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Juin 2019
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Débat/ Conseil municipal/ Juin 2019


 

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente.- Nous examinons maintenant le projet de délibération SG 26 : conventions de partenariat pour le "Carnaval tropical de Paris" édition 2019. La parole est à Mme SIMONNET pour cinq minutes.

Mme Danielle SIMONNET.- Mes chers collègues, comme vous le savez, chaque année depuis 17 ans, la Ville de Paris organise le "Carnaval tropical de Paris", avec plus de 3.000 danseuses et danseurs, musiciens venus de Paris, d?Ile-de-France, de métropole, d?outre-mer, de divers pays du monde. On y célèbre la richesse du patrimoine culturel des territoires d?outre-mer. Vous vous en doutez, j?y suis bien sûr favorable.

Il ne s?agit pas du tout de s?opposer au carnaval, mais de faire attention à ce qui se cache derrière cette magnifique fête. En l?occurrence, ce qui m?interroge, c?est le "greenwashing" carnavalesque du lobby productiviste des plantations de bananiers en Martinique et en Guadeloupe. Et là, il n?y a pas de quoi faire la fête. Ce lobby est responsable de l?un des plus gros scandales de la santé environnementale, le chlordécone. Aujourd?hui, l?Union des producteurs de Martinique et de Guadeloupe, l?U.G.P.B.A.N., axe sa communication sur la propreté de la banane antillaise. Ses dirigeants affirment avoir réduit de 75 % l?emploi d?insecticides et d?herbicides en une décennie. Mais le lobby est moins loquace lorsqu?il s?agit d?évoquer les conditions de travail des ouvriers agricoles. Et pour cause, les plantations antillaises sont un véritable nid de maladies professionnelles non reconnues, d?accidents du travail, d?arrêts maladie non payés et d?interminables conflits sociaux.

Malgré son interdiction définitive il y a 25 ans, ce puissant perturbateur endocrinien utilisé dans les bananeraies ne disparaîtra pas dans les sols de Guadeloupe et de Martinique avant plusieurs siècles. La quasi-totalité des Guadeloupéens et des Martiniquais sont contaminés, avec un taux de cancer de la prostate anormalement élevé. Record du monde en Martinique. Longtemps resté discret sur le sujet, Victorin LUREL, sénateur de la Guadeloupe, ancien directeur de la Chambre d?agriculture du département et ancien Ministre des Outre-mer, dénonce un scandale d?Etat. "Les lobbys des planteurs entraient sans passeport à l?Elysée", se souvient-il.

Aujourd?hui, l?empoisonnement est là. Nous sommes tous coupables d?une négligence dans cette affaire. La Ville de Paris devrait donc bien mieux choisir ses partenaires. Nos fêtes et nos carnavals ne doivent pas servir à déguiser les crimes des lobbys. C?est pour cette raison que je ne pourrai pas voter ce projet de délibération. Je vous remercie.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente.- Merci. Pour vous répondre, M. Emmanuel GRÉGOIRE.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint.- Merci beaucoup, Madame la Maire.

J?avoue que je n?avais pas vu venir le coup sur les conditions de production de bananes sur un projet de délibération, somme toute très sympathique, qui consiste à signer des conventions de partenariat avec le "Carnaval tropical de Paris" pour l?édition 2019. Que puis-je vous répondre, si ce n?est que le Conseil de Paris n?est pas compétent pour les conditions réglementaires de production des bananes aux Antilles. Oui, nous partageons votre sentiment que l?utilisation massive et durable de chlordécone est un scandale sanitaire, qui fait d?ailleurs l?objet d?investigations. Mais ce n?est pas la peine, je crois, de balayer d?un revers de main la principale richesse des Antilles, dont on peut espérer qu?elle puisse être produite dans de meilleures conditions.

Outre le fait de soutenir ce projet de délibération, je vous invite à manger des bananes de Guadeloupe et de Martinique, et pas seulement à l?occasion du "Carnaval tropical de Paris ". Je vous remercie.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente.- Merci. Explication de vote de M. VESPERINI. Allez-y. une minute.

M. Alexandre VESPERINI.- J?avoue que, moi aussi, je découvre la question des conditions de production de bananes aux Antilles françaises. Je ne comprends pas très bien, parce qu?il y a 15 jours, j?apprends que la Maire de Paris a fait pression pour que Total ne fasse pas partie des sponsors des Jeux olympiques, parce que Total, ce n?est pas bien, etc.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente.- Monsieur VESPERINI, on fait une explication de vote, s'il vous plaît.

M. Alexandre VESPERINI.- Je peux terminer ?

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente.- Oui.

M. Alexandre VESPERINI.- Et là, vous balayez d?un revers de main un v?u qui, du coup, si l?on se base sur la prise de position définie par la Maire de Paris par rapport aux Jeux olympiques, pourrait tout à fait être traité par l?Exécutif. Je trouve cela un peu dommage que vous le balayez d?un revers de main. Pour le groupe Parisiens Progressifs, Constructifs et Indépendants, nous ne prendrons pas part au vote. Mais je trouve assez cocasse que lorsque la Maire de Paris dit "on ne veut pas de Total", cela marche, mais quand Mme SIMONNET dit "je veux éclaircir les conditions de partenariat avec les producteurs de bananes", tout à coup, cela vous fasse rigoler. Je trouve cela cocasse. C?est tout. NPPV pour nous.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente.- Merci.

J?ai été souple avec le règlement intérieur, donc je vous propose que l?on s?arrête là.

Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération SG 26.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2019, SG 26). Je vous remercie.