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Juin 2019
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Conseil Municipal
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Voeu déposé par le groupe SOCA relatif au renforcement des moyens dédiés à la sécurité publique dans le 10e. Voeu déposé par le groupe SOCA relatif au renforcement des moyens dédiés à la sécurité publique dans le 11e. Voeu déposé par le groupe SOCA relatif à la sécurité des Parisiennes et des Parisiens dans le 18e. Voeu déposé par le groupe SOCA relatif aux moyens de la police nationale dans le 19e. Voeu déposé par le groupe "Génération.s" relatif au renfort de moyens pour les commissariats d'arrondissement. Voeu déposé par les groups LRI et "100% Paris" relatif à la communication des chiffres de la délinquance et des effectifs policiers.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2019


 

M. Paul SIMONDON, adjoint, président.- Nous passons à une série de v?ux. Les v?ux n° 66, n° 67, n° 68, n° 69 n° 70, n° 71 et n° 72, qui sont tous relatifs à la sécurité des Parisiennes et des Parisiens, au renforcement des moyens dédiés à la sécurité, ainsi qu?à la communication des chiffres de la délinquance et des effectifs policiers. La parole est à Mme Marinette BACHE pour le groupe Socialiste et Apparentés.

Mme Marinette BACHE.- Six arrondissements, qui font face à des problèmes identiques, ont présenté des v?ux similaires.

Je vous présente ici celui qui a été voté dans le 4e arrondissement et qui évoque, en effet, les problèmes de tranquillité publique relayés en vain par la Ville, l?augmentation des vols, les cambriolages qui sont en hausse, tout au moins autant que l?on peut le confirmer par les quelques statistiques qui sont à notre disposition, mais également par le ressenti de nos habitants. Il évoque les multiples trafics de drogue qui se développent, mais aussi la montée de l?inquiétude et de l?impatience des habitants du 4e, avec le contexte un peu particulier de la fusion des commissariats des arrondissements du centre.

Bien sûr, on ne peut que saluer la mobilisation des agents sur le terrain, leur dévouement et leur professionnalisme, mais ces missions de sécurisation et de tranquillité publique sont très consommatrices de personnels de police, et le résultat n?est évidemment pas à la hauteur de ce que les habitants de ces arrondissements du centre, en particulier du 4e, sont en droit d?attendre de la police nationale.

Or, malgré la demande de la Ville de Paris que de nombreuses créations de postes, parmi les 10.000 créations de postes en faveur de la sécurité sur le quinquennat, soient affectées à Paris - ce qui avait été le souhait du Préfet de police -, malgré l?exigence exprimée par tous les élus d?une véritable transparence en matière de statistiques de délinquance, malgré le fait que Paris a toujours été volontaire pour participer à des dispositifs visant à renforcer la sécurité publique, à condition que les moyens soient au rendez-vous, malgré tout cela, les conditions de sécurité publique se dégradent. Ce n?est d?ailleurs pas sans rapport avec la question d?actualité de Rémi FÉRAUD qui démontrait le constat de la faiblesse des effectifs de police affectés à Paris.

Voilà pourquoi notre v?u demande le renforcement de la présence des effectifs de police sur le terrain, un appui des services spécialisés de la Préfecture pour remonter les filières et les réseaux, la transmission au maire d?arrondissement des statistiques trimestrielles de la délinquance concernant leur arrondissement et enfin une réunion de présentation sur la fusion des commissariats du Centre de Paris.

Voilà le v?u que je vous invite à voter. Je vous remercie.

M. Paul SIMONDON, adjoint, président.- Merci. La parole est à Nawel OUMER pour le groupe Socialiste et Apparentés.

Mme Nawel OUMER.- Merci, Monsieur le Maire.

Je m?inscris effectivement dans la suite des propos de Marinette BACHE et je m?exprimerai là pour le 10e arrondissement.

Nous faisons tous, quels que soient les arrondissements et les quartiers, le même constat que la sécurité et la tranquillité publique - j?insiste bien sur sécurité et tranquillité - sont des préoccupations majeures des Parisiens.

Les Parisiens bénéficient d?un certain nombre de dispositifs, dans lesquels la Ville est engagée et certaines instances partenariales. Je crois que nous faisons le maximum pour essayer de couvrir tous les champs d?interventions et de compétences, chacun à nos places respectives, mais à un moment donné, face à une augmentation des actes de délinquance, face aux délits voire aux crimes d?atteinte contre les personnes, on aura beau définir tous les axes et faire un travail partenarial exemplaire, il faut mettre, en face des objectifs, des moyens.

