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Juin 2019
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe Communiste - Front de Gauche relatif à Parcoursup.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2019


 

Mme Antoinette GUHL, adjointe, présidente. - Nous passons au v?u référencé n° 199 relatif à Parcoursup.

La parole est à M. Jean-Noël AQUA, pour le groupe Communiste - Front de Gauche.

M. Jean-Noël AQUA. - Madame la Maire, merci.

Mes chers collègues, décidément, la sélection généralisée a du mal à passer. Nous savons tous que la LREM a l'habitude de passer en force sur sa politique de casse des services publics. C'est vrai pour la loi Blanquer, c'est vrai aussi malheureusement dans le supérieur.

Les filières sélectives existent depuis longtemps avec les classes préparatoires et les grandes écoles dans le public. Parcoursup les généralise à toutes les universités avec, à terme, des universités à plusieurs vitesses qui vont "de facto" trier les étudiants, avec comme conséquence ce que nous avions annoncé l'an dernier : le tri s'est effectué en défaveur des lycéens des Bac Pro et techniques, c'est-à-dire des enfants majoritairement issus des classes populaires. A la démocratisation de l'enseignement supérieur des années 70, succède pour Macron la restriction de l'enseignement supérieur, une restriction qui ferme "de facto" les portes, comme par hasard, aux enfants des classes populaires qui se retrouvent éjectés du système. La violence sociale habituelle sous Macron.

Cette sélection est donc hautement contestable sur le fond. Elle est contestable aussi sur la forme. Vous vous souvenez du fiasco de l'an dernier, avec des centaines de milliers de lycéens stressés pendant leur Bac et des milliers en attente en septembre d'une usine à gaz mal conçue et visiblement mal réglée. Cette année, Mme VIDAL nous promettait que tout allait changer, "promis, juré, craché", on allait voir ce que l?on allait voir. Patatras ! Près de 67.000 lycéens ont reçu, il y a quelques semaines, des avis positifs un soir avant de recevoir un avis négatif le lendemain matin. Bonjour l'ascenseur émotionnel ! Dans sa course à la "fake news", la LREM a tout d?abord accusé le service informatique. C'est classique.

On a appris le lendemain que ce n'était pas le service informatique, mais que la Ministre avait autorisé le surbooking, et comme d?habitude, le surbooking ne marche pas. C?est bien un choix incompétent de la Ministre qui est à l'origine du problème. La Ministre joue encore avec les nerfs des lycéens et surtout avec leur avenir. Plus grave, on apprend que les établissements facturent désormais des frais de préinscription à Parcoursup pouvant aller jusqu'à quelques centaines d'euros. Pour toutes ces raisons, nous voulons interpeller la ministre sur les phénomènes de sur-réservation et sur les frais de dossier qui sont tous deux injustes et illégitimes.

Mme Antoinette GUHL, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur AQUA.

Pour vous répondre, je donne la parole à notre collègue, Mme Marie-Christine LEMARDELEY.

Mme Marie-Christine LEMARDELEY, adjointe. - Cher collègue, cher Jean-Noël AQUA, je vous remercie pour ce v?u qui nous permet de revenir sur un sujet de première importance pour de nombreux jeunes parisiens qui préparent le baccalauréat dans trois jours maintenant. L'Exécutif se joint à vous dans votre constat des difficultés rencontrées par les lycéens et leurs familles dans l?utilisation de la plateforme Parcoursup. La mixité sociale est chère à la Maire de Paris. Les enfants des classes moyennes et populaires doivent pouvoir continuer leurs études supérieures à Paris.

C'est pourquoi je suis particulièrement sensible à la recommandation émise en janvier 2019 par le défenseur des droits, je cite : "de favoriser et d'harmoniser les pratiques d'accueil de candidats boursiers afin d'atteindre l'objectif de mixité sociale figurant dans la loi ORE, notamment de prendre des mesures pour favoriser l'affectation des bacheliers technologiques et professionnels dans l'enseignement supérieur dans les formations de leur choix". Dans la même veine, je soutiens votre requête qui consiste à interroger le rectorat sur le nombre de formations imposant des frais de dossier aux candidats, ainsi que sur les discriminations relevées par le défenseur des droits. L'accès à l'enseignement supérieur ne doit pas être contraint par des critères discriminants autres que les résultats et les dossiers scolaires des élèves. Pour plus de clarté et afin que ce v?u puisse être adopté par le plus grand nombre, je propose deux amendements que j'espère pourront être acceptés et nous permettent d'être réunis sur l'essentiel.

Mme Antoinette GUHL, adjointe, présidente. - Je vous remercie.

Les amendements sont-ils acceptés, Monsieur AQUA ? Oui.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe Communiste - Front de Gauche, amendée par l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u amendée est adoptée. (2019, V. 282).