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Juin 2019
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Conseil Municipal
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Voeu déposé par le groupe PCF-FG relatif à la ligne ferroviaire MIN de Rungis-Perpignan. Voeu déposé par le groupe "Génération.s" relatif au maintien de la ligne "train des primeurs" Perpignan-Rungis. Voeu déposé par l'Exécutif.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2019


 

M. Paul SIMONDON, adjoint, président.- Nous passons à l?examen de trois v?ux non rattachés et d?un v?u bis de l?Exécutif qui concernent la ligne ferroviaire Perpignan-Rungis.

La parole est à Fatoumata KONÉ pour le v?u n° 63 du groupe Ecologiste de Paris.

Mme Fatoumata KONÉ.- Merci.

Nous avons été récemment scandalisés de la décision de la S.N.C.F. de supprimer le train de fret Perpignan-Rungis. Au-delà de l?enjeu économique, ce sujet porte un vrai enjeu environnemental. Ce train transportant plus de 400.000 tonnes de fruits et de légumes vers le marché international de Rungis, sa suppression rajouterait 250 poids lourds supplémentaires sur les routes, soit 25.000 camions par an.

On sait que le transport est l?un des secteurs dont les émissions de CO2 continuent d?augmenter depuis 2015, ce qui n?est pas compatible avec nos impératifs écologiques de réduction des pollutions de l?air, et que le fret ferroviaire est l?une des solutions à favoriser, afin de limiter le transport routier, ce qui est autant une nécessité écologique que sanitaire.

Je tiens à rappeler que, par exemple, les états généraux de l?alimentation de 2017 affichaient des volontés de promouvoir les choix de consommation privilégiant une alimentation saine, sûre et durable, que le plan d?alimentation durable de Paris 2015-2020, voté en Conseil de Paris de juillet 2015, vise entre autres à réduire l?empreinte carbone des plats servis dans la restauration collective de la Ville, en réduisant les livraisons ou encore le coût carbone des denrées cuisinées servies à Paris dans les structures publiques et privées. La suppression de ce train de fret est donc en contradiction avec toutes les politiques environnementales en matière de transports et d?alimentation durable.

Ainsi, malgré les récentes annonces du Gouvernement, il nous a semblé essentiel d?alerter cette Assemblée sur l?avenir de cette ligne ferroviaire, en demandant que la Ville de Paris se prononce unanimement en faveur du maintien de l?approvisionnement par le rail du marché de Rungis, et entre autres que la Ville de Paris propose une concertation aux entités publiques concernées, donc Etat, communes, Métropole du Grand Paris, S.N.C.F., Ile-de-France Mobilités, portant sur une optimisation et une amélioration des flux de fret commerciaux, mais aussi des mobilités du quotidien en vue d?encourager une desserte durable de Rungis. Merci.

M. Paul SIMONDON, adjoint, président.- Merci.

Pour le v?u n° 64 du groupe Communiste - Front de Gauche, M. Nicolas BONNET-OULALDJ.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ.- Ce v?u est aussi dans la poursuite d?une mobilisation. Plusieurs élus locaux, notamment les élus communistes du Val-de-Marne et d?autres groupes politiques de formation de gauche se sont déplacés sur place et se sont mobilisés pour faire entendre une voix au Gouvernement et à la S.N.C.F. pour maintenir cette ligne ferroviaire. D?ailleurs abandonner cette ligne ferroviaire est à la fois un non-sens écologique et économique.

Évidemment, comme cela a été dit par Fatoumata KONÉ, c?est un report d?un transport de marchandises vers la route qui est proposé. C?est aussi un risque d?accroître la dépendance alimentaire à Paris. Aujourd?hui, un aliment fait en moyenne 650 kilomètres pour arriver à Paris et la fin de la livraison ferroviaire menace les producteurs locaux. Par ricochet, c?est l?emploi sur le marché Saint-Charles qui est menacé.

Enfin, c?est un non-sens économique parce qu?il s?avère que le transport ferroviaire des marchandises est moins coûteux que le transport routier : un seul wagon de fret sur un trajet Perpignan-Rungis coûte en moyenne 400 euros de moins qu?un trajet en camion. C?est encore une fois la preuve que c?est la route qui gagne dans le rapport de force au mépris des impératifs environnementaux.

La décision d?arrêter cette ligne ferroviaire intervient suite à l?expiration des contrats commerciaux liant le fret S.N.C.F. aux deux transporteurs opérants sur les trajets de train, REY et ROCA. Or, ces transporteurs sont aujourd?hui détenus en partie par des entreprises de transports routiers.

Alors, je ne rappellerai pas les nombreuses oppositions. Je souhaite que nous arrivions ici avec plusieurs v?ux de différents groupes à un v?u commun qui puisse rassembler la majorité, voire l?unanimité des groupes du Conseil de Paris. Je vous remercie.

M. Paul SIMONDON, adjoint, président.- Merci.

Pour le v?u n° 65 du groupe EGCP, Mme Carine PETIT.