C?est tout ce que nous demandons. Aujourd?hui, nous ne pouvons nous contenter des effectifs dont nous disposons dans les commissariats, les arrondissements et les quartiers qui ont besoin, je le rappelle, de sécurité et de tranquillité. Aujourd?hui, la mobilisation pour les opérations de maintien de l?ordre se fait au détriment de ce quotidien des Parisiens, de cette tranquillité à laquelle ils ont droit. Ils aspirent à participer en se manifestant dans les conseils de quartier ou les outils de pilotage auxquels nous participons tous.

C?est pourquoi nous demandons, particulièrement dans le 10e arrondissement qui n?échappe pas à la règle, qui connaît spécifiquement des problématiques de vente à la sauvette et des comportements routiers dangereux de la part de deux-roues motorisés notamment, une augmentation des effectifs mis à disposition du commissariat de police du 10e arrondissement, mais aussi l?appui renforcé de services spécialisés pour démanteler les filières et réseaux actifs sur l?arrondissement. Nous demandons aussi bien évidemment la transmission à la maire du 10e arrondissement des statistiques trimestrielles de la délinquance concernant l?arrondissement, comme le Préfet de police s?y était engagé.

M. Paul SIMONDON, adjoint, président.- Merci beaucoup.

M. Eric LEJOINDRE, maire du 18e arrondissement pour le groupe Socialiste et Apparentés?

Pardon, je pensais que c?était terminé.

Mme Nawel OUMER.- Je pensais n?en présenter qu?un seul mais du coup?

M. Paul SIMONDON, adjoint, président.- Madame OUMER, allez-y, je suis désolé, vous présentez bien effectivement les v?ux n° 67 et n° 68.

Mme Nawel OUMER.- Merci, Monsieur le Maire.

En complément, le 11e arrondissement partage les mêmes préoccupations et fait les mêmes demandes. J?ajouterai que c?est un arrondissement d?une extrême densité et, de fait, un arrondissement très dense a des problématiques d?espaces publics prononcées, comme c?est le cas pour tous les autres arrondissements qui aujourd?hui souhaitent que le Préfet de police soit interpellé sur ce sujet.

Je souhaiterais rappeler aussi que tous les effectifs présents dans l?arrondissement sont fortement mobilisés. On constate tous les jours leur courage et leur engagement en faveur de la sécurité et tranquillité de nos habitants. C?est parce que nous constatons cet engagement et cette qualité d?intervention que nous faisons cette demande et que nous l?appuyons fortement, parce que nous savons que c?est avec plus de moyens qu?ils travailleront mieux, qu?ils rempliront davantage leurs missions, et pour nous comme pour eux dans de meilleures conditions.

M. Paul SIMONDON, adjoint, président.- Merci beaucoup, Madame OUMER.

Vous avez bien présenté les v?ux n° 67 et n° 68.

M. LEJOINDRE pour les v?ux n° 69 et n° 70.

M. Eric LEJOINDRE, maire du 18e arrondissement.- Merci, Monsieur le Maire.

À mon tour, après Marinette BACHE et Nawel OUMER, de présenter le v?u qui a été voté par le Conseil du 18e arrondissement. J?en profiterai pour dire un mot au nom de François DAGNAUD du v?u très similaire voté dans le Conseil du 19e arrondissement.

Ces v?ux reprennent les problématiques qui ont été évoquées et qui nous amènent à faire le constat d?une détérioration de la situation en matière de tranquillité publique dans de nombreux quartiers du 18e, mais aussi du 19e arrondissement, malgré l?engagement très fort des effectifs de police du commissariat du 18e et du commissariat du 19e qui font face à une situation particulièrement difficile.

C?est vrai sur le plan des trafics de drogue, mais aussi des scènes de consommation de drogue à ciel ouvert, dans des proportions que l?on n?avait pas connues depuis des dizaines d?années dans Paris. Ce sont aussi des problématiques majeures d?occupation de l?espace public pour les ventes à la sauvette ou tout simplement l?occupation des lieux. Et ce sont également des rassemblements problématiques avec, notamment pour le 18e, la nécessité de protéger les millions de touristes présents sur la butte Montmartre qui font face à des problématiques particulières.

