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Juin 2019
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Conseil Municipal
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Débat/ Conseil municipal/ Juin 2019


 

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Mme Danielle SIMONNET a la parole pour le v?u référencé n° 210 relatif au terminal T4 de l?aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle.

Mme Danielle SIMONNET. - Monsieur le Maire, je pense néanmoins qu?il y a un débat sur comment on change le système pour sauver le climat. Il y a ceux qui pensent que l?on peut continuer notre mode de développement. A la limite, on continue à foncer et l?on va plus ou moins vite. Il y a ceux qui pensent qu?il faut absolument tout arrêter et tout changer. Je pense que l?on en est à cette étape dans ce débat. Celui sur tout ce qui tourne autour de l?aéroport est bien celui-là.

A quoi est-on confronté ? Aéroports de Paris a le projet de construire un nouveau terminal, le T4, au sein de l?aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle pour accueillir 40 millions de voyageurs supplémentaires chaque année, en plus des 70 millions de voyageurs actuels. Ce n?est pas rien. C?est énorme. Dans la situation d?urgence climatique dans laquelle nous sommes, où l?on a une dizaine d?années devant nous pour tout changer, autrement, nous allons à la catastrophe, il faut absolument se rendre compte que nous devons réduire au maximum nos vols aériens. A chaque fois que le train est possible, on doit pouvoir se passer du vol aérien. On doit absolument avoir un autre rapport au monde et sortir de cette logique du tourisme intensif de masse, parce que, sinon, c?est une catastrophe. J?attire tous votre attention sur le terminal T4. Je pense que notre Conseil de Paris a la responsabilité d?alerter contre ce terminal T4. J?en profite pour saluer la proposition de loi de François RUFFIN qui propose d?interdire les vols aériens de courte distance qui pourraient être faits par le train. Je vous invite à voter ce v?u. J?aurai un autre v?u sur la question de la pétition pour que soit organisé un référendum contre la privatisation d?Aéroports de Paris. Mais vous comprenez bien que les choses sont liées. C?est parce que l?on garde une maîtrise publique de l?aéroport que l?on peut s?engager à réduire le nombre de vols. J?attire votre attention et souhaiterais que ce v?u soit adopté par toutes et tous, qui demande que la Maire de Paris prenne publiquement position contre le projet d?un nouveau terminal T4 de l?aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Danielle SIMONNET.

La parole est à M. Jean-François MARTINS, pour vous répondre.

M. Jean-François MARTINS, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire. Merci, Madame SIMONNET.

N?étant pas moi-même complètement insensible au sort de l?humanité, je dois vous dire que ce sujet est précisément, Monsieur GLEIZES, dans les évolutions radicales que nous devons considérer sur la croissance à tout prix, y compris du nombre de touristes et de voyageurs qui viennent à Paris. C?est pourquoi, dans le cadre de la concertation menée sur le projet T4, sous couvert de la C.N.D.P., d?une part, la Ville de Paris a tenu une concertation publique avec la C.N.D.P., à laquelle j?aurais aimé que vous soyiez présent, et d?autre part, vient de formuler au maître d?ouvrage, c?est-à-dire Aéroports de Paris, un cahier d?acteurs extrêmement précis, avec un certain nombre de questions, pour ne pas dire de récriminations à l?égard du projet, sur lesquelles nous attendons des réponses.

Tout d?abord, premier élément, dans le calcul du "Plan Climat" de la Ville de Paris, les émissions de carbone de l?aéroport sont considérées, et par conséquent, nous ne serons pas en mesure de tenir nos objectifs du "Plan Climat" si les émissions de carbone de notre plateforme aéroportuaire allaient grandissantes. Nous voulons connaître les hypothèses d?Aéroports de Paris sur l?évolution de l?empreinte carbone incluant l?éventualité d?un nouveau terminal.

Ensuite, deuxième élément, l?imperméabilisation de près de 90 hectares de sol au nord de Paris est aujourd?hui inconcevable pour nous, alors que nous faisons - encore hier, et cela vous a fait réagir - des annonces précisément pour désimperméabiliser les sols à Paris.

Enfin, le troisième élément, et je crois que celui-ci devrait nous intéresser le plus, est la réalité de l?utilité de ces volumes de voyageurs supplémentaires. Avoir un terminal supplémentaire ne veut pas forcément dire avoir des voyageurs supplémentaires. Je rappelle qu?une grande partie du trafic des voyageurs aériens à Roissy-Charles-de-Gaulle est constituée par des voyageurs en transit, c?est-à-dire des gens qui ne passeront même pas à Paris et n?en feront pas bénéficier l?économie locale. Ils auront un léger impact sur les emplois au sol de l?aéroport, mais ce ne sont ni des touristes, ni des voyageurs d?affaires, mais des gens qui passent d?un continent à l?autre en passant par Paris. Leur impact économique sera nul, alors que leur impact écologique sera massif.

