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Juin 2019
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e groupe "Génération.s" à Mme la Maire de Paris relative aux différentes mobilisations en cours dans les établissements de l’A.P.-H.P.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2019


 

Mme LA MAIRE DE PARIS.- La première question est posée par le groupe "Génération.s". Qui prend la parole ? C?est Léa FILOCHE, Mme la Présidente.

Mme Léa FILOCHE.- Merci, Madame la Maire.

Chers collègues, depuis presque trois mois, les élus du Conseil de Paris et d?arrondissement que nous sommes, sommes régulièrement interpellés sur la situation de crise dans nos hôpitaux. Nous sommes interpellés par les Parisiennes et les Parisiens, et par les organisations syndicales représentatives de l?A.P-H.P. Nous sommes également témoins de la dégradation d?un service public vital à toutes et à tous.

Différents v?ux seront présentés lors de nos débats autour des projets de délibération de la 4e Commission. Cependant, jour après jour, la situation se tend davantage et nous préoccupe gravement. Hier, journée nationale de mobilisation, 95 services d?urgence étaient en grève. Les personnels sont à bout, le désengagement de l?Etat dans le domaine de la santé est irresponsable. Les professionnels travaillant dans nos hôpitaux sont largement mobilisés en responsabilité en continuant d?assurer la continuité du service public.

Face à la mobilisation dans nos urgences, face à la souffrance des personnels, face à la mise en arrêt maladie d?un certain nombre, face à la mise en danger des patients, le Gouvernement et sa Ministre restent sourds et n?ont comme unique réponse que la réquisition du personnel.

En parallèle, un plan de restructuration de l?A.P.-H.P. prévoit de réduire de 30 à 50 % le nombre de lits de gériatrie au sein des unités de soins de longue durée d?ici à 2024, ce qui inquiète également les personnels de nos hôpitaux et les élus que nous sommes.

Nous considérons qu?il est urgent que nous échangions dans cette enceinte et que nous puissions exprimer nos inquiétudes devant M. Martin HIRSCH, directeur général de l?AP-HP, et M. Aurélien ROUSSEAU, directeur général de l?A.R.S. Ile-de-France. Nous vous proposons que, lors de notre prochain Conseil de Paris, soit organisé un débat sur la situation sociale des services des urgences et sur les projets de restructuration qui vont lourdement impacter le nombre de lits en gériatrie. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS.- Merci beaucoup, Madame la Présidente. Anne SOUYRIS, mon adjointe.

Mme Anne SOUYRIS, adjointe.- Merci, Madame la Maire, et merci à Léa FILOCHE pour cette question.

Vous savez qu?il y aura demain plusieurs v?ux sur la question des urgences et de l?A.P.-H.P. Je pense que c?est vraiment une bonne chose parce que c?est un sujet important, grave et problématique. L?hôpital en France va mal, c?est une réalité. Ce n?est pas seulement à l?A.P.-H.P. d?ailleurs.

Comme vous l?avez dit, pratiquement 30 % des personnels sont actuellement en grève à Paris ; ce qui est important et même assez inégalé depuis le temps que cela existe. Le problème est que le Gouvernement ne répond pas à cette problématique aussi précisément. A chaque fois que nous avons des débuts de propositions, ce ne sont jamais des propositions qui permettent réellement de pouvoir donner les moyens à l?hôpital de vivre. C?est un vrai sujet que nous partageons tout à fait.

La mobilisation à Paris, c?est le 15e arrondissement avec l?hôpital Georges Pompidou, ce sont aussi les hôpitaux Trousseau, Beaujon, Robert Debré avec plus de 50 % des personnels qui sont en grève. Oui, nous soutenons ce personnel, c?est important d?être à leurs côtés. Vous savez que cette situation des urgences à Paris, comme en France, est la partie émergée de l?iceberg. C?est un problème qui se pose plus généralement pour l?hôpital, puisqu?il y a la question des urgences avec les violences qu?il peut y avoir, avec les taux d?attentes inadmissibles, avec le personnel en souffrance, mais ce sont aussi les patients qui sont en souffrance dans ces urgences.

Il y a justement le problème que nous avons relevé à plusieurs reprises, que Anne HIDALGO a relevé en conseil de surveillance : nous devons arriver à zéro brancard dans les urgences. Nous l?avons dit au nom de la Ville au conseil de surveillance, Anne HIDALGO l?a rappelé. Nous serons vigilants à ce que le plan donné par l?A.P.-H.P. et celui de l?Etat correspondent à zéro brancard.

Cela veut dire beaucoup de choses. Comme on en reparlera demain, je ne vais pas tout dire aujourd?hui, néanmoins cela signifie à la fois des moyens alloués aux urgences, mais aussi des lits d?aval et une intervention en amont qui peut se faire bien sûr avec la Ville mais aussi avec nos hôpitaux et les autres services. C?est donc vraiment une réflexion hospitalière.

Mme BUZYN, à laquelle Anne HIDALGO a écrit, ne nous a pas répondu sur ce sujet pour l'instant. Nous espérons une réponse rapide sur cette question.

Concernant la gériatrie à l?hôpital, Anne HIDALGO a dit à quel point nous étions vigilants sur le sujet. Nous souhaitions plus de lits et plus de personnes prises en charge à Paris avec une tarification sociale. Même à l?hôpital, il y a un sujet pour la gériatrie qui reste la dernière roue du carrosse de l?hôpital. On reviendra bien entendu sur cette question et nous y serons vigilants.

Puis la dernière question est celle d?un débat à organiser. Je vous propose que nous voyions sous quel format le faire dès le dernier trimestre 2019. Mais il est tout à fait intéressant que Martin HIRSCH et Aurélien ROUSSEAU viennent, et que l?on puisse avoir un débat sur cette question avec les Conseillers de Paris. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS.- Merci beaucoup, Anne SOUYRIS.

Je rejoins absolument tout ce qui a été dit. Permettez-moi un mot sur la gériatrie. On a assisté, à partir de 2001, à un transfert des questions de gériatrie vers les départements avec la création de l?A.P.A. Il faut savoir que Paris joue pleinement son rôle : la dépense de l?A.P.A. correspond à 100 millions d?euros pour notre collectivité. C?est une dépense qui normalement devrait être intégralement compensée mais sur laquelle l?Etat ne compense que 30 %.

Donc entendre dire que l?hôpital pourrait en plus se séparer de ce qui existe aujourd?hui en gériatrie est absolument inacceptable. C?est une position sur laquelle la plupart des départements de France convergent parce que cela veut dire des sommes et des transferts non compensés de charges vers les budgets des collectivités, qui par ailleurs sont soumises aux contraintes que vous connaissez.

Comptez donc sur nous pour porter tous ces sujets au sein du conseil de surveillance avec Anne SOUYRIS, et pour accueillir, comme cela vient d?être dit, Martin HIRSCH et Aurélien ROUSSEAU. Souhaitez-vous reprendre la parole ? Non.

Merci beaucoup.