Face à l?ensemble de ces difficultés, qui malheureusement ne nous donnent pas l?impression d?aller en s?améliorant, la Ville de Paris travaille avec la Préfecture de police et les commissariats d?arrondissement. Nous sommes toujours volontaires pour participer à tous les dispositifs possibles et imaginables. Nous avons d?ailleurs développé une politique de prévention importante, à la fois sur le plan de la prévention situationnelle pour faire en sorte de protéger nos bâtiments et bien sûr de prévention auprès de l?ensemble des publics. Mais tout ce travail n?a de sens que s?il est accompagné par le renforcement important des effectifs de police sur le terrain, dans nos commissariats, et notamment celui du 18e arrondissement qui a beaucoup à faire.

Et il faut bien sûr que l?ensemble des services spécialisés puisse être particulièrement investi sur le terrain. Je pense notamment à la question des ventes à la sauvette, des stupéfiants, de la lutte contre les réseaux de prostitution. Tous ces problèmes, qui se posent dans nos quartiers, ne sont pas que des problèmes de nos quartiers et ils exigent une action très forte des services spécialisés pour remonter les réseaux et aller à la recherche de ceux qui bénéficient de l?ensemble de cette délinquance. Sans ce travail, nous ne pouvons pas avancer.

Voilà le sens des v?ux que nous avons votés dans le 18e, mais aussi de celui voté dans le 19e arrondissement. Notre mobilisation est là. Elle est aux côtés des services de la Préfecture de police, mais elle doit se renforcer parce qu?il nous semble, ce qui est sans doute lié aux problématiques actuelles, que la situation a plutôt tendance à se dégrader et c?est bien sûr inacceptable pour nous.

M. Paul SIMONDON, adjoint, président.- Merci beaucoup.

Mme Carine PETIT pour le v?u n° 71. Madame la Maire, vous avez la parole.

Mme Carine PETIT, maire du 14e arrondissement.- Merci.

Pour illustrer ce que mes collègues ont rappelé, que je partage totalement et que nous constatons également dans l?arrondissement, il y a maintenant quelques mois, la prison de la Santé a rouvert, après quatre années de travaux dans le 14e arrondissement, et cette réouverture ne s?est accompagnée d?aucun moyen supplémentaire pour le commissariat central du 14e. C?est premièrement au détriment de la qualité d?ouverture d?un établissement pénitentiaire dans une ville comme la nôtre, en milieu urbain. Deuxièmement, du fait que les effectifs sont extrêmement contraints, réduits ou en tout cas stables par rapport à ce qui évolue dans certains quartiers, c?est la capacité d?initiative des équipes de police de proximité qui est réduite. Elle est en réaction par rapport à nos sollicitations, par rapport à ce qu?ils constatent, et par rapport aux sollicitations des habitants et des riverains, mais leur capacité d?initiative à aller d?eux-mêmes constater certains problèmes et assurer cette tranquillité est réduite. C?est extrêmement dommage. Je soutiens donc tout ce qui a été dit. Il faut maintenant avoir des réponses très rapides, concrètes et opérationnelles.

M. Paul SIMONDON, adjoint, président.- Merci beaucoup.

Enfin, pour présenter le v?u n° 72, Frédéric PÉCHENARD.

M. Frédéric PÉCHENARD.- Monsieur le Maire, Madame la Directrice de cabinet, en avril 2018, nous avions voté ici, à une très large majorité, un v?u pour que les statistiques de la délinquance soient transmises chaque mois aux maires d?arrondissement. C?est d?ailleurs ce que votre prédécesseur, Mme la Directrice de cabinet, a fait. Les arrondissements disposaient ainsi d?un point précis sur l?évolution des crimes et des délits, avec également des chiffres pour tout Paris. Les données étaient d?ailleurs remises en perspective le plus souvent avec des statistiques sur plusieurs mois glissants, qui sont en termes de criminologie les seules qui soient réellement intéressantes. Fin 2018, les transmissions sont devenues plus aléatoires, avant d?être interrompues. La Préfecture de police dispose pourtant de ces données. Les changements d?outils statistiques ne suffisent pas à justifier l?absence totale de transmission.

Nous souhaitons donc connaître précisément les résultats obtenus en matière de lutte contre la délinquance, ceci d?autant plus que les grandes tendances paraissent négativement orientées, que ce soit l?augmentation de la délinquance, la baisse du taux d?élucidation ou la hausse des cambriolages. Ainsi, Madame la Directrice de cabinet, nous souhaitons savoir, avec mes collègues maires d?arrondissement, quand nous disposerons de nouveau de ces statistiques. Merci.

