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Juin 2019
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Conseil Municipal
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Débat/ Conseil municipal/ Juin 2019


 

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Nous passons maintenant au v?u référencé n° 209 relatif aux cars et bus touristiques dans Paris.

La parole est à Mme Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Le tourisme de masse est un problème d?ampleur planétaire et un facteur d?aggravation de la crise écologique et climatique, mais aussi localement pour la population et les écosystèmes concernés. A Paris, le nombre de cars de tourisme qui circulent quotidiennement se situe entre 1.000 et 1.500, selon les chiffres de la Préfecture de police datant de 2015. Le taux de remplissage des cars de tourisme est de 50 %, soit 25 personnes en moyenne pour des véhicules de 50 places. Tous ces cars de tourisme sont des véhicules diesel. Quel que soit le type de motorisation, ils posent de graves problèmes en termes de circulation, d?occupation de l?espace public, de nuisances dans notre ville. Pendant la période estivale, ces cars de tourisme, par leur emploi intensif et quasi permanent de la climatisation, rejettent, en plus de la pollution aux particules fines et autres rejets toxiques, de grandes quantités de chaleur supplémentaire dans les rues de notre ville qui sont transformées en véritables poubelles thermiques.

Pour toutes ces raisons, il faut absolument revoir la mobilité touristique. C?est un souhait de la Ville à travers son projet de créer des "hubs" à l?extérieur des quartiers touristiques, où se ferait l?échange entre les cars et les bus à énergie propre essentiellement urbains. Mais les quartiers, arrondissements et communes franciliennes voisines de Paris considérés comme périphériques et non touristiques, n?ont pas non plus vocation à accueillir des plateformes et navettes touristiques parisiennes avec toutes leurs nuisances. Il faut aussi penser les choses autrement.

Je souhaite proposer que l?on s?inspire de Rome. C?est la seule ville avec laquelle la nôtre est jumelée. Depuis janvier 2019, elle a interdit l?accès de son centre historique aux cars et aux bus touristiques, pour la plus grande satisfaction de ses habitants. A travers ce v?u, j?émets le v?u que la Mairie de Paris s?engage avec les parties concernées, notamment l?Etat et la Région, à organiser l?interdiction des cars et des bus de tourisme dans l?ensemble de notre ville et à revoir, selon son engagement antérieur, toute la mobilité touristique, avec, pour boussole, la lutte contre le dérèglement climatique et le bien-être écologique et social de notre ville et de la région Ile-de-France. Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup, Danielle SIMONNET.

Je donne la parole à M. Jean-François MARTINS, pour vous répondre.

M. Jean-François MARTINS, adjoint. - Merci beaucoup, Monsieur le Maire.

Nous partageons moins le point de vue de Danielle SIMONNET, qui est de réguler et de réduire le tourisme de masse pour trouver un tourisme plus respectueux tant de la planète que de ses habitants. C?est ce que nous faisons sur la régulation d?"Airbnb", sur la préservation du commerce de proximité et sur la désaturation de l?espace public et des lieux les plus fréquentés, comme nous l?avons fait autour de la Tour Eiffel.

J?ai une difficulté concrète parce que la politique ne peut pas être que principielle, Monsieur le Maire. Madame SIMONNET, je ne sais pas faire la différence entre un car de touristes, un car d?enfants qui vont à la piscine et un car de Franciliens qui se rendent à Paris pour faire une sortie culturelle au musée du Louvre. A l?exception de leur plaque d?immatriculation, qui n?est pas toujours un bon renseignement, je ne sais pas. C?est pourquoi votre position - je connais votre radicalité et la respecte - est maximaliste et un brin radicale pour être opérante.

Ce que nous avons fait sur les cars dits touristiques, c?est, premièrement, de fixer pour l?ensemble des cars, touristiques ou pas, la sortie du diesel d?ici 2024. Deuxièmement, pour les cars touristiques, d?avoir créé, avec le "Pass Autocar", des modalités de régulation plus fortes de leur stationnement, et d?avoir obtenu de la Préfecture de police la pose d?un sabot sur les autocars qui feraient des déposes et reprises sauvages. Nous avons obtenu d?Ile-de-France Mobilités la capacité d?être un peu plus influent sur la régulation des bus touristiques pour les lignes dites "Hop-on Hop-off". Nous avons créé des zones tarifaires qui permettent de limiter leur stationnement dans le centre de Paris.

Il faut aller plus loin. Au-delà de l?interdiction des autocars dits de tourisme, il nous faut aller vers une négociation plus fine avec les opérateurs de tourisme - les tour-opérateurs, les agences de voyages - sur d?autres formes de mobilité touristique, appréhender plus globalement la question du sur-tourisme dans sa construction, y compris dans les packages de voyages tels qu?ils sont vendus. Plus généralement, je crois que l?effort conduit dans l?ensemble de cette ville sur le rééquilibrage de l?espace public entre les modes motorisés et les modes doux créera des effets de dissuasion pour ces cars. C?est le fond de la politique qu?il s?agit de mener.

Voilà pourquoi je ne peux pas émettre un avis favorable. C?est un avis gentiment défavorable. Je comprends le sens de ce v?u. Je regrette qu?il soit malheureusement inopérant.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup, Jean-François MARTINS. Je vais demander à Danielle SIMONNET si elle maintient ou retire ce v?u ?

Mme Danielle SIMONNET. - Je le maintiens.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Vous le maintenez.

Cela me permet de donner la parole à M. Jérôme GLEIZES pour une explication de vote.

M. Jérôme GLEIZES. - Nous allons voter ce v?u parce que, Monsieur MARTINS, ce n?est pas une question principielle de vouloir mettre en application le "Plan Climat", mais une question de survie de l?humanité. Si l?on veut écouter ce que disent les gens du GIEC, on sait très bien qu?il nous reste une dizaine d?années pour trouver les solutions, sinon, on va entrer dans une zone d?incertitude assez radicale en termes de transformation du climat. A un moment donné, il faut prendre ses responsabilités, et donc, aller vite sur certains sujets. Sur ce point, il y a des possibilités. C?est pourquoi nous allons voter ce v?u.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 209. Que le résultat du vote ne soit pas l?illustration qu?il y aurait ici des élus qui voudraient sauver l?humanité et d?autres qui ne le souhaiteraient pas. Qu?il n?y ait pas de surinterprétation de ce vote, l?avis de l?Exécutif étant défavorable. Qui est pour ? Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je vous remercie.

V?u déposé par Mme SIMONNET relatif au terminal T4 de l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle.