à voter ce v?u, car le Conseil de Paris doit se prononcer de manière forte et claire sur cette question fondamentale. Madame la Maire, mes chers collègues, merci encore de nous avoir permis de revenir sur les affaires métropolitaines. Le Grand Paris, c?est notre avenir. Avec Bertrand DELANOË, Pierre MANSAT, Jean-Louis MISSIKA et vous-même, Madame la Maire, Paris a été pionnière. Avec ce texte, nous le comprenons, Paris a une vision pour la Métropole, notamment dans la perspective des Jeux olympiques de 2024. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS.- Merci beaucoup à vous, cher Philippe DUCLOUX. Vous étiez le dernier orateur de ce débat.

Souhaits de bienvenue.