M. Paul SIMONDON, adjoint, président.- Merci beaucoup.

Pour vous répondre, la parole est à Mme Colombe BROSSEL.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire et merci à mes collègues présents sur l?ensemble des bancs de notre Assemblée.

Si ces v?ux sont portés, c'est que nous sommes arrivés à un moment particulier de rupture, dont nous nous inquiétons les uns et les autres. Pardon, Monsieur PÉCHENARD, mais je me permettrai de le dire au nom des maires d?arrondissement : pour avoir eu l?échange avec beaucoup de collègues maires d?arrondissement qui siègent de ce côté-ci de l?Assemblée, je sais que c?est aussi une de leur demande. Finalement, il n?est pas si commun que l?ensemble des bancs de notre Assemblée se mobilise sur un sujet de cette manière-là et de façon consensuelle.

Je ne reviens pas sur le débat que nous avons eu avec M. le Préfet de police tout à l?heure. Il nous a permis d?avancer sur de nombreux points. Je me félicite que le Préfet nous ait assuré retransmettre, de façon régulière et transparente, à l?ensemble des maires d?arrondissement et à la Maire de Paris, les données de statistiques de la délinquance.

Pardon pour ce clin d??il, Monsieur PÉCHENARD, mais nous avions également voté, à l?initiative de votre groupe, un v?u qui associait le sujet des effectifs dans les commissariats. Je crois que c?est bien de l?ensemble de ces données dont nous avons besoin. Ce n?est pas pour le plaisir de les avoir, mais bien parce que la coproduction de sécurité doit se faire dans la transparence pour pouvoir construire ensemble. Chacun à leur manière, les élus ont dit à quel point ils étaient partie prenante de cette coproduction de sécurité et à quel point ils s?engageaient. Nous avons évidemment besoin de continuer ce travail.

Je redis que nous avons besoin de ces effectifs supplémentaires à Paris. Si ces v?ux arrivent aujourd?hui, c?est parce que les habitants, les commerçants, les réseaux associatifs nous disent depuis plusieurs semaines et plusieurs mois qu?il n?y a plus d?effectifs de police dans la rue, en uniforme, stabilisés, qui permettent de contribuer à la lutte contre la délinquance mais également à l?apaisement des quartiers. Au-delà des éléments statistiques qui indiquent un certain nombre de réalités, c?est aussi la traduction de ces inquiétudes et de la dégradation de nombreuses données en matière de lutte contre la délinquance dans nos différents arrondissements ou quartiers.

Nous avons besoin de cette mobilisation humaine et de moyens à la hauteur des enjeux. Ceux-ci peuvent être différents d?ailleurs d?un arrondissement à un autre, mais ils sont aussi parfois les mêmes. Par exemple, 19 arrondissements voient le nombre de cambriolages augmenter. Que le dernier arrondissement se rassure, il avait été tellement en augmentation l?année précédente que c?est la seule raison pour laquelle il ne fait pas partie de ce top 20. Contre les agressions, les vols, l?exploitation de la misère, la traite des êtres humains, le trafic de stupéfiants, la criminalité organisée, nous voyons aujourd?hui ces sujets en matière de privatisation criminelle de l?espace public, parce que c?est ainsi que les choses existent parfois. Ce n?est ni acceptable ni tolérable, et nous ne pouvons ni les accepter ni les tolérer.

Voilà la raison pour laquelle j?apporterai un avis favorable à ces v?ux, en souhaitant que ces demandes soient entendues par le ministre de l?Intérieur.

Je me permets de conclure sur un mot. Nous avons alerté, à de nombreuses reprises dans cette enceinte et dans tous les cadres de travail partenariaux qui nous sont offerts, sur le besoin de travailler pour la Préfecture de police et pour le Ministère de l?Intérieur sur la question de la lutte contre le trafic de stupéfiants. Sur la base de signalements que font les maires d?arrondissement et que vous faites en Conseil de Paris, nous avons remonté un certain nombre d?adresses.

En effet, nous sommes aujourd?hui dans une telle situation que les maires d?une dizaine de grandes villes, là aussi appartenant à des partis politiques de tous bords, de Jean-Luc MOUDENC au nouveau maire de Bordeaux - pardon mais j?ai oublié le nom du successeur d?Alain JUPPÉ -, de la Maire de Paris à la Maire de Nantes, tous les maires en sont conduits à devoir écrire une lettre ouverte au ministre de l?Intérieur et à la garde des Sceaux pour qu?enfin cette question soit prise en compte, traitée, appréhendée sur leur territoire. Ces deals de rue, ces trafics de stupéfiants, ces consommations de stupéfiants, au vu et au su de tout le monde dans l?espace public, sont en train de pourrir lentement mais très sûrement un certain nombre de quartiers.

