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Juin 2019
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Conseil Municipal
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X - Question d’actualité posée par le groupe "100% Paris" à Mme la Maire de Paris relative à la gouvernance de l’Hôtel de Ville.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2019


 

Mme LA MAIRE DE PARIS.- Nous avons une dixième question.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL, président du nouveau groupe "100% Paris".

M. Pierre-Yves BOURNAZEL.- Merci, Madame la Maire de Paris.

Vous êtes en responsabilité depuis plus de dix-huit ans à l?Hôtel de Ville, dont cinq ans et demi en tant que Maire de Paris. En cette fin de mandat, je voudrais vous interroger sur votre gouvernance car elle structure l?exercice de l?action publique. Aussi permettez-moi, Madame la Maire, de revenir sur certaines de vos décisions prises depuis 2014.

Tout d?abord le travail le dimanche. En 2015, vous étiez farouchement opposée à ce dispositif et vous mettiez même tout en ?uvre pour détricoter la loi Macron. En novembre 2016 pourtant, vous finissiez face à l?évidence par vous résoudre à porter au maximum le nombre d?ouvertures du dimanche autorisées par la loi.

Deuxième sujet : gratuité dans les transports en commun. En mars 2018, en plein fiasco Vélib?, vous communiquiez sur votre intuition selon laquelle, je vous cite, "la gratuité serait le bon moyen de faire reculer la voiture individuelle". Pourtant, en janvier 2019, marche arrière toute, vous déclariez que celle-ci ne pouvait être l?alpha et l?omega d?une politique de transport. Comprenne qui pourra !

Troisième sujet : Autolib?. En janvier 2017, dans une émission de radio, vous affirmiez que c?est un service performant qui marche, un système parfaitement financé, un système qui n?est pas en déficit. En juin 2018, la même Maire de Paris, Mme HIDALGO, vous-même, vous faisiez le choix de détruire cette innovation portée par Bertrand DELANOË et appréciée de 150.000 abonnés.

La police municipale ensuite. En mai 2013, dans un débat que nous avions eu sur BFMTV, j?évoquais avec vous les problèmes de sécurité de Château Rouge et du nord-est de Paris. Vous m?aviez répondu avec une certaine désinvolture : ce n?est pas ce que disent les habitants par rapport à la police municipale, votre proposition, Monsieur BOURNAZEL. Je vous faisais la proposition d?une police municipale 24 heures sur 24, à pied et à vélo, et vous l?avez alors balayée. Même lors de la loi sur le statut de Paris, vous étiez à l?initiative en 2017 pour refuser cette idée. Quelques mois plus tard, quel hasard, vous avez opéré un revirement spectaculaire : sans consulter votre majorité, sans consulter les Parisiens, vous étiez pour la police municipale.

Alors on arrive à aujourd?hui avec la bétonisation du stade Ménilmontant. Cette hérésie écologique que vous avez portée est le dernier épisode, et probablement le plus emblématique, d?une gouvernance qui échappe à toute logique sinon électoraliste.

Au fond, cela pose la question, Madame, de savoir qui est la vraie Anne HIDALGO. Est-ce la Maire qui s?obstine à vouloir bétonner Paris et un espace de respiration apprécié des habitants ou la candidate qui promet exactement l?inverse ?

Madame la Maire de Paris?

Si je peux finir calmement ma question ?

Quels sont les prochains revirements que vous nous proposez ? Dans l?intérêt général, je vous en propose quelques-uns : renoncez à la tour Triangle, renoncez au projet de densification de la Z.A.C. "Bercy-Charenton" et remettez en régime municipal la cantine du 18e. Qu?en pensez-vous, Madame la Maire ?

Mme LA MAIRE DE PARIS.- Emmanuel GRÉGOIRE pour vous répondre.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint.- Merci beaucoup, Madame la Maire.

Merci, Monsieur le député les Républicains? Pardon, député Agir. Ou député "100% Paris", je ne sais plus?

Vous nous interrogez sur la gouvernance de Paris, je n?aurais pas la cruauté de vous interroger sur la gouvernance de vous-même. Mais si vous entendez nous faire des procès sur des changements d?avis, un simple rappel de vos relations politiques avec vos amis, et par ailleurs ceux qui vous ont aidés à être élu, serait extrêmement cruel.

Vous n?avez pas compris, mais on aura l?occasion de revenir sur vos engagements?

Mme LA MAIRE DE PARIS.- Attendez ! On a écouté très tranquillement M. BOURNAZEL. Sa question était importante et, avec respect, nous l?avons écouté. Donc maintenant vous écoutez la réponse avec autant de respect.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint.- Avec beaucoup de respect.

Simplement vous avez fait le choix dans votre question d?être le chroniqueur de l?action municipale. C?est un rôle qui vous va bien et qui nous permet de rappeler un certain nombre de thématiques sur lesquelles il y a eu des évolutions, parce que gouverner une ville, c?est savoir s?adapter aux circonstances. Je voudrais, avec un tout petit peu de gravité, illustrer avec quelques exemples les raisons pour lesquelles il nous est arrivé d?évoluer dans notre conception de l?action publique et des moyens pour y parvenir.

La police municipale, j?y reviens parce que nous en avons beaucoup parlé lors de ces questions d?actualité. Au moment du débat, auquel vous faites référence et qui ne nous pose aucun problème - nous n?avons aucun problème à assumer le changement de doctrine de sécurité publique -, il n?y avait pas eu les attentats à Paris. Si vous considérez qu?il n?est pas de la responsabilité de la Maire de Paris de prendre en compte un fait aussi structurant dans la doctrine de sécurité publique, de le faire en parfaite harmonie avec le Ministre de l?Intérieur actuel et son prédécesseur, je crois que c?est une vision tout à fait restreinte, tout à fait limitative de l?action publique.