Mme Carine PETIT, maire du 14e arrondissement.- Chers collègues, dans la continuité de ce que viennent de dire Fatoumata KONÉ et Nicolas BONNET-OULALDJ, notre groupe porte vraiment la nécessité qu?il faut que notre Conseil s?exprime sur ce projet de supprimer la ligne de fret ferroviaire Perpignan-Rungis.

Je voudrais dire que cette décision, ce revirement de situation dans le mode d?acheminement des fruits et des légumes qui dessert le marché international de Rungis, donc Paris, rentre bien évidemment dans le cadre du plan de l?alimentation durable, que Fatoumata KONÉ a rappelé, mais aussi dans un schéma métropolitain d?aménagement. Il faut que Paris s?exprime. Cela concerne Paris, cela concerne notre Conseil sur la manière dont les légumes, les fruits, bref le marché de Rungis est approvisionné.

Je voudrais dire aussi que ce revirement de situation est dû à une déréglementation du rail continue depuis plusieurs dizaines d?années et il place les opérateurs du fret dans des logiques de concurrence ou de vision à très court terme.

Donc, nous entendons nous exprimer collectivement sur cette situation et partager cette mobilisation auprès des élus et auprès des Parisiens. Il faut rappeler que le Conseil général du Val-de-Marne a dépensé plus de 19 millions d?euros, il y a seulement quelques années, pour remettre la gare de fret aux normes.

Nous espérons donc et souhaitons que notre Conseil s?exprime, participe à la mobilisation et également à l?interpellation des ministères concernés qui peuvent faire en sorte que cette décision absurde ne soit pas prise. Merci.

M. Paul SIMONDON, adjoint, président.- Je vous remercie.

Pour répondre à ces trois v?ux et présenter le v?u n° 65 bis de l?Exécutif, Mme Aurélie SOLANS.

Mme Aurélie SOLANS.- Merci aux élus des groupes Génération.s, PC et GEP. Mme Fatoumata KONÉ, M. Nicolas BONNET-OULALDJ et Mme Carine PETIT, merci pour ces trois v?ux qui dénoncent à l?unisson le risque de perdre la dernière ligne de fret ferroviaire de fruits et légumes de Rungis.

Cette situation, que vous avez bien décrite, paraît ubuesque. Comment à l?heure actuelle il peut être question de supprimer une ligne de fret ferroviaire alimentant toute la région parisienne et ce, au profit de solutions évidemment beaucoup plus émettrices de gaz à effet de serre, en l?occurrence le fret routier, qui plus est avec son lot de nuisances, de pollution de l?air et vous l?avez dit aussi de coûts économiques ?

Le Gouvernement, parce qu?il faut mobiliser 20 millions d?euros pour rénover les wagons réfrigérés de transport, a laissé la situation aboutir à l?impasse dans laquelle nous sommes actuellement : à la fin de l?année 2019, la ligne de fret pourrait cesser de fonctionner, le temps qu?une solution ait pu être dégagée au mieux à l?horizon 2022.

La Ville de Paris, tout comme d?autres collectivités territoriales concernées au premier chef, tel le Val-de-Marne, est effectivement préoccupée par l?absence d?information et de concertation sur ce dossier, et par le risque d?une telle perte.

Je rappelle que le Plan Climat Air Energie territorial de Paris pointe justement la part significative de l?alimentation dans l?empreinte carbone de Paris : 4,8 millions de tonnes de CO2 annuelles, une grande part étant liée au transport des denrées.

Je rappelle la stratégie pour une alimentation durable de Paris qui constitue une feuille de route très claire : diminuer de 40 % l?empreinte carbone de notre alimentation, en favorisant bien sûr une relocalisation de notre alimentation et en travaillant à une logistique la moins polluante possible, bas carbone et qui tisse des liens vertueux avec les territoires agricoles. Le marché de Rungis est essentiel à l?alimentation des Parisiennes et des Parisiens avec 40 % des denrées qui transitent qui sont destinées à la Capitale.

Donc, oui, nous sommes bien d?accord avec vos attendus en faveur d?un maintien de la ligne Perpignan-Rungis et au-delà pour réclamer de façon plus globale une relance du fret ferroviaire. J?ai d?ailleurs eu l?occasion de débattre en réunion de bilan de la Feuille de route pour la qualité de l?air en Ile-de-France, où la Préfecture, la Région et les collectivités présentes étaient unanimement contre un tel abandon, alors que l?urgence est à la reconquête d?un air respectant les normes sanitaires.

Aussi, je vous remercie d?avoir porté ce sujet qui est essentiel au débat de ce Conseil et je vous propose un v?u de l?Exécutif qui synthétise et rassemble, je crois et je l?espère, les attendus de chacun de vos trois v?ux. Je vous remercie.

M. Paul SIMONDON, adjoint, président.- Merci beaucoup.

Le v?u n° 63 du groupe Ecologiste de Paris est-il retiré ?

Il est retiré.

Le v?u n° 64 du groupe Communiste - Front de Gauche est-il retiré ?

Il est retiré.

Et le v?u n° 65 du groupe "Génération.s" ?

Il est retiré également.

Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 65 bis de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est adopté. (2019, V. 224).

2019 DDCT 73 - DASES - Subventions (219.759 euros) à 19 associations situées en quartiers populaires.