Il nous faut maintenant un sursaut national, une compréhension au niveau national de ce qui est en train de se passer dans nos villes, nos rues et nos quartiers. En tout cas, chers collègues, je serai évidemment toujours présente pour porter la parole des Parisiens, dans cette enceinte comme dans les autres.

M. Paul SIMONDON, adjoint, président. - Merci beaucoup.

J?en profite pour préciser que c?est M. Nicolas FLORIAN qui est maire de Bordeaux depuis mars dernier.

Je donne la parole à Mme Frédérique CAMILLERI, Représentante du Préfet de police et j?en profite pour vous souhaiter la bienvenue parmi nous.

Mme LA REPRÉSENTANTE DU PRÉFET DE POLICE. - Merci, Monsieur le Maire, merci beaucoup pour votre accueil. Je profite moi-même de cette première prise de parole pour saluer l?ensemble des élus présents. Je voulais vous dire le plaisir que j?ai d?être votre interlocutrice, parmi d?autres, un point d?entrée privilégié à la Préfecture de police, même si je sais à quel point c?est une fonction exigeante.

Merci, Mesdames et Messieurs, pour ce v?u qui témoigne de l?intérêt que vous portez aux questions de sécurité, et par là même finalement aux missions de la Préfecture de police. Je souhaite aussi rebondir et vous remercier pour l?ensemble des encouragements que vous avez pu émettre pour nos policiers qui sont tous les jours sur le terrain. Je vous en remercie en leur nom.

S?agissant des effectifs, le Préfet de police vous a répondu tout à l?heure au moment des questions d?actualité. Il vous a expliqué son souhait très ardent de recentrer nos effectifs sur les missions prioritaires que sont la lutte contre le terrorisme, la lutte contre la délinquance et le maintien de l?ordre public. Dans son esprit, je peux vous l?assurer, ces missions ne sont pas mutuellement exclusives. A cet égard, il aurait pu vous préciser aussi que nous recevons tout au long de l?année des effectifs en sortie d?école et qu?il y aura, d?ici la fin de l?année 2019, une sortie en juin, une autre en septembre et deux promotions qui sortiront en décembre.

Au-delà des moyens humains qui sont importants - je note d?ailleurs votre soutien à la Préfecture de police dans ce domaine -, je voudrais revenir un peu sur la méthode esquissée par le Préfet de police tout à l?heure, et dont la finalité, vous l?aurez compris, est de remettre des policiers sur le terrain, en sécurisation mais aussi, ce qui est très important et je crois attendu, d?obtenir des résultats dans la durée.

La méthode qu?entend mettre en ?uvre le Préfet de police, pour répondre aux aspirations légitimes des Parisiens que vous relayez ici, comme il l?a rappelé tout à l?heure lors des questions d?actualité, c?est une méthode de travail que je qualifierais de globale, de partenariale et au plus proche des réalités du terrain. Je précise que cela fait quelques semaines qu?elle est déjà en place. Il est sans doute encore un peu tôt pour en voir les résultats sur le terrain, mais nous avons déjà passé le temps du constat et nous sommes dans le temps de l?action.

C?est une méthode globale puisqu?il s?agit d?utiliser l?ensemble des leviers dont on dispose pour lutter contre toutes les formes de nuisances et de délinquance. C?est l?occupation illégale de la voie publique avec toutes ces choses qui "pourrissent" la vie des riverains - pardon de le dire de façon très triviale - la vente à la sauvette, la prostitution sur la voie publique, toutes formes de trafics, les nuisances sonores, les attroupements, etc. Pour cela, il faut que l?on mobilise l?ensemble des services de l?Etat dans des opérations coordonnées, conjointes et régulières, qui visent justement à réprimer ces infractions et qui associent non seulement les effectifs des commissariats d?arrondissement mais aussi les autres services de la Préfecture de police.

Vous avez raison de souligner le fait qu?il faut que les services spécialisés puissent aussi y contribuer. C?est pour cela que vous verrez des compagnies d?intervention de la Direction de l?ordre public et de la circulation venir en appui sur ces missions de sécurisation.