Sur la gratuité des transports, là aussi vous prenez une citation : "La gratuité est le bon moyen pour réduire la pollution." Qu?y a-t-il à dire à cela ? N?êtes-vous pas d?accord avec cela ? Ne considérez-vous pas que la gratuité est une des clés du long terme pour améliorer l?attractivité des transports publics ? Dans le même temps que la Maire de Paris a dit cela et sa majorité avec elle, nous avons dit que c?était un chemin long et complexe, parce qu?il soulève des questions de financement qui sont réelles et parce que, comme le rappellent un certain nombre d?observateurs, la gratuité, cela n?existe pas. Quand il y a la gratuité, c?est donc que nous trouvons d?autres modalités de financement pour les politiques publiques concernées.

Puis, franchement, vous nous faites le procès d?avoir changé d?avis sur Autolib?. Quand nous portons le jugement sur l?efficacité d?Autolib?, après son lancement en D.S.P. en 2011, c?est un système performant ; c?est un système qui a trouvé sa courbe de croissance d?usagers, mais qui a été heurté par des innovations parce que c?est la vie - il y en a et il y en aura d?autres - avec notamment l?apparition des V.T.C. qui est venue radicalement bouleverser le modèle économique de cette délégation du service public.

La responsabilité de la Maire de Paris, ce n?est pas de mettre la tête dans le sable mais de prendre les mesures qui s?imposaient : premièrement préserver l?intérêt financier de la Ville et deuxièmement favoriser un modèle de mobilité qui soit plus conforme à la modernité, plus conforme aux attentes des Parisiens et plus importante pour l?intérêt des Parisiens en général.

Après vous citez et vous vous faites le petit télégraphiste des polémiques que vous instrumentalisez vous-même. Le T.E.P. Ménilmontant est un projet en maturation ; il va être transformé et revu à la demande de la Maire de Paris, et surtout à la demande du maire d?arrondissement, François VAUGLIN. Nous allons y réfléchir tous ensemble pour le faire évoluer.

Sincèrement, vous pouvez faire le procès de changer d?avis, mais c?est compliqué de faire à la fois un procès en sectarisme et un procès en évolution de transformation et d?accompagnement. La Maire de Paris, contrairement à ce que vous croyez et à ce que vous racontez, elle écoute les Parisiens, elle écoute les représentants que nous sommes des Parisiens, via l?incarnation du mandat qu?il nous est donné l?honneur de servir, et nous allons revoir un certain nombre de projets, comme c?est le cas.

Mais pour revenir sur un marqueur central, il y avait au moment des élections municipales un programme d?investissements de la mandature. Nous veillons à sa stricte application. Je crois qu?à la fin des fins, c?est ce qui importe en matière de contrat moral et politique avec les Parisiens.

Mme LA MAIRE DE PARIS.- Merci beaucoup, Emmanuel GRÉGOIRE.

Oui, ne soyez pas impatient, je vous redonne la parole puisque c?est de droit. Allez-y !

M. Pierre-Yves BOURNAZEL.- Merci, Madame la Maire.

J?ai donné des faits et les faits parlent d?eux-mêmes. Ils démontrent qu?il y a d?un côté la Maire Anne HIDALGO, et de l?autre la candidate Anne HIDALGO.

Revenons à Bercy-Charenton un instant. On apprend dans la presse, par la voix de votre premier adjoint, que finalement sous la pression des résultats des élections européennes, vous seriez éventuellement prête à retravailler le projet. Je m?en réjouis. En juillet 2018, Madame la Maire, vous parliez de ces six tours comme d?un urbanisme délicat. Vous affirmiez que l?on ne pouvait pas dire qu?à cet endroit on ferait de la densité. Aujourd?hui, vous dites le contraire. Alors qui croire, la maire ou la candidate ?

Finalement, en changeant de pied constamment, la candidate que vous êtes est le meilleur procureur pour établir le réquisitoire de l?échec de votre mandature. La gouvernance est pourtant la clé, Madame, de la réussite d?un mandat, et tous vos revirements ont fait perdre beaucoup de temps aux Parisiennes et aux Parisiens.

Pendant cinq ans, vous n?avez pas su travailler avec le Président HOLLANDE, vous n?avez pas su travailler avec le Ministre MACRON, vous n?avez pas su travailler avec le Président MACRON. A la tête de la Région Ile-de-France, vous n?avez pas su travailler avec Jean-Paul HUCHON, ni avec Valérie PÉCRESSE, ni avec les communes riveraines qui se plaignent du manque de concertation, ni avec le monde associatif, ni avec le monde culturel, ni avec le monde économique. Pire, il n?y a jamais eu autant de recours contre vos projets à Paris.

Nous proposons, nous, une gouvernance plus horizontale, plus à l?écoute de la diversité des Parisiennes et des Parisiens. Nous voulons co-construire avec eux les projets dans l?intérêt général. Une idée pour nous est bonne ou elle ne l?est pas. Et si elle est bonne, elle n?a pas d?étiquette partisane et on doit tout faire pour la mettre en ?uvre et pour qu?elle produise des résultats pour les Parisiennes et les Parisiens.

Enfin, Madame la Maire, si vous me le permettez, une dernière question de gouvernance. Dans votre programme de 2014, vous promettiez un rendez-vous mensuel avec les Parisiens place de la République. Quand aura lieu le premier rendez-vous ? J?attends votre date, j?y serai.

Mme LA MAIRE DE PARIS.- Merci beaucoup.

Je n?aurai pas la cruauté de rappeler vos changements de position assez nombreux depuis 2014, et un peu avant puisque vous étiez aussi élu avant.

XI - Question d?actualité posée par Mme Danielle SIMONNET à Mme la Maire de Paris relative au recours au referendum.