Nous avons demandé à Aéroports de Paris la réalité de ses hypothèses de trafic qui justifient la nécessité de ce terminal. Dans ses hypothèses de trafic : le volume de la réalité des voyageurs point à point par rapport aux voyageurs en transit qui sont véritablement le coût absolu pour la Ville de Paris, autant dire la double peine. Nous avons interrogé Aéroports de Paris sur les engagements qui seraient pris par les compagnies aériennes dans le cadre de ce nouveau terminal. J?en conclus, Monsieur le Maire, avec une dernière question. Aujourd?hui, l?aéroport d?Orly est à 50 % de sa capacité et nous devons créer un quatrième terminal à Roissy. Et donc, pourquoi la nécessité d?un quatrième terminal plutôt qu?une meilleure répartition de la plateforme aéroportuaire entre Roissy et Orly ? Je dois dire, Madame SIMONNET, que les vols de courte durée que vous mentionnez, sur lesquels je ne serais pas loin de partager votre position, concernent plutôt l?aéroport d?Orly que celui de Roissy. Ceci lié aux différentes prises de position de la Ville de Paris, notamment sur les trains de nuit - je pense au train des primeurs de Perpignan, que nous avons soutenu - nous avons fait ces récriminations auprès d?Aéroports de Paris. Nous attendons les réponses concrètes afin de prendre une position définitive parisienne et même métropolitaine, car c?est à cet endroit-là, sans doute, que la plateforme aéroportuaire est la plus légitime. Je vous demande de retirer le v?u en attendant d?avoir les réponses d?Aéroports de Paris pour prendre une position ferme au Conseil de Paris de juillet ou à celui de la rentrée.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Jamais de procès d?intention. On vous connaît Jean-François MARTINS. Vous maintenez votre v?u n° 210, Danielle SIMONNET ?

Mme Danielle SIMONNET. - Oui, je maintiens mon v?u parce que je pense que les éléments actuels permettent déjà de prendre une position.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci.

Nous avons une explication de vote de M. Nicolas BONNET-OULALDJ.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci, Monsieur le Maire.

Je remercie Danielle SIMONNET de remettre ce sujet à l?ordre du jour de notre Conseil de Paris puisque nous en avions déjà débattu. J?avais déposé un v?u. Mon groupe s?était exprimé dans le même sens que celui de Danielle SIMONNET. C?est-à-dire qu?aujourd?hui, plutôt que d?augmenter le trafic aérien, il faut le réduire pour des enjeux de réduction de CO2 et de pollution.

D?ailleurs, on sait maintenant que l?avion pollue plus que la voiture. Au moment où l?on parle de réduire la place de la voiture sur le périphérique, où l?on se bat pour maintenir des lignes de train, notamment le Paris-Perpignan ou le Rungis-Perpignan de fruits et légumes, on a un Gouvernement dont la volonté est simple : c?est le modèle économique, c?est de faire de Paris la première place de la finance, un haut lieu du tourisme. Son projet est simplement de privatiser Aéroports de Paris, d?augmenter le trafic aérien avec le nouveau terminal T4, et, dans le même temps, de développer le Charles-de-Gaulle Express, train pour les riches et les financiers, qui ira directement de cet aéroport au centre de Paris. Il y a une convergence de l?ensemble de ces projets. Nous nous y opposons parce que tous ces projets, c?est un capitalisme effréné qui détruit la planète et ne réduira en rien la pollution dans notre capitale. Nous voterons donc le v?u de Danielle SIMONNET.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Monsieur Jérôme GLEIZES, vous avez la parole, pour une explication de vote également.

M. Jérôme GLEIZES. - Nous voterons aussi ce v?u parce qu?il y a une contradiction dans l?argumentaire de M. MARTINS. Je ne comprends pas pourquoi il n?y a pas eu un contrôle de l?Exécutif. Nous savons bien que, dans le "Plan Climat", la partie concernant les vols aériens est la plus difficile puisqu?elle ne se fera que par compensation, l?avion sans neutralité carbone n?existant pas de fait. Nous savons que cela fait partie des 20 % qu?il faudra compenser dans le "Plan Climat". Si l?on n?est pas déjà dans une stratégie de réduction des gaz à effet de serre émis par le transport aérien, on est sûr de ne jamais atteindre la neutralité carbone du plan de Paris. Nous ne pouvons pas accepter le projet en l?état. Nous ne sommes pas obligés d?attendre les réponses d?Aéroports de Paris pour savoir si c?est bon ou pas. Nous sommes assez surpris entre l?argumentaire et la décision de vote. C?est pourquoi nous voterons pour ce v?u.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci. Je n?ai pas d?autre explication de vote ?

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par Mme SIMONNET, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je vous remercie.

2019 DDCT 48 - Subvention au titre de la participation citoyenne (30.000 euros) à l?association "Les Halles Civiques".