Les services spécialisés viennent en appui sur des dossiers complexes. Encore récemment, la sous-direction chargée de la lutte contre l?immigration irrégulière a réussi à démanteler un trafic et à remonter jusqu?aux fournisseurs d?un certain nombre de vendeurs à la sauvette avec la saisine de marchandises. Mais il faut aussi que l?on travaille en dehors de la Préfecture de police, avec d?autres partenaires ; c?est l?objet de cette méthode, avec les douanes par exemple sur la question de la lutte contre les contrebandes, les Urssaf, etc.

Il faut aussi que l?on puisse mobiliser les polices administratives. Nous avons des leviers pour travailler sur un certain nombre de nuisances qui sont causées par des débits de boissons, des épiceries de nuit qui ne respectent pas la réglementation, par un certain nombre de commerces qui ne respectent pas les règles d?hygiène ou de protection du consommateur. Il s?agit aussi de pouvoir mettre ces polices administratives au service de cette méthode.

Ces opérations, qui sont inscrites dans la durée, qui sont visibles et visent à déstabiliser les trafics et les réseaux, de manière générale, servent aussi à affirmer le fait qu?il y a une règle de droit et qu?il est nécessaire que chacun puisse la respecter, que nous ne renoncerons pas à la faire respecter sur le territoire de Paris. En un mot, on concentre les moyens et les efforts sur des objectifs précis, et on travaillera sur la recherche de résultats durables.

C?est une méthode qui est également partenariale avec les services de la Ville de Paris, notamment la DPSP qui est en train de monter en puissance, comme cela a été rappelé, et avec laquelle nous nous coordonnons pour que chacun, dans le respect de ses compétences et de ses prérogatives, puisse assurer sa mission de façon coordonnée et donc efficace.

C?est une méthode partenariale avec les élus, notamment les maires d?arrondissement que j?ai personnellement le plaisir de rencontrer peu à peu, et dont je mesure, à l?occasion de ces entretiens que j?ai avec eux, à quel point ils sont les avant-postes de cette expression des Parisiens dans tous ces quartiers. D?ailleurs ces maires d?arrondissement, vous le savez bien mieux que moi, sont totalement insérés dans ces dispositifs de concertation formelle ou informelle qui nous sont très précieux pour relayer les inquiétudes des habitants, détecter les signaux faibles, mais également assurer la mise en relation avec différents services de la Ville, par exemple dans la prise en charge d?un certain nombre de familles qui peuvent se retrouver dans la difficulté après des faits de délinquance.

Nous avons la volonté de travailler aussi avec les associations de quartier qui nous font remonter leurs difficultés et leurs doléances. Nous les recevons régulièrement et nous entretenons des relations utiles et constructives parce que, là aussi, il faut que l?ensemble des doléances qui remontent du terrain puissent être prises en compte et que l?on puisse y apporter une réponse. C?est important, nous travaillons et nous avons la volonté de le développer avec les riverains eux-mêmes ; il y a des délégués à la cohésion police et population, des cellules de traitement d?écoute des doléances et, comme le Préfet de police le disait tout à l?heure, il y a également la volonté que la patrouille de voie publique puisse permettre de recréer ce lien avec les habitants.

Enfin, c?est une méthode de travail qui est au plus proche du terrain, à hauteur d?homme, je dirais. Nous pensons que tous les relais policiers de la Préfecture de police sur le terrain doivent avoir le maximum de leviers entre les mains et le maximum d?informations en leur possession pour effectuer leurs missions dans les meilleures conditions. Le Préfet de police croit profondément à la nécessité de conforter les commissaires d?arrondissement dans ces missions et d?en faire de vrais relais de proximité pour tous nos partenaires dans les arrondissements. Je crois d?ailleurs que cette orientation est réclamée ou en tout cas assez nouvelle dans l?histoire de la Préfecture de police.

S?agissant de vos demandes spécifiques de transmission des chiffres de la délinquance, Monsieur PÉCHENARD, le Préfet de police a répondu tout à l?heure à cette question. Il s?est engagé à transmettre les chiffres de façon trimestrielle. Ce sera le cas dans les prochains jours pour les mois écoulés. Il a également rappelé qu?il avait saisi le service des statistiques du ministère de l?Intérieur pour que ces chiffres soient mis automatiquement à disposition sur le site Internet du service statistique, afin que chacun puisse les consulter, au niveau de l?arrondissement et pas seulement au niveau de la commune, comme cela existe déjà aujourd?hui.

En ce qui concerne la demande de réunion sur la fusion des arrondissements centraux et leurs conséquences sur le dispositif de la Préfecture de police, cette réunion est déjà prévue et elle aura lieu la semaine prochaine. Les maires concernés ont été invités, il y a quelques jours, à se faire présenter effectivement les évolutions opérationnelles, immobilières et même de circulation que ces changements peuvent avoir.

Je note, Madame la Maire du 14e, qu?il y avait aussi dans votre v?u une interrogation sur la prison de la Santé et des nuisances qu?elle génère. Je souhaitais d?abord prendre note de vos souhaits exprimés dans ce v?u et vous dire que des mesures de sécurisation ont été mises en ?uvre, avec des rondes et patrouilles plus fréquentes, et des contrôles pour faire suite aux réquisitions de riverains. L?idée est de montrer encore une fois que, dès qu?on nous sollicite, une réponse sur le terrain arrive dans la foulée. Puis ce sont des opérations de verbalisation de tous les deux-roues mal stationnés, ce qui a permis déjà de mettre fin à deux parloirs sauvages, mais nous sommes disposés à organiser une réunion, si vous le souhaitez, sur ce sujet. Je vous remercie tous pour votre écoute.

M. Paul SIMONDON, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Je suis saisi de deux demandes d?explication de vote.

La parole est à M. Pascal JULIEN, pour le groupe Ecologiste de Paris.

M. Pascal JULIEN. - Ecoutez, j?ai envie de souhaiter bonne chance à Colombe BROSSEL et à la Maire de Paris dans leur négociation d?une convention pluriannuelle garantissant la stabilité des effectifs policiers à Paris. Outre que je veux savoir ce que l?on entend par effectifs policiers parce qu?il y a différents services de police. Mais je leur souhaite bonne chance au vu de ce que j?ai entendu ce matin lors de la question d?actualité, de ce que je viens d?entendre à nouveau et surtout de ce que je constate sur le terrain.

Quand je dis "je", c?est mon groupe. Nous avons tous voté les v?ux qui ont été présentés sans aucune difficulté. Il y a effectivement une insuffisance, je dirais même un recul, des effectifs de police sur le terrain.

Madame la Représentante du Préfet, ce que vous avez raconté est très intéressant, très sympathique, mais nous attendons de le voir pour le croire. En attendant, on sait ce qu?il se passe. Vous l?avez entendu en début d?après-midi et cela a été répété.

Dans ce cadre, excusez-moi d?y revenir, mais je ne pense pas que la police municipale va arranger les choses, bien au contraire : partout où une police municipale existe, la police nationale s?est retirée ! Il n?y a pas de contre-exemple sur ce point. Vous êtes en train de vouloir faire une police municipale dans le cadre d?effectifs policiers en recul et vous n?avez aucune garantie sur la stabilité de ces effectifs. Bonne chance les amis ! Voilà pourquoi mon groupe était favorable à une réforme, qui ressemble d?ailleurs à ce qui a été fait, mais sans aller jusqu?à parler de police municipale parce qu?on sait ce que cela déclenche, et on le voit maintenant. Donc bonne chance là-dessus !

Pour le reste, je ne vais pas être plus long. Je n?ai rien à retirer de ce qui a été dit mais je ferai tout de même une petite remarque. Madame la Représentante du Préfet, vous avez parlé de méthode, ne vous trompez pas de cible.

Ce matin, j?ai été témoin, et je ne suis pas le seul, de policiers qui sont venus chercher noise à un rassemblement sur le parvis de l'Hôtel de Ville d?une douzaine d?écolos sous une banderole qui voulaient se faire prendre en photo avec l?Hôtel de Ville derrière. J?étais là et on a vu les policiers venir leur dire : vous n?avez pas déclaré ce rassemblement. Ils sont restés 10 minutes ou un quart d?heure. J?ai dit aux policiers que lorsque j?étais venu au mariage de mon cousin, on était cinquante sur le parvis à nous faire prendre en photo, on est resté 45 minutes à faire du bruit et personne n?est venu nous déloger.

Mieux ou pire, ils sont venus, Madame, devant l?entrée de l?Hôtel de Ville où il y avait 4 ou 3 "Cgtiste" qui distribuaient leurs tracts, comme chaque fois, et on leur a dit : vous n?avez pas déclaré votre rassemblement !

Alors, ne vous trompez pas de cible, s?il vous plaît, et luttez contre la délinquance et pas contre le droit de manifester. Merci.

M. Paul SIMONDON, adjoint, président. - Merci.

Pour une explication de vote également, la parole est à M. Nicolas BONNET-OULALDJ, pour le groupe Communiste - Front de gauche.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci, Monsieur le Maire.

Merci, Madame la Préfète, des explications données.

Nous voterons les v?ux présentés par les différents maires d?arrondissement et les différents groupes, mais je voudrais également me réjouir.

Je me réjouis que la position que nous avions exprimée, il y a quelques mois, au moment du débat sur la création de la police municipale soit aujourd?hui rejointe par les maires d?arrondissement. J?avais présenté un v?u au nom du groupe Communiste qui était identique : c?était pour dire que la priorité n?est pas la création de la police municipale mais que c?était de renforcer les effectifs de police, notamment sur le terrain, pour répondre aux besoins des habitants et à leurs remarques. D?ailleurs, que disait-on à l?époque ? On disait que ce que les habitants demandent, c?est d?intervenir sur la toxicomanie, d?intervenir sur les vols et les cambriolages, d?intervenir sur les violences, et que toutes ces interventions nécessitent derrière des enquêtes, de l?instruction juridique, et ce ne sont bien sûr pas les compétences de la police municipale.

J?espère que la prochaine étape - je rejoins ici mon collègue Pascal JULIEN - sera de se dire, comme on a vu l?expérience dans toutes les collectivités, qu?à chaque création d?une police municipale, il y a eu le retrait des effectifs de police, et qu?il va donc falloir peut-être réfléchir à deux fois avant de créer cette police municipale. C?était l?alerte que nous avions donnée avec les élus "Génération.s", "Verts" et Communistes, il y a deux mois.

Donc, je me réjouis que le groupe Socialiste évolue dans sa réflexion. Maintenant il faudra aller un peu plus loin et dire : premièrement, pour la police municipale, on verra plus tard, après les élections municipales par exemple ; deuxièmement, il faudra peut-être renforcer de notre côté la prévention, le nombre d?éducateurs spécialisés, notre politique de jeunesse, et cibler notamment la question, qui relève de nos agents sur les marchés, sur l?ordre public. Pour cela, il n?y a pas besoin de création d?une police municipale. Donc tout ce débat réaffirme et confirme ce que nous avons dit, il y a quelques mois. Je vous remercie.

M. Paul SIMONDON, adjoint, président. - Merci.

Une explication de vote de Mao PENINOU, pour le groupe DP.

M. Mao PENINOU. - C?est l?intervention de Nicolas BONNET-OULALDJ qui me fait réagir, autrement les v?ux étaient assez classiques.

Pour prendre le contre-pied exact, c?est bien pour cela que nous voulons une police municipale. Et une vraie police municipale parce que nous sommes convaincus que les évolutions de la police nationale sont des évolutions qui vont continuer mais qu?il y a besoin de la gestion de proximité d?une véritable police municipale, y compris avec une extension de ses compétences. C?est pourquoi nous ne voulons pas un ersatz de police municipale, mais une vraie police municipale capable de gérer avec l?ensemble des acteurs municipaux, départementaux et des acteurs de la prévention, pour avoir une gestion de l?espace public et une véritable lutte contre la délinquance.

Je voterai donc contre ces v?ux, avec la volonté d?avoir dans les mois et les années qui viennent, en tout cas le plus tôt possible, une vraie discussion sur la répartition des compétences, en matière de lutte contre la délinquance et de gestion de l?espace public, entre la Municipalité et la police nationale, et non pas un jeu de ping-pong auquel nous assistons à nouveau aujourd?hui, visant toujours à dire : ce n?est pas de notre faute, c?est l?autre !

M. Paul SIMONDON, adjoint, président. - Merci.

Nous allons passer au vote de ces différents v?ux.

Je mets tout d'abord aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 66 déposée par le groupe Socialiste et Apparentés, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2019, V. 225).

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 67 déposée par le groupe Socialiste et Apparentés, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2019, V. 226).

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 68 déposée par le groupe Socialiste et Apparentés, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2019, V. 227).

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 69 déposée par le groupe Socialiste et Apparentés, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2019, V. 228).

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 70 déposée par le groupe Socialiste et Apparentés, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2019, V. 229).

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 71 déposée par le groupe "Génération.s", assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2019, V. 230).

Je mets enfin aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 72 déposée par les groupes les Républicains et Indépendants et "100% Paris", assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2019, V. 231).

Je vous remercie.

V?u déposé par le g